Publié le 6 Décembre 2012

Rédigé par Flora bis

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Publié le 4 Décembre 2012

pim foto 37 kC'est le dernier poème de Attila józsef, écrit 9 jours avant sa mort, chez ses soeurs dans la petite pension au bord du lac Balaton.

..."le 3 décembre, dans la soirée, il quitte silencieusement la maison pour une brève promenade. Les jours précédents, il a reçu la visite de quelques amis, a fait ses adieux par lettre à quelques autres (...). Avant de franchir le seuil, il lance aux siens cette simple phrase, qui continuera de résonner longtemps dans la mémoire de sa soeur Jolán  -  et aujourd'hui dans la nôtre: "Si je tardais, laissez la porte ouverte..."

    Dans la petite gare voisine, un train de marchandises est à l'arrêt. Attila se couche sur le ballast entre deux roues, pose son cou et sa main droite sur le métal froid  -  ce fer qui toujours eut pour lui le goût de la mort... Personne, dans la nuit tombée, n'a remarqué sa présence. Peu de temps après, le train s'ébranle...

   Horreur pure que cette dernière image d'un homme qui à ce point se punit: punit cette tête trop pleine de visions, coupable de l'avoir fait poète; punit la main à plume qui l'a si loyalement servi. Une mutilation qui devait, selon l'injonction d'un cauchemar récurrent, le réduire enfin à rien. A ceci près que l'oeuvre, en cette heure vouée au châtiment, était pour jamais écrite; et que nous continuons à y entendre, par delà la mort, un coeur battant." (Georges Kassai et Jean-Pierre Sicre, éditions Phébus, 2005) 

 

VOICI QU'ENFIN J'AI TROUVÉ MA PATRIE

Voici la terre où mon nom s'écrira

Sur mon tombeau sans qu'on me l'estropie,

Si veut m'enterrer qui m'enterrera.

 

Le sol me prend comme une tirelire

Puisqu'aussi bien le vieux sou que je suis,

Ce pauvre sou de fer, qui le désire,

Ce vieux sou de guerre au jour d'aujourd'hui?

 

Nos anneaux de fer, qui donc en a cure?

De bien beaux mots on y grava pourtant:

"Droit", "Sol", "Monde nouveau". La guerre dure.

Les anneaux d'or sont bien plus éclatants.

 

Je suis resté seul pendant des années,

Puis des gens vers moi sont venus nombreux

Dire qu'être seul c'est ma destinée.

Avec eux pourtant j'eusse été heureux.

 

Ainsi vainement a passé ma vie.

Sur moi je regarde et, je le vois bien,

J'ai fait le bouffon de façon suivie,

Ma mort non plus ne peut servir à rien.

 

Le printemps, l'été sont beaux, qui le nie?

L'automne est plus beau; quand l'hiver est fait

Pour qui n'espère un foyer, la famille

Que pour autrui, mais pour soi plus jamais.

1937

traduction: Guillevic, d'après Ladislas Gara

 

IME, HÁT MEGLELTEM HAZÁMAT...

a földet, ahol nevemet 

hibátlanul írják fölébem, 

ha eltemet, ki eltemet.

 

E föld befogad, mit a persely,

Mert nem kell (mily sajnálatos!)

a háborúból visszamaradt

húszfilléres, a vashatos.

 

Sem a vasgyűrű, melybe vésve

a szép szó áll, hogy új világ,

jog, föld.  -  Törvényünk háborús még

s szebbek az aranykarikák.

 

Egydül voltam én sokáig.

Majd eljöttek hozzám sokan.

Magad vagy, mondták: bár velük

voltam volna én boldogan.

 

Így éltem s voltam én hiába,

megállapíthatom magam.

Bolondot játszottak velem

s már halálom is hasztalan.

 

Mióta éltem, forgószélben

próbáltam állni helyemen.

Nagy nevetség, hogy nem vétettem

többet, mint vétettek ellenem.

 

Szép a tavasz és szép a nyár is,

de szebb az ősz s legszebb a tél,

annak, ki tűzhelyet, családot

már végképp másoknak remél.

 

(Bizarrement, dans la traduction, il manque l'avant dernière strophe... La voici traduite littéralement: "depuis que je vis, j'essaie de tenir en place dans le tourbillon. Ridicule, mais je n'ai pas fait plus de mal aux autres qu'eux ne m'avaient fait")


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Rédigé par Flora bis

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