Articles avec #souvenirs tag

Publié le 15 Mai 2017

C'est une photo que j'ai empruntée sur le blog de Françoise.

Elle vient de mourir, après un long et pénible calvaire, une bataille héroïque.

Je l'ai connue  -  sans jamais l'avoir rencontrée  -  sur la blogosphère, à mes débuts en 2008. J'ai admiré ses aquarelles, leur liberté, leur légèreté inimitable. Elle travaillait beaucoup le nu, d'après des modèles vivants et c'était cela qui nous a rapprochées. On a échangé beaucoup de mails plus personnels que je garde précieusement. Elle suivait avec une grande fidélité  -  vertu primordiale pour moi  -  mon blog, mes dessins et mes débuts en écriture, toujours généreuse en encouragements. J'aimais son esprit caustique, prêt à l'autodérision. Je l'admirais  -  et elle était pétrie de doutes, tout comme moi, au fond.

Dernièrement, nous sommes devenues encore plus proches. La maladie impitoyable a eu le dernier mot, malgré les défis courageux qu'elle lui lançait. Peut-on souffrir de la perte d'une amie "virtuelle"?... 

Je vous assure que oui. Beaucoup...

Adieu à Françoise Blanc-Dupasquier
Adieu à Françoise Blanc-DupasquierAdieu à Françoise Blanc-Dupasquier

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #ressenti, #souvenirs, #hommage, #mémoire

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Publié le 23 Janvier 2017

Hier, je suis tombée sur deux photos, prises à peu près à 20 ans d'écart l'une de l'autre...

en haut, 5e de gauche, moi

L'une, la photo de classe de mes 10 ans est prise sous les grands arbres de la cour de l'école. Nous terminons la section élémentaire, je tiens fièrement mon bulletin de fin d'année. Tout d'un coup, le parfum de ce jour d'été m'envahit: la sensation de la petite robe blanche amidonnée et fraîchement repassée sur le corps et l'immanquable ruban dans les cheveux... Juin 1958.

Je regarde mes camarades de classe et leurs noms ressuscitent un par un, collés à leurs images... Parmi eux, un blondinet souriant aux yeux bleus et aux irrésistibles fossettes qui me plaisait tant... Ce qui me permet de ressentir une parfaite compréhension pour les peines de coeur de ma petite-fille qui a exactement le même âge maintenant...

2e rang du bas, 5e de droite, ma mère

L'autre photo de groupe a été prise à la fin des années trente, réunissant les participants d'un spectacle amateur. Parmi eux, une petite blonde d'à peu près 10 ans, au regard rêveur et fière de faire partie de l'événement. Ma mère. Nous aurons 19 ans d'écart.

Ils ne le savent pas encore mais quelques années plus tard, la guerre va passer par là, d'abord l'armée allemande reculant, puis l'ouragan de l'armée russe. Et, avec l'armée hongroise déchiquetée, un soldat perdu qui deviendra mon père...

( moi: photo du haut. 5e de gauche dans le rang du haut. Ma mère : photo du bas. 2e rang du bas, 5e de droite)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires, #réminiscences, #souvenirs

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Publié le 31 Août 2016

Rencontres

Au milieu du mois d'août, j'ai rencontré quelques uns de mes anciens élèves dans la petite ville du sud-est hongrois, scène des débuts de ma courte vie d'enseignante (les trois premières années) et aussi, de ma rencontre avec Gilbert.

J'enseignais le russe dans le groupe d'une quinzaine d'élèves de la section de russe. Cinq heures par semaine. Petit groupe enthousiaste, avec des niveaux différents mais avec le même élan sympathique de leur quinze ans. Je suis restée avec eux deux ans, jusqu'à notre départ pour l'Algérie.

Je sortais de la fac et d'un stage linguistique d'un an et demi en URSS. Evidemment, le programme officiel du lycée me semblait très étroit, ainsi l'ai-je complété abondamment avec des récits, des chansons, des poésies (Pouchkine, Lermontov, Jessenine surtout), des nouvelles et des contes, afin de rendre l'apprentissage de la langue, de la grammaire le moins rébarbatif possible. J'ai réveillé quelques vocations, paraît-il...

En Algérie, je recevais leurs longues lettres: ils m'écrivaient à tour de rôle. J'ai organisé une correspondance (en russe!) entre eux et mes élèves algériens, afin de "booster" l'envie de ces derniers à apprendre le russe...

Quarante ans sont passés... Il y a peu, ils m'ont retrouvé grâce aux réseaux sociaux. Mes adolescents de jadis à l'âge de grands-parents! Miroir cruel du temps qui passe... pour moi aussi. Ils ont accourus des quatre coins du pays pour ces quelques heures. Chargés de cadeaux. Leur regard n'a pas changé: le même enthousiasme y brille, celui qui m'a rendu nostalgique à vie pour le métier d'enseignant.

Rencontre - instant lumineux dans l'existence fugace... Il en reste dans la mémoire des sédiments de bonheur qui, parfois, nous aident à vivre.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #récit, #ressenti, #souvenirs

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Publié le 20 Août 2016

Paysage de Schiele au Leopold-Museum
Paysage de Schiele au Leopold-Museum

Mes pérégrinations vacancières ont débuté avec le mois de juillet, pour ne prendre fin que ces jours-ci. Le soleil nous a faussé compagnie près de la frontière belge pour que la ré-acclimatation soit parfaite! Et le petit crachin indécis filtrant de l'épaisseur gris ne fait que parfaire le sentiment d'avoir retrouvé le bon port...

Les enfants repartis, je retrouve le silence de la maison et la fatigue me tombe dessus comme un bloc de pierre jusque-là suspendu au-dessus de la tête. Les chevilles enflées par les 17 h de voiture, en grande partie la nuit, les articulations ankylosées et la tête lourde, je regarde, impuissante, les affaires à ranger, le courrier à éplucher, le jardin en état de jungle... Je choisis le canapé.

Après la côte picarde, direction du sud-est de la Hongrie, avec un arrêt à Vienne pour deux jours, afin d'admirer les tableaux de Schiele et de Klimt dans leurs musées. Le Leopold Museum et sa remarquable collection des tableaux de Schiele m'a particulièrement subjuguée. La foule, par contre, se massait surtout devant "Le baiser" de Klimt au Belvédère, tableau exploité à fond sur la camelote pour touristes, ornant tasse, soupière, beurrier, parapluie, sac et porte-clés etc, etc...

La maison nous attend, avec une nouvelle jeunesse acquise pendant notre absence. Les enfants font du vélo et d'autres jeux de plein-air, sous un soleil qui dépasse largement les 30°, tous les jours. Il est infaillible au rendez-vous, sauf un jour qui aboutit à un orage mémorable.

Rencontres chaleureuses, promenades agréables reviennent en flashs successifs. De quoi nourrir les vaches maigres qui ne manqueront pas de pointer leurs mufles...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #souvenirs

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Publié le 6 Février 2016

Ce matin, je suis tombée sur une lettre de Franz Kafka, extraite de sa correspondance avec Milena Jesenska, sa traductrice, de 14 ans sa cadette. 149 lettres en 10 mois, entre deux rencontres. Le séjour de Kafka dans un sanatorium où il soigne sa tuberculose met de la distance entre eux que les lettres tentent d'abolir.

Impossible de ne pas replonger dans un passé - le mien - qui semble déjà à plusieurs années lumière, où les portables, les SMS et les e-mails n'ont pas encore envahi notre communication... J'ai toujours mené une intense correspondance avec famille, amis et amoureux. Des pages et des pages noircies, écrites avec soin selon la relation qui me liait aux protagonistes. Un pur plaisir pour moi, la plupart du temps, sauf en cas de rupture, de séparation...

Je garde avec moi quelques boîtes remplies de ces lettres qui n'ont pas pris une ride et me ramènent à des décennies en arrière, me rajeunissant dans l'âme par le même sortilège. (Hélas, je ne possède pas celles que j'ai écrites.)

Je me suis demandé ce matin, en quoi consistait la magie de ce "trafic épistolaire"... Certainement, le temps jouait un rôle décisif dans cette sorcellerie, pour utiliser le mot de Kafka. Des jours d'attente, interminables. Le petit clic de la boîte aux lettres, longtemps guetté. L'enveloppe palpée, tournée entre les doigts, l'écriture familière qui, déjà, provoque le frisson délicieux car elle recèle la trace de la main de l'être aimé...

On se cache pour l'ouvrir car il est impensable que quelqu'un puisse surprendre cette intimité tant désirée... On plonge dans la lecture et le monde disparaît alentours...

On lit et relit plusieurs fois, laissant des intervalles s'écouler... Car il ne faut surtout pas répondre à chaud. Ces relectures permettent de mûrir la réponse, lentement, comme les fruits qui se gorgent de soleil...

Pour répondre, on s'enferme à nouveau dans le cercle magique; plutôt, on n'en sort pas... "L'amour, c'est que tu es le couteau avec lequel je fouille en moi", dit Kafka. Sans aller jusqu'au couteau, les mots, la distance permettent aux fantasmes de bâtir de merveilleux châteaux dans les brumes de l'imaginaire avec une audace que la réalité immédiate et crue rendrait impossible!

Il semblerait que notre époque pragmatique ait tourné le dos à ce genre de romantisme chronophage! Tout est à l'accéléré, un speed dating vous laisse peu de temps pour "conclure", peu de place aux fantasmes. Certaines applications sur le portable rendent possible la localisation d'un partenaire compatible et disponible à proximité si l'on a une demi-heure à perdre...

Alors, je retourne à mes vieilles lettres précieusement conservées et laisse à Kafka le soin de conclure dans une de ses lettres à Milena:

"C’est un commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais encore avec le sien propre ; le fantôme croît sous la main qui écrit, dans la lettre qu’elle rédige, à plus forte raison dans une suite de lettres où l’une corrobore l’autre et peut appeler à témoin. (...) Ecrire des lettres c’est se mettre à nu devant des fantômes ; ils attendent ce geste avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. " (traduction: A. Vialatte)
La magie de la correspondanceLa magie de la correspondance

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions, #souvenirs

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Publié le 8 Novembre 2015

Objets inanimés?...

"Il y a deux sortes de gens: ceux qui utilisent leurs beaux verres en toute occasion jusqu'à ce que le dernier soit cassé, et ceux qui les gardent en réserve pour une occasion vraiment exceptionnelle." (Catherine Cusset, Confessions d'une radine, 2003)

Je tombe sur cette phrase de Catherine Cusset et mentalement, j'ouvre les portes de mon vaisselier qui contient les verres et les tasses de toute une vie. Je connais la place de chacun, sans même avoir besoin de me lever pour vérifier. Je sais d'où ils viennent, à quelle époque ils ont atterri chez nous et combien de fois ils nous ont suivis dans des cartons de déménagement, ballottés dans des camions ou au fond des containers sur des bateaux. Certains n'ont jamais servi... Souvenirs trop précieux, pour risquer de les briser.

J'hésite. Je connais des gens qui, par ignorance ou par manque d'attention, ne savent pas apprécier les belles choses. Ils sont capables d'enfourner les verres de cristal dans le lave-vaisselle ou de les laisser s'entrechoquer dans une eau mousseuse brûlante... Pareil pour les tasses de porcelaine tellement fines qu'elles ne pèsent rien et qu'elles laissent passer la lumière!... J'aime les regarder parfois, pour leur beauté discrète ou étincelante, ou pour le souvenir qu'elles éveillent en moi. Tel service à café, souvenir de Grand-mère Eva, Limoge raffiné, poids plume que je ne sors qu'aux grandes occasions. Pareil pour le service à dessert qui me rappellera immanquablement ma cousine délicate qui dénichait pour moi des cadeaux originaux. Cet ensemble, en l'occurence, antique porcelaine de cent ans, d'une marque célèbre, elle se l'est procuré chez une vieille institutrice et elle me l'a offert en cadeau de mariage... D'elle, il ne reste plus qu'une tombe et les quelques objets en souvenir, mais ces petites assiettes fines me la font revenir à chaque fois. Je supporterais mal de les abîmer...

Il y en a d'autres, plus rustiques mais tout aussi précieuses. La faïence chatoyante de Rouen me rappelle Mario, le vieux garagiste italien, artiste dans l'âme qui sculptait du bois, et sa douce femme de Normandie... Il y a aussi un drôle de petit flacon en verre épais: cadeau d'un antiquaire d'Istanbul, comme ça, sans raison, pour le plaisir du geste et pour la satisfaction de m'apprendre sa destination: doser le rakı...

Alors, pour revenir à la phrase de Catherine Cusset, suis-je inutilement précautionneuse, ne sachant pas jouir du présent, alors que la vie se consume et les objets me survivront?... Faut-il leur donner une telle importance, au point de m'interdire de les banaliser? Parfois, la tentation m'effleure: tant pis, il n'y a que l'instant qui compte, le futur est incertitude et après nous le déluge!

Je n'y arrive pas...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #réminiscences, #souvenirs

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Publié le 4 Octobre 2015

Images lointaines

Sur la photo ci-dessus, une scène de rue à Boursa mais elle aurait pu se dérouler à Istanbul ou ailleurs, de la même façon. J'avais l'habitude, par beau temps, de m'installer en plein air avec une petite chaise pliante et quelques ustensiles pour dessiner au pastel ou à l'encre de Chine. En quelques minutes, des gamins de toute taille s'amassaient autour de moi, béats d'admiration pour la magie du pinceau ou du crayon faisant renaître le paysage ou le portrait de l'un d'eux sous leurs yeux, sur la feuille blanche! Les plus grands canalisaient les plus petits, essuyant, au passage, un nez par-ci, par-là. Toujours, un silence respectueux régnait dans l'attroupement et les gamins restaient cloués sur place jusqu'au trait final. Cela m'a toujours touchée de la part de ces enfants pleins de vie et d'énergie, bruyants et infatigables à courir après un ballon pendant des heures! Parfois, je leur ai fait cadeau d'une esquisse de portrait qui les rendait fiers et heureux.

(à cliquer sur les photos)

Images lointainesImages lointaines

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #souvenirs, #réminiscences

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Publié le 6 Juillet 2015

Nostalgie estivale

Sous mes yeux, de vieilles photos prises aux années 1990...

J'ai besoin de ces supports fragiles pour me "téléporter" à l'instant fixé par l'appareil-photos, pour ressentir la saveur du moment: la chaleur commence à tomber et nous nous installons dans la rue, devant la maison, à l'ombre des cerisiers, sur le banc fabriqué par mon père et sur les chaises sorties à la hâte...

C'est la dernière visite de mes beaux-parents en Hongrie. Mon père a encore deux ans à vivre et par bonheur, nous ne le savons pas... Sur les sept personnes de la photo, deux survivants.

Bientôt, nous reprendrons la route. La maison nous attend, imperturbable. Les générations changent: les anciennes cèdent la place aux nouvelles, afin qu'elles continuent à tisser la toile des souvenirs...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #souvenirs

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Publié le 8 Juin 2015

Passage éclair

Le 29 mai dernier, avec mon fils, nous avons quitté 16° à l'aéroport de Charleroi pour atterrir dans la chaleur de 31° ou plus à Budapest. Un changement secrètement désiré, espéré. Comme un retour vers le passé, vers la jeunesse où il faisait toujours beau... Du moins dans les souvenirs.

Dans la maison de mes parents, désertée des vivants, les fantômes se bousculent, mécontents d'être dérangés par des intrus que nous sommes, faisant irruption dans leur calme ensommeillé. Sur la table de la cuisine, un dîner nous attend, avec un petit papier: "Bon appétit!" A coup sûr, c'est l'oeuvre des vivants! Tout comme les lits prêts à nous accueillir à 2h du matin. En l'occurrence, celle de ma belle-soeur et de mon neveu.

Le lendemain matin, grand soleil! Contrairement à mes habitudes françaises et nordistes de surcroît, je me lève tôt pour en profiter, pour siroter mon café dans les décors immuables de la cuisine aux effluves de vanille et de cannelle, derrière les rideaux de dentelle... Les fantômes radoucis semblent enclins à m'adopter. Ils tolèrent que je retrouve mes repères, que je me réapproprie les espaces.

Vers midi, je retrouve mes camarades du lycée, dans la ville voisine, à 49 ans de distance du baccalauréat. On se reconnait en un clin d'oeil, malgré les kilos en trop, les rides plus ou moins visibles, les cheveux clairsemés... De midi à 19 heures, conversations à bâton rompu, sous les parasols de l'hôtel, dans la tiédeur du parc. Mon trac a disparu.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #souvenirs

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Publié le 3 Février 2015

Shiatsu

Connaissez-vous ce massage d'origine chinoise? On peut dire que j'ai fait connaissance avec ses bienfaits le 28 décembre dernier, à la sortie de la forteresse Saint-George, à Lisbonne...

Depuis des heures, j'avais le dos bloqué: sous l'omoplate gauche, un point extrêmement douloureux irradiait dans tout le dos, m'empêchant même de bouger les bras pour manger...

Comme j'essayais de remuer le moins possible tête et bras pour éviter la douleur lancinante, j'avais le corps entier ankylosé, crispé et c'est dans cet état que j'ai visité la vénérable forteresse du saint protecteur du Portugal.

A la sortie, un kinésithérapeute distribuait ses soins, en plein air, avec une espèce de chaise à torture à ses côtés. J'avais tellement mal que j'ai décidé sur-le-champ de me soumettre à ses manipulations musclées. En public. Les spectateurs s'amassaient en groupe attentif et compatissant autour de nous pendant les 20 minutes du traitement.

La tête enfouie dans un cercle, je ne voyais rien. Je sentais par contre assez vigoureusement ses doigts, son coude, voire ses genoux s'enfoncer dans divers endroits de ma colonne vertébrale, mes bras et mon cou se tordre mais bizarrement, cela ne faisait pas mal! Au contraire, comparé à la douleur précédente, c'était presque agréable!

Au bout des vingt minutes, je suis repartie soulagée, sous les regards intrigués des spectateurs.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #souvenirs

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