Publié le 13 Octobre 2014

Une histoire d'héritage...

Je ne vis pas dans un musée ni dans un antre de brocanteur mais j'aime la présence discrète de quelques vieux meubles qui racontent des histoires. Ils se mélangent avec les pièces contemporaines comme s'étaient mélangées autrefois des générations sous un même toit. Ils semblent immuables, tel le fil qui relie ces générations à travers le temps...

La pièce la plus imposante de mon décor dans le genre de "témoin des temps jadis" est un buffet en chêne, datant probablement du début du siècle dernier. Cadeau de mariage de la grand-mère de Gilbert. Au décès de ceIle-ci, le vénérable meuble s'est retrouvé parmi les nôtres, il nous a suivis de Laon à Libourne, aller et retour, patientant jusqu'à notre retour d'Istanbul, pour s'approprier enfin un coin dans ma salle à manger ici, dans le Nord, voici 24 ans déjà... J'imagine qu'il savoure le calme retrouvé.

On m'a mainte fois suggéré de m'en débarrasser, pour le remplacer par un vaisselier lisse et moderne, dans le genre suédois... Je n'ai pas pu m'y résoudre. C'est vrai qu'il est capable d'avaler une quantité astronomique de verres, de tasses et d'assiettes et pour moi, qui résiste difficilement à un joli service à café (il faut que je me fasse violence désormais!), ce n'est pas un aspect négligeable! Mais la raison cachée de ma fidélité est ailleurs.

Il me raconte quelques pages de l'histoire de ma belle-famille. Cette grand-mère Eva, je ne l'ai jamais rencontrée. Mon mari m'a souvent parlé d'elle: ils étaient très liés. Il avait passé sa petite enfance en grande partie avec elle. Hospitalisée au moment de notre mariage, elle n'a pas pu y assister, faute de pouvoir se déplacer en Hongrie. Au printemps d'après, elle est décédée. Il reste d'elle quelques lettres débordant d'affection qu'elle nous a adressées et un grand regret au fond de moi.

La semaine dernière, j'ai repeint le buffet en une couleur claire, le débarrassant au préalable de ses innombrables couches de cire. Dans cette pièce chichement éclairée, la grande masse sombre était oppressante... Qu'en penserait Grand-mère Eva si elle le voyait? Au fond de moi, j'espère qu'elle en serait contente: j'ai définitivement intégré son héritage dans mon univers...

(à cliquer sur les images pour les agrandir)

Une histoire d'héritage...Une histoire d'héritage...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences

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Publié le 9 Octobre 2014

Honoré de Balzac (1799-1850)   *   Citations

Un géant! Marx et Engels disaient de lui que l'on apprenait plus dans ses romans que dans tous les traités d'économie et de sociologie du monde. Durant sa relativement courte vie dont 26 ans de travail forcené d'écriture à en ruiner la santé, il a créé 93 romans et nouvelles, sans tenir compte de sa vaste correspondance. Il a réalisé une étude quasi d'entomologiste de la société: de l'aristocratie en déclin à la montée de la bourgeoisie et de l'argent tout-puissant, et de ses victimes collatérales. "La Comédie humaine" ( en résonance avec La Divine comédie de Dante) est à la hauteur de ses ambitions démesurées.

(illustration: Balzac par Rodin)

* Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire.

* La mission de l'art n'est pas de copier la nature, mais de l'exprimer.

* Il y a du bonheur dans toute espèce de talent.

* Les vocations manquées déteignent sur toute l'existence.

* Le malheur est un marche-pied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.

* Les âmes fortes ne sont ni jalouses ni craintives: la jalousie est un doute, la crainte est une petitesse.

* On respecte un homme qui se respecte lui-même.

* Les lois sont des toiles d'araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.

* La gloire est le soleil des morts.

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 5 Octobre 2014

Mélancolie annuelle

A l'approche de mon anniversaire, presque tous les ans, je vis des jours un peu troubles. Parfois, ce n'est même pas vraiment conscient, seulement une impression de poids sur le coeur. Un sentiment d'insécurité, de mise en doute, de bilan plus ou moins bancal et décevant s'emparent de moi. Surtout depuis que j'ai franchi la barre de la soixantaine. Une sorte de prise de conscience de l'accélération du temps et de la nécessité de ne pas le laisser filer sans inscrire un signe - une preuve? - de son passage... Du moins dans ma mémoire. Une preuve minuscule néanmoins mémorable...

Ces tourments mélancoliques s'accordent parfaitement avec le milieu d'octobre de ma venue périlleuse au monde. Les jours raccourcissent avec la précision impitoyable d'une horloge suisse et nourrissent mon insatiable nostalgie pour le soleil, la lumière triomphante. Non, je ne suis pas une fille de l'automne, du jour déclinant, du repli sur l'hibernation! La grisaille, la petite pluie insistante et pénétrante m'exaspèrent et me plongent dans la mélancolie. En attendant le printemps, la nature perd son intérêt pour moi, jusqu'à ce que les premières tiédeurs du soleil commencent à la réveiller de nouveau.

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Rédigé par Flora bis

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