Publié le 24 Septembre 2013

Un dernier geste de clémence...

En hongrois, l'été indien s'appelle "été des vieilles"... Les rayons du soleil se font rares et caressants, histoire de réchauffer les articulations grinçantes... Ce n'est plus la peine de fouetter leurs instincts vitaux, elles ne se lanceront plus dans la grande course triomphale pour conquérir, acquérir, désirer et souffrir...

Elles se résignent à vivre à petit feu, lumière et chaudière en veilleuse, tout à l'économie... Pour prolonger une existence étriquée, loin de leur jeunesse fiévreuse... Cet appétit-là n'est plus qu'un souvenir opaque qui, de temps à autre, revient encore les hanter par bribes, redonnant pour un instant fugace, le goût lointain du sel de la vie... Ou de celui, délicieux, du fruit défendu...

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences

Repost 0

Publié le 20 Septembre 2013

Prenons de la hauteur!

Ceux qui me connaissent m'ont souvent entendu prononcer cette phrase, devenue peu à peu un genre de "mantra", en cas de besoin, pour retrouver de la sérénité.

Je ne veux surtout pas paraître dans la posture d'une donneuse de recette, pire encore, de donneuse de leçon. La souffrance d'une amie a inspiré ces réflexions.

L'humain doté d'une sensibilité normale ne peut rester indifférent devant l'agressivité, l'injustice, la mesquinerie hypocrite de ses contemporains, surtout s'il en est la victime impuissante. Être témoin est déjà assez pénible, subir, même en réagissant, l'est encore plus.

Petit à petit, j'ai appris à me défendre. Il ne s'agit pas de fuite - il faut répondre, si possible en gardant notre calme, car c'est une arme véritable, - mais de ne pas tomber dans le pugilat qui ne ferait que nous rabaisser.

Comment faire pour se défendre de la souffrance? On accuse le coup, c'est certain. Il s'agirait plutôt de ne pas nous arrêter indéfiniment là-dessus, nous morfondant sur notre triste sort, mais de mettre de la distance au plus vite, en nous élevant au-dessus de ces bas-fonds. "Prendre de la hauteur" , et aussitôt, devant mes yeux apaisés, survient l'image d'un aigle planant majestueusement dans des altitudes très pures...

Bien sûr, cette évidence ne m'est pas apparue si facilement; il a fallu des années de dur apprentissage. Un jour, j'ai compris que l'essentiel de ma souffrance venait du fait que j'allais vers les gens avec une confiance naïve et que j'attendais d'eux la même attitude en retour.

J'ai décidé que dès lors, tous mes actes seront absolument gratuits, sans la moindre attente du retour. Si je fais un geste, c'est que je le veux bien, sans calculer qu'on me le rende. Il s'agit d'un don et non d'un donnant-donnant... Ainsi, j'évite la déception, l'amertume, puisque je n'attends rien. Et si je reçois quand-même quelque chose, ça ne peut être que du bonus!

On acquiert ainsi une liberté intérieure inouïe! Et comme on sait que c'est la seule véritable, on n'est pas loin de rejoindre l'aigle par-dessus les nuages!...

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

Repost 0

Publié le 18 Septembre 2013

Les nuages ternissent les dorures des toits, la débauche des ornements et des marbres, mais la belle perspective de l'enfilade des salles, parées de tableaux monumentaux demeure intacte. De l'or, encore et encore... De magnifiques tentures autour des couches royales: on imagine cette vie dépourvue de la moindre intimité. Toujours sur scène, devant des spectateurs dévoués mais intriguant sans relâche dans les coulisses... Une sorte de championnat de l'hypocrisie, en somme...

Il a fallu l'envergure d'un Louis XIV, conditionné dès sa plus tendre enfance pour accomplir ce rôle, en y prenant plaisir, de surcroît. Il a fallu cette richesse immense pour commander les chefs-d'oeuvres que les générations des siècles à venir pourront encore admirer. Admirer et non pas posséder. Pour ma part, je m'en accommode amplement.

En visite chez le Roi-Soleil (sans le soleil...)

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

Repost 0

Publié le 10 Septembre 2013

Fascination

Une amie inconnue mais proche - cadeau de Face Book si décrié qui nous réserve pourtant de ces petits miracles! - m'envoie parfois des vidéos de 10-20 minutes qu'elle tourne dans des musées ou, plus intéressant encore, dans des ateliers d'artistes, peintres, graveurs ou sculpteurs. Alors, je ne puis détacher mon regard de la main, du visage de l'artiste qui accomplit le miracle de la création sous mes yeux envoûtés...

Je regarde le sculpteur déballer le bloc d'argile, le poser devant lui en le caressant, comme s'il apprivoisait déjà la forme cachée à l'intérieur, figure qu'il est destiné de sortir de la gangue primordiale (on ne peut s'empêcher de penser au mythe d'Adam...)

Ses gestes rapides me donnent l'impression qu'il voit déjà le futur visage et qu'il ne fait que de le libérer de la prison de la matière... D'ailleurs, je me suis toujours demandée dans quelle mesure il se laisse surprendre, voire même guider par ladite matière...

Je m'oublie au passage: comment je fais, moi, en toute humilité? Je suis sure d'une chose: au départ, il y a l'envie irrépressible de créer... Puis, on se laisse envahir par les images correspondant aux humeurs du moment... et on laisse la main accomplir les gestes qui leur donneront vie...

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

Repost 0

Publié le 5 Septembre 2013

Cultivons notre petit jardin?...

Repli généralisé sur notre intimité, notre famille, notre cercle d'amis les plus intimes.

Ultime refuge contre la morosité ambiante, face aux menaces réelles, ou agitées dans des buts dissimulés mais bien définis.

Jadis, j'ai vécu sous un régime communiste où l'optimisme affiché était de rigueur. Le chômage était inconnu, l'avenir tracé dans la quiétude enfantine et insouciante: à quoi bon se casser la tête sur des grandes questions quand "là-haut", on s'occupe de vous, en vous ôtant ce genre de soucis, en même temps que la possibilité d'agir, de toute façon.

Dans une société démocratique, on vous invite à réfléchir, à vous prendre en main. Les sondages omniprésents donnent l'illusion que "l'opinion publique" pèse d'un poids décisif sur la gestion politique.

Seulement... d'où vient cette angoisse diffuse et permanente qui tient en étau la plupart de nos concitoyens?

Je ne suis ni sociologue, ni politologue, aucun "-logue" en particulier... Le sujet que je peux examiner est celui que j'ai sous la main, un sujet lambda: moi-même... Je peux me prononcer librement sur les choix politiques lors des élections. Je peux - en théorie - exprimer mon opinion, seulement, personne ne l'entend. Les élus eux-mêmes obéissent à des impératifs qui les dépassent et ils sont réduits aux compromis. Alors, on a l'impression de vivre dans un monde qui s'emballe et court à sa perte, avec, au gouvernail invisible, une poignée de gens à peine plus visibles dont la devise est: "Les poches remplies le plus possible et après moi le déluge!"

On a soif d'un idéal qui mobilise, qui n'est pas encore galvaudé, discrédité. Pour transformer l'énergie autodestructrice en forces positives.

Voir les commentaires

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

Repost 0