Publié le 14 Janvier 2017

"Savoir se contenter de ce que l'on a, c'est être riche"

   Cette phrase de Lao Tseu, contemporain de Bouddha au VI-V s. av. J-C, je l'aimais bien dans ma jeunesse idéaliste et désintéressée... Certes, c'est une phrase pour les pauvres, pour leur consolation, afin qu'ils cherchent leur bonheur ailleurs que dans la possession des biens, qui leur sont, de toute façon, inaccessibles. Alors, au lieu de se révolter contre l'injustice de leur sort, on leur fait miroiter la chance qu'ils ont de pouvoir trouver un bonheur immatériel, tellement plus élevé!...

   G. pestait contre ce genre d'intimation, ainsi que contre tout immobilisme, tout passéisme ("ah les bons vieux temps!" "Tout était mieux avant..."), et, en bon Sagittaire qui se respecte, il voulait toujours avancer, aller plus loin, peu enclin à jouir de ce qu'il a déjà obtenu. Lorsque son nouveau livre arrivait de chez l'éditeur, sentant bon le papier frais et l'encre de l'imprimerie, il le regardait à peine, pensant déjà au suivant. J'avais l'impression de faire une course en avant permanente en sa compagnie, ce qui était à l'exact opposé de mon tempérament indolent de Balance alourdie d'un ascendant Taureau... Autant dire que j'aspirais vainement à la contemplation, ma détente favorite... D'un autre côté, je reconnais que mon tempérament nonchalant avait grand besoin de booster pour vaincre le poids de l'inertie! 

   Dix ans sont passés depuis qu'il m'a laissé la liberté de toute décision. Au début, je continuais sur la lancée de son rythme mais peu à peu  -  les années aidant  -  j'ai ralenti... Son regard s'éloigne, s'estompe sans disparaître et je m'étonne parfois comment j'ai pu accomplir tant de choses il y a 10 ans à peine!...

   Je suis très riche, certes, selon Lao Tseu, mais dans mon immobilisme nouveau, sans booster désormais, je devrais tenir compte du temps qui passe à la vitesse vertigineuse et qui me laissera choir sans pitié!...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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Publié le 9 Janvier 2017

 

Mark Twain (Samuel Langhorn Clemens) est un écrivain américain, né en 1835 dans le Missouri. Enfant, j'ai dévoré trois de ses romans: Le Prince et le Pauvre, Les aventures de Tom Sawyer (le premier roman au monde écrit sur une machine à écrire) et Les aventures de Huckleberry Finn. Ses aphorismes enchantent le lecteur par leur finesse et leur humour "pince sans rire". En voici un petit bouquet, choix personnel:

 

 

* Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait.

* Le lit est l'endroit le plus dangereux du monde: 99% des gens y meurent.

* Le premier baiser qu'on obtient d'une femme est comme le premier cornichon qu'on parvient à extraire du bocal. Le reste vient tout seul.

* On pourrait citer de nombreux exemples de dépenses inutiles. Les murs des cimetières: ceux qui sont dedans ne peuvent pas en sortir, et ceux qui sont à l'extérieur ne veulent pas y entrer.

* Je choisirai le paradis pour le climat et l'enfer pour la compagnie.

*  Avoir goûter de la pastèque, c'est savoir ce que mangent les anges.

* On n'hérite pas de la terre de ses ancêtres, on l'emprunte à ses enfants.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #citations

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Publié le 2 Janvier 2017

   Que l'on veuille ou non, une nouvelle tranche de notre vie débute. Nous avons beau essayer de nous convaincre que c'est un jour comme un autre, pendant la nuit, le ciel a saupoudré les rues, les jardins et les voitures du sucre-glace de la première neige...

   Derrière nous, une année fatiguée, usée par ses angoisses, ses deuils, ses maladies graves qui font envisager la vie sous d'autres couleurs, effaçant les tendres pastels de l'insouciance.

   Alors, comment recevoir ce nouveau-venu, cet hôte qui s'installe dans notre vie, découvrant, tous les jour un peu plus, son visage?... Est-il bienveillant, généreux ou cache-t-il de mauvaises surprises qu'il sortira de ses bagages subrepticement, lorsqu'il aura endormi notre méfiance?...

   Par nature, je me tourne vers l'inconnu plutôt avec confiance, la main tendue, sourire aux lèvres. Prête au partage, aux bons moments comme aux moins bons. Sous la grêle, je fais le dos rond, en attendant des jours meilleurs. Seront-ils au rendez-vous? Seul notre nouveau compagnon, l'an 2017 le dira. Au fur et à mesure.   

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 26 Décembre 2016

La fin de l'année approche.

L'heure des bilans de toute sorte.

D'habiles coachs psychologues vous suggèrent d'utiliser la dernière semaine de l'année à mettre de l'ordre dans votre maison, dans vos papiers et dans votre vie. Puisque ces désordres, ces poids morts qui vous alourdissent, qui vous tirent en arrière, ne sont rien d'autres que des problèmes repoussés, des objets et des vêtements d'avant le déluge qui vous encombrent mais que vous n'avez pas le courage de jeter...

Oter ses chaînes pour pouvoir faire un pas vers l'avenir... Séduisant. C'est ce premier pas qui compte et qui est pourtant si difficile...

Débarrasser tout l'encombrant, n'est-il pas effacer toute votre histoire?... La peur de vous retrouver dans un vide sidéral?...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 23 Décembre 2016

Dernière ligne droite dans la course vers les fêtes de Noël. Le repas du jour de Noël aura lieu chez moi, nous serons neuf, si tout va bien.

Je note au passage: "Le 9, nombre de la patience, de la méditation, de l'harmonie aussi, il représente l'inspiration et la perfection des idées."

Me voilà sortie de l'auberge!... J'aime beaucoup recevoir. Ce sont "l'inspiration et la perfection des idées" qui font défaut, surtout en matière de cuisine. J'admire (et je jalouse même) les personnes qui se jettent avec jouissance et gourmandise dans l'élaboration des menus flamboyants qui régaleront les convives! On en parlera des années après!... Gloire éphémère mais intense!

Fatalement et définitivement, je ne suis qu'une brave exécutante... Il en faut. Mais la période de l'échafaudage est un véritable supplice. Choisir le menu... Est-il suffisamment solennel pour l'occasion? N'ai-je déjà pas usé le filon jusqu'à la corde? Puis-je le préparer à l'avance pour ne pas me condamner à être cloîtrée à la cuisine, abandonnant mes hôtes? Tout le monde peut-il en manger? (ma religion, mon diabète, mon hypertension, mon allergie, mon goût perso... etc) 

Voilà un court aperçu de mon martyre... Hésitations interminables de la Balance? Son perfectionnisme à vouloir satisfaire toutes les attentes? Perdu d'avance, de toute façon. 

Alors, visiblement, au lieu de plonger dans mes nombreux livres de cuisine (moins on aime ça, plus on en a!...) je suis en train de vous abreuver de mes jérémiades! L'essentiel est ailleurs.

Joyeux Noël à tous, autour du sapin,

avec des cadeaux et de la joie d'offrir et de recevoir!

Avec, tout simplement, de la joie d'être encore réunis!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #voeux, #état des lieux

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Publié le 16 Décembre 2016

   Pour écrire une note sur le blog, il faut de l'inspiration. Est-ce une idée captée dans l'atmosphère qui donnera le ton où bien une image surgie des feuilles virtuelles des souvenirs qui suscitera quelques réflexions?... Le désir existe, la suite est parfois affaire du hasard.

    J'aime cette vieille photo, datant de 1990. Voyage à Chypre, en plein février. Idéale pour se perdre dans un souvenir ensoleillé, à un jour de décembre fatigué, frileux, solitaire dans le Nord de la France. Tout comme moi: entourée des amis, de la famille, solitaire quand-même. Une solitude choisie par nécessité de pouvoir "se recentrer" sur soi, afin de réunir chaque parcelle d'énergie disponible pour des combats en cours et à venir...

    L'avenir n'est que questionnements, à chaque échelle de l'existence, de la plus personnelle, plus immédiate à l'échelle du pays, voire de la planète. Notre existence est étroitement liée à cette fragilité, elle en fait partie. Des milliards d'existences minuscules qui jaillissent, flamboient et s'éteignent...

   D'une importance pourtant unique et capitale pour chacun.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 8 Décembre 2016

   Comment faire pour happer l'instant, le fugace, l'insaisissable qui serait capable de refléter l'ambiance de cet après-midi de décembre où la pénombre envahit le coin de la commode dès quatre heure de l'après-midi?... Les vagues d'angoisses s'estompent et se figent tels ces insectes épinglés pour l'éternité dans leur boîte, sans pouvoir s'en échapper... La paix survient, fragile.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #état des lieux

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Publié le 4 Décembre 2016

   

   Hier, j'ai visité l'exposition "Marginalia" consacrée à Pierre Alechinsky. Je le connaissais depuis au moins 20-25 ans mais je n'ai vu, je crois bien, que des reproductions de ses oeuvres. Cette vaste exposition, organisée au Musée Matisse au Cateau-Cambrésis, m'a enchantée... J'en ai encore plein les yeux, plein la tête... 

   Le peintre enchanteur, né le 19 octobre 1927, travaille toujours. Il est né à Bruxelles, d'un père juif russe émigré et d'une mère wallonne. Eclectique, il étudie la clarinette, l'architecture et peint d'abord des tableaux à l'huile mais rapidement, il abandonne le matériau lourd et laborieux pour la légèreté de l'acrylique et de l'encre de calligraphie, la gravure et la lithographie.

   Au lieu de recopier ici les appréciations des catalogues (on les trouvera facilement ailleurs), je voudrais plutôt essayer d'exprimer pourquoi il me fascine tant, pourquoi cette expo où je pouvais "toucher des yeux" ses oeuvres, m'a fait tant de bien. Que l'on veuille bien me pardonner mon immodestie, je le sentais si proche de mes propres aspirations!... En quoi donc? Avant tout, l'aspiration à la légèreté, à la spontanéité... Se débarrasser des carcans des règles pesantes, s'autoriser à suivre l'intuition  -  inspiration  -  du moment, laisser libre cours à son imagination, à sa curiosité éclectique... S'autoriser la LIBERTE du Geste. En écriture autant qu'en dessin.

   Sa phrase sur l'ivresse de la sensation d'avoir trouvé le trait juste m'a fait très plaisir: combien de fois ai-je déjà radoté sur la même jouissance, que ce soit au sujet des mots ou des traits!

   Les films (de P. Dumayet, excellent, discret) projetés dans la petite salle m'ont scotchée sur place comme à chaque fois où l'on montre un artiste en train de travailler, permettant de pénétrer son univers, sa façon de voir, d'exercer l'acte de création. Approcher le mystère. Le Geste! PRIMORDIAL! Je lui laisse la conclusion:

"A la pointe de mon pinceau, il m'arrive  -  je vis pour ces moments-là  -  d'inventer un trait. Douceur, partage: reconnaître un trait!"

(à cliquer sur les images pour les agrandir!)

Pierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le NordPierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le NordPierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le Nord
Pierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le Nord

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #peintures, #ressenti, #balade

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Publié le 28 Novembre 2016

   Parfois, on passe de si près d'une catastrophe qu'on a tendance à voir un signe, un avertissement derrière ce sauvetage miraculeux... "Cela ne devait pas se passer ainsi! Qu'est-ce qui a permis d'y échapper avec si peu de dégâts?" Comment ne pas finir par croire à un ange gardien qui veillerait sur nous sans relâche?...

   Ce genre croyance me faisait sourire, avec une certaine indulgence pour les superstitieux. Mon pauvre ange gardien ramait dur pour m'apporter des preuves, inlassablement, de sa présence protectrice. L'épisode déjà relaté sur ce blog de mon périple sur l'autoroute où je m'étais endormie à 130 km/h et me suis miraculeusement réveillée à 10 cm de la barrière centrale, après avoir traversé la file de gauche, m'a déjà ébranlée quelque peu dans mon cartésianisme entêté. Jeudi dernier, l'Ange m'a encore rattrapée, tant bien que mal.

   Je descendais dans ma cave par l'escalier centenaire, sans garde-corps. J'ai raté la dernière marche défectueuse et je me suis lourdement écrasée sur mon côté gauche, dans la poussière, la tête à quelque cm d'un radiateur en fonte. Sonnée, je suis restée immobile, non sans une pensée pour une femme que j'ai connue, qui, pour la même mésaventure, a été retrouvée bien plus tard, en état de décomposition... 

    J'ai tenté de bouger les doigts, pour tester une éventuelle fracture du bras: épaule, coude, poignet ont pris un sacré coup, sans parler du genou en sang... Je me suis roulée dans la poussière pour approcher l'escalier afin de me hisser au moins sur la deuxième marche, pour pouvoir me lever. Impossible de prendre appui sur le bras gauche.

   Le temps m'a semblé infini mais j'y suis arrivée peu à peu. Quand on vit seul, on n'a pas le choix et c'est une puissante motivation. J'ai passé la soirée, la nuit et la journée suivante avec le bras enveloppé dans une serviette mouillée et attaché en écharpe... On se rend compte à quel point on a besoin des deux bras pour la plupart de nos gestes. Mon admiration a encore accru pour les gens qui, par accident, défaut de naissance ou de maladie, doivent faire preuve d'une capacité prodigieux d'accommodement à leur handicap...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #témoignage

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Publié le 22 Novembre 2016

"Voici la morale parfaite:

vivre chaque jour comme si c'était le dernier;

ne pas s'agiter,

ne pas sommeiller,

ne pas faire semblant." 

(Marc Aurèle)

Tout est dit. Seulement, comment savoir si l'on est encore vivant?...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #citations, #état des lieux ressenti

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