Le blog de Flora

Un samedi pas comme les autres

29 Octobre 2018, 16:14pm

Publié par Flora bis

   Cela faisait des semaines  - depuis que j'ai appris qu'il y aurait une exposition Schiele - Basquiat à la Fondation Vuitton  - que j'attendais l'événement en retenant mon souffle.  Le premier faisait partie de mon Olympe personnel depuis longtemps, mais le second, je ne le connaissais que sur reproductions. Peut-être seulement depuis sa mort précoce de 1988...

   Le bâtiment même de la Fondation est une merveille de l'architecture contemporaine, tout en courbes de verre et acier, s'avançant vers vous comme un magnifique bateau amiral, dans la verdure du Bois de Boulogne.

Egon Schiele occupe un niveau, essentiellement avec ses dessins. Cela me fait

particulièrement plaisir, car depuis longtemps, j'ai une attirance irrésistible pour ses dessins, bien plus que pour sa peinture, plus rare (pour 300 peintures, il nous laisse 3000 dessins!) et pour moi moins intéressante. Le vrai génie de Schiele se manifeste dans ses dessins, dans cette fulgurance virtuose, juste et incisive qui déforme, tord, réinvente le monde à travers le prisme de son regard, de sa soif de déchiffrer les bouleversements du début du 20ème siècle dans la Mitteleuropa au bord de l'effondrement.

   Trois niveaux sont consacrés à Jean-Michel Basquiat, ce génie instinctif, éternel adolescent, disparu, lui aussi à 28 ans. Je voulais ce face à face, pour la première fois, avec ses tableaux que l'on prend en pleine figure, pour se laisser  petit à petit cueillir, happer, pour qu'ils continuent à nous hanter longtemps encore...

 

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Oxymore parfait

19 Octobre 2018, 11:04am

Publié par Flora bis

Je viens de noter quelques phrases dans mon journal de bord à spirale:

" 19 octobre vendredi: Quasiment le premier jour maussade depuis des mois! Epaisse couche nuageuse, pas un rayon de soleil, même pâle!... Au début, c'est presque apaisant, plus rien n'attire dehors, à nous l'écriture! Mais je crois que j'aurai très vite assez de ce genre d'apaisement.

Cet après-midi, je devrai faire des courses (à Carrefour?) pour le plein du week end, de quoi faire une soupe, p. ex. L'autre jour, je suis passée chez Leclerc  -  je crois qu'une fois m'a suffi. Leurs paupiettes sont archi-salées! (Mon dieu, quelle immense petitesse de ma vie!...)"

Je l'ai écrit ainsi, avec cet oxymore parfait, association de deux mots au sens antagonique: car soudainement, l'immense petitesse de ma vie m'est apparue dans toute sa désolation...

   Si je m'en suis rendu compte avec ce choc au coeur, c'est parce que je n'y suis pas encore tout à fait résignée. Une petite flamme persiste à clignoter sous les strates multiples des années et des épreuves: celle qui, depuis les commencements, m'aidait à aborder la vie avec autant de curiosité, d'espoirs et d'envies des choses extraordinaires. Persuadée que ce serait une aventure unique et passionnante...

 

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Menues transformations

15 Octobre 2018, 18:22pm

Publié par Flora bis

   Périodiquement, le besoin aigu d'une petite modification de notre intérieur se fait sentir. Chez moi, cela mûrit assez longtemps, compte tenu des hésitations de la Balance décuplées par la pesanteur du Taureau à se lancer dans l'action. Mais arrivé au point de rupture, il n'y a plus de temps à perdre!

   Comme je passe le plus clair de mon temps à la maison, je ressens ce besoin de changement, ne serait-ce que symbolique, autour de moi. Trop d'objets accumulés, surtout des livres, indispensables et envahissants, des bibelots et autres petits cadeaux qui accompagnent  toute une vie pour en rappeler les épisodes de façon concrète et sensible... Peu à peu, j'avais l'impression qu'ils dévoraient mon espace vital. "De l'air!" crie dans ce cas toute Balance qui se respecte.

   Mon fils, avec ses goûts à tendance japonisante, me pousse vers le changement, vers l'élagage sévère de ce qui m'entoure ou plutôt: m'envahit. Périodiquement, j'effectue le tri qui s'impose, mais insidieusement, les objets reviennent en catimini, sans se faire remarquer, ils se  posent sur un coin libéré...

   Ce week end, j'ai remplacé la grande étagère-bibliothèque de 220 cm de haut, dessinée par moi-même il y a plus de 10 ans qui me tassait littéralement dans mon coin en face de la télé, menaçant de m'ensevelir sous des dizaines et des dizaines de livres... Mon fils et ma petite-fille Lucie ont fait une visite-éclair dans la journée du dimanche pour m'aider à la remplacer par deux structures plus aérées, en métal noir. Elles se remplissent déjà des livres dont j'ai le plus fréquent usage. L'ancienne, bien sûr, a retrouvé une place, peut-être provisoire, dans un recoin du couloir. 

   En plus du beau temps remarquable, supplément de cadeau pour mon anniversaire déjà bien gâté, j'ai eu le bonheur infini de passer quelques heures en famille!

(à cliquer sur les photos pour les agrandir) 

Menues transformationsMenues transformationsMenues transformations

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Portrait

11 Octobre 2018, 23:08pm

Publié par Flora bis

 

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Complexes d'infériorité

9 Octobre 2018, 11:59am

Publié par Flora bis

   Ce matin, j'ai écouté à la radio un échange très intéressant sur le complexe d'infériorité, ce phénomène très répandu qui sape l'estime de soi de ses victimes. Son spectre est très large et va des signes physiques aux traits de comportement. Il trouve ses origines, la plupart du temps, dans la petite enfance, voire dans l'adolescence. Ce sentiment peut naître d'une remarque humiliante, venant de l'entourage ("Tu n'es pas gâté(e) par la nature!" "Tu décolles quand?" etc.), des parents ou des enseignants ("Tu es nul(le)", "Il n'y a rien à en tirer" etc.) et la personne qui jusque là vivait dans une paisible inconscience de ses prétendus défauts, se retrouve ratatinée dans des complexes fatidiques qui lui empoisonneront la vie.

   Notre époque a rendu le dictat de l'image omniprésent et surpuissant. L'obligation de correspondre à cette image standardisée laisse peu de place à l'originalité physique sortie du schéma. De plus, s'arrêter à l'aspect extérieur pour juger (jauger) l'individu, on ne prend pas la peine de creuser en profondeur pour découvrir les trésors de qualité éventuels qu'il cache... Oui, il les dissimule car ses complexes d'infériorité bien ancrés le paralysent. 

   La taille, la couleur, le poids, les origines sociales, les dispositions intellectuelles ou physiques  -  tout peut engendrer un complexe, entrainant la honte, l'angoisse, le repli sur soi. Parfois, une volonté farouche de revanche propulse le complexé de jadis au firmament du succès et ainsi, le petit Bonaparte devient l'empereur du monde! (J'ai pu observer p.ex. combien de vedettes du cinéma, de la télé ou de la politique, plus ou moins éphémères, sont de taille inférieure à la moyenne...)

   Pour ma part (et j'ai, bien sûr, mes petits complexes tenaces maintenus bien au chaud), je me garde bien de les exposer au grand jour. Pourquoi? Parce que j'ai remarqué que si nous attirons l'attention sur notre point faible  - ou supposé tel  -  les gens ne verront plus que lui! Alors que jusque là, ils n'en avaient aucune idée... Donc, évitons les souffrances inutiles!

(ill. dessin R.T. 1998)

 

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Eté indien entre amies

4 Octobre 2018, 10:28am

Publié par Flora bis

   Quelques jours de clémence en rab! Nous les dévorons avec l'appétit de jadis pour les belles et bonnes sensations. Le soleil a radouci l'atmosphère, pourtant, on peut déceler dans l'air les prémices des feuilles mortes à venir...

   J'ai des amies nombreuses qui ont le talent de rassembler les gens. M. est de celles-là. Dans sa petite maison pittoresque aux fenêtres bleues, à la campagne, parmi ses fleurs et ses pommes d'automne, nous étions six à nous réunir.

   M. est une bonne cuisinière: non seulement elle a du métier mais on sent le plaisir avec lequel elle "met en musique" son amitié envers ses invités... Elle les assortit avec soin pour qu'ils éprouvent du plaisir à se retrouver ensemble, autour de la grande table, dans la cuisine-véranda qui donne sur le jardin. Et la conversation va bon train, chauffée légèrement par l'excellent bordeaux venant d'un autre ami...

   On ne voit pas le temps passer... Nous repartons vers la fin de l'après-midi retrouver nos silences de solitaires (pour la plupart d'entre nous) mais avec, dans la mémoire, l'écho du bruissement joyeux de nos échanges et de nos rires.... 

   

 

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