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Le blog de Flora

Marcel Pagnol (1895-1974) : Citations

25 Novembre 2014, 18:38pm

Publié par Flora bis

Marcel Pagnol (1895-1974) : Citations

Qui ne connaît le nom de Marcel Pagnol, des répliques entières de ses pièces de théâtre, de ses films, l'atmosphère de ses romans où l'humour sauve du mélodrame, sur le fil du rasoir... Sa langue savoureuse sent bon l'esprit de la Provence, les collines au parfum de sauge et de thym et le Vieux port de Marseille...

Auteur de théâtre dont la célèbre Trilogie marseillaise (César, Marius, Fanny), cinéaste de ses propres scénarios (La Femme du boulanger, Le Schpountz, La Fille du puisatier, Manon des sources, Ugolin etc), des romans dont la Trilogie autobiographique (La gloire de mon père, Le château de ma mère, Le temps des secrets), il est élu à l'Académie Française en 1946.

* Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique.

* L'honneur est comme les allumettes : ça ne sert qu'une fois.

* Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n'est plus la peine de jouer aux cartes.

* Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.

* Ce n'est pas en ouvrant la gorge d'un rossignol que l'on découvre le secret de son chant.

* Les bavards sont ceux qui parlent des autres. Les raseurs sont ceux qui parlent d'eux-mêmes. Ceux qui parlent de vous sont de brillants causeurs.

... et une dernière, dans l'air du temps:

* On ne réalise vraiment qu'une femme contient de la dynamite que le jour où on la laisse tomber.

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Le début de la gloire...

21 Novembre 2014, 17:08pm

Publié par Flora bis

Le début de la gloire...

Il y'a quelques semaines, lors de mon dernier passage en Hongrie, dans la maison de mes parents désormais déserte, j'ai ouvert une grande valise où ma mère avait stocké quelques uns de mes vieux dessins échappés au temps...

Je suis tombée sur cette aquarelle naïve qui est sans doute la première de mes oeuvres sauvée pour la postérité. La preuve: elle n'est pas datée. Or, vers mes dix ans, j'ai été "découverte" par une professeur de dessin enthousiaste qui nous a donné le réflexe de dater le moindre de nos gribouillis, geste que je n'ai jamais manqué depuis...

En contemplant ce dessin quelque peu jauni (plus de 57 ans au compteur tout de même!...), les sensations d'antan me reviennent en mémoire. Qu'est-ce que j'ai peiné avec ce pied droit levé!... Je me vois, tirant la langue dans ma grande concentration. Les proportions laissent à désirer. Le pied gauche ne tient pas sur la feuille par l'erreur typique de la débutante prise au piège des détails, faute de concevoir l'ensemble... L'envolée de la jupe bleue aux pois blancs réveille en moi l'intense plaisir que je ressentais à la peindre... J'avais exactement la même tenue, je l'ai sauvegardée pour l'éternité... Du moins pour son illusion.

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Positive...

19 Novembre 2014, 11:09am

Publié par Flora bis

Positive...

La saison nous incite à rester au chaud, à lire, à rêvasser, à compter le temps sur nos sabliers. A tenter de saisir l'instant fuyant, à le fixer comme sur une photographie éphémère.

L'amas des tâches à régler grossit, devient tellement insurmontable que nous préférons y renoncer. Nous choisissons la fuite. Stratégie de rat de laboratoire. Sauf que, à l'inverse des rats, nous savons qu'il n'y a pas d'issue.

Besoin de respirer à fond, de balayer toute angoisse de la tête.

Je commençais cette note avec la ferme intention d'être "positive". Une armée de gourous et de "coach" nous y invitent, avec leur sérénité en béton censée nous donner confiance. (Ceci dit, j'aimerais les voir dans leur quotidien, sans le masque professionnel...) Cela fait des mois que je m'escrime avec des urgences à régler, des obligations à remplir. Parfois, une petite goutte fait déborder le vase, une petite pelletée sur la tombe d'un moral vacillant. Par exemple, une mystérieuse fuite d'eau dans un plafond...

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Hommage à Miklós Radnóti

9 Novembre 2014, 18:25pm

Publié par Flora bis

Le 9 novembre 1944, Miklós Radnóti, un des plus grands poètes hongrois du vingtième siècle tombe sous les balles de la milice qui accompagne la marche forcée des prisonniers juifs. Il est enseveli dans une fosse commune et on le retrouvera bien plus tard, avec son carnet contenant ses derniers poèmes dans la poche de son pardessus. Il a 35 ans.

Septième églogue

(...)

Le camp est endormi - le vois-tu, mon amour? - l'air est froissé de rêves;

un qui ronfle là-bas sursaute et puis se tourne sur la planche étroite et déjà

se rendort, et son visage rayonne. Assis là je suis seul éveillé;

je sens la cigarette à demi fumée dans ma bouche au lieu du goût de tes baisers,

et point ne vient le sommeil qui soulage,

car je ne sais plus ni mourir, ni vivre sans toi désormais.

Lager Heidenau, dans la montagne au-dessus de Zagubica, juillet 1944

(traduction: Jean-Luc Moreau)

Hetedik ecloga

(...)

Alszik a tábor, látod-e drága, suhognak az álmok,

horkan a felriadó, megfordul a szűk helyen és már

ujra elalszik s fénylik az arca. Csak én ülök ébren,

féligszítt cigarettát érzek a számban a csókod

íze helyett és nem jön az álom, az enyhetadó, mert

nem tudok én meghalni se, élni se nélküled immár.

Lager Heidenau, Zagubica fölött a hegyekben, 1944 július

photo d'identité retrouvée dans sa poche lors de l'exhumation de la fosse commune

photo d'identité retrouvée dans sa poche lors de l'exhumation de la fosse commune

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Entre médiocrité et excellence

6 Novembre 2014, 12:24pm

Publié par Flora bis

Entre médiocrité et excellence

Dehors, soleil magnifique et rare, dedans, tourbillon de sentiments contradictoires... La lumière m'attire dehors comme un aimant mais l'écran est un appât puissant. Je jette un coup d'oeil rapide sur la page du 6 novembre de mon calendrier: "Il vaut mieux exceller en une chose que d'être médiocre en plusieurs" m'assène Pline le Jeune sa sagesse de presque 2000 ans.

Cher Pline, tu n'as pas besoin de me rappeler cette vérité qui me tarabuste depuis bien longtemps! D'éternité, choisir représentait pour moi de la torture des plus cruelles. Une curiosité insatiable me poussait dans plusieurs directions en même temps, m'empêchant de m'abîmer suffisamment dans un domaine pour y "exceller" comme le recommande Pline. Choisir entre la peinture ou l'écriture: dilemme quasi insurmontable. Les deux demandent un engagement sans partage. Les langues étrangères? Traduction, interprétariat? Enseignement? Aventure éditoriale? Autant de tentations auxquelles j'ai goûté. Forcément, en restant à la surface, sans pouvoir atteindre l'excellence de mes propres exigences.

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Novembre des chrysanthèmes

3 Novembre 2014, 18:05pm

Publié par Flora bis

Novembre des chrysanthèmes

Novembre a le parfum des chrysanthèmes, de la petite pluie incisive et du soleil timide. On embellit les cimetières: pour les rendre plus accueillants?... Pour déposer la pensée annuelle sur la tombe des disparus, comme une redevance morale et pour mieux les oublier ensuite à l'écart des tourbillons de la vie.

A-t-on besoin d'aller au cimetière pour laisser une place aux morts dans l'existence des vivants? Je ne le crois pas. Les miens, de plus en plus nombreux, me rendent visite souvent, sans pour autant m'empêcher de vivre. Bien au contraire: ils m'aident à prendre conscience de l'urgence de savourer ce qui reste de la vie, unique et irrattrapable.

J'observe les petits vieux qui, à pas comptés, arpentent les allées, appuyés sur une canne ou sur un bras plus jeune. Dans leur regard, je crois déchiffrer le réconfort très provisoire d'être encore là en visiteurs, ou la diligence de se familiariser avec, inéluctable, leur futur lieu de repos.

Je dépose mon pot de chrysanthèmes jaunes devant le marbre de Gilbert. Je sais pourquoi je suis là. Je comprends la raison profonde de son désir d'avoir un lieu pour ses cendres et de renoncer à les disperser finalement. "Je veux qu'on puisse me retrouver", disait-il. C'est vrai. Etre là, debout devant sa tombe, est un moment privilégié de communication par la pensée. Si profonde, si intime que ça donne le vertige...

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