Publié le 23 Avril 2016

Anniversaire

Aujourd'hui, je pense à ma mère.

Cela fait trois ans qu'elle est morte, hospitalisée subitement, et moi, j'étais loin, à plus de 1600 km.

Un an avant, pendant l'été, elle m'a dit tout d'un coup: "Viendras-tu au moins me tenir la main au moment de ma mort?"

Question brutale qui cachait un reproche à peine déguisé, figure de style qu'elle affectionnait quand elle n'allait pas bien et qu'elle supportait mal que je ne souffre pas bien visiblement, coupable d'être partie loin, de l'abandonner... Comme elle l'avait fait en son temps, sans jamais l'avoir accepté.

Plongée dans la culpabilité, j'ai du mal à faire la paix avec elle, avec moi-même...

Je tourne autour de la blessure comme autour d'une plaie mal cicatrisée.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #souvenir, #réminiscences

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Publié le 19 Avril 2016

Petite récompense

Vers la fin de l'après-midi, aux alentour de 17 h, le ciel se découvre, le soleil inonde la terrasse et la moitié du jardin. Je m'installe à la petite table rouge avec mon café, mon journal de bord et le téléphone: il faut absolument que je m'accorde ce premier moment tant désiré au soleil, sur la terrasse! Les fleurs embaument l'air, les oiseaux chantent à tue-tête. Moment presque solennel tellement chargé de nostalgie, des mois de langueur sous un ciel de plomb, sous des crachins portés par des vents pénétrants...

J'ai terminé mon exposé sur le "nu", écrit et posté des lettres de réclamation recommandées purgeant 1 heure de queue à la poste, évacué des quantités de déchets verts, rien que pour vivre ce moment de plénitude exposant mon visage - que le visage, le vent est encore frisquet - aux caresses chaudes du soleil... Comme une récompense pour les jours de travail en apnée, pendant lesquels le stress me tenait sous pression...

Les contraintes que je m'impose... Je pourrais couler des jours tranquilles, accomplir quelques menues corvées indispensables, sans me mettre la pression... Ai-je besoin de préparer ma participation à l'expo du groupe dès le début de juin? Faut-il que je prenne une part active dans d'autres associations encore, ce qui m'impose de jongler avec des délais qui approchent dangereusement?...

La pression, oui. Celle de me sentir encore vivante.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti, #jardin

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Publié le 15 Avril 2016

Sur les traces d'un dîner improvisé

J'aime les dîners improvisés... Souvent, ils sont les plus réussis. De plus, pas vraiment "cordon bleu" mais plutôt perfectionniste, je n'ai pas ainsi le temps de tergiverser, hésiter, cogiter - comme tout Balance qui se respecte - au casse-tête du menu et aux angoisses qui l'accompagnent d'être à la hauteur!

Là, où je prends le plus de plaisir, c'est la composition des invités. J'aime réunir des gens, à organiser des rencontres, surtout quand j'ai le sentiment qu'elles réservent des échanges intéressants, enrichissants, de belles découvertes pour les uns et les autres. Je connais des personnes qui gardent jalousement leurs amis, de peur de se retrouver abandonnées, les amis séduits par d'autres. Je suis dépourvue de ce sentiment crispé; je pense qu'élargir le cercle des amis ne nous en prive pas, bien au contraire: chacun s'en trouve enrichi. J'aime les ambiances simples, sans "prise de tête", chaleureuses où la gaieté se mêle à des sujets graves et chacun a envie de s'exprimer.

Le dîner du mercredi soir était de cet ordre-là. On avait envie de se connaître mieux, de tisser des liens: nouveaux pour certains, familiers mais plus approfondis pour d'autres. Le lendemain matin, deux bouquets de tulipes, une jolie boîte et quelques madeleines témoignaient encore de l'ambiance de la veille, avec les vagues de chaleur dans le coeur.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #réflexions

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Publié le 7 Avril 2016

Le nu, mon "paysage" préféré...

Cela fait presque 40 ans que je dessine des nus. J'ai rencontré cet exercice lors de notre séjour à Berlin (1976-82), dans l'atelier d'un peintre que j'ai fréquenté pendant 3-4 ans. Jusque-là, le visage humain a été mon sujet de prédilection mais le corps restait habillé, chargé de nombreux tabous de notre éducation. Le corps qu'il fallait cacher, au risque de se couvrir de honte...

Quelle découverte extraordinaire libératrice! J'ai trouvé mon "paysage", ma "nature morte" bien plus intéressants: l'Humain. Les corps sans fard, sans déguisement, sans masque: rien pour dissimuler les imperfections, les ravages de l'âge... Une école extraordinaire de la vie.

Mes "nus" n'ont rien d'érotique ou provocateur. Cela ne m'intéresse pas. Ce que je voudrais transmettre, c'est une certaine vérité, la mienne, de tolérance et de respect ou même, au cas échéant, de compassion envers l'humain, dans sa diversité et parfois dans sa déchéance. Avec un peu de sérénité teintée par moments de mélancolie, qui me donnerait envie de vivre encore un peu...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #images, #ressenti

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