Publié le 18 Septembre 2017

  

   Le festival "Les (rencontres) Inattendues" de Tournai, entre le 31 août et le 3 septembre m'a épatée avec la richesse de sa programmation, autour du thème des héros, en musique, en réflexions philosophiques, scientifiques, artistiques. La belle ville de Tournai a servi d'écrin à ces manifestations, entre la Cathédrale, L'Evêché et la Halle aux Draps... Nous étions trois à franchir la frontière invisible entre la France et la Belgique pour y goûter, pour écouter et regarder un spectacle inattendu: "Montaigne" de Koen de Sutter.

   L'artiste met en scène et "joue" les "Essais" de Montaigne pendant près de 2 heures. Une performance. Il nous convainc de l'actualité toujours aussi réjouissante des pensées de ce philosophe humaniste du XVIe siècle qui ne cesse de nous apporter la démonstration à quel point il ne se prend pas tragiquement au sérieux: il est un "honnête homme" tout simplement, comme vous et moi, portant en lui "la forme entière de l'humaine condition". 

   Humilité, doute... Les maîtres-mots de Montaigne. D'ailleurs, ne vont-ils pas bien ensemble? Pourquoi écrit-il? A l'en croire, pour chasser l'ennui... "Ai-je perdu mon temps, de m'être rendu compte de moi, si continuellement; si curieusement? (...) Combien de fois m'a cette besogne diverti de cogitations ennuyeuses?"

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #Les mots des autres, #balade, #réflexion

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Publié le 6 Septembre 2017

   Parallèlement à l'alimentation hebdomadaire de mes deux blogs (français et hongrois), j'ai entrepris un travail d'Hercule (junior !): j'ai décidé de recopier les articles les plus intéressants  -  du moins pour moi  -  dans un fichier, dans le but de les imprimer. La version numérique m'inspire une sourde angoisse: et si un jour, un bug mystérieux effaçait 9 ans de ma vie?... Car mon blog est une sorte de journal de bord public qui enregistre l'essentiel de ces 8-9 années, des débuts naïvement enthousiastes à ces derniers temps plus posés, plus lucides  -  et plus désabusés aussi...

   Au départ, plus de 400 pages! Impossible d'envisager de les imprimer. Je n'avais pourtant gardé que mes propres textes et traductions, éliminant ceux de Gilbert qui existent, de toute façon, dans des livres, effaçant les images aussi. J'ai diminué la taille des polices jusqu'à la limite de la lisibilité (Garamond 11), tout en conservant scrupuleusement le titre de chaque article et la date de publication. Il reste 240 pages. Pour mesurer le chemin parcouru. 

   Cela explique le but de l'opération. Un document papier ne garantit pas sa préservation (ni la nôtre... ) même s'il est plus rassurant, palpable dans sa matérialité. Pourquoi vouloir le sauvegarder à tout prix? Serait-ce une si grande perte pour l'humanité si elle s'évaporait d'un coup dans le néant? Je ne le crois pas. Une perte pour moi, assurément. Il consigne 8-9 années de ma vie; sans cette preuve, j'aurais l'impression de les avoir rêvées... 

 

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #état des lieux

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Publié le 2 Septembre 2017

   

   Je viens de réécouter la chanson d'Aznavour: "Je hais les dimanches"...  A la fin de la séance, on part à la recherche d'une corde bien solide (cependant pas d'arbre ou poutre à l'horizon qui résisteraient), un tube de somnifère (je n'en prends pas) noyé dans un gros verre de whisky pour assurer la route vers le grand sommeil dans un halo chaud et réconfortant...

   Oui, je "hais" les week end solitaires, abîmes sans fond au milieu des bruissements de la "vraie vie"... Dans une petite ville de la province somnolente, où la matinée mobilise les croyants endimanchés vers le parvis de l'église voisine, pour le réconfort de leurs âmes dans des volutes d'encens, bercées par les notes de l'orgue, des chants et des génuflexions à l'unisson.

   D'autres se retrouvent au "Rallye" d'en face, pour l'apéro et le tiercé que l'on espère gagnant. Il y a toujours un café en face de l'église... Sans parler du boulanger du coin qui voit défiler ce jour-là des hommes endimanchés invisibles en semaine. 

   Plus loin le fleuriste fait des affaires spéciales dimanche: on va au repas chez papa-maman, belle-famille. J'imagine la table déjà dressée avec la fraîcheur du matin, la nappe repassée, le service des grandes occasions et le père ayant remonté de la cave les bouteilles précieusement gardées. La petite table à l'ombre de la terrasse recevra les coupelles pour les grignotages de l'apéritif mais les bouteilles (de champagne, d'anisette, de porto ou d'autres) attendent encore au frais. Branle-bas de combat à la cuisine mais tout sera prêt à temps: opération bien rodée par des décennies de dimanches...

   La vie s'arrête. La circulation aussi: le silence gagne les rues jusqu'au milieu de l'après-midi au moins. Il faut bien une petite sieste après un repas de dimanche bien arrosé... Il n'y a que l'écran de la télé qui vibre devant les enfants ainsi occupés pour garder le sommeil des braves...

   Et les solitaires, au milieu du désert de leur silence, attendent que la semaine recommence...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #réflexions

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Publié le 28 Août 2017

Lucie, 11 ans

   Bientôt septembre... L'été sera derrière nous, caniculaire même dans le Nord. Et pendant les deux semaines en Hongrie, le thermomètre a fréquemment grimpé jusqu'au 46°...

   La chaleur s'adoucit à présent et nous commençons à apprécier vraiment ses dernières caresses. Les nuits s'allongent. Quelques feuilles sèches des platanes de l'avenue St-Roch voisine arrivent dans mon jardin comme des messagers des mois à venir... Cycles immuables, destinés à nous rassurer de l'illusion de notre éternité.

   Les petites sont parties, après un mois passé ensemble, avec ou sans leurs parents. Temps dense, temps béni que l'on savoure d'autant plus que la partie haute du sablier commence à se vider. Que restera-t-il des années d'une vie si brève? Essentiellement les moments doux et fugitifs des rencontres amicales et la chaleur intense et réparatrice de se serrer l'un contre l'autre familiale. Des échanges, avec ou sans les mots. Des sourires, des regards (mouillés parfois par l'émotion), des douleurs fugaces et des rires libérateurs...

   Tout le reste deviendra mirage, souvent trompeur, toujours évanoui à la fin...

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #ressenti

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Publié le 10 Août 2017

"Partir, c'est mourir un peu..." dit le poète devenu un illustre inconnu, Edmond Haraucourt (1856-1941), dans son célèbre "Rondel de l'adieu", repris depuis à d'innombrables fois, attribué à des célébrités, tout en oubliant son auteur. C'est ainsi que le poème dépasse son géniteur...

Le facétieux Alphonse Allais l'a complété: "Partir, c'est mourir un peu... mais mourir, c'est partir beaucoup." J'aimerais rester encore...

Je n'avais pas une envie irrépressible de prendre la route puis l'avion, en cette fin de juillet qui me trouvait dans un état de grande fatigue, de surcroît, vers la Hongrie où sévissait une canicule implacable. Mais la perspective de passer une douzaine de jours avec les enfants et la famille de là-bas  -  plutôt, ce qui en reste  -  a été plus tentante. Et je ne regrette rien (pour rester dans la chanson, impérissable). Mes délicieuses petites-filles dont la compagnie est un pur bonheur, mon fils et ma belle-fille et leur délicate sollicitude, ma belle-soeur, veuve de mon frère depuis 14 ans déjà mais toujours aussi chaleureuse et disponible, mon neveu qui porte sur ses épaules les soucis de tout le monde, calme et sensible, drôle et fin, sa femme et son insouciance rieuse, leurs enfants ados, bref, les repas familiaux se succédaient, panachés de promenades et de baignades, en piscine ou au bord sablonneux de la Tisza, notre rivière blonde... Sans oublier quelques acquisitions livresques, nourriture en langue maternelle de la meilleure source, pour l'année à venir.

Mon cahier à spirale fixe cette confrontation toujours empreinte de nostalgie avec la première partie de ma vie:

"... cette maison est imprégnée des fantômes de ma mère, de mon père, de mon frère  -  et de Gilbert aussi  -  ils s'échappent des murs, des fauteuils où leurs empreintes sont encore chaudes, des assiettes en céramique au mur, du lino usagé du sol de la cuisine, des rideaux en dentelle, des poêles à gaz des chambres... Il n'y a qu'ici que ce passé lourd et léger, inconscient parfois, me saute à la figure. Où est le présent et encore plus, l'avenir?... J'ai arrosé la cour. Je m'assois à la petite table ronde en béton, confectionnée par mon père, sous la tonnelle renaissante. Elle est presque brûlante. C'était important de m'asseoir encore ici, avec mon cahier. Il fallait attendre la fin de la journée pour éviter le plein cagnard mais les murs et la table exhalent la chaleur. Je ruisselle... Cette table est inspirante."

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #état des lieux, #réminiscences

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Publié le 12 Juillet 2017

Le ciel était mi figue, mi raisin... Nous espérions passer entre les gouttes. La sortie a été

décidée il y a deux semaines environ, indéplaçable: les jours sont denses.

La ville de Mons n'est pas loin de chez moi, en temps normal, moins de 30 min. par l'autoroute. C'est sans compter avec un camion ayant pris feu sur notre voie, bien plus loin mais causant des embouteillages, des ralentissements monstrueux... Quitter l'autoroute n'a servi à rien, puisque bon nombre d'automobilistes ont eu la même idée!

Nous sommes venues chercher un livre. Tombées par hasard sur une petite librairie, un peu à l'écart des rues commerçantes, nous aurions pu passer à côté. A peine éclairée, comme si elle voulait  rester invisible. Nous avons poussé la porte pour nous retrouver dans une caverne d'Ali baba pour passionnés de livres!

Il y en avait partout: non seulement sur des étagères chargées jusqu'au plafond, mais aussi sur des tables et par terre, dans des piles fragiles et solides à la fois!... Il était difficile de se frayer un chemin jusqu'au comptoir, enseveli, lui aussi, sous les bouquins. Nous cherchions la deuxième publication d'un "jeune" auteur. Le libraire, sans hésitation, l'a sortie du milieu d'une pile. Ebahie, je lui demande: "Vous connaissez chacune des pièces et son emplacement?" "Oui", répond-il simplement. Mieux encore, il connaissait aussi notre auteur. "C'est un ami"  -  ce qui ne m'a pas étonnée du tout.

( le livre recherché: Jean-Pol Hecq, Tea Time à New Delhi, roman, éditions Luce Wilquin, 2017)

 

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 5 Juillet 2017

   Je me suis procuré un petit livre de 280 pages, paru chez "L'Iconoclaste" en 2015, écrit par Christophe André et intitulé: "Je médite jour après jour", sous-titré: "petit manuel pour vivre en pleine conscience". Alléchant. Vital même si j'en juge par mon état de stress quasi permanent depuis 4-5 ans... Il faut que je me décide à tenter cette méthode de méditation en pleine conscience dont on dit tant de bien. Il n'y a qu'à observer les visages sereins de Mathieu Ricard ou de Christophe André, sans parler du Dalaï Lama...

  "... comment utiliser la respiration, le corps, la conscience de l'instant présent... faire face à la souffrance, stabiliser ses émotions, construire la paix de l'esprit et du coeur..." Voilà ce qu'il me faut.

   Cela va faire bientôt 11 ans (le 7 juillet) que je fais l'apprentissage de la solitude. Au début, un champ à défricher, terre inconnue excitante, temps presqu'infini à mes pieds après une disponibilité de chaque instant et durant des années... Je découvrais le compagnonnage avec moi-même. Avec une quasi inconnue, dont les envies avaient souvent été reléguées "à plus tard", par elle-même, car le plus urgent, le plus important avaient priorité. Une question de vie ou de mort...

   Lorsque la mort a fini par avoir le dernier mot, elle m'a laissé un champ libre mais aride. Peuplé de fantômes. Peuplé d'amis aussi. Malgré tout, la solitude, il faut la connaître, l'apprivoiser seul(e).

   Cette solitude m'a permis de prendre le temps de suivre les stations du deuil, de cicatriser les plaies. J'avais 58 ans, la mort, la mienne, semblait encore relativement loin, même si elle m'avait fait un rapide clin d'oeil au passage.

   Et maintenant... Le plus souvent, je vis dans un sentiment stressant du temps qui s'enfuit à l'accéléré. Cela me stresse et me paralyse en même temps, me laissant suffoquer d'impuissance. Alors, je tombe sur cette phrase de Montaigne, mon philosophe bien-aimé:

"Je n'ai rien fait d'aujourd'hui.  -  Quoi? N'avez-vous pas vécu? C'est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de vos occupations..."

   Voilà ce que je voudrais ressentir chaque jour qui me reste, en profondeur.

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 30 Juin 2017

   Bientôt, la blogosphère sera semblable au désert de Gobi: ceux qui la nourrissent ou la lisent seront dispersés sur des plages ou à l'ombre de leur jardin, voire dans des voyages exotiques et culturels aux quatre coins de la planète (qui manque pourtant de "coins") et ils auront bien mieux à faire que de lire les élucubrations solitaires de quelques graphomanes perdus...

   Partager... D'où vient cette envie irrépressible de partager ses états d'âme, ses lectures et ses films, ses modestes ou immodestes productions avec le public qui n'en demande pas tant? Par bonheur, il possède la précieuse liberté de passer son chemin, sans même s'arrêter un instant, sans laisser un caillou en signe de son passage... 

 

 A mon tour, je ne peux résister à l'envie de parler de cette journée du 28 juin, une seule journée entre deux averses, où l'autobus loué par l'association des Amis du Musée nous a conduits à Compiègne et à Chantilly, sur les traces des "Heures Italiennes" des musées de Picardie. Outre l'admiration pour l'art italien, j'ai profité de l'occasion de découvrir ce deux villes où je ne suis encore jamais allée.

   Compiègne, Musée Vivenel... Ce grand collectionneur du XIXe s., descendant d'une famille d'artisans maçons, assoiffé de savoir et de culture, devient un des plus grands bâtisseurs de Paris. L'exposition présente des dessins et estampes italiens à partir du 15e s. appartenant au fond de la collection Vivenel. 

   Cela fait un moment que je rêvais de visiter le château du duc d'Aumale à Chantilly. Sa célèbre collection de peinture ancienne (la deuxième en France après le Louvre) contient des tableaux de Raphaël, de Giotto, de Lippi, de Poussin, de Corot etc... Un enchantement dont mes photos bien imparfaites ne donnent qu'une pâle idée... 

(à cliquer sur les photos pour les agrandir!)

Avant la pause estivale
Avant la pause estivaleAvant la pause estivaleAvant la pause estivale

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #peintures, #récit

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Publié le 22 Juin 2017

La canicule semble tomber tout doucement.

Nouvelle action de sauvetage de mon ange gardien... Le pauvre! Ses interventions sont de plus en plus rapprochées!

Il y a 2 jours, moitié assommée par la chaleur, je faisais quelques courses: entre autres, le plein d'essence. Pressée de démarrer, j'ai jeté négligemment ma carte bancaire sur mon sac à main, dans l'intention de la ranger plus tard.

Arrivée au bon port, j'ai garé la voiture non loin de la maison, j'ai sorti le sac à provision, j'ai attrapé mon sac à main et me suis réfugiée dans la relative fraîcheur de la maison.

Une demi-heure plus tard, on sonne à la porte. C'était ma voisine, en compagnie d'un homme jeune, un des locataires d'une habitation, à 3-4 maisons de la mienne, louée par les services sociaux, afin de loger des gens en grande difficulté et qui compensent souvent la vacuité de leur existence par des bagarres, des beuveries, voire des incendies... Il tient dans sa main MA CARTE BANCAIRE, me demandant si elle m'appartient. Il l'avait trouvée près d'une voiture (la mienne, en l'occurrence), par terre... Il a demandé partout, en vain, et il a fini par sonner à la porte de "Mamie", ma voisine (elle connaît tous les habitants de la rue, ces gens déshérités l'embrassent au passage, elle les soigne, leur passe des vêtements de son défunt mari, elle leur sourit et leur PARLE...) Et voilà. Rétrospectivement, j'ai eu une des peurs de ma vie... Je ne m'étais même pas aperçue de la perte de ma carte! Et un type que personne ne regarde  -  ou regarde avec suspicion  -  me la restitue...

Je lui ai sauté au cou et je l'ai embrassé sur les deux joues!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux

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Publié le 12 Juin 2017

   Ici, dans le Nord, le matin est d'une fraîcheur agréable, après la nuit reposante dans la vieille maison aux murs épais de briques et de torchis. Même la canicule met plus d'une semaine à pénétrer l'atmosphère. Le jardin, la terrasse respirent cette fraîcheur matinale et gardent encore la trace de l'arrosage de la veille.

   Je fais le tour des fleurs, avec de la reconnaissance à leur égard pour exister et m'offrir leur beauté vivifiante ou consolante, selon l'humeur du jour... Elles font partie de mon plaisir quotidien et me font penser à mes grands-mères et mère, à mes tantes (comment aurais-je pu échapper à autant d'héritage?) qui aimaient, toutes, les fleurs et qui possédaient leurs petits jardins. Ce plaisir quotidien et indispensable se lisaient dans leur regard. Je l'éprouve à mon tour, maintenant que j'ai, moi aussi, et depuis 27 ans, mes cinquante mètres carrés modestes mais tellement généreux!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #jardin, #état des lieux ressenti

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