Articles avec #reflexions tag

Publié le 6 Septembre 2017

   Parallèlement à l'alimentation hebdomadaire de mes deux blogs (français et hongrois), j'ai entrepris un travail d'Hercule (junior !): j'ai décidé de recopier les articles les plus intéressants  -  du moins pour moi  -  dans un fichier, dans le but de les imprimer. La version numérique m'inspire une sourde angoisse: et si un jour, un bug mystérieux effaçait 9 ans de ma vie?... Car mon blog est une sorte de journal de bord public qui enregistre l'essentiel de ces 8-9 années, des débuts naïvement enthousiastes à ces derniers temps plus posés, plus lucides  -  et plus désabusés aussi...

   Au départ, plus de 400 pages! Impossible d'envisager de les imprimer. Je n'avais pourtant gardé que mes propres textes et traductions, éliminant ceux de Gilbert qui existent, de toute façon, dans des livres, effaçant les images aussi. J'ai diminué la taille des polices jusqu'à la limite de la lisibilité (Garamond 11), tout en conservant scrupuleusement le titre de chaque article et la date de publication. Il reste 240 pages. Pour mesurer le chemin parcouru. 

   Cela explique le but de l'opération. Un document papier ne garantit pas sa préservation (ni la nôtre... ) même s'il est plus rassurant, palpable dans sa matérialité. Pourquoi vouloir le sauvegarder à tout prix? Serait-ce une si grande perte pour l'humanité si elle s'évaporait d'un coup dans le néant? Je ne le crois pas. Une perte pour moi, assurément. Il consigne 8-9 années de ma vie; sans cette preuve, j'aurais l'impression de les avoir rêvées... 

 

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #état des lieux

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Publié le 2 Septembre 2017

   

   Je viens de réécouter la chanson d'Aznavour: "Je hais les dimanches"...  A la fin de la séance, on part à la recherche d'une corde bien solide (cependant pas d'arbre ou poutre à l'horizon qui résisteraient), un tube de somnifère (je n'en prends pas) noyé dans un gros verre de whisky pour assurer la route vers le grand sommeil dans un halo chaud et réconfortant...

   Oui, je "hais" les week end solitaires, abîmes sans fond au milieu des bruissements de la "vraie vie"... Dans une petite ville de la province somnolente, où la matinée mobilise les croyants endimanchés vers le parvis de l'église voisine, pour le réconfort de leurs âmes dans des volutes d'encens, bercées par les notes de l'orgue, des chants et des génuflexions à l'unisson.

   D'autres se retrouvent au "Rallye" d'en face, pour l'apéro et le tiercé que l'on espère gagnant. Il y a toujours un café en face de l'église... Sans parler du boulanger du coin qui voit défiler ce jour-là des hommes endimanchés invisibles en semaine. 

   Plus loin le fleuriste fait des affaires spéciales dimanche: on va au repas chez papa-maman, belle-famille. J'imagine la table déjà dressée avec la fraîcheur du matin, la nappe repassée, le service des grandes occasions et le père ayant remonté de la cave les bouteilles précieusement gardées. La petite table à l'ombre de la terrasse recevra les coupelles pour les grignotages de l'apéritif mais les bouteilles (de champagne, d'anisette, de porto ou d'autres) attendent encore au frais. Branle-bas de combat à la cuisine mais tout sera prêt à temps: opération bien rodée par des décennies de dimanches...

   La vie s'arrête. La circulation aussi: le silence gagne les rues jusqu'au milieu de l'après-midi au moins. Il faut bien une petite sieste après un repas de dimanche bien arrosé... Il n'y a que l'écran de la télé qui vibre devant les enfants ainsi occupés pour garder le sommeil des braves...

   Et les solitaires, au milieu du désert de leur silence, attendent que la semaine recommence...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #réflexions

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Publié le 5 Juillet 2017

   Je me suis procuré un petit livre de 280 pages, paru chez "L'Iconoclaste" en 2015, écrit par Christophe André et intitulé: "Je médite jour après jour", sous-titré: "petit manuel pour vivre en pleine conscience". Alléchant. Vital même si j'en juge par mon état de stress quasi permanent depuis 4-5 ans... Il faut que je me décide à tenter cette méthode de méditation en pleine conscience dont on dit tant de bien. Il n'y a qu'à observer les visages sereins de Mathieu Ricard ou de Christophe André, sans parler du Dalaï Lama...

  "... comment utiliser la respiration, le corps, la conscience de l'instant présent... faire face à la souffrance, stabiliser ses émotions, construire la paix de l'esprit et du coeur..." Voilà ce qu'il me faut.

   Cela va faire bientôt 11 ans (le 7 juillet) que je fais l'apprentissage de la solitude. Au début, un champ à défricher, terre inconnue excitante, temps presqu'infini à mes pieds après une disponibilité de chaque instant et durant des années... Je découvrais le compagnonnage avec moi-même. Avec une quasi inconnue, dont les envies avaient souvent été reléguées "à plus tard", par elle-même, car le plus urgent, le plus important avaient priorité. Une question de vie ou de mort...

   Lorsque la mort a fini par avoir le dernier mot, elle m'a laissé un champ libre mais aride. Peuplé de fantômes. Peuplé d'amis aussi. Malgré tout, la solitude, il faut la connaître, l'apprivoiser seul(e).

   Cette solitude m'a permis de prendre le temps de suivre les stations du deuil, de cicatriser les plaies. J'avais 58 ans, la mort, la mienne, semblait encore relativement loin, même si elle m'avait fait un rapide clin d'oeil au passage.

   Et maintenant... Le plus souvent, je vis dans un sentiment stressant du temps qui s'enfuit à l'accéléré. Cela me stresse et me paralyse en même temps, me laissant suffoquer d'impuissance. Alors, je tombe sur cette phrase de Montaigne, mon philosophe bien-aimé:

"Je n'ai rien fait d'aujourd'hui.  -  Quoi? N'avez-vous pas vécu? C'est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de vos occupations..."

   Voilà ce que je voudrais ressentir chaque jour qui me reste, en profondeur.

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 18 Mai 2017

Une amie qui, à la cinquantaine, bataillant contre une foule de soucis de santé, ressent la nécessité de dresser le bilan de sa vie. Elle déborde d'énergie, ne tient pas en place, veut transgresser les limites que la maladie lui impose. Impulsive, elle ne supporte pas les contradictions. La question la plus importante qui la tracasse, en ces moments de bilan: "suis-je quelqu'un de bien?"...

Son interrogation m'a surprise. J'imagine que pour chacun de nous, la question qui  surgirait au moment venu serait différente. Je me suis donc penchée sur mon cas. 

Le doute concernant ma bonté ne me tourmente pas. Je me considère assez empathique, voire bienveillante sans toutefois me laisser dévorer, sachant aussi mettre de la distance si nécessaire, quitte à assumer parfois une certaine solitude qui en résulte. Je préfère même donner que recevoir, ce qui est assez ambiguë... Je déteste et fuis les conflits.

Alors, quelle serait ma question à l'heure du bilan? Sans hésiter: "ai-je été assez courageuse pour profiter des possibilités, des chances que la vie m'avait proposées pour ne pas partir un jour avec des regrets?" Réponse: je suis sûre que non. A ma décharge: le destin a pris soin de semer bon nombre d'obstacles sur ma route dans le but d'éprouver si ma nature plutôt stoïque résisterait aux coups qui arrivaient, la plupart du temps, sournois et inattendus... Ah, le Destin! Pour compenser, il m'a gratifiée d'une capacité d'émerveillement qui, bien que pâlissante, ne s'est toujours pas éteinte... 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 24 Avril 2017

   Je viens de regarder dans le détail les résultats du premier tour des élections présidentielles  dans mon département. Quasi dans toutes les communes, le FN arrive nettement en tête.

 Habileté du discours de la patronne? Ce discours au service d'une stratégie efficace pour occuper la place désertée par les partis traditionnels de gauche et pour crédibiliser le personnage de l'héritière d'un patriarche fondateur du parti d'extrême droite en porte-parole de ceux qui se sentent abandonnés de tous... 

      Pourtant, l'alerte a été donné depuis longtemps. Les crises économiques, la mondialisation échevelée qui ne profitait qu'aux plus nantis, les petites gens négligés voire méprisés, avec l'insolence de ceux qui se sentent "intouchables" car ils tiennent le haut du pavé, une Europe dont le beau rêve s'effondre devenant un instrument de plus à oppresser... La révolte maintenue en laisse avec des appâts de mauvaise qualité, du foie gras et du caviar qui n'en ont que l'air, du mousseux à la place du champagne, de l'aumône à la place de la dignité. On s'enfonce ainsi, une bière à la main, dans son canapé devant un Hanouna avilissant: au moins, on vide sa tête, en espérant que son cancer sera encore soigné quelque temps...

   Ils sont nombreux. Qui va s'occuper de leur sort?... Question rhétorique.

   Et pourtant, je ne tiens pas un discours "contre l'élite", si courant aujourd'hui. Il y aura toujours des gens avec plus de talent, plus de courage, d'inventivité que d'autres. L'ambition, pour moi est honorable si elle signifie la volonté d'aller au bout de ses possibilités (sans forcément écraser les autres). Le travail doit être rémunéré, partout, selon son intensité, son utilité ou son originalité. Il faut que la volonté, le talent, le travail puisse donner accès à ce fameux ascenseur social. Que l'éducation, la culture ouvrent les esprits vers la dignité et l'envie de s'élever.

  Utopie?...

 


 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti, #souhait

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Publié le 20 Février 2017

Depuis une semaine, je pense souvent aux animaux sauvages qui passent la saison froide au fond de leurs terriers, en bougeant le moins possible pour économiser leur énergie en veilleuse. Roulés en boule, en attendant le printemps et les rayons bienfaisants du soleil.

Quant à moi, j'attends surtout le retour de la chaleur dans la maison.

Ma chaudière a rendu l'âme il y a une semaine, après avoir montré quelques signes de faiblesse depuis le début de la saison. J'étais loin d'imaginer la gravité de la situation, puisqu'elle se remettait héroïquement en marche, après chaque épisode alarmant. Comme les grands malades qui essaient de garder la face jusqu'au moment ultime. 

Depuis une semaine, je suis replongée dans mon enfance des années d'après guerre où le chauffage n'était pas central mais au bois et au charbon, et que l'eau se réchauffait sur la cuisinière, pour la toilette dans une bassine posée sur un tabouret, au milieu de la cuisine où il faisait chaud.

Le matin, en descendant dans le séjour, 14° m'accueillent. Cela ne donne pas envie de bouger. Du moins, à moi. Comment font les sans abris sur les trottoirs, dehors?... Je déteste le froid, je me sens mieux à 30° dehors qu'à 14° dans mon séjour...

Il faudra changer la chaudière. Cela me mènera, au mieux, jusqu'au week end prochain. Je suis de nature optimiste  -  "Inconsciente!", disait Gilbert. Encore quelques casseroles d'eau chaude à monter à la salle de bain, d'autres pour la vaisselle, se rouler en boule sous deux couvertures devant la télé ou devant l'ordinateur et le tour est joué! On tiendra! Après tout, sans l'électricité et sans le gaz, ce serait bien pire. Je n'aurais même pas accès à Internet!...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti, #état des lieux

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Publié le 13 Février 2017

   Cette année, on a l'impression que l'offensive "Saint-Valentin" est moins mordante... Les pubs ont démarré plus tard, plus discrètes et les exclus du cercle magique des couples heureux se sentent moins agressés par le rappel à l'ordre des annonceurs: le 14 février, au moins pour un jour, il faut être A-MOU-REUX! Et démontrer avec force gestes, mots et accessoires que la flamme est vivante! Par bonheur, cela peut aussi refléter la réalité.

   Flamme naissante encore timide et maladroite ou rassurée et dévorante, voire tiédie par le nombre d'années passés ensemble, à l'image de la braise de la cheminée en fin de soirée  -  l'essentiel est qu'elle reste présente et qu'elle nous réchauffe encore...

   Son souvenir, du moins.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 14 Janvier 2017

"Savoir se contenter de ce que l'on a, c'est être riche"

   Cette phrase de Lao Tseu, contemporain de Bouddha au VI-V s. av. J-C, je l'aimais bien dans ma jeunesse idéaliste et désintéressée... Certes, c'est une phrase pour les pauvres, pour leur consolation, afin qu'ils cherchent leur bonheur ailleurs que dans la possession des biens, qui leur sont, de toute façon, inaccessibles. Alors, au lieu de se révolter contre l'injustice de leur sort, on leur fait miroiter la chance qu'ils ont de pouvoir trouver un bonheur immatériel, tellement plus élevé!...

   G. pestait contre ce genre d'intimation, ainsi que contre tout immobilisme, tout passéisme ("ah les bons vieux temps!" "Tout était mieux avant..."), et, en bon Sagittaire qui se respecte, il voulait toujours avancer, aller plus loin, peu enclin à jouir de ce qu'il a déjà obtenu. Lorsque son nouveau livre arrivait de chez l'éditeur, sentant bon le papier frais et l'encre de l'imprimerie, il le regardait à peine, pensant déjà au suivant. J'avais l'impression de faire une course en avant permanente en sa compagnie, ce qui était à l'exact opposé de mon tempérament indolent de Balance alourdie d'un ascendant Taureau... Autant dire que j'aspirais vainement à la contemplation, ma détente favorite... D'un autre côté, je reconnais que mon tempérament nonchalant avait grand besoin de booster pour vaincre le poids de l'inertie! 

   Dix ans sont passés depuis qu'il m'a laissé la liberté de toute décision. Au début, je continuais sur la lancée de son rythme mais peu à peu  -  les années aidant  -  j'ai ralenti... Son regard s'éloigne, s'estompe sans disparaître et je m'étonne parfois comment j'ai pu accomplir tant de choses il y a 10 ans à peine!...

   Je suis très riche, certes, selon Lao Tseu, mais dans mon immobilisme nouveau, sans booster désormais, je devrais tenir compte du temps qui passe à la vitesse vertigineuse et qui me laissera choir sans pitié!...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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Publié le 2 Janvier 2017

   Que l'on veuille ou non, une nouvelle tranche de notre vie débute. Nous avons beau essayer de nous convaincre que c'est un jour comme un autre, pendant la nuit, le ciel a saupoudré les rues, les jardins et les voitures du sucre-glace de la première neige...

   Derrière nous, une année fatiguée, usée par ses angoisses, ses deuils, ses maladies graves qui font envisager la vie sous d'autres couleurs, effaçant les tendres pastels de l'insouciance.

   Alors, comment recevoir ce nouveau-venu, cet hôte qui s'installe dans notre vie, découvrant, tous les jour un peu plus, son visage?... Est-il bienveillant, généreux ou cache-t-il de mauvaises surprises qu'il sortira de ses bagages subrepticement, lorsqu'il aura endormi notre méfiance?...

   Par nature, je me tourne vers l'inconnu plutôt avec confiance, la main tendue, sourire aux lèvres. Prête au partage, aux bons moments comme aux moins bons. Sous la grêle, je fais le dos rond, en attendant des jours meilleurs. Seront-ils au rendez-vous? Seul notre nouveau compagnon, l'an 2017 le dira. Au fur et à mesure.   

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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Publié le 26 Décembre 2016

La fin de l'année approche.

L'heure des bilans de toute sorte.

D'habiles coachs psychologues vous suggèrent d'utiliser la dernière semaine de l'année à mettre de l'ordre dans votre maison, dans vos papiers et dans votre vie. Puisque ces désordres, ces poids morts qui vous alourdissent, qui vous tirent en arrière, ne sont rien d'autres que des problèmes repoussés, des objets et des vêtements d'avant le déluge qui vous encombrent mais que vous n'avez pas le courage de jeter...

Oter ses chaînes pour pouvoir faire un pas vers l'avenir... Séduisant. C'est ce premier pas qui compte et qui est pourtant si difficile...

Débarrasser tout l'encombrant, n'est-il pas effacer toute votre histoire?... La peur de vous retrouver dans un vide sidéral?...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti

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