Articles avec #reminiscences tag

Publié le 2 Septembre 2017

   

   Je viens de réécouter la chanson d'Aznavour: "Je hais les dimanches"...  A la fin de la séance, on part à la recherche d'une corde bien solide (cependant pas d'arbre ou poutre à l'horizon qui résisteraient), un tube de somnifère (je n'en prends pas) noyé dans un gros verre de whisky pour assurer la route vers le grand sommeil dans un halo chaud et réconfortant...

   Oui, je "hais" les week end solitaires, abîmes sans fond au milieu des bruissements de la "vraie vie"... Dans une petite ville de la province somnolente, où la matinée mobilise les croyants endimanchés vers le parvis de l'église voisine, pour le réconfort de leurs âmes dans des volutes d'encens, bercées par les notes de l'orgue, des chants et des génuflexions à l'unisson.

   D'autres se retrouvent au "Rallye" d'en face, pour l'apéro et le tiercé que l'on espère gagnant. Il y a toujours un café en face de l'église... Sans parler du boulanger du coin qui voit défiler ce jour-là des hommes endimanchés invisibles en semaine. 

   Plus loin le fleuriste fait des affaires spéciales dimanche: on va au repas chez papa-maman, belle-famille. J'imagine la table déjà dressée avec la fraîcheur du matin, la nappe repassée, le service des grandes occasions et le père ayant remonté de la cave les bouteilles précieusement gardées. La petite table à l'ombre de la terrasse recevra les coupelles pour les grignotages de l'apéritif mais les bouteilles (de champagne, d'anisette, de porto ou d'autres) attendent encore au frais. Branle-bas de combat à la cuisine mais tout sera prêt à temps: opération bien rodée par des décennies de dimanches...

   La vie s'arrête. La circulation aussi: le silence gagne les rues jusqu'au milieu de l'après-midi au moins. Il faut bien une petite sieste après un repas de dimanche bien arrosé... Il n'y a que l'écran de la télé qui vibre devant les enfants ainsi occupés pour garder le sommeil des braves...

   Et les solitaires, au milieu du désert de leur silence, attendent que la semaine recommence...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #réflexions

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Publié le 28 Août 2017

Lucie, 11 ans

   Bientôt septembre... L'été sera derrière nous, caniculaire même dans le Nord. Et pendant les deux semaines en Hongrie, le thermomètre a fréquemment grimpé jusqu'au 46°...

   La chaleur s'adoucit à présent et nous commençons à apprécier vraiment ses dernières caresses. Les nuits s'allongent. Quelques feuilles sèches des platanes de l'avenue St-Roch voisine arrivent dans mon jardin comme des messagers des mois à venir... Cycles immuables, destinés à nous rassurer de l'illusion de notre éternité.

   Les petites sont parties, après un mois passé ensemble, avec ou sans leurs parents. Temps dense, temps béni que l'on savoure d'autant plus que la partie haute du sablier commence à se vider. Que restera-t-il des années d'une vie si brève? Essentiellement les moments doux et fugitifs des rencontres amicales et la chaleur intense et réparatrice de se serrer l'un contre l'autre familiale. Des échanges, avec ou sans les mots. Des sourires, des regards (mouillés parfois par l'émotion), des douleurs fugaces et des rires libérateurs...

   Tout le reste deviendra mirage, souvent trompeur, toujours évanoui à la fin...

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #ressenti

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Publié le 10 Août 2017

"Partir, c'est mourir un peu..." dit le poète devenu un illustre inconnu, Edmond Haraucourt (1856-1941), dans son célèbre "Rondel de l'adieu", repris depuis à d'innombrables fois, attribué à des célébrités, tout en oubliant son auteur. C'est ainsi que le poème dépasse son géniteur...

Le facétieux Alphonse Allais l'a complété: "Partir, c'est mourir un peu... mais mourir, c'est partir beaucoup." J'aimerais rester encore...

Je n'avais pas une envie irrépressible de prendre la route puis l'avion, en cette fin de juillet qui me trouvait dans un état de grande fatigue, de surcroît, vers la Hongrie où sévissait une canicule implacable. Mais la perspective de passer une douzaine de jours avec les enfants et la famille de là-bas  -  plutôt, ce qui en reste  -  a été plus tentante. Et je ne regrette rien (pour rester dans la chanson, impérissable). Mes délicieuses petites-filles dont la compagnie est un pur bonheur, mon fils et ma belle-fille et leur délicate sollicitude, ma belle-soeur, veuve de mon frère depuis 14 ans déjà mais toujours aussi chaleureuse et disponible, mon neveu qui porte sur ses épaules les soucis de tout le monde, calme et sensible, drôle et fin, sa femme et son insouciance rieuse, leurs enfants ados, bref, les repas familiaux se succédaient, panachés de promenades et de baignades, en piscine ou au bord sablonneux de la Tisza, notre rivière blonde... Sans oublier quelques acquisitions livresques, nourriture en langue maternelle de la meilleure source, pour l'année à venir.

Mon cahier à spirale fixe cette confrontation toujours empreinte de nostalgie avec la première partie de ma vie:

"... cette maison est imprégnée des fantômes de ma mère, de mon père, de mon frère  -  et de Gilbert aussi  -  ils s'échappent des murs, des fauteuils où leurs empreintes sont encore chaudes, des assiettes en céramique au mur, du lino usagé du sol de la cuisine, des rideaux en dentelle, des poêles à gaz des chambres... Il n'y a qu'ici que ce passé lourd et léger, inconscient parfois, me saute à la figure. Où est le présent et encore plus, l'avenir?... J'ai arrosé la cour. Je m'assois à la petite table ronde en béton, confectionnée par mon père, sous la tonnelle renaissante. Elle est presque brûlante. C'était important de m'asseoir encore ici, avec mon cahier. Il fallait attendre la fin de la journée pour éviter le plein cagnard mais les murs et la table exhalent la chaleur. Je ruisselle... Cette table est inspirante."

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #état des lieux, #réminiscences

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Publié le 1 Mai 2017

Dans un carton contenant des photos anciennes en vrac, je tombe sur celle-ci, avec des traces d'usure, de chiffonnage par je ne sais qui... En tout cas, avec les traces du temps, témoin impitoyable...

Une petite émotion n'est jamais absente dans ces moments-là... Face-à-face avec soi-même, avec son histoire. D'après le col marin, j'identifie le moment: j'ai 14 ans et je quitte l'école pour le lycée. Les grands changements qui se préparent dans ma vie s'accompagnent de métamorphoses physiques: la frêle fillette se transforme en jeune fille. Passage chez le coiffeur qui me  modèle une coiffure de "grande", plus fluide, moins "obéissante" aux principes de la sagesse...

Le lycée se trouve dans la ville voisine. Je prendrai le train tous les jours, à 7 h, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige à gros flocons, dans la fraîcheur ou sous le soleil du matin...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences

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Publié le 27 Janvier 2017

      Voilà, le café est bu, son effet attendu me sortira de la somnolence du début d'après-midi, privilège que je m'accorde en compensation d'un sablier qui se vide... C'est le deuxième de la journée; il me donnera de l'énergie et de l'inspiration jusqu'au soir. A chacun sa drogue...

   Il suffit de laisser tourner les pensées autour du liquide noir que je déguste lentement, gorgée après gorgée, à la bonne température: moins que brûlante, cependant bien plus que tiède... Sans l'hérésie du lait ajouté, ni du sucre qui lui ôterait son petit goût amer se prolongeant agréablement dans la bouche.

   Pourtant, il a fallu quelques efforts, pour que j'y prenne goût. Comme à la première cigarette: il est rare que l'on trouve la chose d'emblée irrésistible! Je pense même que j'ai toujours préféré à son goût son effet "coup de fouet"... sans être masochiste!

   Je bois du Nescafé. Je sais qu'aux yeux des vrais connaisseurs, c'est une autre hérésie. J'y ai pris goût étudiante: il était plus facile de réchauffer un peu d'eau que d'avoir sa machine à café. En Russie, le café était rare: tout le monde buvait du thé, en quantités astronomiques. Plus tard, dans la salle des profs en Hongrie, nous buvions des espresso à l'italienne, à la vapeur, dans des tasses minuscules, très denses, très forts, aux effets fulgurants. Il va de soi qu'au début, le café à filtre de ma belle-famille en France me faisait l'effet de somnifère...

   L'Algérie et la Turquie... Le café est serré, bouilli, il oblige à l'attente, à ce que le marc se dépose au fond de la tasse. Temps propice à la conversation, si capitale, et la tasse renversée peut même révéler les secrets de l'avenir...

   Et maintenant... Le matin, dans un état semi-comateux, en pyjama et robe de chambre, je descends les dix-huit marche qui mènent à la cuisine. J'ouvre les volets sur le jardin dénudé d'hiver et je constate que le ciel est une fois de plus gris et bas. Le geste d'allumer la flamme sous la bouilloire est déjà la promesse du petit noir qui me sortira de ma torpeur! Je prépare la  tasse du matin qui attend, rouge pimpant, en directe de Rome, cadeau des enfants. Je verse l'eau à peine frémissante et, la tasse à la main, je pars vers l'ordinateur qui m'attend, fenêtre ouverte sur le monde entier!

  C'est ma routine quotidienne matinale, à peu de variations de près.

   

   

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #réminiscences, #tous les jours

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Publié le 23 Janvier 2017

Hier, je suis tombée sur deux photos, prises à peu près à 20 ans d'écart l'une de l'autre...

en haut, 5e de gauche, moi

L'une, la photo de classe de mes 10 ans est prise sous les grands arbres de la cour de l'école. Nous terminons la section élémentaire, je tiens fièrement mon bulletin de fin d'année. Tout d'un coup, le parfum de ce jour d'été m'envahit: la sensation de la petite robe blanche amidonnée et fraîchement repassée sur le corps et l'immanquable ruban dans les cheveux... Juin 1958.

Je regarde mes camarades de classe et leurs noms ressuscitent un par un, collés à leurs images... Parmi eux, un blondinet souriant aux yeux bleus et aux irrésistibles fossettes qui me plaisait tant... Ce qui me permet de ressentir une parfaite compréhension pour les peines de coeur de ma petite-fille qui a exactement le même âge maintenant...

2e rang du bas, 5e de droite, ma mère

L'autre photo de groupe a été prise à la fin des années trente, réunissant les participants d'un spectacle amateur. Parmi eux, une petite blonde d'à peu près 10 ans, au regard rêveur et fière de faire partie de l'événement. Ma mère. Nous aurons 19 ans d'écart.

Ils ne le savent pas encore mais quelques années plus tard, la guerre va passer par là, d'abord l'armée allemande reculant, puis l'ouragan de l'armée russe. Et, avec l'armée hongroise déchiquetée, un soldat perdu qui deviendra mon père...

( moi: photo du haut. 5e de gauche dans le rang du haut. Ma mère : photo du bas. 2e rang du bas, 5e de droite)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires, #réminiscences, #souvenirs

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Publié le 11 Octobre 2016

Ambiance d'étés si lointains...

Sur mon blog hongrois, je viens de publier cette photo ancienne, prise dans les années quarante où je n'étais même pas née, quelque part en Transylvanie où je ne suis jamais allée...

Pourtant, l'ambiance de la photo ne m'a pas lâchée depuis le moment où je l'ai découverte des le flot interminable qui défile sur Internet. Je l'ai mise de côté pour les jours difficiles, ceux qui veulent vous entraîner vers le fond...

C'est cette lumière qui m'a clouée sur place, celle du jour naissant, au beau milieu de l'été de mes vacances d'enfance. (Signe incontestable du temps qui s'enfuit: on se réfugie de plus en plus dans un passé sans doute embelli, qui nous a laissé son goût éternel, inimitable de douceur...)

Le jour se lève plein de promesses et sous mes pieds nus, la rue en terre garde encore la fraîcheur de la nuit. Le soleil aveuglant va bientôt effacer le contraste aigu des ombres. Les maisonnettes blanchies à la chaux entrouvrent leurs jalousies. Est-ce le lait du matin ou de l'eau fraîche da la fontaine que cette femme porte à la main au coin de la rue?...

On lâche les vaches qui trouveront toutes seules le chemin de la pâture.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #réminiscences

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Publié le 31 Août 2016

Rencontres

Au milieu du mois d'août, j'ai rencontré quelques uns de mes anciens élèves dans la petite ville du sud-est hongrois, scène des débuts de ma courte vie d'enseignante (les trois premières années) et aussi, de ma rencontre avec Gilbert.

J'enseignais le russe dans le groupe d'une quinzaine d'élèves de la section de russe. Cinq heures par semaine. Petit groupe enthousiaste, avec des niveaux différents mais avec le même élan sympathique de leur quinze ans. Je suis restée avec eux deux ans, jusqu'à notre départ pour l'Algérie.

Je sortais de la fac et d'un stage linguistique d'un an et demi en URSS. Evidemment, le programme officiel du lycée me semblait très étroit, ainsi l'ai-je complété abondamment avec des récits, des chansons, des poésies (Pouchkine, Lermontov, Jessenine surtout), des nouvelles et des contes, afin de rendre l'apprentissage de la langue, de la grammaire le moins rébarbatif possible. J'ai réveillé quelques vocations, paraît-il...

En Algérie, je recevais leurs longues lettres: ils m'écrivaient à tour de rôle. J'ai organisé une correspondance (en russe!) entre eux et mes élèves algériens, afin de "booster" l'envie de ces derniers à apprendre le russe...

Quarante ans sont passés... Il y a peu, ils m'ont retrouvé grâce aux réseaux sociaux. Mes adolescents de jadis à l'âge de grands-parents! Miroir cruel du temps qui passe... pour moi aussi. Ils ont accourus des quatre coins du pays pour ces quelques heures. Chargés de cadeaux. Leur regard n'a pas changé: le même enthousiasme y brille, celui qui m'a rendu nostalgique à vie pour le métier d'enseignant.

Rencontre - instant lumineux dans l'existence fugace... Il en reste dans la mémoire des sédiments de bonheur qui, parfois, nous aident à vivre.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #récit, #ressenti, #souvenirs

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Publié le 23 Août 2016

Pensées vagabondes

Dehors, chaleur caniculaire. Il faut noter ce fait rarissime, ici, dans le nord: il y a deux jours seulement, ce n'était que la moitié!... Un vent fiévreux souffle sur le linge épinglé dans le jardin, le séchant en moins d'une heure. Quel plaisir! Même que je reste prudemment cloîtrée à l'intérieur: difficile de se faire aux montagnes russes du thermomètre d'un jour à l'autre!

Mes pensées reviennent avec obstination vers les semaines passées. Elles vagabondent au bord du Balaton, dans les montées raides du mont Badacsony, dont la bosse volcanique expose des rangées de vignes à la douce réverbération de l'eau couleur émeraude... Partout, les buvettes et des caves proposent la dégustation du célèbre vin du pays.

A Tihany, le panorama enchanteur concurrence les marchands de souvenirs. J'encourage les enfants à revenir plus longuement, dans une location, car le Balaton se vit à toute heure du jour: sa couleur change avec celle du ciel, du lever au coucher du soleil, et la douceur de son eau se déguste même à minuit!...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #réminiscences, #ressenti

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Publié le 25 Juillet 2016

Des miettes de bonheur en photos

Il est intéressant de feuilleter l'album (virtuel) des photos prises par-ci, par-là au gré des envies. Oui, je crois que l'on prend rarement des photos sans la pulsion du désir de dérober, de conserver l'instant fugace, la miette de beauté que l'on peut remémorer ainsi, plus tard, pour nourrir la nostalgie des traces du bonheur.

Je ne parle pas des photos-témoignages nécessaires des horreurs, mais en ce qui me concerne, je préfère évoquer ce qui me répare, ce qui me fait du bien car les horreurs restent, de toute façon, tapies, indélébiles dans un coin sombre de la mémoire.

Je viens de glaner quelques instants réparateurs dans les photos de juin-juillet de cette année. Eté... verdure... Le stress intense que je ressens à certains moments reste caché à l'observateur extérieur, il n'y a que moi qui suis transportée dans l'ambiance de la prise, ambiance qui ressurgit avec une stupéfiante fidélité à chaque regard.

Les dix jours de l'exposition du groupe en juin, les réunions avec des amis pour clôturer la saison des associations, le jardin éveillé et foisonnant, la belle visite de Senlis et de l'abbaye de Chaalis, les jours à la mer avec mes petites-filles... Voici la moitié de l'été déjà partie.

Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #mémoires, #réminiscences

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