Articles avec #memoires tag

Publié le 23 Janvier 2017

Hier, je suis tombée sur deux photos, prises à peu près à 20 ans d'écart l'une de l'autre...

en haut, 5e de gauche, moi

L'une, la photo de classe de mes 10 ans est prise sous les grands arbres de la cour de l'école. Nous terminons la section élémentaire, je tiens fièrement mon bulletin de fin d'année. Tout d'un coup, le parfum de ce jour d'été m'envahit: la sensation de la petite robe blanche amidonnée et fraîchement repassée sur le corps et l'immanquable ruban dans les cheveux... Juin 1958.

Je regarde mes camarades de classe et leurs noms ressuscitent un par un, collés à leurs images... Parmi eux, un blondinet souriant aux yeux bleus et aux irrésistibles fossettes qui me plaisait tant... Ce qui me permet de ressentir une parfaite compréhension pour les peines de coeur de ma petite-fille qui a exactement le même âge maintenant...

2e rang du bas, 5e de droite, ma mère

L'autre photo de groupe a été prise à la fin des années trente, réunissant les participants d'un spectacle amateur. Parmi eux, une petite blonde d'à peu près 10 ans, au regard rêveur et fière de faire partie de l'événement. Ma mère. Nous aurons 19 ans d'écart.

Ils ne le savent pas encore mais quelques années plus tard, la guerre va passer par là, d'abord l'armée allemande reculant, puis l'ouragan de l'armée russe. Et, avec l'armée hongroise déchiquetée, un soldat perdu qui deviendra mon père...

( moi: photo du haut. 5e de gauche dans le rang du haut. Ma mère : photo du bas. 2e rang du bas, 5e de droite)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires, #réminiscences, #souvenirs

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Publié le 25 Juillet 2016

Des miettes de bonheur en photos

Il est intéressant de feuilleter l'album (virtuel) des photos prises par-ci, par-là au gré des envies. Oui, je crois que l'on prend rarement des photos sans la pulsion du désir de dérober, de conserver l'instant fugace, la miette de beauté que l'on peut remémorer ainsi, plus tard, pour nourrir la nostalgie des traces du bonheur.

Je ne parle pas des photos-témoignages nécessaires des horreurs, mais en ce qui me concerne, je préfère évoquer ce qui me répare, ce qui me fait du bien car les horreurs restent, de toute façon, tapies, indélébiles dans un coin sombre de la mémoire.

Je viens de glaner quelques instants réparateurs dans les photos de juin-juillet de cette année. Eté... verdure... Le stress intense que je ressens à certains moments reste caché à l'observateur extérieur, il n'y a que moi qui suis transportée dans l'ambiance de la prise, ambiance qui ressurgit avec une stupéfiante fidélité à chaque regard.

Les dix jours de l'exposition du groupe en juin, les réunions avec des amis pour clôturer la saison des associations, le jardin éveillé et foisonnant, la belle visite de Senlis et de l'abbaye de Chaalis, les jours à la mer avec mes petites-filles... Voici la moitié de l'été déjà partie.

Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos
Des miettes de bonheur en photos

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #mémoires, #réminiscences

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Publié le 9 Mai 2015

"Istanbulu dinliyorum, gözlerim kapalı..."

Combien de fois ai-je écouté cette belle chanson de Zülfü Livaneli, propre à enfoncer le couteau de la nostalgie en plein coeur à tous ceux qui ont passé quelques années dans cette ville magique! On n'en sort pas indemnes. Istanbul vous ensorcelle, vous captive, vous séduit - sans en avoir l'air car elle vous laisse la liberté de vivre votre vie et de goûter à la sienne.

Je ne suis pas la première à essayer de déchiffrer les secrets de sa séduction, imparfaitement, restant sur ma faim, trop consciente de mes limites à saisir toutes ses facettes, en souffrance du trop-plein de souvenirs et de la douleur de leur manque...

La musique lancinante de Livaneli, ses paroles en images douces et poétiques transmettent parfaitement la nostalgie obsédante qui vous étreint, à plus de vingt-cinq ans de distance.

Istanbul fait partie des villes qui ont une atmosphère envoûtante. Elle vous engloutit dans sa fourmilière qui s'affaire en permanence et pourtant, vous n'êtes jamais perdu: vous vous sentez rapidement en lieu familier, chez vous... Vous avez vos habitudes, votre bakkal, votre kasap, votre çiçekçi, votre pazar... En même temps, l'immensité de la ville vous propose sans cesse des découvertes insolites. Partout, vous sentez le mille-feuilles de l'histoire millénaire s'ouvrir devant vous.

Et le Bosphore! Un spectacle changeant et permanent dont on ne se lasserait jamais.

Istanbul, ville magique, on ne peut guérir de son manque qu'en y revenant encore et encore...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires

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Publié le 18 Mars 2015

Voyage dans le temps passé...

Je viens de feuilleter les pages d'un site hongrois qui accueille des vieilles photos de famille, confiées par des amateurs et des collectionneurs. Les quelques minutes initiales se sont transformées en plus d'une heure et j'ai du m'arracher à ce vagabondage nostalgique pour profiter de l'inspiration qu'elle a suscitée en moi.

La photo, responsable de l'ouverture des vannes figure ci-contre. Elle montre la préparation de la nourriture pour les canards: des feuilles de betteraves coupées en lanières et mélangées au maïs concassés... Banale en apparence mais elle m'a installée sur la machine à remonter le temps pour me ramener cinquante ans en arrière, aux temps de mes merveilleuses vacances d'été chez ma tante...

Ma tante élevait, entre autres bestiaux, des canards et des oies. Elle en gavait aussi deux ou trois, histoire d'avoir de quoi régaler famille et invités plus tard.

Pour moi, cela représentait le délicieux folklore de mes vacances, à l'autre bout du pays - même si cet "autre bout" ne se trouvait qu'à 400 km de chez nous. Tout ce que j'y vivais était magique, inhabituel: l'air que je respirais, les plats que je dégustais, le patois chantant que j'écoutais et dont je m'imprégnais... Je baignais dans l'immensité affective de mes oncles et tantes, de mes grands-parents. Je goûtais à leurs activités de saison: ramassage du foin et des pommes de terre, sans oublier la cueillette des oeufs fraîchement pondus... J'ai en mémoire, intact, l'odeur du foin qui sèche, le bruit savoureux et le mouvement inlassable avec lequel la vache broute l'herbe de la pâture, tout en chassant nonchalamment les mouches qui se posent sur elle ...

Sans oublier la bassine remplie des feuilles de betterave hachées et les canards gloutons qui se bousculent autour...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires

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Publié le 17 Janvier 2014

Le retour de l'envie...

"Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur"... J'ai souvent écrit cette phrase de Camus sur mes cartes de voeux de cette année, comme un mantra qui se doit de déclencher le changement... S'extirper de la gangue du désespoir, s'élancer à l'assaut des nouveaux défis... Encore et toujours...

Comme souvent, je puise l'envie dans mes racines. Je regarde cette vieille photo, en particulier le petit garçon, sixième en comptant de gauche, derrière un gros bouquet de fleurs blanches. Premiers communiants... Selon mes calculs, cela doit se passer en 1928-29... Il est sérieux, les yeux écarquillés, intrigué par l'appareil mystérieux, recouvert d'un drap noir qui dissimule aussi le photographe. On demande de ne plus bouger, en attendant le petit oiseau qui va sortir de l'appareil. Il y a effectivement un flash aveuglant - mais d'oiseau, point!

Je reconnais ce regard avide de comprendre, resté cependant calme et serein, en attendant voir... Inutile de se précipiter. Curieux mais difficilement impressionnable. Faisant avant tout confiance à son propre jugement. Dix-huit ans plus tard, prêt à tous les sacrifices pour épouser la jeune fille qui naîtra cette année 1928, à l'autre bout du pays.

Mes parents.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires

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Publié le 2 Octobre 2013

Le virus du diariste...

Hier, j'ai publié une note sur mon blog hongrois (http://floramagyarblogja.blogspot.com) sur mes débuts de diariste, à Moscou, à l'âge de 22 ans... Ce n'est pas précoce. J'ai longtemps méprisé le genre, l'associant à l'adolescence boutonneuse où notre petite personne prend soudain des dimensions démesurées et des démangeaisons égotistes nous obligent à coucher nos tourments sur du papier, dans des carnets cadenassés...

Non, je n'ai jamais cédé à ces tentations jugées ridicules!

Tout a changé à Moscou: pendant une année entière, avec Marie, mon amie et "camarade de chambrée", nous avons noté ensemble sur un modeste cahier gris, parfois dans un style télégraphique, les événements du quotidien, nos émotions débordantes, nos petits flirts audacieux mais somme toute inoffensifs... Je l'ai continué seule, pendant le semestre qui suivait, à Leningrad.

Lorsque je feuillette ces cahiers, les sensations surgissent, intactes, d'un passé de plus en plus lointain. Je revois la jeune fille que j'étais, maigrichonne (si, si!), pleine d'audace extrêmement prudente, de curiosité, de soif d'apprendre... Plongée dans le bain linguistique, très peu livresque, j'absorbais la langue russe comme une éponge, je m'émerveillais avec gourmandise de sa musique, de ses tournures savoureuses...

Quant à nos flirts, malgré leur grande innocence, ils nous menaient à l'apprentissage de la vie adulte. Coups de foudre, flamboiements, souffrances et félicités, je pense que nous aimions bien plus le sentiment amoureux que les garçons qui en étaient l'objet...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires

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Publié le 16 Avril 2013

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  Le Soleil!... Nous l'attendions depuis si longtemps! La météo nous l'a promis! Échaudés, pourtant, nous gardions nos manteaux et anoraks avec prudence. 

   Samedi, Berck-Plage restait maussade: mauvais augure pour les festivités prévues! Les cerfs-volants multicolores, rivalisant de tailles, de fantaisies, de couleurs, commençaient à se déployer sous le crachin, ayant du mal à prendre leur envol, alourdis par les gouttelettes.

   Le lendemain, au petit déjeuner, nous scrutions le ciel voilé, le moindre soupçon de bleu: ça va se lever! La phrase rituelle de mes vacances d'été à Laon... A midi, au Touquet, le soleil s'est enfin décidé à nous accorder ce plaisir rêvé depuis des mois: nous nous sommes installés sur le sable de la plage. Les petites, pieds-nus, les sensations estivales longtemps remisées au rayon de la nostalgie, s'en sont données à fond! Les adultes, plus mesurés, se sont contentés d'emmagasiner la chaleur tant désirée qui caressait leurs joues, pour des temps de disette qui ne manqueront pas de revenir encore... Ce qui est pris, est pris, dit la sagesse populaire avertie!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires

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Publié le 10 Avril 2013

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Je feuillette l'album-photos. Les clichés exhalent les ambiances heureuses des temps révolus. La mémoire, complice bienveillante, restitue les atmosphères joyeuses. Forcément joyeuses, celles des retrouvailles... 

családi látogatás

   Les grandes réunions de famille... Une fois l'an, le plus souvent en été, ajoutant de la chaleur du soleil à celle des sentiments, dix à douze personnes s'immobilisent devant l'objectif. Pose banale, sans la moindre recherche artistique, avec le seul souci de "caser" tout le monde dans le cadre du souvenir. D'un été à l'autre, les enfants grandissent, se marient, des bébés naissent  -  seuls les vieux ne changent pas. Éternels. Ils ont toujours été vieux, leurs rides semblent immuables. Tout juste s'ils se tassent un peu, d'année en année, fidèles à l'appel, comme pour nous rassurer de notre propre éternité...

   Entre deux photos, des mois d'éloignement, de peines et de joies. Soudainement, une silhouette manque. Divorce. Une autre: crise cardiaque. Un couple de vieux, partis main dans la main. Les rondeurs rieuses d'une tante, réduites à quelques ossements sous terre. L'oncle, la blague toujours aux lèvres, fantôme désormais muet sous la dalle. On fait le compte. A qui le tour, lorsque les bastions protecteurs de l'enfance s'effondrent, un par un?...

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 7 Avril 2013

Yvette NEW Il n'y avait qu'un médecin qui acceptait d'y aller. Un jour, en arrivant, il tombe en plein milieu d'une scène de ménage. La femme allait balancer un pot de crème à la figure du mari, et en ouvrant la porte, c'est le médecin qui l'a reçu. Furieux, il est allé se débarbouiller tant bien que mal à sa voiture, puis il est retourné dans la maison pour soigner l'enfant pour qui on l'avait appelé. Ils avaient certainement bu... Une autre fois, il y a eu le meurtre d'un homme que les assassins ont enterré dans la cour, mettant les cochons par-dessus pour qu'ils piétinent le sol. On ne l'a retrouvé que très longtemps après. J'y allais sans rien, sans montre, ni bijoux. A partir de janvier 1948, j'avais une voiture, mais avant, je me déplaçais, été comme hiver, en vélo. Une nuit de verglas, j'ai glissé avec le vélo et je suis tombée dans la neige, perdant mes lunettes. Je me souviens les avoir cherchées à plat-ventre, à tâtons, ma sacoche éparpillée dans la neige.

   La seule chose qui m'était pénible c'était accoucher une femme qui avait bu. Un jour, je suis tombée sur une cliente qui ne savait même pas qu'elle accouchait. Il y avait beaucoup de naissances en ces temps-là. J'ai connu une femme que j'aimais bien, qui, à trente-quatre ans, en était à son dix-huitième... Parfois, je l'ai accouchée deux fois la même année. Ca s'est arrêté à la mort de son mari. Sur les dix-huit, elle en a élevé dix-sept avec beaucoup de soin.

  Un autre épisode me revient: je m'occupais de la femme dans la chambre, tandis que le mari attendait dans la cuisine. Tout d'un coup, elle me demande: 

-  Où est Jean? Je crois qu'il est sorti depuis un moment.

Je passe le nez, personne dans la cuisine. J'ouvre la porte  -  il pleuvait à verse dehors  -  et je découvre le mari, un grand gaillard, allongé de tout son long dans la boue, sans connaissance. J'ai dû frapper chez les voisins pour qu'ils appellent un médecin. Ainsi, pendant que j'accouchais la femme, le médecin ranimait le mari. (...) 

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 22 Mars 2013

Yvette NEW La plupart des accouchements avaient lieu à la maison. Les femmes devaient passer trois visites auparavant, faute de quoi elles ne touchaient pas les allocations. Ces visites servaient à déceler une éventuelle anomalie, surtout celle du huitième mois. L'échographie n'existait pas, mais une mauvaise position pouvait se vérifier à la radio, les bruits du coeur s'entendaient bien au stéthoscope. Si, à la main, on sentait le bébé de travers ou un bassin trop étroit, on savait très bien qu'il fallait une césarienne, on les dirigeait vers une maternité. En cas d'inattendu, il fallait appeler une ambulance pour les "monter", l'hôpital se trouvant dans la ville haute. Le plus dur était de trouver un téléphone, la plupart des gens n'en avaient pas. Mais tout cela était exceptionnel.

   Les trois-quarts des naissances se font naturellement. On reparle de nouveau d'ouvrir des "maisons de naissances", en redonnant plus de responsabilité aux sages-femmes. Ce serait une bonne chose. Quand on voit les médecins déclencher des accouchements pour des raisons de confort personnel, pour ne pas y passer la nuit, pour ne pas travailler le dimanche... On n'a jamais vu autant de césariennes! Pour gagner du temps! J'ai toujours dit que c'était un métier de femme. Il faut une certaine compréhension de cette douleur-là: un homme ne peut pas comprendre ça!

   J'habitais le quartier saint-Marcel. Non loin, se trouvait la Cité d'urgence. Les Allemands avaient érigé d'énormes baraquements, destinés à héberger les soldats, la gare de Laon était très importante dans le transit militaire. Les occupants partis, on a transformé ces baraquements en petits logements d'urgence, puis on en a construit d'autres sur le même modèle. Au départ, c'était pour les gens dont la maison avait été démolie par la guerre. On l'a appelée la Cité Abbé Pierre, puisque c'était sa campagne d'hiver 1954 qui avait déclenché ces constructions. Progressivement, on a regroupé là tous les "cas sociaux". Certains travaillaient, mais la plupart vivaient de divers trafics. C'est devenu une concentration de gens en situation précaire. (...)

à suivre

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Rédigé par Flora bis

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