Le blog de Flora

Brosse à cheveux (sanguine, 2011)

22 Novembre 2011, 12:29pm

Publié par Flora bis

La-brosse_NEW.jpg

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Faut-il réhabiliter le baiser?...

20 Novembre 2011, 12:45pm

Publié par Flora bis

   Un article du Nouvel Observateur s'en inquiète, dans le sillage du "Philosophie Magazine", et le sujet atterrit finalement sur ce blog. Question de générations, sans doute.

   Il y a un certain temps, j'ai écrit une micro-fiction intitulée  Premier baiser. (lien) La narratrice représente la jeunesse des années 60-70, avec les premières bouffées des libertés mais aussi des tabous puissants, issus d'une éducation stricte et frustrée qui fait du baiser le premier pas vers perdition...image_diaporama_portrait.jpg 

En même temps, cela rend à cette première approche de la sensualité, de l'apprentissage du langage du corps toute son importance, et qui, semble-t-il, à notre époque hâtive, serait en voie de disparition.

   J'ai été surprise d'apprendre dans cet article que le baiser n'a pas toujours été "mondialisé", loin de là, pas même banal en notre Occident: "C'est avec Ronsard et Rousseau que le baiser s'est sacralisé en Occident pour les amoureux, après avoir été une tradition du clergé." Bigre! Je revois un instant la dernière affiche bannie de Benetton, le pape et un imam échangeant un baiser plus qu'oecuménique... Les choses ne seraient-elles pas en train de revenir en arrière?... 

   Bisou, bise, smack, bécot, patin ou pelle, le baiser, baveux ou profond, est adapté au contexte. La mémoire du couple en garde l'évolution, des premiers émois à la passion, des pulsions amoureuses à la tiédeur routinière ou à la tendresse sur la joue, accompagnée d'une caresse sur la main... image_diaporama_portrait-1.jpg Il est le vrai baromètre des couples, bien plus fidèle que la fréquence de leurs relations sexuelles, s'apparentant pour certains à des mesures d'hygiène mentale... Le caractère du baiser trahit notre relation à l'autre: prenons-nous la peine de nous attarder à l'attention envers notre partenaire ou la jouissance hâtive et immédiate éclipse la phase d'approche? La sexologue Catherine Solano émet une évidence inattendue: le baiser est un acte gratuit, pas du tout indispensable mais il implique obligatoirement l'autre. "On peut jouir seul, mais pas embrasser seul." Notre époque individualiste, pour ne pas dire égoïste, ayant tendance à "zapper" le baiser, ne joue-t-elle pas avec le feu insidieux qui rendrait le paysage de nos relations amoureuses semblables aux collines du Var, après les incendies d'été?...

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Charles Berling: Aujourd'hui, maman est morte

16 Novembre 2011, 00:01am

Publié par Flora bis

Ch.-Berling--Aujourd-hui-.-_NEW.jpg J'aime Charles Berling, l'acteur. Je l'ai vu une fois au théâtre ("Cravate-club", avec Edouard Baer), plusieurs fois au cinéma. J'ai lu son livre-dialogue avec Michel Bouquet. C'est un acteur caméléon, multiple et souvent énigmatique. Soudain, son regard bleu se retire en lui-même, il devient observateur absent, froid et lisse, impénétrable. Dans "Comment j'ai tué mon père?" (duel époustouflant avec Michel Bouquet), il est dur comme du granite, impitoyable mais avec la fragilité de sa dureté: il ne plie pas, il rompt...

   Lorsqu'on l'interviewe, c'est un torrent intarissable. Passionné, volubile. Il aime les mots, il veut trouver le plus juste. Quand j'ai entendu parler de ce livre à la radio, je me suis dit: "Il me le faut!". Pourtant, plusieurs raisons me restreignent dans ces pulsions vers les livres, je pourrais en citer au moins cinq, sans réfléchir... Mais je me le suis offert quand-même, pour mon anniversaire.

   Le titre camusien vous frappe d'entrée. Qui ne serait pas sensible à ce sujet? Qui n'aurait pas de compte à régler avec son enfance, avec sa mère? Qui n'a pas envie de comprendre d'où il vient, envie d'imaginer le parcours de ses ancêtres, imprimé dans ses gènes? Afin de mieux déchiffrer ses propres réactions, d'éclairer ses zones d'ombres.

   Après l'enterrement, suivi par les six enfants soudés autour du cercueil, le narrateur Charles Berling entame sa lente remontée jusqu'aux origines, jusqu'au Maroc où sa mère est née. Il explore l'enfance de Nadia dans une famille déchirée par la violence du père, en s'appuyant sur le livre-témoignage qu'elle a laissé. Témoignage partiel. Le fils sent qu'il doit exhumer un secret familial pour que l'image soit complète, pour que l'apaisement arrive enfin.

   Charles Berling est entouré des mots des autres, son métier d'acteur consiste à leur donner vie, du relief. Fatalement, l'envie irrépressible s'empare de lui pour trouver ses propres mots et de plonger dans la source douloureuse, rédemptrice et jouissive de l'écriture.

"(...) Le soleil n'est plus le même pour tous, il ne va pas jusqu'aux tombes. Seule la mort traverse les matières. Elle se glisse dans maman. Et c'est comme si elle me donnait un acompte, une petite avance. (...)

éditions Flammarion  2011

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Sándor Kányádi (1929-): Estampe 2. (Metszet 2.)

11 Novembre 2011, 11:47am

Publié par Flora bis

ESTAMPE  (2)

   ...et les ailes des grues battent sur mes épaules  (Tudor Arghezi*)

 

elles grapillent dans les chaumes de la fin de l'été

les grues en partance

le charbonnier souffle dans le creux de ses mains

sur sa moustache se fige la rosée

 

les eaux assourdissent leur fanfare

leurs bords cisèlent des dentelles

le froid immémorial serpente en mon coeur

comme une sonde souple

 

estampé de givre je m'arrête un vers ancien

et des ailes me croissant à l'intérieur

me font mal jusqu'aux os quand

vers le ciel s'envolent les grues

(1991

adaptation: Claire Anne Magnès

 

METSZET

...És darvak szárnya mozdul vállamon

                                        Arghezi-Dsida

nyárvégi tarlón szemelgető
útrakész darvak
markába fú a szénégető
bajszán megköt a harmat

halkabbra fogják a hars vizek
szélük csipkét ver
kígyózza szívem az őshideg
mint egy plasztik-katéter

Dérverten állok egy régi sor
s befelé növő szárnyak
sajdulnak csontomig amikor
a darvak égre szállnak

1991

* Tudor Arghezi écrivain roumain (1880-1967)
une première apparition sur ce blog:  Sándor Kányádi (1929-): Avant-propos (Előhang)

 

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Du mariage...

8 Novembre 2011, 19:11pm

Publié par Flora bis

Cortège 1 Il y a peu, je suis tombée sur une citation: " C'est cela, le mariage, la même peur partagée, le même besoin d'être consolé, la même vaine caresse dans le noir..." (Anne Hébert). Constat terriblement corrosif, propre à décourager tous les candidats encore naïvement confiants! Et qui ne pouvait être dressé qu'au bout d'une longue expérience désolante.

   Les images négatives sont plus courantes, le bonheur fait moins recette (Musset ne disait-il pas dans ce vers époustouflant de beauté: "les plus désespérés sont les chants les plus beaux...") et ne tient pas la route face aux catastrophes. Même le grand amour en gage du départ reçoit, par les scientifiques, le couperet de 3 ans de survie! 3 ans maximum! Adieu la passion, bonjour la routine tue-l'amour en guise de bouillotte, à heure fixe, comme on fait son yoga d'entretien pour prévenir l'arthrose précoce!...

   Il y a seulement cinquante ans, il était quasi impensable de se tester dans de longues cohabitations préliminaires et le choix du partenaire s'apparentait parfois à de la loterie. Mettre la charrue devant les boeufs était mal vu, ou alors, il fallait être très discrets! Avec une contraception balbutiante, les femmes en essuyaient la honte, avec les conséquences douloureuses et clandestines, et les hommes, souvent, s'éclipsaient lâchement devant leurs responsabilités. A moins qu'ils n'aient réparé "la faute" par le mariage.

   Avec l'émancipation économique de la femme, les choses changent. Elle n'a plus besoin de l'homme comme seule perspective nourricière, ainsi, elle devient plus difficile pour s'engager. Du moins en théorie. Le divorce est grandement allégé. Être "mère célibataire" n'est plus le stigmate de la honte. Il y a même des "pères célibataires", en signe d'émancipation! 

   "En couple" remplace "marié(e)". Les gens hésitent parfois plusieurs années, entourés d'une nombreuse progéniture. Les mauvaises langues prétendent qu'il n'y a plus que les curés et les homosexuels pour réclamer le droit de se marier!

  Selon Brassens, ce n'est qu'une simple formalité "au bas du parchemin" qui ne concerne en rien l'essentiel: l'engagement intime et personnel. Pour cela, nul besoin de robe de princesse ni de banquet ruinant. Alors, qu'est-ce qui pousse soudain des couples bien rodés à la vie commune, à sauter le pas? Pour alléger ses impôts? Pour solidifier sa situation administrative? Toutes les formalités ont déjà été grandement édulcorées par le législateur. Ou alors, cette vénérable institution séculaire quelque peu fissurée, continuerait-elle à représenter un archétype d'engagement, de sécurité, "la même peur partagée, le même besoin d'être consolé..." en espérant que "la caresse dans le noir" ne sera jamais vaine!

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Oeuvre de Gilbert * Pavés du Nord (roman, extrait)

6 Novembre 2011, 09:48am

Publié par Flora bis

gilbert.jpg (...)

-  Nom?

-  Mallarmé.

-  Comme le poète? 

-  Comme le poète.

-  La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres?

-  C'est ça...

Le gendarme avait des lettres! Stéphane n'en revenait pas. Au moment de formuler sa réponse, il s'était attendu au pire. Son nom lui réservait tant de déconvenues... Entendre le képi citer un vers faisait naître un espoir. Toutefois, l'instinct commandait la plus vive méfiance. Les plaisanteries pouvaient venir, le tabassage en règle... Tous les enfants vieillis ont de mauvais souvenirs de leurs récitations d'école, des mots absurdes à se caler dans la mémoire et la honte suprême de déclamer face à la classe sous les boulettes ou les lazzis. Rares sont les victimes qui trouvent l'occasion de passer à tabac un responsable de ces supplices.

-  Prénom?

-  Stéphane.

-  Là, vous vous fichez de moi.

Le ton était très sec. Il ne fallait pas compter sur ce gendarme pour faire exception à la règle. Par chance, l'instituteur eut la présence d'esprit d'en appeler à un arbitre.

-  Si vous ne me croyez pas, demandez à votre collègue, là-bas. Il me connaît.

Gilles Wiesniewski avait suivi tout le dialogue. Il se hâta de confirmer, avec ce grand sourire moqueur que Stéphane connaissait en milliers d'exemplaires.

-  A l'école, on l'appelait Désarmé. Qu'est-ce qu'on a pu se marrer...

Stéphane avait envie d'ajouter que le gros Wiesniewski faisait partie des plus sadiques, pressé de détourner la haine que sa bedaine suscitait. Il craignait de perdre un allié précieux. La liste des surnoms s'égrainait doucement. L'autre gendarme, celui qui tapait le rapport, appréciait cet humour:

- "Tu veux mon revolver..." C'est excellent!

Il se retourna vers Stéphane:

- "La chair est triste..." Avouez que je vous en ai bouché un coin. Vous, les enseignants, vous prenez chaque gendarme pour un crétin.

Le silence de Stéphane valait confirmation. Pourtant, il n'osait pas le briser. Des dénégations molles ou faussement enthousiastes seraient passées pour des injures. Quant à avouer ce qu'il pensait vraiment, qu'une pincée d'albatros, des violons sanglots longs, une campagne qui blanchit et l'inévitable mignonne qui va voir si la rose, ce service minimum de la poésie française n'empêchait pas une écrasante majorité de citoyens, et pas seulement les militaires, de prendre Breton pour un natif du Finistère et citer Cabrel, Gainsbourg comme des phénix en versification.

- Ma première femme était prof. Gentille mais suicidaire. Elle a fini par se jeter sous le train de onze heure douze. Le dernier qui passait à Wallain. C'est elle qui récitait toujours ce vers, de préférence au lit. Une vraie rengaine... Pensez si je le connais par coeur!

(...)

Gilbert Millet: "Pavés du Nord"  éditions Quorum 1997

 

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Vacances de la Toussaint à la maternelle...

30 Octobre 2011, 10:20am

Publié par Flora bis

DSCN0630.JPG Voilà la cause de mes absences prolongées de la blogosphère! Mademoiselle Alice vient d'avoir 3 ans depuis une semaine! Et elle passe ses premières vacances de l'école maternelle avec moi. Depuis septembre, la salle des Girafes l'accueille, tandis que sa soeur est déjà passée chez les Caribous, en attendant ses 6 ans au mois de mars. Il y a même des "CP" dans ce groupe, on peut donc glaner des miettes de connaissances sur l'arbre du savoir, réservé aux plus grands. 

   Une dizaine de jours à deux, dans une "zénitude" parfaite, pas un mot plus haut qu'un autre, je ne lui dispute pas ses jouets, j'écoute patiemment  -  et même avec un émerveillement tout "grand-mérien"  -  ses raisonnements débutants, je lui raconte inlassablement l'histoire de Tsingoré, le petit danseur africain et nous terminons par des berceuses en français et en hongrois, pour la plonger dans un doux sommeil jusqu'au lendemain matin.                                                                                                             web-11.jpg Quant à Lucie, elle séjourne chez ses autres grands-parents. Du haut de ses presque 6 ans, elle est tour à tour protectrice ou impatiente avec sa petite soeur qui la suit, admirative, jusqu'à ce qu'il devienne nécessaire de se révolter, pincer ou mordre au besoin. L'autorité dûe à l'âge a des limites! Pas question de se laisser mener par le bout du nez! Ou alors, il faut y mettre sérieusement les formes. 

 

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"Polisse" de Maïwenn Le Besco

21 Octobre 2011, 23:50pm

Publié par Flora bis

polisse-la-chronique_102102_w460.jpg Nous sortons du film sonnés... Il a été attendu: son Prix du Jury à Cannes, l'émotion échevelée de la réalisatrice à la réception de sa récompense, le sujet sensible et la brochette de bons acteurs dont JoeyStarr qui se révèle dans un rôle en or  -  pour toutes ces raisons, le film atteint son public. Maïwenn à 35 ans a déjà deux autres films à son actif dont Le bal des actrices remarqué.

   Je me suis dit que j'essaierais d'être aussi objective que possible: il y a bien le parti pris manifeste de la réalisatrice pour ce groupe de flics au grand coeur, quasi irréprochables, de véritables héros dans la jungle d'une société à la dérive dont ils côtoient sans répit la manifestation la plus abjecte, la pédophilie... Finalement, je me suis retrouvée prise dans le tourbillon des séquences courtes, filmées à un rythme rapide, l'insoutenable parfois allégé par le fou-rire plus nerveux que détendu... Certains reprochent à Maïwenn de s'offrir le rôle de la photographe, témoin de moins en moins neutre, et une une histoire d'amour en prime avec JoeyStarr, flic au coeur écorché vif. Je n'ai pas envie de faire la fine bouche. Maïwenn dit qu'elle a dû beaucoup édulcorer le scénario qu'elle devait soumettre à la DDASS pour pouvoir tourner avec des jeunes enfants, elle qui aime filmer de façon très spontanée, pas trop écrite à l'avance. Les acteurs sont tous excellents. Le constat sur l'état de notre monde dont la Brigade de Protection des Mineurs écume un aspect hypersensible est très lourd. A la violence ouverte ou sournoise, nauséabonde, exercée sur des mineurs, ils y sont confrontés journellement, dans toutes les couches de la société, dans les milieux feutrés, protégés aussi bien que chez des clandestins, en passant par des adolescents totalement anesthésiés par la pornographie ambiante. De même que sur le spectateur, cette violence finit par peser sur eux d'un terrible poids. Leur tâche semble insurmontable, un travail de Sisyphe...

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Je me souviens... II.

19 Octobre 2011, 17:52pm

Publié par Flora bis

Tancsics-utca_NEW.jpg La nostalgie est porteuse, surtout en temps de crise où les gens ont tendance à se replier dans un passé rassurant, familier qui ne leur réserve plus de mauvaises surprises, où ils peuvent trier les bons souvenirs.

Il m'est arrivé de céder à cette douce tentation (Je me souviens... I.) et il m'a semblé que le thème était inépuisable et de surcroît, il pouvait créer un écho enchanteur dans chacun de nous...

 

Je me souviens que l'arrivée du printemps avait une fragrance particulière... Soudain, à la sortie de l'école, la douceur infinie de l'air t'enveloppe, les vêtements chauds du matin paraissent insupportables, tu as envie d'exposer ton visage pâle aux caresses du soleil qui a retrouvé une vigueur nouvelle, et tu humes dans l'air ce parfum reconnaissable parmi tous: il charrie les bourgeons, les lilas et les jacinthes, l'herbe tendre et la terre grasse qui se réchauffe...

Je me souviens de l'impatience de mon père à retrouver les sensations de l'éveil de la nature: je le vois prendre une poignée de terre noire dans sa main, l'émietter tout doucement, pour se rendre compte si elle était prête à recevoir les semailles...

Je me souviens de cette fatigue irradiant tout le corps après une journée passée dans les champs... Les bras, les jambes pèsent une tonne, le corps entier fourmille des muscles endoloris mais bizarrement, le repos agit comme un bienfait dont on renaît avec plus de vigueur. Je comprends mieux la satisfaction de mon père après une journée au grand air, éreinté mais heureux... Je l'ai éprouvé plus tard: on se remet nettement moins bien d'un épuisement des méninges...

Je me souviens des orages d'été mémorables, des éclairs déchirant un ciel noir et le tonnerre immédiat, assourdissant. J'avais très peur jusqu'au jour où ma grand-mère a eu cette phrase magique: "Il n'y a que les méchants qui en ont peur". Depuis cet instant, les orages les plus effrayants me laissent de marbre.

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Qu'est-ce qui sauvera le monde?...

14 Octobre 2011, 17:22pm

Publié par Flora bis

illo-solitude.jpg Les religions vacillent, elles ne parviennent plus à nous libérer de nos grandes peurs de la souffrance, du Néant. Les sciences donnent parfois l'impression d'échapper aux apprentis sorciers et de susciter plus d'angoisse que de promesse de salut. Pendant longtemps, la politique, les idéaux nous berçaient de l'illusion de notre libre arbitre, du pouvoir de la volonté humaine à changer la face du monde. Une par une, nos illusions s'effondrent. Nous ne sommes plus maîtres de notre destin, impuissants témoins devant la fuite en avant de l'humain autodestructeur qui, au mieux, cache la tête sous le sable pour ne pas voir l'instant de sa perte. L'homme nu grelotte au milieu du désert de sa solitude...

  Vision apocalyptique exagérée ou lucide, découlant d'une simple réflexion sur l'état de notre monde? Que reste-t-il à l'homme pour pouvoir continuer à vivre? Certains répondent: l'Amour. Comme ça, avec un grand A. Pour signifier peut-être qu'il ne s'agit pas d'un sentiment à la petite semaine, celui qui passe et qui nous plonge dans la détresse mais d'une gigantesque et mystérieuse onde d'énergie enveloppante et salvatrice. On s'y sentira bien, à l'abri de tous les dangers comme dans le liquide originel de nos premiers instants de vie...

   J'ai du mal, j'ai du mal à croire à la survenue de cette force, soudain universelle qui balaye les guerres, l'agressivité attisée par l'appât du gain, l'indifférence glaçante, transformant les milliards d'humains en un troupeau pacifique bêlant à l'unisson l'amour de son prochain... Dans un monde tiède qui deviendrait rapidement à mourir d'ennui. Comme un genre de paradis terrestre.

   L'Amour doit demeurer un idéal, un souhait ardent et une réalisation difficile qu'il convient de mériter. Comme un diamant étincelant et rare: il ne faut pas le galvauder. 

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