Articles avec #etat des lieux tag

Publié le 6 Septembre 2017

   Parallèlement à l'alimentation hebdomadaire de mes deux blogs (français et hongrois), j'ai entrepris un travail d'Hercule (junior !): j'ai décidé de recopier les articles les plus intéressants  -  du moins pour moi  -  dans un fichier, dans le but de les imprimer. La version numérique m'inspire une sourde angoisse: et si un jour, un bug mystérieux effaçait 9 ans de ma vie?... Car mon blog est une sorte de journal de bord public qui enregistre l'essentiel de ces 8-9 années, des débuts naïvement enthousiastes à ces derniers temps plus posés, plus lucides  -  et plus désabusés aussi...

   Au départ, plus de 400 pages! Impossible d'envisager de les imprimer. Je n'avais pourtant gardé que mes propres textes et traductions, éliminant ceux de Gilbert qui existent, de toute façon, dans des livres, effaçant les images aussi. J'ai diminué la taille des polices jusqu'à la limite de la lisibilité (Garamond 11), tout en conservant scrupuleusement le titre de chaque article et la date de publication. Il reste 240 pages. Pour mesurer le chemin parcouru. 

   Cela explique le but de l'opération. Un document papier ne garantit pas sa préservation (ni la nôtre... ) même s'il est plus rassurant, palpable dans sa matérialité. Pourquoi vouloir le sauvegarder à tout prix? Serait-ce une si grande perte pour l'humanité si elle s'évaporait d'un coup dans le néant? Je ne le crois pas. Une perte pour moi, assurément. Il consigne 8-9 années de ma vie; sans cette preuve, j'aurais l'impression de les avoir rêvées... 

 

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #état des lieux

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Publié le 10 Août 2017

"Partir, c'est mourir un peu..." dit le poète devenu un illustre inconnu, Edmond Haraucourt (1856-1941), dans son célèbre "Rondel de l'adieu", repris depuis à d'innombrables fois, attribué à des célébrités, tout en oubliant son auteur. C'est ainsi que le poème dépasse son géniteur...

Le facétieux Alphonse Allais l'a complété: "Partir, c'est mourir un peu... mais mourir, c'est partir beaucoup." J'aimerais rester encore...

Je n'avais pas une envie irrépressible de prendre la route puis l'avion, en cette fin de juillet qui me trouvait dans un état de grande fatigue, de surcroît, vers la Hongrie où sévissait une canicule implacable. Mais la perspective de passer une douzaine de jours avec les enfants et la famille de là-bas  -  plutôt, ce qui en reste  -  a été plus tentante. Et je ne regrette rien (pour rester dans la chanson, impérissable). Mes délicieuses petites-filles dont la compagnie est un pur bonheur, mon fils et ma belle-fille et leur délicate sollicitude, ma belle-soeur, veuve de mon frère depuis 14 ans déjà mais toujours aussi chaleureuse et disponible, mon neveu qui porte sur ses épaules les soucis de tout le monde, calme et sensible, drôle et fin, sa femme et son insouciance rieuse, leurs enfants ados, bref, les repas familiaux se succédaient, panachés de promenades et de baignades, en piscine ou au bord sablonneux de la Tisza, notre rivière blonde... Sans oublier quelques acquisitions livresques, nourriture en langue maternelle de la meilleure source, pour l'année à venir.

Mon cahier à spirale fixe cette confrontation toujours empreinte de nostalgie avec la première partie de ma vie:

"... cette maison est imprégnée des fantômes de ma mère, de mon père, de mon frère  -  et de Gilbert aussi  -  ils s'échappent des murs, des fauteuils où leurs empreintes sont encore chaudes, des assiettes en céramique au mur, du lino usagé du sol de la cuisine, des rideaux en dentelle, des poêles à gaz des chambres... Il n'y a qu'ici que ce passé lourd et léger, inconscient parfois, me saute à la figure. Où est le présent et encore plus, l'avenir?... J'ai arrosé la cour. Je m'assois à la petite table ronde en béton, confectionnée par mon père, sous la tonnelle renaissante. Elle est presque brûlante. C'était important de m'asseoir encore ici, avec mon cahier. Il fallait attendre la fin de la journée pour éviter le plein cagnard mais les murs et la table exhalent la chaleur. Je ruisselle... Cette table est inspirante."

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #état des lieux, #réminiscences

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Publié le 22 Juin 2017

La canicule semble tomber tout doucement.

Nouvelle action de sauvetage de mon ange gardien... Le pauvre! Ses interventions sont de plus en plus rapprochées!

Il y a 2 jours, moitié assommée par la chaleur, je faisais quelques courses: entre autres, le plein d'essence. Pressée de démarrer, j'ai jeté négligemment ma carte bancaire sur mon sac à main, dans l'intention de la ranger plus tard.

Arrivée au bon port, j'ai garé la voiture non loin de la maison, j'ai sorti le sac à provision, j'ai attrapé mon sac à main et me suis réfugiée dans la relative fraîcheur de la maison.

Une demi-heure plus tard, on sonne à la porte. C'était ma voisine, en compagnie d'un homme jeune, un des locataires d'une habitation, à 3-4 maisons de la mienne, louée par les services sociaux, afin de loger des gens en grande difficulté et qui compensent souvent la vacuité de leur existence par des bagarres, des beuveries, voire des incendies... Il tient dans sa main MA CARTE BANCAIRE, me demandant si elle m'appartient. Il l'avait trouvée près d'une voiture (la mienne, en l'occurrence), par terre... Il a demandé partout, en vain, et il a fini par sonner à la porte de "Mamie", ma voisine (elle connaît tous les habitants de la rue, ces gens déshérités l'embrassent au passage, elle les soigne, leur passe des vêtements de son défunt mari, elle leur sourit et leur PARLE...) Et voilà. Rétrospectivement, j'ai eu une des peurs de ma vie... Je ne m'étais même pas aperçue de la perte de ma carte! Et un type que personne ne regarde  -  ou regarde avec suspicion  -  me la restitue...

Je lui ai sauté au cou et je l'ai embrassé sur les deux joues!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux

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Publié le 17 Avril 2017

   Lundi de Pâques... Du silence, un peu de soleil, le grand calme qui me manquait parfois durant les semaines précédentes mais qui devient vite pesant. En compagnie de ma petite-fille Lucie, puis avec toute la famille: rituel des vacances scolaires. Denrées périssables par l'usure du temps: un jour, les petites seront grandes et moi trop vieille... En attendant, je profite de cette peau de chagrin qui apporte tant de plaisir!

   Un merle à l'aile blessée par les chats baroudeurs des voisins a atterri sur ma terrasse, incapable de s'envoler. Il se cachait sous le vieux sapin de Noël qui attend d'être évacué à la déchetterie. Il courait très vite sur ses pattes fines, testant parfois son aile pendante, puis il se dissimulait sous les buissons. Avec Lucie, nous avons assisté, impuissantes, à ce ballet à l'issue certaine: la nuit tombait, impossible de le mettre l'abri des instincts chasseurs... J'avais l'impression de le condamner à mort.

   Sensiblerie ridicule? Probablement. Le sort des oiseaux est d'être croqués par des chats qui ne sont même pas affamés...

   Surtout s'ils ne peuvent plus voler.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti

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Publié le 20 Mars 2017

Dehors, temps froid et humide et pourtant, c'est le début du printemps... Du moins, dans mes souvenirs. 

Je me console en me persuadant que c'est une chance: je ne suis as attirée dehors pour capter quelques rayons de soleil, pour jardiner, pour flâner en ville, bien au contraire, je peux profiter de cette invitation au voyage intérieur pour continuer ma petite entreprise secret...

Oui, j'ai peaufiné la première page hier. Je ne sais pas si mon moteur diesel poussif arrivera au bout de ce projet ambitieux qui est en route depuis des mois. Pendant ce temps, j'ai beaucoup écrit, des centaines de textes courts que je considérais comme des exercices à la barre du danseur, des gammes du pianiste et surtout, comme des éclats d'inspiration jouissive. Ecrits à la première personne, pour la plupart du temps, comme mes propres souvenirs. Avec le désir de plus en plus pressant de créer quelque chose qui serait d'un souffle plus vaste, plus détaché de moi: de la fiction. J'ai éprouvé le besoin d'enfiler le costume de l'entomologiste pour observer les protagonistes d'une histoire qui est à la fois la mienne et qui est aussi à tout le monde. Une histoire qui parle à voix multiples, reliées légèrement entre elles comme une chorale qui chante à plusieurs en formant une voix unique...

Je n'en connais que le cadre léger, la ligne principale, la logique intime afin qu'elle tienne debout. Je l'étofferai au fur et à mesure, prenant soin d'estomper les frontières, les contours comme j'aime le faire en dessin. Garder un équilibre fragile et solide à la fois. Espérer qu'elle me réservera quelques surprises au passage...

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #littérature, #réflexion, #état des lieux

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Publié le 17 Mars 2017

Hier, miracle: 20° au thermomètre! Le ciel est une toile bleu azur tendue au-dessus de nos têtes et le soleil tendre, caressant. Impossible de tenir à l'intérieur où les radiateurs restent en alerte.

Le prunier géant des voisins est couvert de fleurs blanches minuscules mais tellement parfumées que tout le jardin est plongées dans un effluve enivrant au goût de miel ... Les draps flottent sur les fils à linge et s'imprègnent du printemps naissant.

Cela suscite une attente démesurée et irrépressible, un élan vers la vie... Nous faisons partie de cette nature toute-puissante que nous avons beau à essayer de dompter en l'esquintant au passage. Pour le moment, elle tient encore, renouvelant sa générosité. Mais pour combien de temps?...

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti, #jardin

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Publié le 13 Mars 2017

On a tellement envie d'y croire!...

Il me semble qu'à cette période de l'année, immuablement, je pousse le même cri du coeur sur ce blog. Je ne suis pas la seule... Même la nature a l'air de piaffer d'impatience derrière la chape de grisaille qui l'empêche de faire une irruption flamboyante, chaude et parfumée dans notre vie recroquevillée. 

Ce week end, la grisaille a disparu, sans doute provisoirement. Les crocus, jonquilles, violettes parsemaient le vert frais des pelouses, le chat s'étirait au soleil avec volupté. Nous le regardions, envieux: mais comment se relever  -  après?...

Ma petite-fille aînée a eu 11 ans. Je l'observe, émerveillée: comme elle change! Comme elle grandit, devenant une petite ado, avec un pied encore dans l'enfance qui se blottit contre vous cherchant de la tendresse, dans sa tête cependant, des idées de "grande" se bousculent avec celles de l'enfant qui s'éloigne...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti, #réflexions grand-mériennes

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Publié le 26 Février 2017

   Février se terminera dans quelques jours.

   Le camélia du jardin a ouvert sa première fleur parmi les centaines qui se préparent.

   Je l'ai prise comme un cadeau de consolation, après les deux semaines passées dans la crispation totale, physique et morale. Depuis la mort clinique de mon ancienne chaudière. 

    Je ne veux pas susciter la pitié: je sais qu'il existe des situations bien plus pénibles que d'avoir 13-14° chez soi  -  puisqu'il y a au moins un chez soi. Que l'eau chaude qui jaillit automatiquement est un petit miracle qui redonne envie de faire la vaisselle!

   Depuis vendredi dernier, j'ai une nouvelle chaudière et l'atmosphère s'est adoucie dans la maison. De nouveau, je goûte aux plaisirs de lire dans mon lit sans finir avec des ongles bleus et deux écharpes autour du cou. 

   Je pourrai enfin, l'étau du stress permanent desserré, me mettre à fignoler mon exposé dont le sujet est le suivant: "Être libre, au dehors et au dedans"

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti, #jardin

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Publié le 20 Février 2017

Depuis une semaine, je pense souvent aux animaux sauvages qui passent la saison froide au fond de leurs terriers, en bougeant le moins possible pour économiser leur énergie en veilleuse. Roulés en boule, en attendant le printemps et les rayons bienfaisants du soleil.

Quant à moi, j'attends surtout le retour de la chaleur dans la maison.

Ma chaudière a rendu l'âme il y a une semaine, après avoir montré quelques signes de faiblesse depuis le début de la saison. J'étais loin d'imaginer la gravité de la situation, puisqu'elle se remettait héroïquement en marche, après chaque épisode alarmant. Comme les grands malades qui essaient de garder la face jusqu'au moment ultime. 

Depuis une semaine, je suis replongée dans mon enfance des années d'après guerre où le chauffage n'était pas central mais au bois et au charbon, et que l'eau se réchauffait sur la cuisinière, pour la toilette dans une bassine posée sur un tabouret, au milieu de la cuisine où il faisait chaud.

Le matin, en descendant dans le séjour, 14° m'accueillent. Cela ne donne pas envie de bouger. Du moins, à moi. Comment font les sans abris sur les trottoirs, dehors?... Je déteste le froid, je me sens mieux à 30° dehors qu'à 14° dans mon séjour...

Il faudra changer la chaudière. Cela me mènera, au mieux, jusqu'au week end prochain. Je suis de nature optimiste  -  "Inconsciente!", disait Gilbert. Encore quelques casseroles d'eau chaude à monter à la salle de bain, d'autres pour la vaisselle, se rouler en boule sous deux couvertures devant la télé ou devant l'ordinateur et le tour est joué! On tiendra! Après tout, sans l'électricité et sans le gaz, ce serait bien pire. Je n'aurais même pas accès à Internet!...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #ressenti, #état des lieux

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Publié le 29 Janvier 2017

    Il y a 2 semaines, une amie très chère m'a apporté une magnifique rose blanche, en échange de ma carte de voeu. Subrepticement, elle lui a même prodigué quelques soins Reiki, afin qu'elle résiste mieux à la température de la maison.

   

   

   Hélas, au bout de quelques jours, la fleur splendide a baissé la tête, feuilles gondolées... J'ai coupé un bout de la tige et je l'ai posée dans un verre d'eau, à la cuisine, sans but précis... Quelque temps plus tard, deux petites pousses ont fait leur apparition sur la tige. J'ai donc tenté un sauvetage.

   

   Le gel s'est adouci dans le jardin. Soudain, je me suis souvenue d'une petite démo vue sur Facebook (preuve qu'il n'y a pas que des bêtises sur ces pages tant décriées!): "comment multiplier facilement vos rosiers?" J'ai pris une pomme de terre moyenne et j'ai enfoncé la tige dans sa chair tendre...

 

 

 

 

 

   Je suis descendue dans le jardin encore assoupi du manque de soleil et engourdi des températures basses, et, ni une, ni deux, j'ai enterré ma patate destinée à permettre à mon futur rosier de s'enraciner entre le thym et la menthe. 

   

 

 

   L'espoir peut-il prendre racine une fois encore dans mon jardin? L'avenir seul le dira.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #jardin

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