Journée des Femmes

Publié le 9 Mars 2016

Journée des Femmes

Il serait peut-être temps de descendre de mon petit nuage où j'étais perchée depuis lundi soir...

L'invitation à cette soirée de bienfaisance d'une association de femmes actives, je la connaissais depuis quelques mois. A l'occasion de la Journée Internationale des Femmes, j'ai été censée, en compagnie d'une autre peintre et d'une écrivain-historienne et de cinq musiciennes, agrémenter le cadre et illustrer le programme, représentant des femmes qui créent...

J'ai donc accroché huit de mes dessins sur les cimaises de l'Avant-Scène de notre théâtre le Phénix (habitué à faire des expositions). Cependant, comme les organisateurs avaient estimé à l'époque mon parcours "atypique", j'ai été invité à l'exposer également, en 10 min. maximum, afin de pas fatiguer l'attention du public qui de toute façon, lâcherait l'affaire au-delà de ce délai.

Pas de problème, ayant l'habitude de prendre la parole en public depuis longtemps, je peux improviser, calibrer mon discours selon l'auditoire. Comme j'ai été présentée partageant mon temps entre l'écriture et dessin, j'ai décidé au dernier moment d'imprimer 2 pages pour illustrer et terminer mon propos.

Une bonne soixantaine de personnes remplissaient la salle. J'ai pris la parole dans le discret bruissement des conversations et des couverts. Progressivement, un silence palpable s'est installé.

Ces deux pages ont été écrites il y a une bonne dizaine d'années. Le début de l'écriture pour moi, peut-être bien. Je me souviens vivement de mes sensations d'alors, de m'être abandonnée avec confiance au pouvoir des mots: "Comment faire pour qu'un monde ressuscité très personnel ait un intérêt quelconque pour autrui? Qui plus est dans une langue d'adoption, invitée à être capable de traduire les sensations premières de l'enfance, le parfum particulier des acacias en fleurs un soir de printemps ou celui de l'herbe folle au bord du chemin, après l'averse... Ce parfum est celui d'un pays, celui d'une enfance. Et chaque pays, chaque enfance a le sien comme nulle part ailleurs."

Submergée des impressions ressuscitées alors, les mots affluaient irrésistiblement pour traduire le plus justement possible les strates enfouies des commencements... J'ai le souvenir d'une certaine ivresse première des mots, il y a dix ans.

J'ai dépassé le temps initialement imparti. Le silence profond, l'émotion à fleur de peau m'ont surprise. J'ai vite regagné ma place sous les applaudissements généreux.

Beaucoup de monde sont venus me parler après. Non seulement ils n'ont pas trouvé l'intervention trop longue mais ils ont regretté qu'elle ait prit fin...

(illustration: mon portrait par ma petite-fille Lucie, 10 ans)

Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #ressenti

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