Publié le 30 Mars 2016

"Un seule printemps dans l'année... et dans la vie une seule jeunesse"

(Simone de Beauvoir: "Mémoires d'une jeune fille rangée")

 

Gros scandale en janvier 2008: Le Nouvel Observateur publie en couverture une photo de Simone de Beauvoir nue, de dos, devant la glace d'une salle de bain... Les indignés crient au scandale, les féministes réclament la vue des fesses de Sartre en compensation!

Abonnée à l'hebdomadaire, je me souviens très bien de cette couverture. Et je dois avouer qu'elle m'a enchantée: je ne connaissais de Simone que des photos de la dame vieillissante, austère avec son turban suranné, compagne inséparable, puis statue (à peine) vivante de la "veuve" éplorée de Sartre... Tout d'un coup, le galbe impeccable et insoupçonné d'une jeune femme transforme la statue en une belle créature de chair et d'os, débordant de séduction!

J'apprends l'histoire de la photo: elle a été prise en 1952, à Chicago, par Art Shay, un photographe américain, alors simple stagiaire, qui ne connaissait ni de près ni de loin la légende du couple Sartre-Beauvoir... Il savait seulement que la maîtresse frenchie de son ami, l'écrivain fauché Nelson Algren, cherchait à pouvoir prendre une douche chez lui... Il n'a pas pu résister à la vue d'une belle jeune femme devant sa glace, qui avait pris soin de laisser la porte de la salle de bain ouverte...  

Et voilà que la photo "scandaleuse" nous ramène dans cet unique printemps qu'est la jeunesse fugitive de notre vie, dans sa triomphante beauté...

PrintempsPrintemps

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #images, #citations, #hommage

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Publié le 21 Mars 2016

Une journée au salon du Livre de Paris

Cela fait 4-5 ans que je ne suis pas retournée au Salon du Livre de Paris.

Pendant 10 ans, jusqu'en 2009, je passais sept jours sur le stand de la région Nord-Pas-de-Calais, pour faire connaître - et vendre - notre revue "Hauteurs" et pour échanger avec les éditeurs de la région. En 2009, après un ultime passage au Salon, j'ai décidé de tout arrêter. Personne n'a voulu reprendre le flambeau et l'énorme charge de travail...

Tout a "rapetissé" dans le Hall imposant: le nombre d'éditeurs, la surface occupée par chacun, le nombre de jours ouvrables: quatre au lieu de sept et même le nom: "Livre Paris". Le stand régional héberge aussi la Picardie, englobée désormais dans la région "Hauts de France"... Des "anciens", il ne reste presque personne, de petits nouveaux ont poussé, témoignant de la vivacité des initiatives un peu folles que représentent les envies de fonder une maison d'édition...

Je suis passée du camp des éditeurs dans le camp des "écrivants", sans chercher pour autant - du moins à ce jour - un éditeur. La masse des livres, s'amoncelant PARTOUT, me découragerait plutôt! Que de papiers, que de noms, inconnus pour la plupart, persuadés d'avoir quelque chose d'impérissable à dire, à vouloir partager!... Pourquoi en rajouter un de plus?

Puis, une fois rentrés à la maison, on se remet à l'écriture, à ce plaisir si jouissif qu'on aurait tort de s'en priver!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #réminiscences

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Publié le 14 Mars 2016

photo: Claire Debay
photo: Claire Debay

Apparemment, presque tout le monde a déserté hier les écrans de télé et d'ordinateurs... Bon signe, me disais-je en faisant comme tout le monde: partie avec des amies sous le drap tendu d'un bleu immaculé du ciel printanier, sous un soleil aveuglant tellement inhabituel qu'on n'y croit qu'à moitié!... Merci à l'anticyclone qui repousse l'humidité ordinaire, cadeau des Îles britanniques!

Quel beau dimanche! Nous nous retrouvons dans la salle d'exposition de notre amie Claire D. qui a sélectionné une bonne trentaine de ses photos superbes, prises à toutes les saisons dans les environs de Mons. Ce n'est pas la région la plus touristique de l'Europe: la Wallonie désertée de ses mines et de ses usines métallurgiques qui constituaient jadis sa principale richesse, souffre de la crise. Les photos de Claire, prises au bout d'un temps infini d'embuscade assise ou allongée dans l'herbe, guettant le moment fugace de l'apparition de la Beauté, unique et instantanée, du chevreuil surgissant, les oreilles dressées avec méfiance, dans le cercle dorée de la clairière; de l'oiseau minuscule se balançant sur l'épi de blé; l'aube pointant au-dessus du champ hivernal; ces arbres dénudés et solitaires attendant la saison des feuilles... ces photos montrent que la beauté est partout; il suffit de la voir et de la saisir...

Nous avons poursuivi avec un bon repas moules-frites dans un petit restaurant sympathique puis terminé chez des amis, incapables de nous rassasier du soleil qui s'en allait peu à peu parmi les arbres du jardin...

Un beau dimanche...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #balade

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Publié le 9 Mars 2016

Journée des Femmes

Il serait peut-être temps de descendre de mon petit nuage où j'étais perchée depuis lundi soir...

L'invitation à cette soirée de bienfaisance d'une association de femmes actives, je la connaissais depuis quelques mois. A l'occasion de la Journée Internationale des Femmes, j'ai été censée, en compagnie d'une autre peintre et d'une écrivain-historienne et de cinq musiciennes, agrémenter le cadre et illustrer le programme, représentant des femmes qui créent...

J'ai donc accroché huit de mes dessins sur les cimaises de l'Avant-Scène de notre théâtre le Phénix (habitué à faire des expositions). Cependant, comme les organisateurs avaient estimé à l'époque mon parcours "atypique", j'ai été invité à l'exposer également, en 10 min. maximum, afin de pas fatiguer l'attention du public qui de toute façon, lâcherait l'affaire au-delà de ce délai.

Pas de problème, ayant l'habitude de prendre la parole en public depuis longtemps, je peux improviser, calibrer mon discours selon l'auditoire. Comme j'ai été présentée partageant mon temps entre l'écriture et dessin, j'ai décidé au dernier moment d'imprimer 2 pages pour illustrer et terminer mon propos.

Une bonne soixantaine de personnes remplissaient la salle. J'ai pris la parole dans le discret bruissement des conversations et des couverts. Progressivement, un silence palpable s'est installé.

Ces deux pages ont été écrites il y a une bonne dizaine d'années. Le début de l'écriture pour moi, peut-être bien. Je me souviens vivement de mes sensations d'alors, de m'être abandonnée avec confiance au pouvoir des mots: "Comment faire pour qu'un monde ressuscité très personnel ait un intérêt quelconque pour autrui? Qui plus est dans une langue d'adoption, invitée à être capable de traduire les sensations premières de l'enfance, le parfum particulier des acacias en fleurs un soir de printemps ou celui de l'herbe folle au bord du chemin, après l'averse... Ce parfum est celui d'un pays, celui d'une enfance. Et chaque pays, chaque enfance a le sien comme nulle part ailleurs."

Submergée des impressions ressuscitées alors, les mots affluaient irrésistiblement pour traduire le plus justement possible les strates enfouies des commencements... J'ai le souvenir d'une certaine ivresse première des mots, il y a dix ans.

J'ai dépassé le temps initialement imparti. Le silence profond, l'émotion à fleur de peau m'ont surprise. J'ai vite regagné ma place sous les applaudissements généreux.

Beaucoup de monde sont venus me parler après. Non seulement ils n'ont pas trouvé l'intervention trop longue mais ils ont regretté qu'elle ait prit fin...

(illustration: mon portrait par ma petite-fille Lucie, 10 ans)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti

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