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Le blog de Flora

Les ETM selon J-P Guedj

30 Juin 2015, 18:40pm

Publié par Flora bis

Les ETM selon J-P Guedj

Il y a quelques mois, je suis tombée sur un petit livre paru aux éditions Larousse. Sous le titre de "Petit décodeur des phrases toxiques qui nous plombent le moral", Jean-Paul Guedj, éminent sémiologue décortique 90 expressions banales du langage courant dont nous usons tous, portés parfois par l'air du temps et l'esprit grégaire...

Ce petit livre m'a mise en appétit, friande que je suis à déchiffrer les secrets des langues, plus précisément ceux du français que j'essaie de pratiquer correctement... Eh oui, c'est le sort de ceux qui adoptent des langues étrangères (ou espèrent se faire adopter par elles) et dont l'éternelle ambition demeure d'atteindre leur pratique, autant que possible, irréprochable. Davantage, peut-être, que les chanceux qui les reçoivent en cadeau de naissance, gratuites, sans effort...

Bref, voici un florilège des ETM (Expressions Toxiques Modernes) révélatrices des moeurs d'une époque, la nôtre:

1) "En même temps" (en début de phrase, ultime concession; on est d'accord avec tout et son contraire)

2) "C'est jouable" (du ludique dans le sérieux, du futile dans le professionnel)

3) "Ca va le faire" (on ignore ce que le pronom "le" remplace; purement à la mode, légèrement idiot)

4) "Connecte-toi" (il est urgent que tu te débarrasses de ta ringardise)

5) "On va revisiter" (un plat de cuisine, une pièce de Molière, Jaurès ou De Gaulle... à la sauce moderne)

6) "Que du bonheur!" (réponse obligée; le bien-être étant au bonheur ce que le fast-food est à la gastronomie, les marchands de bonheur à deux sous inondent les étals et les plateaux de télé)

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Ambiance de terrasse...

26 Juin 2015, 10:31am

Publié par Flora bis

Ambiance de terrasse...

Le "cahier noir" (journal de bord N°4, "C'est la vie" bien nommé de Ben, p.189) a cueilli ces quelques lignes, notées rapidement, spontanément avant-hier, sur la terrasse, dans la tiédeur de l'après-midi:

"Il est 17h15, je suis sur la terrasse. Un temps comme on l'aime. Douceur estivale, remplaçant la pluie et la fraîcheur (13°) de ces derniers jours. Dans une demi-heure, je pars pour récupérer les petites à l'école. Je suis revenue à mon projet de roman: comme la forme est encore incertaine, "en expérimentation", je pense qu'il faudra y aller à tâtons pour trouver la bonne solution: en le sentant sous les doigts, dans les doigts - comme de l'argile du sculpteur ou comme de la poudre multicolore des pastels - en se relâchant, en se lâchant presque (lâcher-prise, si difficile!), dans l'écriture-même... En tout cas, même si tout cela n'aboutit à rien, il me procurera un intense plaisir de le faire, de l'expérimenter...

Je sirote mon petit café, Glasgow se déplace sans bruit, sur ses pattes de velours - voilà pourquoi les écrivains "s'équipent" souvent de chats! Très inspirants et discrets en même temps, comme pour dire: vas-y, je suis là, t'es libre de divaguer, rien ne m'étonne, ni me choque... Elle s'éloigne avec sa démarche féline, après avoir bu quelques "lapées" de l'eau de la piscine. Dans l'air flottent des parfums de chèvrefeuille, de rose, de glycine: de la végétation en folie... Idyllique, paradisiaque même - c'est dans ces moments-là que l'on ressent la plénitude de l'existence... Hélas, pour en arriver là, à cette capacité d'apprécier l'instant, je crains que ladite existence ne tire à sa fin..."

(illustration: "Quiétude" pastel sec, R.T. 2015)

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Passage éclair

8 Juin 2015, 11:32am

Publié par Flora bis

Passage éclair

Le 29 mai dernier, avec mon fils, nous avons quitté 16° à l'aéroport de Charleroi pour atterrir dans la chaleur de 31° ou plus à Budapest. Un changement secrètement désiré, espéré. Comme un retour vers le passé, vers la jeunesse où il faisait toujours beau... Du moins dans les souvenirs.

Dans la maison de mes parents, désertée des vivants, les fantômes se bousculent, mécontents d'être dérangés par des intrus que nous sommes, faisant irruption dans leur calme ensommeillé. Sur la table de la cuisine, un dîner nous attend, avec un petit papier: "Bon appétit!" A coup sûr, c'est l'oeuvre des vivants! Tout comme les lits prêts à nous accueillir à 2h du matin. En l'occurrence, celle de ma belle-soeur et de mon neveu.

Le lendemain matin, grand soleil! Contrairement à mes habitudes françaises et nordistes de surcroît, je me lève tôt pour en profiter, pour siroter mon café dans les décors immuables de la cuisine aux effluves de vanille et de cannelle, derrière les rideaux de dentelle... Les fantômes radoucis semblent enclins à m'adopter. Ils tolèrent que je retrouve mes repères, que je me réapproprie les espaces.

Vers midi, je retrouve mes camarades du lycée, dans la ville voisine, à 49 ans de distance du baccalauréat. On se reconnait en un clin d'oeil, malgré les kilos en trop, les rides plus ou moins visibles, les cheveux clairsemés... De midi à 19 heures, conversations à bâton rompu, sous les parasols de l'hôtel, dans la tiédeur du parc. Mon trac a disparu.

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