Articles avec #memoire tag

Publié le 15 Mai 2017

C'est une photo que j'ai empruntée sur le blog de Françoise.

Elle vient de mourir, après un long et pénible calvaire, une bataille héroïque.

Je l'ai connue  -  sans jamais l'avoir rencontrée  -  sur la blogosphère, à mes débuts en 2008. J'ai admiré ses aquarelles, leur liberté, leur légèreté inimitable. Elle travaillait beaucoup le nu, d'après des modèles vivants et c'était cela qui nous a rapprochées. On a échangé beaucoup de mails plus personnels que je garde précieusement. Elle suivait avec une grande fidélité  -  vertu primordiale pour moi  -  mon blog, mes dessins et mes débuts en écriture, toujours généreuse en encouragements. J'aimais son esprit caustique, prêt à l'autodérision. Je l'admirais  -  et elle était pétrie de doutes, tout comme moi, au fond.

Dernièrement, nous sommes devenues encore plus proches. La maladie impitoyable a eu le dernier mot, malgré les défis courageux qu'elle lui lançait. Peut-on souffrir de la perte d'une amie "virtuelle"?... 

Je vous assure que oui. Beaucoup...

Adieu à Françoise Blanc-Dupasquier
Adieu à Françoise Blanc-DupasquierAdieu à Françoise Blanc-Dupasquier

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #souvenirs, #hommage, #mémoire

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Publié le 7 Juillet 2016

10 ans...

7 juillet 2006 - 7 juillet 2016...

Pourquoi aimons-nous les anniversaires ronds, leur accordant une importance qu'ils n'ont peut-être pas? Suggèrent-ils, avec leur caractère achevé, la nécessité des bilans?

Gilbert est mort il y a 10 ans. Occasion pour un regard en arrière qui mesure le chemin parcouru. Le mien. Quant à lui, impossible de savoir s'il a fait la paix avec la mort qu'il considérait comme l'injustice la plus grande, la plus absurde qui puisse arriver à un humain.

Des spéculations de vivants, tout cela. On ne peut rien savoir, on ne peut que bâtir des chimères à partir de nos pauvres moyens de vivants.

Il est inutile de s'en préoccuper, disent les optimistes, les dynamiques, les forces vives. Il faut être dans l'instant, dans l'instinct vital, en profiter tant qu'il est temps! Je fais ce que je peux...

Certes, le souvenir devient moins douloureux, les cicatrices moins visibles. Je continue à porter en moi ces 33 années, avec les grands malheurs comme avec les moments de bonheur, en essayant de faire en sorte que ce soient ces derniers qui veillent sur moi dans le délicat équilibre au bord du précipice...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #Gilbert, #hommage, #mémoire

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Publié le 19 Février 2014

Mon père

Le 18 février, hier, mon père aurait eu 92 ans. Il est tombé soudain, après avoir préparé le café du matin. Son coeur s'est arrêté, après quelques années de fatigue intense qui faisaient ressembler ses électrocardiogrammes à des montagnes russes déréglées...

C'est arrivé le 4 novembre 1995, le même jour qu'à Yitzak Rabin. J'avais l'impression que ce dernier l'avait injustement éclipsé pour le monde entier. Sauf pour moi et quelques autres personnes. Il n'avait que 73 ans.

Nous nous ressemblions trop pour que cela ne génère des disputes sans fin à mon adolescence. Chacun de nous voulait avoir le mot de la fin. C'est lui qui l'a eu.

Une foule d'images se bousculent dans ma tête. Gros plans sur un détail, sensations lointaines et si vivantes pourtant. Il faudrait des dizaines et des dizaines de pages.

La phrase de ma mère comme une habitude: "Demande à ton père, il le saura." Et il savait nous dépatouiller des devoirs de maths et de physique piégeux, dessiner le paysage d'hiver avec l'étang gelé pour illustrer la rédaction, fabriquer un traîneau pour les glissades et réparer les queues de casseroles... En hiver, il confectionnait des corbeilles en osier et des balais qu'il vendait au marché. Sans parler des citrouilles au goût du miel, cuites dans le fourneau construit savamment de ses mains, que les clients venaient chercher à la maison.

Il vivait, respirait au rythme de la nature. Il aimait cette fatigue-là, après une journée torride bien remplie, où "tomber de fatigue" est à prendre au pied de la lettre. Et le sommeil profond est un grand réparateur.

C'était un conteur hors pair. Il m'a donné, entre autres, le goût des histoires.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoire

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Publié le 7 Juillet 2013

7 juillet, une date à part

Ce jour, depuis des années, je dépose virtuellement un petit bouquet de mots sur la tombe de Gilbert. J'ai commencé ce blog le 6 juillet 2008. Cela faisait alors deux ans que j'avais entamé mon apprentissage de la vie solitaire, après trente trois années d'une vie à deux que les épreuves ont rendues très intenses.

Lorsque je relis, sur ce blog, les notes de 7 juillet, je retrace les stations du deuil, depuis la douleur vive des débuts que les mots aident à atténuer progressivement. Sept années qui ne m'ont pas libérée pour autant. Je ne crois point qu'il existe un au-delà où les défunts nous attendraient... Je ne suis pas nourrie de tendances morbides qui me feraient préférer la compagnie des morts à celle des vivants, je n'ai aucune tentation de guetter des signes, ni de faire tourner des tables. Lorsque l'on nous conseille de "laisser partir les morts", je me méfie: que veut-on dire par là? Qu'il existe des "entités" (dont je doute fort), que nous retenons, en les intégrant trop fort dans nos pensées, nos chers défunts dans un monde qui n'est plus le leur; que nous les obligeons à errer, en quelque sorte, en les empêchant de regagner une dimension inconnue, celle de la quiétude de l'éternité.

La cartésienne que je suis au fond de moi, me dit que j'ai tout simplement besoin de ces points de repère du passé qui m'empêchent, moi plutôt, d'errer, perdue dans le monde des vivants. Sa bataille - notre bataille - contre la maladie, la fin inéluctable prédite dès le début, me sert encore et toujours d'exemple, de colonne vertébrale dans les moments de découragement. Il m'a légué le plaisir des mots. J'y ajoute l'émotion qu'il fuyait, se réfugiant dans l'humour noir. Je suis le cours du temps.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoire, #réflexion, #souvenir

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