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Le blog de Flora

La Poésie en dérision

30 Août 2013, 11:26am

Publié par Flora bis

La Poésie en dérision

Beaucoup écrivent des poèmes mais peu nombreux sont des génies qui nous prennent aux tripes, suscitant des émotions, nous prêtant leurs mots magiques pour les exprimer.

Nombreux sont des "tailleurs de rimes" pour banquets d'anniversaire ou autres grandes occasions où ils peuvent briller devant famille et amis en admiration. Pourquoi pas, si ça leur fait du bien?

Nombreux sont les poètes en herbe boutonneux qui triment sur leurs tourments afin que leurs gouttes de sueur et de larmes se transforment en pépites d'or mais hélas, ce ne sera que gouttes de rosée évanescentes ou pâtés d'encre sur le papier sali. Et encore, notre époque cruelle de toutes les virtuosités ne garde même plus les "pâtés" douloureux dans la mémoire des ordinateurs!...

Voici quelques perles moqueuses sur les poètes et la poésie.

Faute d'avoir reçu le baiser de Terpsichore, on peut toujours tourner en dérision les tourments poétiques...

* "Le poète est un jeune homme aux cheveux blancs, il est myope avec de gros yeux et il y a toujours quelqu'un qui vient de marcher sur ses lunettes."

(Roland Dubillard)

* "On dirait que la douleur donne à certaines âmes une espèce de conscience. C'est comme aux huîtres le citron."

(Léon Bloy)

* "Les poètes comptent leurs pieds avec leurs doigts."

(Frédéric Dard)

* "Poète inspiré recherche pistolet en bon état pour pouvoir enfin expirer."

(Pierre Dac)

* "La poésie est toujours une question de tripes, mais à la mode de quand?"

(Jean L'Anselme)

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Entomologie

27 Août 2013, 10:53am

Publié par Flora bis

Entomologie

Au bout de presque une semaine, je commence à revenir devant l'écran de l'ordinateur. Depuis jeudi dernier, je me sentais un peu comme le petit scarabée ci-contre (un dessin que j'ai fait en 1998, pour illustrer un recueil de textes courts de Gilbert): épinglé en son milieu, de son vivant! (ce que proscrit la déontologie des entomologistes). Une sciatique me paralysait le côté gauche, due probablement à la fatigue accumulée pendant l'été et aussi, à la position assise prolongée devant l'écran, ces derniers temps...

Tout cela est de l'explication raisonnée... Je me suis amusée à en trouver une autre qui plaira sans doute plus à mes amis, tentés par les mystères des abysses de notre psychisme encore à déchiffrer.

Cela se préparait depuis des mois. Chaque stress durable se soldait chez moi en prise de poids - et ces dernières années, le stress ne manquait pas! Je ressentais l'urgence de reprendre ma vie en main, me débarrasser de ce fardeau qui n'était certainement pas que physique! La pesanteur des années de vaines tentatives de correspondre aux désirs des autres - chacun sait que dans ce domaine, on atteint rarement la perfection! La culpabilité qui résultait du sentiment de ne pouvoir satisfaire ces désirs, même au prix de s'oublier au passage...

Bref, ma décision de consulter un nutritionniste avait une grande signification symbolique, tout en mettant en avant la raison pure. Et juste au moment où je me suis assise devant son bureau, j'ai reçu un coup de couteau violent dans la hanche gauche...

Est-il si simple de quitter nos chaînes? Le poids du passé nous structure en même temps. Notre prison devient familière, nos geôliers nos repères. La liberté, c'est l'inconnu qui effraie...

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Márai et le Livre

20 Août 2013, 17:39pm

Publié par Flora bis

Márai et le Livre

(...) l'essence même du Livre avait en effet changé. L'hypertrophie de la chose imprimée, l'augmentation démesurée du nombre des auteurs et des lecteurs avaient provoqué un changement radical: pour les masses, le livre n'était plus qu'une prothèse, une sorte d'adjuvant, au même titre que les vitamines, la radio ou la voiture. Chacun possédait toujours une bibliothèque, mais rares étaient ceux qui y cherchaient une Réponse: ce qu'on demandait, à présent, c'étaient des connaissances précises, des moments de distraction, quelque surprise, un choc ou un scandale. Non seulement parce que, dans la conjoncture favorable de l'après-guerre, quelques mercantis affamés, de profits jetaient par wagons entiers du papier imprimé sur le marché. (Ce constat contenait certes une part de vérité, mais le danger n'était pas là.) Mais aussi... parce que, selon le constat ultérieur de certains sages, et quel que fût le contenu du livre, la liturgie même de la lecture avait déjà été supplantée par celle, combien profane, de l'image - image que l'on n'avait nul besoin de comprendre, que l'on pouvait se contenter de regarder bouche bée, sans accomplir le moindre effort intellectuel. Les fabriques de livres déversaient certes sur le marché un nombre sans cesse croissant d'ouvrages, les écrivains, toujours plus nombreux, étaient toujours plus prolifiques, de nouveaux genres littéraires faisaient leur apparition, l'industrie des lettres posthumes, le stakhanovisme des biographies romancées fleurissaient, mais le Livre lui-même avait perdu de son crédit. Pour tout dire, on y croyait de mois en moins. Et sans foi il ne peut y avoir de littérature. (...)

extrait du livre "Föld, föld!..." ("Mémoires de Hongrie") écrit en 1972.

paru en français en 2004, aux éditions Albin Michel, traduit par Georges Kassai et Zéno Bianu

illustré par le monument à Sándor Márai dans sa ville natale de Kassa (actuellement Kosice en Slovaquie)

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Nostalgie...

18 Août 2013, 20:14pm

Publié par Flora bis

Nostalgie...

J'aime beaucoup les gens fidèles... A mes yeux, c'est une vertu cardinale.

Ce week end, j'ai eu la visite de J. avec son mari et deux de leurs trois filles.

Nous nous connaissons depuis bientôt quarante ans... Depuis Berlin et le Lycée Franco-allemand de l'époque du Mur. Après deux ans passés en poste en Algérie, Gilbert a été nommé professeur dans ce lycée.

J. a été son élève pendant un an, puis ils ont fait du théâtre aussi ensemble. Nous avons toujours très apprécié cette jeune fille courageuse et douée qui s'intéressait à tant de choses: aux matières scientifiques (elle est devenue chercheuse en physique nucléaire), aux langues anciennes, à l'alpinisme, au piano et au théâtre...

Nous sommes restés en contact; elle nous a rendu visite en France et en Hongrie, en Turquie aussi. Nous avons suivi les stations de sa vie, les études brillantes, les voyages et les débuts de la vie professionnelle, sa rencontre avec son mari et la naissance des enfants...

En évoquant quelques souvenirs, nous sommes sous le choc du temps qui passe: impossible! C'était hier et dans nos têtes, rien n'a changé... ou presque.

(sur la photo, Gilbert à 28 ans, arrivé à Berlin en 1976)

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Avons-nous un ange-gardien?

14 Août 2013, 17:22pm

Publié par Flora bis

Avons-nous un ange-gardien?

Je me suis toujours doucement moqué de ces histoires-là. Ces croyances naïves qui permettent à certains de s'accrocher à toute sorte de protections imaginaires. Les anges, je les ai relégués dans le monde merveilleux de l'enfance qui autorise tous les fantasmes. Jusqu'à samedi dernier.

Qu'est-ce qui m'a réveillée à dix centimètres de la barrière centrale de l'autoroute, à 130 km/h au volant de ma voiture?... Qu'est-ce qui a fait que personne ne se trouvait dans la file de gauche, lorsque, imperceptiblement, j'y suis passée?... Mystère. Normalement, à l'heure qu'il est, je ne devrais plus être en vie, ou pire, en bouillie sur un lit d'hôpital...

Sur le coup, je n'en ai pas été vraiment secouée, tout au plus, ça m'a réveillée assez efficacement jusqu'à la maison. Je suis restée très calme, comme anesthésiée. Depuis, insidieusement, la pensée se faufile dans mon esprit de plus en plus souvent.

Cela tient à un fil ténu qu'une vie ne soit suspendue, et celle de quelques autres personnes bouleversée de fond en comble. Des projets balayés, des rendez-vous annulés, - une maison à vider... Le monde s'arrête.

Et si on avait vraiment un ange gardien?...

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"Éternel retour"...

12 Août 2013, 08:41am

Publié par Flora bis

"Éternel retour"...

Retour au silence, retour à la maison. Cela fait trois semaines que j'ai quitté ce refuge, devenu avec le temps, d'une contrainte insoutenable, une tanière somme toute assez réconfortante... Parfois, j'observe avec stupeur les changements survenus en moi: aussi loin que je me souvienne, la compagnie des autres m'était indispensable. La solitude faisait effet de menace, de gouffre qui risquait de m'engloutir... De fait, je la côtoyais très peu.

En sept ans, il fallait bien que je la regarde en face, que je l'apprivoise, et pour finir, que j'en tire quelque chose de positif. Cela ne va pas du jour au lendemain mais le jeu vaut la chandelle. Je perçois différemment la phrase de Pascal: "On mourra seul; il faut donc faire comme si on était seul." La compagnie de soi-même... On se rend compte que c'est un territoire inconnu, à explorer. Que cette aventure peut s'avérer intrigante, qu'elle peut réserver de bonnes surprises.

Je ne prône pas l'isolement. La compagnie des autres, famille et amis, reste indispensable, source de chaleur et d'inspiration. Tout comme le silence qui doit succéder au bruissement du monde, afin que toute la richesse puisée au contact des autres soit intégrée en nous.

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Le premier jour du mois d'août, déjà...

1 Août 2013, 09:39am

Publié par Flora bis

Le premier jour du mois d'août, déjà...

Le paradis ressemble sans doute à l'image que nous en créons dans la tête: chacun selon ses désirs, ses plaisirs... Ce matin, en ouvrant la porte de ma cuisine qui donne sur le jardin, avant que la grosse chaleur n'envahisse le monde, obligeant les humains à se cloîtrer derrière leurs volets baissés, voilà à quoi ressemblait un coin du paradis à mon goût...

Le paradis, on le voudrait éternel. Il faut donc en élaborer le décor avec soin: pour très-très longtemps... Oui, à ce moment précis, j'ai l'impression que je pourrais éternellement supporter cette douceur, cette lumière et ce ciel bleu immaculé...

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