Publié le 24 Août 2015

"Le joli temps passé..." de J-P Micouleau

J'aime le bruit de la boîte aux lettres annonçant l'arrivée d'une lettre, d'un mince colis! Il faut avouer que par les temps qui courent, ce bruit est de plus en plus rare, remplacé par le signal discret de l'ordinateur.

Ce matin, l'arrivée d'un petit livre de 150 pages m'a ramenée 30 ans en arrière. C'est à Istanbul que j'ai rencontré son auteur, Jean-Paul Micouleau, animateur au Centre culturel du Consulat de France, avec qui notre vie de là-bas a pris un tournant enrichissant. Nous avons découvert une personne chaleureuse, généreuse, infatigable, en un mot: irrésistible d'humour et d'énergie.

Jean-Paul a effectué presque toute sa carrière à l'étranger, avec sa femme Chantal, institutrice, passionnée par son métier. De sa Toulouse natale aux accents ensoleillés vers le Caire et Montréal, de Port-au-Prince à Tokyo, d'Istanbul en Tunisie, son parcours de trente années nous promène dans sa vraie passion depuis toujours: le théâtre!

"Passion toujours intacte... Mettre en scène, c'est, lentement, apprivoiser des êtres et c'est, parfois, faire surgir des pulsions ignorées, des talents enfouis, révéler ce Mozart qui, quelquefois sommeille encore au fond de l'adulte endurci... Jouer, c'est partager, vibrer, douter, risquer ensemble comme une cuadrilla au coeur de l'arène, comme une équipe de rugby: ces moments vécus coeur à coeur sont denses, intenses, ineffaçables."

Son vrai élément est la scène: il se glisse dans la peau des personnages tragiques ou comiques, avec une prédilection pour ces derniers. Il met en scène, crée les spectacles partout (avec Chantal, la discrète, la femme de sa vie dont le regard compte par-dessus tout), suscitant des passions autour de lui, entrainant les gens dans le sillage de sa boulimie de création et de son inextinguible soif de contacts.

"Partout où j'irai, j'observerai, je humerai, je goûterai, j'écouterai, je toucherai, je m'imprégnerai... Ensuite, seulement, je lirai pour comprendre." Être éminemment sensuel, il fait d'abord confiance à ses cinq sens pour pénétrer l'âme du pays où il s'installe pour quelques années, toujours à l'affût de créer des contacts autour de lui, pour les attirer vers le théâtre. A Istanbul, nous nous côtoyons pendant 5 ans; Gilbert fait partie de la troupe "Les Tréteaux du Bosphore". Moi plus modestement, dans le rôle de la "groupie", j'assure photos et affiches, tout en refusant de les suivre en tournée (en Egypte, Grèce, Chypre et à travers la Turquie) : je veux que Gilbert ait ses activités séparées des miennes (peinture).

"Le joli temps passé..." est destiné à ses petits-enfants - et un peu à lui-même... Un livre bourré d'anecdotes, dans une langue extrêmement vivante et un style châtié et riche comme doit l'être celui de quelqu'un qui, toute sa vie, côtoyait les grands auteurs de théâtre!

(cliquer sur les photos pour les agrandir!)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #Les mots des autres

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Publié le 18 Août 2015

Réminiscences...

Nous trions, éliminons les affaires de ma mère. Tâche ingrate, cruelle même, mais il faut en passer par là.

Tout d'un coup, choc émotionnel, reliant brutalement le passé au présent : ma petite-fille de 9 ans qui adore chiner, fouiller dans des vieilleries qu'elle réadapte à son goût avec une créativité débordante, exhume du fond d'un placard, une robe blanche avec le corsage en dentelle. Je n'en crois pas à mes yeux: cette robe, je l'avais portée il y a cinquante ans, pour le bal traditionnel de la dernière année du lycée! Depuis, je ne l'ai jamais remise, je la croyais même disparue...

Ce bal, précédé par des répétitions qui duraient des semaines pour pouvoir ébahir le public des parents et des profs par l'exécution irréprochable (autant que possible) de la danse d'ouverture - cette année-là un tango-boléro - par les élèves des classes terminales, a eu lieu dans l'Aigle Noir, le grand hôtel de la ville. Notre première sortie dans le monde. J'ai dessiné moi-même la robe que ma couturière a réalisée avec sa virtuosité coutumière avec laquelle elle donnait vie à mes fantasmes vestimentaires. Les magasins proposaient peu de choix à l'époque.

Coiffure savante, souliers blancs à talons aiguille et aux bouts pointus (que je n'ai jamais portés par la suite), gants blancs - tout était en place pour tournoyer sur le parquet de la grande salle. Petit flirt fort sage avec le grand frère d'un de mes camarades de classe et l'enchantement a pris fin: Cendrillon a regagné son carrosse de citrouille, sans même perdre un de ses souliers!...

Ma petite-fille enfile aussitôt la robe exhumée et miracle: elle lui va à merveille, comme si on l'avait taillée pour son joli petit corps de 9 ans! Juste la moitié de l'âge que j'avais alors! Je tiens une preuve palpable de ma sveltesse d'antan... A cinquante ans de distance.

Réminiscences...Réminiscences...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences

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Publié le 15 Août 2015

Aller-retour, passé-présent

Depuis ma dernière note sur ce blog, trois semaines sont passées. Beaucoup d'émotions, beaucoup de chaleur (en propre et en figuré), des déplacements nombreux sous une canicule sans pitié... Une chose reste inchangée: départ sous la pluie et la fraîcheur, retour dans les mêmes conditions... Entre les parenthèses pluvieuses, trois semaines torrides dont les 38-39° alourdis par une atmosphère chargée d'humidité, demandent un effort démultiplié au moindre mouvement.

La vieille maison accueille ses nouveaux propriétaires qui prennent possession des lieux. Mon fils tente de préserver ce qui faisait son bonheur durant de nombreuses années, tout en imprimant sa marque, ses désirs... Une maison ne doit pas se figer en musée, elle doit continuer à vivre, s'accommoder aux vivants, voire se rajeunir. Mêler le passé au présent, pour se construire un avenir.

Des rencontres dans la chaleur familiale, avec neveux et nièces, cousins et cousines qui donnent un coup de main, sacrifiant joyeusement une partie de leurs vacances. Inimaginable dans un contexte français, du moins de mes expériences... Surtout que la partie n'est pas vraiment joyeuse: il s'agit de vider les armoires de ma mère, évacuer une partie des innombrables objets accumulés durant des décennies, souvent par inertie ou précaution ("on ne sait jamais"...) Pour moi, c'est une tâche particulièrement éprouvante: je me rends compte une fois de plus de mon attachement viscéral aux objets, habités par les traces vivantes de ceux qui les ont côtoyés, manipulés. Les débarrasser, cela signifie "virer" leurs anciens propriétaires corps et âme, les évacuer définitivement de ma vie...

Je décide donc de me détacher progressivement de mes propres "compagnons de route" devenus des "intimes" par le seul regard que je pose quotidiennement sur eux. La sage décision est une chose, sa réalisation en est une autre...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #réflexions

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