Reprendre la plume... quelle plume?

Publié le 9 Août 2010

Vieux-et-sa-muse.jpgPlusieurs semaines de "sevrage" sans doute nécessaire, pendant lesquelles je ne me suis même pas connectée à mes boîtes aux lettres! Je n'ai pas ouvert la télé, la radio, les journaux... Je n'ai écrit que quelques mots rapides, de ci, de là, dans mon vieux cahier de brouillons sans prétention qui ne me quitte pas, tel une bouée rassurante en cas d'asphyxie par noyade. Il approche, en un peu plus d'un an, aux cent pages remplies, serrées, toujours sous l'impulsion du moment, au stylo feutre souple, sur des pages blanches, sans lignes ni carreaux pour réglementer, entraver la pensée... Elle se règle seule, cette pensée aussi libre et personnelle que possible, et les lignes sont pourtant bien droites, sans montagnes russes, pas même sous le poids de l'émotion. Certaines de ces réflexions nourriront mon blog mais la plupart d'entre elles restent trop confidentielles. Avec l'exigence de sortir tout de même de la sphère des journaux intimes de jeunes filles à l'eau de rose ("Mon cher journal! Devine qui j'ai vu ce matin..."). Avec la maturité de l'âge, c'est de plus en plus évident!

   Le plaisir d'écrire, de "saisir les mots au vol" comme disait un des personnages de Gilbert (Le Mépriseur, Manya 1993) en parlant de lecture... Je tente de les saisir au vol, ayant l'impression que la main court après la pensée en ses habits justes et colorés de mots. Pensée qui a toujours une ou deux phrases d'avance! Cette puissante et impérieuse envie de les coucher sur papier, je ne la connais que depuis la mort de Gilbert. Et seulement en français, ma langue d'adoption. Si j'étais superstitieuse, je dirais que c'est lui qui me tient la main. C'est lui qui ressentait ce besoin irrépressible d'écrire, d'avoir "sa dose" quotidienne, pour se sentir en équilibre. Seulement, pour lui, cela passait par la fiction... Il inventait ses histoires dans lesquelles il pouvait se dissimuler jusqu'à être méconnaissable.

   Avais-je toujours cette envie, enterrée bien profondément, d'autant plus que l'écriture est devenue le "terrain de jeu" de Gilbert, sur lequel je m'interdisais d'empiéter? Je me souviens d'une nouvelle "commise" encore lycéenne avec laquelle j'ai gagné un deuxième prix départemental. Pourtant, j'ai cessé toute tentative avec cette expérience dont je garde un souvenir de douleurs d'accouchement... Rien à voir avec la jubilation que j'éprouve à présent! Mystère...

Rédigé par Flora

Publié dans #réflexions

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La Merlinette 15/08/2010 20:59


retour superbe en super lignes !


Flora 16/08/2010 08:29



Merci, ma chère Magicienne, pour ta fidélité!



Thérèse 15/08/2010 15:32


et toujours cette grande émotion qui émane de tes superbes dessins -
amitiés
Thérèse


Flora 15/08/2010 19:41



Merci, ma chère Thérèse, j'espère que tu passes un bel été, malgré la pluie...



Antiochus 10/08/2010 09:48


Le "chemin" a parfois besoin d'être parcouru physiquement ... en marchant, avec la main et avec les mots ou bien tout autrement ... ce qui compte c'est d'avancer !
Ta constance m'émeut, Flora
Antiochus


Flora 10/08/2010 10:32



Merci, Antiochus. Mon cher maître Epicure m'enseigne qu'il ne faut pas taper de la tête dans un mur très solide mais de "composer" avec les obstacles infranchissables. Aussi laisser venir
certaines choses avec curiosité...



Cat 10/08/2010 08:15


Heureuse de retrouver ton style si captivant. Tu as planté le décor de tes dernières productions et j'en redemande déjà...


Flora 10/08/2010 09:32



Merci, Cat, ton appréciation m'est d'un grand soutien. Pour ma part, j'ai besoin de ces "mises au point" régulières pour avancer. Pourquoi publiques? Autre question... Peut-être parce que j'aime
les questions...



gegout 09/08/2010 21:32


quelle plume, quel pinceau, quel instrument pour nous aider à aller jusqu'au bout de notre nécessité..?
encore, encore.!


Flora 10/08/2010 09:29



Merci beaucoup, cher Maître! J'ai parcouru vos pages de pendant ma "trève",votre Flo est toujours aussi belle et mutilée!