Publié le 30 Septembre 2015

Pour ou contre Facebook

Parfois - souvent - constatant le caractère chronophage de Facebook, je me dis avec regret et culpabilité: Tout ce que je pourrais faire pendant ce temps cher et volatile que je passe scotchée sur un écran qui, de surcroît, esquinte mes yeux!... Excédée des bêtises obscures qui y circulent en condensé, je m'enfuis - pour y revenir plus tard, "ventousée" par le flot ininterrompu des millions d'images et d'informations qui défilent sans répit.

Alors, un petit bilan s'impose: je suis tentée de mettre dans la balance le pour et le contre de ma présence sur Facebook, depuis septembre 2011. Je ne serais, d'ailleurs, pas une vraie Balance sans cette tentation...

N'empêche, heureusement que la blogosphère survit encore face à cette concurrence impitoyable!

Contre: son caractère superficiel imposé par la rapidité du flux. Cela mène à la domination de l'image sur le texte: par un clic instantané, vous envoyez une photo avec une phrase de com', sans fatiguer le cerveau déjà tant sollicité de votre visiteur, rivé sur son portable, partout, dans chaque minuscule creux de la journée et de la nuit - Facebook ne dort jamais! Inutile de vous lancer dans des raisonnements construits: la vue même d'un flot de mots fera fuir la plupart de "visionneurs" pressés! Et même vos commentaires vous sont préparés: vous n'avez qu'à cliquer (ou pas) sur un "like" ou un "partager"; mieux encore: les "émoticones" reflèteront vos sentiments, riront ou pleureront pour vous!

Les gourous de tous poils, dégoulinant de bons sentiments vous dispensent leurs conseils, censés de vous guider sur le chemin du bonheur, à grand renfort de paysages, de natures-mortes ou de chatons à noeud-noeud... Je les fuis mais s'ils font du bien à quelqu'un, pourquoi pas? Je ne juge surtout pas les gens qui souffrent et qui y trouvent du réconfort. Par contre, j'ai horreur des messages qui distillent des contre-vérités ou faux espoirs dans la tête des gens démunis...

Les selfies... Le regard pénétrant devant le miroir de sa salle-de-bains, dévoilant son intimité aguichante, la photo du couple, doublée de déclarations énamourées, invitant le monde entier d'être témoin de ses effusions me font fuir également.

Que reste-t-il?

Pour: retrouver son passé, avec des amis perdus dans le gouffre des décennies et des distances, d'anciens élèves dont la réapparition sous forme de grands-parents vous plonge dans la réalité des choses... Mais la nostalgie a un goût doux-amer... Je privilégie sa douceur. Et les mots de mes anciens élèves ou collègues et amis me donnent une pêche incroyable! Je partage un peu leur quotidien, leurs soucis ou leurs voyages et nos souvenirs communs. La vie, quoi.

Dans le flots des informations, j'ai accès à des documents que je ne pourrais pas consulter autrement. Trier ensuite, faisant la part des choses est très stimulant.

Il y a la découverte de personnes qui resteront virtuelles, la plupart du temps. Elles s'avèrent souvent de vrais amis, avec la distance, certes, mais de vrais sentiments d'amitié. (Serais-je une indécrottable romantique, comme disait Patrick?) Leur petit mot de com' ou même un léger "like" au passage me réchauffe le coeur, comme un signe de la main...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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Publié le 22 Septembre 2015

Les Français vus de l'extérieur

En Hongrie, on me pose parfois la question: "Qu'est-ce que ça te fait de vivre parmi les Français?" Vaste sujet! Comment ne pas tomber dans les clichés?

Ma vie française est due à une série de hasards, à commencer par le choix de la langue à la première année du lycée où, à côté du russe, première langue, j'avais le choix entre le latin ou le français. J'ai pris le français, inspirée peut-être par le mythe dont il bénéficiait encore à l'époque: beauté, musicalité, légèreté - culture...

En Hongrie, on ne choisit pas le français pour des raisons pragmatiques: l'anglais ou l'allemand sont plus utiles pour la communication. On apprend le français pour des raisons intimes, pour se faire plaisir. Pour se payer une danseuse...

De plus, les Hongrois n'ont pas de proximité avec la France: géographiquement éloignée, historiquement considérée comme coupable dans la mutilation du pays par le traité de Versailles. Impardonnable. (Une des premières expériences de Gilbert, arrivé à Budapest en 1972, a été de se faire agresser dans la rue par un petit vieux, qui, apprenant qu'il était Français, lui a reproché Clemenceau!...)

Les clichés concernant les Français fleurissent aussi en Hongrie: complexe de supériorité, infidélité, manque de constance, trop de légèreté, arrogance, hypocrisie... n'en jetez plus! En revanche, on reconnaît leur goût pour la beauté, l'élégance, l'harmonie, la gaieté, la politesse (même de façade), la bienséance...

Comment se dépatouiller parmi ces contradictions? J'essaie de ne pas succomber à des généralités que je ne peux pas plaquer de tout au tout sur mes expériences personnelles. En même temps, je ne nie pas tout du "caractère national" d'un peuple dont les membres, à force de partager les mêmes expériences durant des décennies, voire des siècles, se forgent un comportement sur certains points semblable. Qui de mes connaissances correspond d'avantage à ces stéréotypes? Ma voisine au grand coeur qui m'apporte un bol de soupe fumante à chaque fois qu'elle en prépare? E. la discrète qui ne veut surtout pas déranger mais elle est d'une écoute précieuse? J-P M. et son accent chantant, sa gaieté contagieuse qui cache des émotions pudiques? Ou bien A. le roc solide, puits de culture couplé d'une simplicité humble? Et tant d'autres encore! Qu'y a-t-il de commun en eux? La discrétion, sans doute. Il est rare que l'on te tombe dessus sans prévenir! La bienséance, l'éducation policée survit encore ici ou là, même en voie de disparition.

Les Français, hautains? Ca arrive et souvent ça cache un déficit d'humanité et de richesse intérieure. Tout comme ailleurs. Les personnes de grande qualité n'ont pas besoin d'afficher leur supériorité: elle ne réside pas dans l'apparence.

Les Français que je côtoie ont en commun une grande aversion pour l'affrontement direct. S'ils ont quelque chose à vous reprocher, ce n'est pas sûr que ce soit à vous qu'ils le diront en premier... Une certaine hypocrisie peut en découler: le sourire en face et le coup de couteau dans le dos... Ca arrive. Blindez votre naïveté congénitale, braves gens!

Ils préfèrent une soirée de "rigolade" aux explorations en profondeur de l'âme, aux conversations qui visent à changer le monde... On ne va pas se prendre la tête! Et puis, au lieu de prendre un Scud d'émotion en direct, ils préfèrent l'esquiver par une plaisanterie.

Les Français, inconstants et infidèles? Là encore, mon expérience personnelle apporte un démenti éclatant.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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Publié le 17 Septembre 2015

Amiens, sous la pluie...

Visiter Amiens sous la pluie, c'est la découvrir dans son élément... Bâtie sur la Somme, telle une île mouvante sur la tourbe, elle est parcourue de nombreux canaux. D'ailleurs, en se promenant dans la ville, on entend par-ci, par-là, des clapotis mystérieux, parvenant d'on ne sait où, peut-être même de sous les maisons, des cours d'eau invisibles...

Les hortillonnages, îlots de verdure sur les veines innombrables des marécages d'antan... Depuis l'antiquité, leurs maraîchers pourvoyaient les habitants en légumes... Les barques glissent sans le moindre bruit, comme si elles avançaient toutes seules... Un monde de silence. Le héron cendré attend, immobile, à deux pas... Les poules d'eau prennent leur élan sur les pelouses fleuries et atterrissent en glissade sur le miroir de l'eau. Instinctivement, nous baissons la voix.

Promenade en calèche à travers la ville. La plupart des maisons, en briques rouges, ont été construites après la guerre. Les bombardements ont fait table rase. Par miracle, quelques élégants hôtels particuliers ont échappé au massacre pour témoigner de la splendeur d'antan.

La cathédrale... "C'est l'empire absolu de l'élégance suprême" dixit Rodin, admirateur. Ses dimensions sont impressionnantes: elle pourrait absorber deux Notre-Dame de Paris... Longue de 145 m, large (au transept) de 70 m et de 42,30 m de haut, elle est le plus grand édifice gothique de France. Elle date du 13e siècle. Outre son célèbre labyrinthe, elle possède une précieuse relique: la tête de St-Jean Baptiste, ramenée des premières croisades...

En début de soirée, les nuages se dissipent, la nuit noire nous permet de nous émerveiller au spectacle féerique du "son et lumière" qui habille en couleurs chatoyantes la façade richement sculptée...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade

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Publié le 11 Septembre 2015

Tourments et questions

En ces temps troubles de tous les déséquilibres et de toutes les angoisses, l'homme ressent le besoin de refuge. Où le trouver? Les croyants le cherchent auprès de leur dieu, les puissants s'aveuglent de pouvoir et de richesses, afin de tenter d'oublier que, malgré tout, ils restent de simples mortels...

Que reste-t-il à ceux qui, comme moi, ne possèdent aucun de ces remèdes?

Est-ce la phrase de Dostoïevski dans la bouche de son personnage emblématique du roman "L'Idiot", le prince Mychkine: "La beauté sauvera le monde" ("Красота спасёт мир") ?... Pour Dostoïevski, beauté et bonté sont synonymes et se confondent dans l'idée du divin. Une rédemption dans la miséricorde du Christ.

Faut-il déjà s'entendre sur le sens de la beauté! Tous les philosophes, depuis l'antiquité essayent d'en donner la définition, chacun selon sa sensibilité et dans le contexte son époque. Les étudier serait l'oeuvre d'une vie, sans être sûr, pour autant, d'arriver à sa propre définition satisfaisante.

L'Art, la Nature, un acte humain, une idée - qu'est-ce qui provoque en nous ce sentiment de plénitude, cette intense émotion d'émerveillement qui nous place soudain dans la sensation de faire partie d'une harmonie quasi cosmique?

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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Publié le 6 Septembre 2015

Des temps troubles

La torpeur paisible des vacances est loin derrière nous. La Toile bruit des mouvements migratoires hors normes qui secouent l'Europe.

Cela concerne plus particulièrement mon pays d'origine, la Hongrie qui, depuis un certain temps, a mauvaise presse. Campagne d'affichage contre les "migrants" invités à s'abstenir de prendre le travail des Hongrois, distillation des rumeurs de dangers divers (épidémies, viols, terroristes dissimulés dans la foule des réfugiés), érection d'un mur de barbelés, au demeurant inefficace, à la frontière serbe, porte d'entrée de l'espace Schengen... L'hypocrisie de Bruxelles rencontre l'hostilité du gouvernement hongrois qui tente de ménager son aile d'extrême droite.

L'opinion publique est tiraillée entre ses peurs ancestrales devant le déferlant musulman qui éveille en lui les réminiscences de 150 ans d'occupation ottomane, et ses sentiments de compassion à la vue des foules épuisées des périples en bateau et à pied...

Tout cela mène à un cafouillage sans nom. La fameuse photo de l'enfant noyé - on se demande pourquoi les milliers de cadavres d'avant ont laissé tout le monde de marbre - crée un électrochoc. Les barrières autrichiennes et allemandes, jusque là baissées se lèvent pour offrir un accueil chaleureux aux milliers d'immigrés. Tant mieux pour eux. La vague de solidarité spontanée générée par des initiatives de simples particuliers hongrois contrebalance quelque peu l'image de honte que le gouvernement - et les dirigeants de l'église, oubliant toute miséricorde chrétienne - ont laissé devant le monde, qui lui même n'est pas exempt de pharisaïsme...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti

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Publié le 1 Septembre 2015

ma belle-soeur prépare le dessert
ma belle-soeur prépare le dessert

Cela fait à peine deux semaines que je suis de retour en France et déjà, l'été s'éloigne à pas de géant. Où est passée la chaleur suffocante qui m'avait empêchée de profiter du soleil comme je l'aurais aimé, sans fin, me remplissant de son énergie bienfaisante?... Dehors, 16° et petit crachin insidieux. C'est la rentrée.

Où sont passées les pastèques géantes, avec leur peau vert foncé ou zébrée, dont le craquement sous le couteau est la promesse même du goût de miel de la chair rouge, fondant dans la bouche?...

Où sont passés les après-midi paresseux où même les mouches siestaient dans la fraîcheur de la vieille maison, et nous, avec un livre à la main ou autour d'une partie de cartes, avions le droit d'oublier le lendemain?...

C'est la rentrée.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences

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