Publié le 26 Avril 2015

Soirée littéraire mensuelle:  "Mère, mères..."

Ce mois-ci, c'était à mon tour de l'organiser, chez moi. Période de vacances scolaires oblige, je m'attendais à beaucoup de désistements et je n'ai pas été déçue: nous étions dix personnes, il manquait la moitié de participants habituels. La plupart de ces dix personnes portaient sur leurs visages les marques d'une fatigue avancée, excepté peut-être le doyen, Jacques qui avouait avec une certaine coquetterie ses presque 89 ans et nous régalait de sa tarte au sucre succulente...

L'ambiance était intime, chaleureuse, chacun apportant sa contribution au sujet et au festin qui suivait les lectures. Nourritures pour l'esprit et pour le corps. Au bout de huit ans, nous commençons à bien nous connaître. Nous avons eu nos deuils et nos inquiétudes pour les uns et pour les autres. La composition du groupe est changeante, selon les disponibilités. Reste le noyau dur qui maintient l'édifice en marche. Oui, un édifice sur des roulettes... Richarda nous manque, avec sa gaieté et son enthousiasme communicatifs, sa fidélité à toute épreuve. Un de nos piliers...

J'ai proposé un sujet "facile": "Mère, mères..." Le sujet s'était imposé tout seul, je me suis rendu compte après coup que, inconsciemment, l'anniversaire de la mort de ma mère (le 23 avril) et la date de la Fête des mères en Hongrie (le 3 mai prochain) avaient sans doute guidé mon choix. Ah, les chemins mystérieux de l'inconscient qui nous prennent la tête et le coeur...

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux

Repost 0

Publié le 20 Avril 2015

René Bazin (1853-1932)   *   Citation

"On a trois ou quatre fois dans sa vie l'occasion d'être brave,

et tous les jours celle de ne pas être lâche."

Qui connaît l'écrivain René Bazin, auteur de plusieurs dizaines de romans, à cheval sur le dix-neuvième et le vingtième siècles?

Je m'avoue ignorante de son oeuvre et son nom même me revient par son petit-neveu, Hervé Bazin, auteur du célèbre "Vipère au poing".

Cette phrase m'a intriguée comme une suite à l'article précédent sur nos peurs et lâchetés face à nos rêves.

Être brave n'est donc pas simple contraire d'être lâche. Autrement dit: il ne suffit pas de résister à la tentation de fuite par poltronnerie, faiblesse, voire d'infinies compromissions... Cela ne fait pas de nous des braves.

L'occasion d'être brave ne se présente que trois-quatre fois dans la vie... Cela semble frôler carrément l'héroïsme! Ce qui n'est peut-être pas à la portée de tous...

Par contre, "ne pas être lâche", ça n'a pas de nom!... Il est défini par une négation.

C'est une façon d'être tous les jours. Une façon de se comporter avec les autres. Face aux difficultés innombrables de la vie.

Être honnête avec soi-même, avec ses convictions, ses vérités, assumer son passé et son présent.

Ce n'est pas de l'héroïsme, c'est simplement de l'intégrité.

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #citations, #réflexions

Repost 0

Publié le 15 Avril 2015

Entre désirs et peurs...

"Lorsqu'on est guidé par ses peurs pour prendre des décisions, on ne fait rien d'autre que de fuir."

"Dès l'instant où l'on ose prendre conscience de ses désirs véritables, on a sa raison de vivre."

"La boussole de la peur nous mène vers une prison étroite et rassurante, mais vide et solitaire. La boussole du désir nous guide vers des contrées imprévisibles, dangereuses mais vivifiantes."

Ces phrases simples et audacieuses, je les ai extraites et traduites d'un entretien avec András Feldmár, célèbre psychiatre canadien, d'origine hongroise qui a quitté le pays en 1956. Il y retourne assez souvent pour donner des conférences, ayant même fondé en Hongrie un "Institut Feldmár" qui traite des névroses et des stress de gens en grande souffrance, par des méthodes basées sur la parole.

Dans le choix des citations, rien n'est innocent. Nous choisissons celles qui nous parlent, qui font écho à nos préoccupations et questionnements. Parfois, elles semblent offrir des pistes, ou alors, elles justifient nos propres tentatives de réponses, la poudre que nous avons inventée nous-mêmes, à usage personnelle.

Suivre ses rêves, ses aspirations secrètes, tenus au chaud depuis longtemps sans jamais oser les assouvir... Qui peut dire qu'il n'en a pas, bien gardés, verrouillés par la peur, enfouis au fond d'une vie étriquée mais sécurisée? Fuir le risque et la remise en question d'un univers barricadé, c'est vivre à petit feu, en veilleuse, jusqu'à notre dernier instant ou les regrets souffleront notre bougie...

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

Repost 0

Publié le 12 Avril 2015

Aujourd'hui, c'est le jour d'anniversaire d'Attila József qui est, pour beaucoup, le plus grand poète hongrois du vingtième siècle. Il a vécu 32 ans, mort sous un train le 3 décembre 1937.

Le jour de son anniversaire est instauré Journée de la Poésie en Hongrie.

Devenu icône, mythe, le moindre détail accessible de sa courte vie est disséqué, étudié; des témoins partageant ce parcours trop vite interrompu s'attirent un lambeau d'éternité en en dévoilant un bout intime. Des passions se déchaînent, en se l'appropriant.

32 ans, c'est trop tôt pour mourir. On ne peut s'empêcher de regretter nombre de chefs d'oeuvre jamais écrits, d'imaginer la maturité en marche pour une création apaisée... Peut-être. Mais les étoiles filantes finissent rarement en retraités paisibles, radotant sur les grandes leçons à dispenser aux ouailles admiratives...

 

(ÉN, KI EMBERKÉNT...)

Én, ki emberként vagyok, élve, boldog,

mint olyan dolgok, mik örökre szólnak,

hadd kiáltom szét az egeknek újból -

Flóra, szeretlek!

 

 

Ajkaidról lágy lehü, száz varázslat

bűvöl el, hogy hű kutyaként figyeljem

könnyű intését okos ujjaidnak,

mint leszek ember.

 

 

Flóra, karcsú, szép kehely, állsz előttem,

mint csokor van tűzve beléd a mennybolt,

s napvirág felhők, remegő levél közt

hajlik az estnek.

 

 

Lelkemen szöktet, paripán, a képed,

épp csak érintvén vizeket, mezőket.

Két szemedből fűre, bogárra, tiszta

értelem arad.

 

 

Este van, mindent körüláll a csillag,

lásd, a mindenség aranyos kalitka,

benne itt vagy, én csevegőm, oh itt vagy,

rabmadaracskám!

 

 

MOI SI HEUREUX...

Moi, si heureux en tant qu'homme vivant,

Moi tels les mots parlant pour l'éternel,

Ah! que je crie au ciel, comme toujours:

Ô ma Flóra, je t'aime!

 

 

Un souffle doux et mille sortilèges

De toi m'ont fait ton chien obéissant;

Tes sages doigts, le signe qu'ils m'adressent

Me font être homme enfin!

 

 

Toi, belle et large coupe, tu es là,

Le ciel en toi est un bouquet de fleurs,

Fleurs de soleil, nuages, feuilles vives

Contre le soir se penchent.

 

 

Mon âme, destrier, tu la chevauches:

Les eaux, les champs, à peine il les effleure!

De tes beaux yeux couvrant herbes, insectes,

Jaillit la raison pure.

 

 

C'est le soir, tout autour sont les étoiles,

Vois l'univers, cette cage dorée...

Et comme elle t'enferme, ô mon petit

Oiseau emprisonné!

 

(traduction: Lucien Feuillade)

 

Lectures recommandées en français:

"Esprits nomades" - site très riche de Gil Pressnitzer (http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/jozsefattila/attilajozsef.html)

"Attila Jozsef: Aimez-moi L'Oeuvre poétique" éditions Phébus 2005

Attila Jozsef, étoile filante... (1905-1937)

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #traductions, #hommage

Repost 1

Publié le 7 Avril 2015

à la recherche des oeufs de Pâques
à la recherche des oeufs de Pâques

Le week end de Pâques vient de passer, effervescent, en famille. Précédé des préparatifs, courses, nettoyage, changement des draps, cuisine, afin que tout soit (presque) parfait, irréprochable - je reconnais bien le message atavique maternel trimballé probablement par elle-même de loin - qui nous met à genou bien avant l'événement. Soigner le moindre détail, stresser d'avoir oublié quelque chose de crucialement important (dont tous les autres se ficheront...) Ajoutons les trois jours dynamiques qui cassent singulièrement notre rythme plan-plan habituel, le rangement et re-nettoyage qui suivent et vous avez sous les yeux mon paysage actuel, avec, au milieu, moi-même raplapla...

Le plaisir est ailleurs... Le plaisir ne fait pas de calcul sur l'investissement, il est désintéressé et se prend dans l'étreinte très-très serrée avec mes petites-filles, des regards complices échangés, dans la gourmandise des "grands" à croquer les gaufres maison légères comme un soupir de satisfaction...

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti

Repost 0