Articles avec #reminiscences tag

Publié le 1 Mai 2017

Dans un carton contenant des photos anciennes en vrac, je tombe sur celle-ci, avec des traces d'usure, de chiffonnage par je ne sais qui... En tout cas, avec les traces du temps, témoin impitoyable...

Une petite émotion n'est jamais absente dans ces moments-là... Face-à-face avec soi-même, avec son histoire. D'après le col marin, j'identifie le moment: j'ai 14 ans et je quitte l'école pour le lycée. Les grands changements qui se préparent dans ma vie s'accompagnent de métamorphoses physiques: la frêle fillette se transforme en jeune fille. Passage chez le coiffeur qui me  modèle une coiffure de "grande", plus fluide, moins "obéissante" aux principes de la sagesse...

Le lycée se trouve dans la ville voisine. Je prendrai le train tous les jours, à 7 h, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige à gros flocons, dans la fraîcheur ou sous le soleil du matin...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences

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Publié le 27 Janvier 2017

      Voilà, le café est bu, son effet attendu me sortira de la somnolence du début d'après-midi, privilège que je m'accorde en compensation d'un sablier qui se vide... C'est le deuxième de la journée; il me donnera de l'énergie et de l'inspiration jusqu'au soir. A chacun sa drogue...

   Il suffit de laisser tourner les pensées autour du liquide noir que je déguste lentement, gorgée après gorgée, à la bonne température: moins que brûlante, cependant bien plus que tiède... Sans l'hérésie du lait ajouté, ni du sucre qui lui ôterait son petit goût amer se prolongeant agréablement dans la bouche.

   Pourtant, il a fallu quelques efforts, pour que j'y prenne goût. Comme à la première cigarette: il est rare que l'on trouve la chose d'emblée irrésistible! Je pense même que j'ai toujours préféré à son goût son effet "coup de fouet"... sans être masochiste!

   Je bois du Nescafé. Je sais qu'aux yeux des vrais connaisseurs, c'est une autre hérésie. J'y ai pris goût étudiante: il était plus facile de réchauffer un peu d'eau que d'avoir sa machine à café. En Russie, le café était rare: tout le monde buvait du thé, en quantités astronomiques. Plus tard, dans la salle des profs en Hongrie, nous buvions des espresso à l'italienne, à la vapeur, dans des tasses minuscules, très denses, très forts, aux effets fulgurants. Il va de soi qu'au début, le café à filtre de ma belle-famille en France me faisait l'effet de somnifère...

   L'Algérie et la Turquie... Le café est serré, bouilli, il oblige à l'attente, à ce que le marc se dépose au fond de la tasse. Temps propice à la conversation, si capitale, et la tasse renversée peut même révéler les secrets de l'avenir...

   Et maintenant... Le matin, dans un état semi-comateux, en pyjama et robe de chambre, je descends les dix-huit marche qui mènent à la cuisine. J'ouvre les volets sur le jardin dénudé d'hiver et je constate que le ciel est une fois de plus gris et bas. Le geste d'allumer la flamme sous la bouilloire est déjà la promesse du petit noir qui me sortira de ma torpeur! Je prépare la  tasse du matin qui attend, rouge pimpant, en directe de Rome, cadeau des enfants. Je verse l'eau à peine frémissante et, la tasse à la main, je pars vers l'ordinateur qui m'attend, fenêtre ouverte sur le monde entier!

  C'est ma routine quotidienne matinale, à peu de variations de près.

   

   

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #réminiscences, #tous les jours

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Publié le 23 Janvier 2017

Hier, je suis tombée sur deux photos, prises à peu près à 20 ans d'écart l'une de l'autre...

en haut, 5e de gauche, moi

L'une, la photo de classe de mes 10 ans est prise sous les grands arbres de la cour de l'école. Nous terminons la section élémentaire, je tiens fièrement mon bulletin de fin d'année. Tout d'un coup, le parfum de ce jour d'été m'envahit: la sensation de la petite robe blanche amidonnée et fraîchement repassée sur le corps et l'immanquable ruban dans les cheveux... Juin 1958.

Je regarde mes camarades de classe et leurs noms ressuscitent un par un, collés à leurs images... Parmi eux, un blondinet souriant aux yeux bleus et aux irrésistibles fossettes qui me plaisait tant... Ce qui me permet de ressentir une parfaite compréhension pour les peines de coeur de ma petite-fille qui a exactement le même âge maintenant...

2e rang du bas, 5e de droite, ma mère

L'autre photo de groupe a été prise à la fin des années trente, réunissant les participants d'un spectacle amateur. Parmi eux, une petite blonde d'à peu près 10 ans, au regard rêveur et fière de faire partie de l'événement. Ma mère. Nous aurons 19 ans d'écart.

Ils ne le savent pas encore mais quelques années plus tard, la guerre va passer par là, d'abord l'armée allemande reculant, puis l'ouragan de l'armée russe. Et, avec l'armée hongroise déchiquetée, un soldat perdu qui deviendra mon père...

( moi: photo du haut. 5e de gauche dans le rang du haut. Ma mère : photo du bas. 2e rang du bas, 5e de droite)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires, #réminiscences, #souvenirs

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Publié le 11 Octobre 2016

Ambiance d'étés si lointains...

Sur mon blog hongrois, je viens de publier cette photo ancienne, prise dans les années quarante où je n'étais même pas née, quelque part en Transylvanie où je ne suis jamais allée...

Pourtant, l'ambiance de la photo ne m'a pas lâchée depuis le moment où je l'ai découverte des le flot interminable qui défile sur Internet. Je l'ai mise de côté pour les jours difficiles, ceux qui veulent vous entraîner vers le fond...

C'est cette lumière qui m'a clouée sur place, celle du jour naissant, au beau milieu de l'été de mes vacances d'enfance. (Signe incontestable du temps qui s'enfuit: on se réfugie de plus en plus dans un passé sans doute embelli, qui nous a laissé son goût éternel, inimitable de douceur...)

Le jour se lève plein de promesses et sous mes pieds nus, la rue en terre garde encore la fraîcheur de la nuit. Le soleil aveuglant va bientôt effacer le contraste aigu des ombres. Les maisonnettes blanchies à la chaux entrouvrent leurs jalousies. Est-ce le lait du matin ou de l'eau fraîche da la fontaine que cette femme porte à la main au coin de la rue?...

On lâche les vaches qui trouveront toutes seules le chemin de la pâture.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #réminiscences

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Publié le 31 Août 2016

Rencontres

Au milieu du mois d'août, j'ai rencontré quelques uns de mes anciens élèves dans la petite ville du sud-est hongrois, scène des débuts de ma courte vie d'enseignante (les trois premières années) et aussi, de ma rencontre avec Gilbert.

J'enseignais le russe dans le groupe d'une quinzaine d'élèves de la section de russe. Cinq heures par semaine. Petit groupe enthousiaste, avec des niveaux différents mais avec le même élan sympathique de leur quinze ans. Je suis restée avec eux deux ans, jusqu'à notre départ pour l'Algérie.

Je sortais de la fac et d'un stage linguistique d'un an et demi en URSS. Evidemment, le programme officiel du lycée me semblait très étroit, ainsi l'ai-je complété abondamment avec des récits, des chansons, des poésies (Pouchkine, Lermontov, Jessenine surtout), des nouvelles et des contes, afin de rendre l'apprentissage de la langue, de la grammaire le moins rébarbatif possible. J'ai réveillé quelques vocations, paraît-il...

En Algérie, je recevais leurs longues lettres: ils m'écrivaient à tour de rôle. J'ai organisé une correspondance (en russe!) entre eux et mes élèves algériens, afin de "booster" l'envie de ces derniers à apprendre le russe...

Quarante ans sont passés... Il y a peu, ils m'ont retrouvé grâce aux réseaux sociaux. Mes adolescents de jadis à l'âge de grands-parents! Miroir cruel du temps qui passe... pour moi aussi. Ils ont accourus des quatre coins du pays pour ces quelques heures. Chargés de cadeaux. Leur regard n'a pas changé: le même enthousiasme y brille, celui qui m'a rendu nostalgique à vie pour le métier d'enseignant.

Rencontre - instant lumineux dans l'existence fugace... Il en reste dans la mémoire des sédiments de bonheur qui, parfois, nous aident à vivre.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #récit, #ressenti, #souvenirs

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Publié le 23 Août 2016

Pensées vagabondes

Dehors, chaleur caniculaire. Il faut noter ce fait rarissime, ici, dans le nord: il y a deux jours seulement, ce n'était que la moitié!... Un vent fiévreux souffle sur le linge épinglé dans le jardin, le séchant en moins d'une heure. Quel plaisir! Même que je reste prudemment cloîtrée à l'intérieur: difficile de se faire aux montagnes russes du thermomètre d'un jour à l'autre!

Mes pensées reviennent avec obstination vers les semaines passées. Elles vagabondent au bord du Balaton, dans les montées raides du mont Badacsony, dont la bosse volcanique expose des rangées de vignes à la douce réverbération de l'eau couleur émeraude... Partout, les buvettes et des caves proposent la dégustation du célèbre vin du pays.

A Tihany, le panorama enchanteur concurrence les marchands de souvenirs. J'encourage les enfants à revenir plus longuement, dans une location, car le Balaton se vit à toute heure du jour: sa couleur change avec celle du ciel, du lever au coucher du soleil, et la douceur de son eau se déguste même à minuit!...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #réminiscences, #ressenti

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Publié le 25 Juillet 2016

Des miettes de bonheur en photos

Il est intéressant de feuilleter l'album (virtuel) des photos prises par-ci, par-là au gré des envies. Oui, je crois que l'on prend rarement des photos sans la pulsion du désir de dérober, de conserver l'instant fugace, la miette de beauté que l'on peut remémorer ainsi, plus tard, pour nourrir la nostalgie des traces du bonheur.

Je ne parle pas des photos-témoignages nécessaires des horreurs, mais en ce qui me concerne, je préfère évoquer ce qui me répare, ce qui me fait du bien car les horreurs restent, de toute façon, tapies, indélébiles dans un coin sombre de la mémoire.

Je viens de glaner quelques instants réparateurs dans les photos de juin-juillet de cette année. Eté... verdure... Le stress intense que je ressens à certains moments reste caché à l'observateur extérieur, il n'y a que moi qui suis transportée dans l'ambiance de la prise, ambiance qui ressurgit avec une stupéfiante fidélité à chaque regard.

Les dix jours de l'exposition du groupe en juin, les réunions avec des amis pour clôturer la saison des associations, le jardin éveillé et foisonnant, la belle visite de Senlis et de l'abbaye de Chaalis, les jours à la mer avec mes petites-filles... Voici la moitié de l'été déjà partie.

Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #mémoires, #réminiscences

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Publié le 23 Avril 2016

Anniversaire

Aujourd'hui, je pense à ma mère.

Cela fait trois ans qu'elle est morte, hospitalisée subitement, et moi, j'étais loin, à plus de 1600 km.

Un an avant, pendant l'été, elle m'a dit tout d'un coup: "Viendras-tu au moins me tenir la main au moment de ma mort?"

Question brutale qui cachait un reproche à peine déguisé, figure de style qu'elle affectionnait quand elle n'allait pas bien et qu'elle supportait mal que je ne souffre pas bien visiblement, coupable d'être partie loin, de l'abandonner... Comme elle l'avait fait en son temps, sans jamais l'avoir accepté.

Plongée dans la culpabilité, j'ai du mal à faire la paix avec elle, avec moi-même...

Je tourne autour de la blessure comme autour d'une plaie mal cicatrisée.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #souvenir, #réminiscences

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Publié le 21 Mars 2016

Une journée au salon du Livre de Paris

Cela fait 4-5 ans que je ne suis pas retournée au Salon du Livre de Paris.

Pendant 10 ans, jusqu'en 2009, je passais sept jours sur le stand de la région Nord-Pas-de-Calais, pour faire connaître - et vendre - notre revue "Hauteurs" et pour échanger avec les éditeurs de la région. En 2009, après un ultime passage au Salon, j'ai décidé de tout arrêter. Personne n'a voulu reprendre le flambeau et l'énorme charge de travail...

Tout a "rapetissé" dans le Hall imposant: le nombre d'éditeurs, la surface occupée par chacun, le nombre de jours ouvrables: quatre au lieu de sept et même le nom: "Livre Paris". Le stand régional héberge aussi la Picardie, englobée désormais dans la région "Hauts de France"... Des "anciens", il ne reste presque personne, de petits nouveaux ont poussé, témoignant de la vivacité des initiatives un peu folles que représentent les envies de fonder une maison d'édition...

Je suis passée du camp des éditeurs dans le camp des "écrivants", sans chercher pour autant - du moins à ce jour - un éditeur. La masse des livres, s'amoncelant PARTOUT, me découragerait plutôt! Que de papiers, que de noms, inconnus pour la plupart, persuadés d'avoir quelque chose d'impérissable à dire, à vouloir partager!... Pourquoi en rajouter un de plus?

Puis, une fois rentrés à la maison, on se remet à l'écriture, à ce plaisir si jouissif qu'on aurait tort de s'en priver!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #réminiscences

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Publié le 17 Janvier 2016

Soleil d'hiver

La météo nous prédit le début du vrai hiver: verglas, neige, des degrés en dessous du zéro. Après tout, rien de plus normal pour un mois de janvier.

Pourtant, je ne peux m'empêcher d'y penser avec une certaine angoisse. Je me vois arpenter les trottoirs glissants, à petits pas crispés et prudents comme les petites vieilles craignant la chute fatale qui les clouerait sur leur fauteuil pour le restant de leurs jours... Où est la jeune femme qui affrontait les frimas sans crainte, la neige épaisse et gelée pendant des mois, sans même écouter les présages anxiogènes de la météo...? A quoi bon coller l'oreille religieusement, plusieurs fois par jour, sur les prévisions, alors qu'il suffit de regarder par la fenêtre pour savoir le temps qu'il fait! Quant le à prévoir, cela ne changera en rien le déroulement des choses, mise à part l'anxiété générée à l'avance.

Le soleil est bas mais il gagne quelques minutes de rabiot tous les jours. Je contemple sa progression sur les statuettes de la cheminée, passant sur l'élégante aiguière en cuivre sur la petite table ottomane, souvenirs d'Istanbul qui me ramène immanquablement vers la boutique de Kato dans le Grand Bazar, m'allégeant en même temps d'une trentaine d'années...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #réminiscences

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