Publié le 29 Avril 2014

Éveil

Avec la fin du mois d'avril, tout semble se réveiller: les lilas embaument le jardin, en passant leurs têtes, dans tous les tons du mauve, à travers les clôtures. J'adore humer l'air à la rosée du matin, tout comme au crépuscule... Les premiers boutons des rosiers éclosent, les oiseaux chantent, enivrés par le soleil, les parfums de l'air et l'appel des instincts à prolonger la race...

Et nous, au début de la pente descendante, plus du tout préoccupés par les urgences de la procréation? Le renouveau du printemps est un cadeau, nous jouons des prolongations, jouissons de la beauté de la vie, comme ça, gratuitement, sans autre obligation que de saisir cette manne tardive...

Un jour, quelqu'un m'a demandé ce qui provoquait en moi le sentiment de gratitude. La personne étant très croyante, je suppose qu'elle attendait de moi une référence à Dieu. Ma première pensée a été le spectacle du soleil levant sur mon jardin...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti

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Publié le 24 Avril 2014

Le 23 avril 2013, ma mère est devenue souvenir...

Une mémoire à créer, à recréer sans cesse. Avec ce qui reste et qui s'effiloche au fur et à mesure comme une mémoire pâlissante...

Les blessures deviennent moins vives, elles cicatrisent même; elles font désormais partie de notre physionomie. Une balafre de plus sur l'âme...

Il faut apprendre à vivre avec les absences, avec les fausses présences aussi qui hantent les sommeils trompeurs.

Il faut apprendre à être adulte, sans le regard maternel, protecteur et pesant à la fois, culpabilisant par l'amour démesuré dans lequel on se noie.

Difficile de satisfaire une telle attente, difficile de ne pas décevoir une telle admiration...

Être soi-même, lourde tâche.

Anniversaire

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences

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Publié le 16 Avril 2014

Alphonse Karr  (1808-1890)

Ce matin, sur mon calendrier éternel, je tombe sur une phrase d'Alphonse Karr:

"Tout le monde veut avoir un ami. Personne ne s'occupe d'en être un."

J'avoue n'avoir aucune idée de la personne d'Alphonse Karr, à part une brève indication: écrivain français et deux dates qui enferment presque tout le dix-neuvième siècle.

La pertinence de la phrase m'incite à chercher plus loin. Je découvre un personnage original, d'un esprit fin et d'un sens aigu de la formule: dons pour lesquels j'ai toujours eu une grande attirance.

Journaliste au Figaro un temps, romancier, auteur d'un grand succès: "Sous les tilleuls" que son père allemand aurait titré "Unter den Linden" à l'instar du célèbre boulevard berlinois... A l'avènement de Napoleon III, il se retire sur la Côte d'Azur et se consacre aux fleurs...

* "Tant de gens échangent volontiers l'honneur contre les honneurs."

* "Si l’on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Si l’on veut devenir riche, il faut trouver autre chose."

* "Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque. Les plus haut placés sont ceux qui servent le moins."

* "L'âge où l'on partage tout est généralement l'âge où l'on n'a rien."

* "Un baiser, c'est une demande adressée au deuxième étage pour savoir si le premier est libre."

* "Écrivain, c'est le seul métier, avec l'art de gouverner, qu'on ose faire sans l'avoir appris."

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #citations

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Publié le 13 Avril 2014

Milena Jesenska a inspiré le dessin ci-dessous. Je n'ai pas fait un portrait proprement dit: j'ai affiné ses traits, en gardant la pose, la tête légèrement tournée vers l'oeil du photographe. Comme on sait, la légèreté est la chose la plus difficile à rendre...

Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre. Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre.

Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #images

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Publié le 9 Avril 2014

L'âme de voyageur

"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."

Je suis tombée par hasard sur cette phrase de Paul Nizan.

J'ai beaucoup voyagé entre mes vingt et cinquante ans. Commencé par le séjour d'un an à Moscou - première occasion de quitter la Hongrie, armée d'une énorme valise contenant des vêtements pour quatre saisons, dont l'hiver russe carabiné, sans oublier un sachet de paprika en poudre et des saucisses maison au goût du vrai...

Par la suite, je suis devenue une nomade assez expérimentée qui plante sa tente au gré des nécessités, dans des conditions parfois périlleuses. Cela demande une certaine faculté d'acclimatation qui était nourrie chez moi par la curiosité insatiable pour les gens, leur façon de vivre et de penser. M'enraciner dans un sol, même provisoirement, m'attacher aux personnes même pour un temps m'était nécessaire. J'avais besoin de sentir cette appartenance. Les quitter était un déchirement inévitable.

Et pourtant, je repartais à l'aventure, faisant confiance à ma bonne étoile.

Cela fait 23 ans que j'habite ici, dans la même maison. Une aussi longue étape ne m'est jamais arrivée... Serait-ce la dernière? Une chose est sûre: désormais - un peu malgré moi - je voyage surtout dans ma tête, parmi les souvenirs indélébiles qui peuplent ma mémoire.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #souvenirs

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