Publié le 31 Mars 2013

Kellemes Húsvéti ünnepeket minden látogatómnak!

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Joyeuses fêtes de Pâque à tous ceux qui rendent visite à ces pages!

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Rédigé par Rozsa Millet-Tatar

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Publié le 28 Mars 2013

cahier rouge NEW Ce matin, je me suis replongée dans ce "Cahier rouge", une sorte de consigne du temps qui s'enfuit, entamé en mars 2009 et arrivé à sa 225-ème page il y a à peu près un an.  Son successeur, le "Cahier noir" a déjà atteint 179 pages manuscrites, bien serrées. Que s'est-il passé d'important, du moins pour moi, il y a tout juste trois ans?...

30 mars 2010, mardi: (nb. je suis à Meudon) Pour me remettre des trois-quatre jours précédents, je reste à la maison, quasiment en position de gisant, renonçant au retour au Salon ou à l'expo de Lucian Freud. La honte! A ma décharge: de fréquentes averses qui me découragent de faire 2 heures de queue à Beaubourg et de monter la grimpette au tram. Lucie est restée scotchée à moi ce matin. Que faire? Elle se serre contre moi sans bouger... Drôle de petite tête: qu'y a-t-il dedans? Sûrement plein, plein de choses qu'on n'imagine même pas...

   Pendant ce temps, mon "Istanbul" reste en suspens. J'espère que ce ne sera pas cet     énième feu de paille dont j'ai le secret... C'est pour cela que j'ai besoin d'engagement ferme, pour ne pas sombrer dans l'inertie... En même temps, si je délaisse ce cahier (et le blog, surtout) plusieurs semaines, je ressens un manque sourd et oppressant. Se réfugier dans les mots? Fuir la réalité? Comment écrire, déjà? Faut-il y réfléchir ou bien peut-on se contenter de suivre ses instincts? Je serais sans doute incapable d'écrire un récit classique, linéaire, suivre une trame stricte. Incapable ou pas envie? Les deux et peut-être l'un à cause de l'autre.

(...)

   Au dernier billet en date sur mon blog, j'ai ajouté ma photo prise en 2006, sensiblement la même qu'aujourd'hui. Pourquoi ai-je franchi le pas? Ce n'est pas anodin, comme rien dans la vie. Il m'a fallu presque deux ans pour me "dévoiler" ainsi. Afin de comprendre le pourquoi de se dévoiler, il faut déjà comprendre le pourquoi de se masquer. Envie de créer des illusions? Peur de décevoir? Envie de se cacher? Pourquoi? Pour fuir le paraître? Pour se laisser imaginer à travers ce qu'on crée et qui doit être  -  du moins, on l'espère  -  plus vrai, plus fidèle que l'apparence physique? Cependant, je suis sûre que les personnes très belles s'empressent à exhiber leurs photos pour ajouter à la séduction éventuelle de leur production...! 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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Publié le 25 Mars 2013

Johannes_Vermeer_-1632-1675-_-_The_Girl_With_The_Pearl_Earr.jpg La philosophie étudie le domaine de la beauté depuis longtemps; ce qui m'intrigue surtout, c'est de comprendre "comment ça se passe dans le cerveau?" L'article de Delphine Lorin-Etuy dans la revue Science m'a offert quelques précieuses pistes.

   Une curiosité en passant: si les hommes et les femmes peuvent donner la même définition de la beauté artistique, ils y arrivent par des circuits cérébraux différents. Tandis que les femmes activent les deux hémisphères du cerveau, les hommes se contentent du droit... Ce phénomène est dû probablement à la répartition des tâches au cours de l'histoire neuro-cognitive des humains....

   Les chercheurs dont Jean-Pierre Changeux ont poussé plus loin l'exploration de l'activité cérébrale grâce au développement des techniques scientifiques d'observation. Les résultats montrent qu'une résonance se produit entre la raison (cortex frontal) et l'émotion (amygdale), que les circuits du plaisir, de la récompense s'activent.

   Une fleur, un paysage, un visage peuvent également provoquer une sensation de beauté en nous. Cependant, il s'avère que notre cerveau fait rapidement la distinction entre la nature et une création artistique: son ativité n'est pas la même, elle devient plus complexe. Au-delà d'une première réaction de "surprise", le cortex frontal est sollicité pour tenter de comprendre la démarche artistique. Les "neurones miroirs", responsables de l'empathie, s'activent.

   Tout le monde a pu constater que le choix entre "je l'aime" et "je ne l'aime pas" se fait en quelques secondes. Les chercheurs de l'Université de Toronto l'ont même mesuré: 4 sec pour le "oui" et seulement 2 sec pour le "non".

   Lorsqu'une oeuvre plaît, le cortex visuel est sollicité plus longuement comme si on augmentait l'éclairage pour mieux observer l'objet. De plus, le gyrus fusiforme bilatéral qui sert à reconnaître les visages, entre en action aussi. Dans le cas du "non", on diminue rapidement l'activité du cortex orbito-frontal (en 2 sec), comme si on baissait l'éclairage sur un objet qui n'en vaut pas la peine...

   C'est un peu plus compliqué lorsqu'on se dit: "oui, je reconnais que c'est un immense artiste mais je ne l'aime pas..." C'est ce qui m'arrive en regardant Rubens, Picasso ou Matisse, par exemple. Va savoir pourquoi.

   Justement, on commence à comprendre pourquoi. Il s'agit de la beauté objective (Picasso, Rubens etc.) ou de la beauté subjective (Rembrandt, Klimt, Vermeer etc.), dans des exemples me concernant. La première est analysée par le circuit cortical évolué et l'insula (siège de l'empathie): je le juge beau, mais je ne l'aime pas. La seconde fait entrer en jeu le goût personnel, pour ne pas dire l'histoire personnelle, avec cette mystérieuse amygdale qui ne se trouve pas au fond de la gorge mais dans les profondeurs du cerveau et qui héberge nos émotions enfouies tout au long de notre parcours personnel.

   On pourrait continuer longuement cette passionnante exploration. Ce qui est merveilleusement rassurant pour moi, c'est l'alliance entre la raison et l'émotion: la première aide à comprendre et à maîtriser la seconde, et l'émotion, ce tremblement de l'âme, façonne en profondeur notre humanité.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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Publié le 22 Mars 2013

Yvette NEW La plupart des accouchements avaient lieu à la maison. Les femmes devaient passer trois visites auparavant, faute de quoi elles ne touchaient pas les allocations. Ces visites servaient à déceler une éventuelle anomalie, surtout celle du huitième mois. L'échographie n'existait pas, mais une mauvaise position pouvait se vérifier à la radio, les bruits du coeur s'entendaient bien au stéthoscope. Si, à la main, on sentait le bébé de travers ou un bassin trop étroit, on savait très bien qu'il fallait une césarienne, on les dirigeait vers une maternité. En cas d'inattendu, il fallait appeler une ambulance pour les "monter", l'hôpital se trouvant dans la ville haute. Le plus dur était de trouver un téléphone, la plupart des gens n'en avaient pas. Mais tout cela était exceptionnel.

   Les trois-quarts des naissances se font naturellement. On reparle de nouveau d'ouvrir des "maisons de naissances", en redonnant plus de responsabilité aux sages-femmes. Ce serait une bonne chose. Quand on voit les médecins déclencher des accouchements pour des raisons de confort personnel, pour ne pas y passer la nuit, pour ne pas travailler le dimanche... On n'a jamais vu autant de césariennes! Pour gagner du temps! J'ai toujours dit que c'était un métier de femme. Il faut une certaine compréhension de cette douleur-là: un homme ne peut pas comprendre ça!

   J'habitais le quartier saint-Marcel. Non loin, se trouvait la Cité d'urgence. Les Allemands avaient érigé d'énormes baraquements, destinés à héberger les soldats, la gare de Laon était très importante dans le transit militaire. Les occupants partis, on a transformé ces baraquements en petits logements d'urgence, puis on en a construit d'autres sur le même modèle. Au départ, c'était pour les gens dont la maison avait été démolie par la guerre. On l'a appelée la Cité Abbé Pierre, puisque c'était sa campagne d'hiver 1954 qui avait déclenché ces constructions. Progressivement, on a regroupé là tous les "cas sociaux". Certains travaillaient, mais la plupart vivaient de divers trafics. C'est devenu une concentration de gens en situation précaire. (...)

à suivre

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires

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Publié le 18 Mars 2013

DSCN0912 2   En apparence, seulement par souci trompeur, la maison garde son aspect familier. Les petits rideaux amidonnés sont en place, le balai n'a pas bougé de sa position habituelle. Le chauffage répand une chaleur réconfortante, cependant, quelque chose manque. Justement, l'essentiel.

   La paire de chaussons semble orpheline près du fauteuil qui conserve l'empreinte d'une silhouette. Un manteau accroché dans l'entrée projette le souvenir de celle qui s'affairait dans la cour, il y a peu. Sur la table, une casserole attend son tour, pour faire bouillir le lait du fermier. Elle ne servira plus. Abandon.

   Je fais un tour dehors. Sur le béton entourant la fontaine, une inscription est gravée: B. R. 1968. Les initiales de ma mère et la date qui témoigne d'une bataille emportée sur les réticences de mon père face à toute modernité. Une bataille de plus.

   Sur les vignes de la pergola, patientent les dernières grappes momifiées, oubliées sur des branches squelettiques en attente de la taille qui ne viendra probablement jamais. Les perce-neige et les crocus multicolores explosent à l'appel du soleil. Ils ne reverront plus la silhouette cassée en deux qui se penchait sur les fleurs du jardin. Abandon.

   Depuis plus d'un mois, ma mère vit dans une maison de retraite médicalisée. Elle ne reviendra plus dans la maison où elle a passé 56 ans de sa vie. La maison est comme une place désertée, encore tiède.

   Je n'aime pas ces condamnations définitives, à perpétuité, clôturant une époque qui se promettait immuable. Sans doute parce qu'elles nient l'espoir...

    

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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