Publié le 27 Juin 2012

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Qu'est-ce que l'esprit? Un regard aigu sur l'homme et son époque, sur sa bassesse et sa magnificence... Et surtout, un sens de la formule, pour que l'essentiel claque en quelques mots, comme un coup de fouet ou un étendard dans le vent... Flaubert en était un maître...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.  (très utile, par ces temps où la nostalgie fait des ravages ...)

 

* A moins d'être un crétin, on meurt toujours dans l'incertitude de sa propre valeur et de celle de ses oeuvres. (voilà ce qui me console terriblement...)

 

* Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue. (à moins d'avoir suffisamment de distance et de prendre de la hauteur...)

 

* Il ne faut pas toucher aux idoles: la dorure en reste aux mains. (distance, distance...)

 

* La parole est un laminoir qui allonge toujours les sentiments. (... et méfiance...)

 

Et pour finir, quelques perles du "Dictionnaire des idées reçues":

Érection: Ne se dit qu'en parlant des monuments.

Extirper:  Ce verbe ne s'emploie que pour les hérésies et les cors aux pieds.

Imbéciles: Ceux qui ne pensent pas comme nous.

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 23 Juin 2012

DSCN0160 Parfois, ça tient à pas grand-chose. A-t-on le temps de se rendre compte de l'approche d'un tremblement de terre qui modifiera le cours des choses et le lit de la rivière?... Cela n'avait pas l'air d'un tremblement de terre. Petite secousse sans importance. Un simple oui ou non, et la vie prend une direction radicalement différente.

   Il était un grand garçon maigre, grosses lunettes d'écaille sur le nez qui agrandissaient encore ses yeux démesurés. A priori, non, il ne l'attirait pas. Elle s'est efforcée à lui adresser la parole, comme ça, par politesse et aussi par pitié pour sa solitude gauche dans la salle bruyante et surpeuplée.

   Il s'est ravivé d'un coup, réveillé de sa léthargie défensive. Le sourire l'embellit, s'est-elle dit avec le contrecoeur allégé. Et sa voix est agréable, chaude, comme ses mains qu'elle a vaguement touchées en le saluant. Elle a noté au passage les doigts effilés et les ongles soignés, ignorant les poils noirs et frisés qui dépassaient de la manche de la veste. Un mauvais point, tant pis.

   Son humour, oui. Inhabituel. Il a une belle bouche, a-t-elle noté au passage. Pour elle, ce qui comptait, c'était la bouche et les mains. Les yeux, le regard venaient après, avec un brin de méfiance. Les yeux scrutent, peuvent capturer. Ou mentir. Les mains, la bouche, promesses d'une autre communion qui se passe de mots, les yeux clos... Mais ce serait bien plus tard qu'elle aurait tenté d'analyser tout cela. Beaucoup trop tard, de toute façon.

   Le petit jeu de séduction. Sur ce terrain, elle se sentait dans son élément. Elle maîtrisait le dosage, son tableau de chasse était conséquent. Elle savait lancer l'hameçon et tirer sur le fil, le relâcher quand il le fallait et le poisson ne manquait jamais de mordre.

   Il semblait une proie facile et elle ignorait encore que ce serait elle qui tomberait dans le piège. Irrémédiablement. 

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 16 Juin 2012

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Hier soir, la quatrième représentation  -  sans doute la plus rodée, la plus réussie  - s'est achevée, au terme d'une semaine intense. Tous les soirs, j'ai pris le chemin pour y assister. A chaque fois, le trac s'est renouvelé, tenace, car ni le public ni les comédiennes n'étaient les mêmes... Je ne peux que remercier Richarda Nohinck et Godelieve Tournois pour leur brillante prestation. Je suis touchée qu'elles aient consacré autant de leurs temps à mes mots...

"Pépites d'or et vieille lavande"... Le ton passablement léger du début se charge progressivement de tension. Les parents sont morts (dans un accident de voiture) et enterrés ensemble, selon leur volonté, soudés qu'ils étaient par un amour infaillible durant leur longue vie.DSCN0759.JPG Leurs deux filles trient les objets et les souvenirs... Petit à petit, tout finit par se remettre en questions: leurs rivalités lointaines et sournoises, les apparences qui gouvernent leur vie et pour finir, l'image des parents parfaits... Des choses enfouies refont surface...

   De longues minutes après les derniers mots, le public reste en place, en proie à une émotion palpable que je voulais retenue. Une discussion s'ensuit et qui dure deux à trois heures encore, se prolongeant autour du verre de l'amitié... Chacun reconnait une parcelle de sa propre enfance dans les souvenirs de Victoria et de Dominique. Cette résonance me plaît car pour moi, il n'existe pas de vie sans histoire, pour ne pas dire sans intérêt. Il suffit de prendre la peine d'y prêter attention, pour chercher derrière les apparences.

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 14 Juin 2012

DSCN0731 Que font deux soeurs dans la maison de leur enfance, au retour du cimetière où elles viennent d'assister à l'enterrement de leurs parents?...

   Après une première expérience il y a un an où, tremblante de trac, j'ai "lâché" mon premier texte sur scène, dans la brillante interprétation de Richarda, je récidive cette fois-ci avec un dialogue entre deux personnages. J'avais envie d'expérimenter cette technique: la confrontation entre plusieurs personnes, à travers ce qu'elles se disent, sans descriptions ou analyse psychologique, rien que par ce qu'elles disent et la façon dont elles le font... Tentative excitante à l'avance! Dès le début, j'ai pensé à mes deux interprètes, j'écrivais, je rajustais les répliques en les imaginant jouer... Je me sentais comme la couturière devant son mannequin d'essayage... Cependant, je me suis refusé d'assister aux répétitions: du moment que vous confiez votre texte à ceux qui le feront vivre, il doit pouvoir vous échapper!

   Après deux représentations, je suis très contente! Le public en a l'air aussi... Deux autres soirées suivront encore; j'essaierai de reprendre quelques photos de meilleure qualité!

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 11 Juin 2012

3 Grasses 2010 NEW Nous sommes inondés d'avis de spécialistes, de conseils avisés d'experts qui auscultent sans relâche notre bien-être physique et moral. Les sentences se contredisent parfois; je les soupçonne même de se modifier selon la conjoncture et les saisons. Les bienfaits du magnésium contenu dans le chocolat reviennent immanquablement aux alentours de Noël et de Pâques et le foie gras cesse de menacer le niveau de notre cholestérol à l'approche de Noël... 

   Malgré ma méfiance naturelle, un communiqué du département de psychiatrie de Stanford me plaît bien. En substance, "... l'une des meilleures choses que l'homme puisse faire pour sa santé est d'avoir une épouse, alors que pour la femme, la meilleure des choses à faire pour être en bonne santé est d'entretenir ses relations avec ses amies."

  Cette phrase suggère plusieurs questions sur la différence des besoins masculins et féminins. Quel besoin pour sa santé remplit l'épouse pour l'homme, besoin que lui-même semble inutile de fournir pour le bien-être de sa femme? Il y a comme un petit décalage dans la symétrie conjugale!... Doit-elle être bonne "gouvernante", infirmière, cuisinière et amante avertie, résumant ainsi tous les domaines de compétence nécessaires?

   Deuxième question: le papotage entre amies serait-il plus utile pour la production de la sérotonine, ce neurotransmetteur qui combat le stress et l'état dépressif, qu'une belle relation conjugale? Ou bien la "communion des chairs" seule satisferait-elle l'homme, tandis que son épouse chercherait-elle son supplément de sérotonine dans une bonne conversation entre copines où l'on peut échanger, se livrer, dissolvant le stress et allégeant le poids des problèmes?... Les femmes ont l'habitude de ces confidences que les hommes répugnent à lâcher même entre amis. Seulement, les savants spécialistes prétendent qu'une bonne petite bavette taillée entre copines préserve mieux notre santé que de consciencieuses suées régulières dans une salle de gymnastique...   

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 5 Juin 2012

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Rédigé par Flora bis

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