Le blog de Flora

Retour du Salon...

19 Mars 2009, 16:55pm

Publié par Flora

       Hauteurs-18.jpgJe viens de passer la semaine du 12 au 18 mars, enfermée toute la journée dans le hall N°1 du parc des expositions de la Porte de Versailles, au Salon du Livre de Paris. C'était ma neuvième participation consécutive... Curieuse sensation, comme si c'était la dernière... Inévitablement, je nous revois en 2000, enthousiastes, culottés, avec le premier et unique numéro de Hauteurs sur la table, persuadés d'être aux commencements d'une belle aventure collective.
   Nous aimions nous plonger dans cette atmosphère bruissante de milliers de livres, de célébrités descendues de leurs écrans de télé et de pages invisibles, de miraculeuses rencontres authentiques qui perdurent. Gilbert est inséparablement associé à ces souvenirs : sa dernière participation en 2006, le temps d'un week end de dédicace sur le stand de son éditeur qui l'a trouvé juste un peu fatigué, pour mourir 3 mois plus tard...
    Pourquoi ai-je l'impression d'être en train de me détacher de tout cela? Pourquoi l'enthousiasme des débuts est progressivement recouvert d'un voile de lucidité crue  qui me fait paraître dans toute sa vanité cette fourmilière s'affairant dans tous les sens? Je regarde la foule défiler devant moi, incroyablement grise : les gens ne portent plus de couleurs. Manteaux, parkas gris, bleus foncés, marron à la rigueur, blue jeans immanquables. Gros pulls cache-misère, physique et morale, éculés, des parkas gonflés, délabrés; les gens mettent ce qui leur tombe sous la main, difforme, grossièrement superposé, pas festif du tout... Et ce n'est nullement une question de moyens. Grande tristesse de morne uniformité sans âme, le souci de l'élégance semble d'un autre âge.
   J'ai envie de contacts intéressants mais sincères, non fondés sur la dépendance, la vanité, le pouvoir minuscule de flatter les ego. Écrire? Grossir les rangs déjà bien fournis des littérateurs médiocres ou pires qui se croient des génies méconnus? Flattés par devant, moqués par derrière... Des livres, des livres, invendables, vendus, jetés, pilonnés, vantés par des mensonges, des omissions, des tromperies dans le seul but de faire rouler le commerce... Pour s'acheter quoi? Des biens? Barrages contre la mort inéluctable?... Illusions. Gilbert est arrivé là où toutes vanité et illusion prennent fin.

  
      
  

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C
Bonsoir Flora,<br /> Aux premiers mots de votre billet, j'ai été surpris. Je m'attendais à ce que vous reveniez fatiguée, mais épanouie, de cette foire, comme après une bonne journée à la mer ;o)<br /> Mais il est vrai que vous aviez beaucoup insisté que c'était votre dernière fois, peut-être est-ce une façon de prendre de la distance avant la séparation?<br /> Ne trouvons-nous pas futile, à chaque âge, nos intérêts et attitudes du passé?<br /> Je le connais votre rond-point, nous sommes nombreux à y passer :o)<br /> J'aime beaucoup cette idée d'une authenticité plus grande sous un masque, je la crois très juste.<br /> Avec toute mon amitié.
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F
<br /> Cher Patrick,<br /> Merci de votre commentaire sensible, à l'occasion de votre retour dans la blogosphère, il manquait...  Le fait de me désengager des activités menées depuis 10 ans ou plus pour certaines,<br /> représente un vrai tournant, peut-être une "station" du deuil, en tous cas, une envie de me tourner vers des "voyages plus intérieurs"... Les envies de découvertes ne manquent pas! Mais ça fait<br /> toujours bizarre de quitter les rails (sans forcément "dérailler")... J'ai fait le premier pas pour apprendre la gravure, mon rêve depuis trente ans!<br /> Heureusement, la petite fille de ma photo reste toujours aussi curieuse à l'âge de grand-mère!<br /> Bien amicalement.<br /> <br /> <br />
M
C'était pour moi mon tout premier salon du livre...et parmit cette foule grise, moi j'ai eu cette chance de rencontrer une personne "coloré",différente de toutes les personne présente... J'ai eu la chance de découvrir une personne sincère et entière... Je regrette de ne pas avoir pu converser plus longuement avec elle...mais j'espere pouvoir le faire très prochainement... j'espere aussi de tout coeur la retrouver au salon du livre l'année prochaine... <br /> <br /> Amicalement , Marie
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F
<br /> Bonjour, Marie,<br /> Très contente de vous retrouver sur ces pages! En effet, ces conversations nous récompensent pour la contrainte que représente un salon. N'hésitez pas à reprendre la conversation si l'envie vous en<br /> dit! C'est toujours constructif pour tous!<br /> Le salon l'année prochaine... qui vivra verra.<br /> Amicalement: flora<br /> <br /> <br />
A
Comment se fait-il que ce qui, un temps, nous paraissait indispensable à notre vie, à notre souffle, ce qui était si important, devienne un jour totalement étranger à nous même ? On se retourne, et on se demande comment on a pu consacré tant de passion, tant d'énergie, tant de temps, à ça ! On ne reconnaît plus ce qu'on a aimé, on le renie, on s'en défend, on ne se reconnaît pas soi-même. On a même l'impression d'avoir perdu son temps, de s'être trompé de route, d'avoir "tout faux", on se dit : "à quoi bon ?". Oui, tout semble vain, mais ce n'est qu'une étape nécessaire dans la progression de son être, dans l'interrogation et la compréhension, dans "l'appréhension" des choses.<br /> La vie est une prise de conscience, et l'écriture, parfois, peut nous y aider.
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F
<br /> Chère Âme Chopinienne, tu en as été témoin durant une journée! Je ne renie pas du tout les enthousiasmes des années passées et je comprends même ce qui a pu nous donner autant d'énergie! Je sais ce<br /> que j'ai aimé et même le pourquoi : le fruit du travail bien fait, exigeant, les nombreux contacts intéressants et fidèles, les échanges passionnants, les défis incessants que cela représentait! Et<br /> je sais aussi que tout cela me manquera. Cependant, la roue tourne et la vie n'est peut-être pas finie; de nouveaux défis peuvent surgir, j'espère. Mais je ne renie rien!<br /> <br /> <br />
L
c'est vrai que les gens sont tristes,sans espoir<br /> ,c'est la rançon de la conscience et des<br /> questions sans réponses:et si tout cela était vain?...<br /> Mais s'ils viennent exposer leur oeuvre dans un<br /> salon,et regarder celle d'autres écrivains c'est<br /> probablement pour y être reconnu( enfin)...
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F
<br /> Ma chère Magicienne, ah, la soif de la reconnaissance, c'est vrai que c'est un moteur puissant et impitoyable! Je me demande si j'y suis si sensible que ça... En tous cas, l'idéal de la vraie<br /> liberté pour moi, c'est d'en être tout-à-fait détachée. Mais je ne juge personne, on fait ce qu'on peut...<br /> <br /> <br />
A
Eh ben , voila que vous me faites une dépression !!<br /> Mais je crois qu'on ne sort pas indemne de ce type de "foire" <br /> Votre lucidité est nécessaire, le Bizness nous renvoie à notre part d'ombre..<br /> Et on se demande ce que l'on fait dans cette galère ?<br /> <br /> Un monde s'écroule et c'est très bien comme ça.. la dose de désespoir est dépassée..<br /> Je vous embrasse
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F
<br /> J'ai l'air de déprimer, moâ? Je pense que cette lucidité s'est installée progressivement ces dernières années et j'ai eu de plus en plus souvent l'impression d'assister à "la foire des vanités",<br /> tout en souhaitant de l'authentique (comme le héros de Pagnol?) et fuyant le m'as-tu-vu superficiel... Merci de votre visite, cher Maître, et de votre générosité. Ne sommes-nous pas plus<br /> authentiques sous un masque?...<br /> <br /> <br />