Publié le 27 Septembre 2014

Hier soir, début de la nouvelle saison de nos soirées littéraires mensuelles chez Muriel. Nous l'avons consacrée à un hommage à notre amie Richarda, qui a été une des organisatrices de ces soirées, depuis 7 ans déjà. Sa place reste impossible à combler même si nous avons décidé de continuer sans elle. Sans elle? Pas si sûr... Elle croyait si fermement en l'existence des liens entre le visible et l'invisible que je ne serais pas étonnée, toute cartésienne que je suis, de recevoir tout d'un coup quelques signes, clin d'oeil ou souffle de l'au-delà, témoignant qu'elle n'est pas vraiment partie, qu'elle continue à diffuser parmi nous son énergie indéfectible, sa chaleureuse disponibilité.

"Cela s’est passé le 15 juillet dernier. Vers 6 h du matin, elle a emprunté ce « chemin de lumière » qu'elle entrevoyait depuis quelques jours déjà. Le mystère de la mort dont nous avons tant parlé ensemble et que nous avons quelquefois vécu indirectement, auprès des êtres aimés, s'est dévoilé devant elle.

Elle, elle sait déjà où c'en est... Où allons-nous lorsque notre corps devient une dépouille vide, déserté de tout ce fluide immatériel, cette énergie invisible mais tellement perceptible par l'Autre ! Nous l'appelons volonté, amitié, colère, gaieté, générosité... et beaucoup d'autres émotions encore qui constitueront plus tard nos précieux souvenirs.

Je ressens l'urgence d'essayer de fixer son image dans mes souvenirs... Je sais par expérience que les figures réelles, concrètes des personnes aimées s'éloignent de nous à une vitesse sidérale. Au bout d'un moment, nous avons du mal à ressusciter leurs voix, plus tard, leurs visages deviennent flous, mis à part quelques flashs à travers l'opacité de la mémoire. Heureusement, il y a des photos, quelques bouts de films qui fixeront les instants dans leur intemporalité..." (extrait de l'hommage rendu par moi-même)

"Il était une fois... Richarda""Il était une fois... Richarda"
"Il était une fois... Richarda""Il était une fois... Richarda"

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #hommage, #souvenirs

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Publié le 22 Septembre 2014

"Les chefs d'oeuvre murissent non seulement sur les murs et les étagères. Dans notre esprit aussi, sans que nous ayons besoin de les revoir, les relire. Le vrai Musée imaginaire est toujours avec nous, dans notre cerveau; notre imagination les retouche sans arrêt, et eux - comme en retour - nous dévoilent ainsi leur nature et leurs secrets, et en même temps, nous gratifient généreusement, tels les malades aisés récompensant leurs médecins."
(Gyula Illyés: Dans la barque de Charon")

"A remekművek nemcsak a falon s a polcon érlelődnek. Elménkben is, anélkül, hogy újra kellene látnunk, olvasnunk őket. Az igazi Musée Imaginaire állandóan velünk van, az agyunkban; képzeletünk szüntelenül retusálja őket, ők viszont - mintegy viszonzásul - egyrészt most fedik csak föl természetüket s titkaikat, másrészt méltóan csak most jutalmaznak meg bennünket, egyidőben, olyan formán is, mint a módos betegek az orvosaikat."
(Illyés Gyula: Kháron ladikján")

Une citation de Gyula Illyés

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #traductions, #citations

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Publié le 20 Septembre 2014

Jeu

J'avais envie d'alléger un peu l'atmosphère qui règne sur mon blog depuis des mois. Les mauvaises nouvelles continuent à tomber, il est vrai; presque chaque jour en a son lot. Les jours ensoleillés du début de septembre ont sans doute contribué à l'envie de soulever la chape de plomb, de temps en temps...

Autrefois, les différentes listes sévissaient sur les blogs, permettant de découvrir un peu mieux leurs auteurs. Moi-même j'y ai succombé quelquefois. Tout à l'heure, remémorant mes jeunes années, des noms et des visages ont émergé du brouillard. Un des noms a immédiatement fait surgir l'image d'un garçon qui avait la détestable habitude de renifler bruyamment et régulièrement, en tout lieu et circonstance, nous mettant les nerfs en pelote! J'ai donc décidé de recenser quelques bruits et attitudes qui m'horripilent:

* renifler bruyamment

* ronfler (je le fais, sans doute, moi aussi mais je ne l'entends pas...)

* croquer une pomme ou autre aliment (sucre, carotte et autres légumes crus)

* parler fort la bouche pleine (surtout, en proférant des bêtises sans nom)

* mastiquer la bouche ouverte

* déglutir bruyamment (liquide surtout)

* bâiller avec grand bruit à en décrocher les mâchoires

* se curer le nez ou les oreilles en public

* tourner une page après avoir mouillé le doigt avec un claquement lippu

... et encore quelques autres que la bienséance m'interdit d'évoquer ici...

... et pour mes aimables visiteurs qui relèveraient avec précipitation le huitième point: j'ai dit "bruits et attitudes"!...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #jeu

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Publié le 12 Septembre 2014

"Je suis entourée de mots dans une forêt bruissante où chacun se démène pour attirer l'attention et prendre le dessus, retenir, intriguer, subjuguer, et chacun aspire à ces échappées belles. Comme si on les sortait de leur prison. On entre dans le domaine de la joie pure. Tous ces mots qui dansent, se déhanchent, se désintègrent, ondulent autour de moi et m'entraînent dans la grande ronde de la fantaisie première. Avec le bricolage surprenant et inattendu des figures qui surgissent alors, on entre dans le grand capharnaüm de la liberté créatrice où tout est permis."

Françoise Héritier: "Le Goût des mots" (éd. Odile Jacob)

Françoise Héritier et le bruissement des mots

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Rédigé par Flora bis

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Publié le 10 Septembre 2014

Appartenance

Bientôt, je dois accomplir un pèlerinage vers la maison de mes parents, celle que j'ai quittée il y a plus de quarante ans et que ma mère habitait seule depuis presque vingt. Ce voyage ne sera pas la réplique joyeuse de tous ceux que je réalisais fidèlement, au moins une fois par an, depuis mon départ. Il sera le dernier, avant la mise en vente de la maison.

Ma mère a été le dernier fil solide à me relier à cette maison qui garde encore les traces intactes de ses 56 années passées ici. Tout est inchangé et tout doit être balayé, déplacé, supprimé. A l'image d'une vie qui devient souvenir évanescent.

Un autre lien fort s'en trouve ébranlé autant: celui qui me rattache à mon pays natal. Je l'ai quitté à l'âge de 26 ans. Par amour. Avec une confiance insouciante qui me faisait quitter une langue, une profession, une culture et toutes mes références... On suit l'homme que l'on aime car notre "patrie" est désormais l'amour.

Depuis 24 ans maintenant, j'habite dans cette maison de briques rouges, typique au Nord de la France. Je n'ai jamais habité aussi longtemps au même endroit! A la mort de mon mari, il y a huit ans, j'aurais pu rentrer dans mon pays d'origine, en fermant avec sa disparition la parenthèse française de ma vie... L'idée m'avait effleurée pendant quelques jours.

En dépit des pressions plus ou moins ouvertes, quelques aimables accusations en "infidélités" à mes racines de la part d'amis, les reproches sourds et à peine voilés de ma mère de l'avoir abandonnée, j'assume. Ma vie est désormais ici. La langue d'adoption dans laquelle je m'exprime tous les jours - souvent, j'avoue, avec une certaine jouissance - et qui m'offre des heures de délices et de rires avec mes petites-filles, des liens chaudement enveloppants avec famille et amis, c'est la langue française. La "circulation sanguine" d'un pays qui irrigue ma vie, ses événements politiques, culturels, ses émissions de télé et ses turbulences météo, c'est en France que cela me concerne directement. Je les partage et j'en assume ma part. Sans pour autant renier, j'en suis certaine, ce socle initial que constituent les 26 premières années de ma vie.

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Rédigé par Flora bis

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