Vite, vite, c'est l'avant-dernier jour pour tenir ma promesse (à moi-même) pour écrire au moins 4 articles par mois sur mes blogs! Non pas n'importe quelle bafouille vite rassemblée, ni queue, ni tête, mais quelque chose qui tienne debout. Mais qui en jugera?... Un texte peut me faire du bien, me soulager en développant une idée qui me tracasse et m'en délestant ainsi - mais vaut-il la peine d'en encombrer la blogosphère pour autant?... Un blog - et celui-ci a bientôt 17 ans - est à la fois personnel, vous y publiez ce qui vous chante (et ce que les lois vous autorisent) mais en le publiant, vous manifestez l'envie de le partager, d'être lu par le plus grand nombre. Sans pour autant vous faire harakiri si vous êtes déçu dans vos espoirs... En cela, c'est aussi l'école de l'humilité.
Il faut aussi accepter le risque de déplaire. Disons que je préfère éviter l'outrage, l'insulte qui ne peuvent être justifiés en aucun cas, ne serait-ce que par mon propos qui n'en contiendra jamais. Cela n'élève jamais un débat. Avoir des avis divergents nourrit le débat, à condition de les exprimer avec civilité. Je respecte les plates-bandes des autres, s'ils ne piétinent pas les miennes.
Une année se termine, nos festivités l'accompagnent jusqu'à la sortie, et sur le seuil, dans la foulée, nous accueillons la nouvelle.
Les premiers jours, nous nous efforçons à nous habituer à l'idée de la nouveauté (qui ressemble pourtant furieusement à l'ancienne, y compris la vaisselle des festivités qui attend patiemment dans l'évier). Nous voudrions que tout soit renouvelé, jusqu'à l'air que nous respirons. Le sapin est fatigué, perd ses aiguilles... On le dépouille, range ses décorations dans les boîtes éculées, les mêmes depuis des décennies... Il ne faut pas les renouveler : elles sont gages de la continuité de notre vie selon des rituels immuables. Composantes mêmes de ces rituels.
Cependant, la relative quiétude de la transition ne dure pas longtemps. La nouveauté s'annonce par un flyer dans la boîte aux lettres et gâche mon horizon pour plusieurs mois... Je ne peux pas dire que ce soit une véritable nouveauté. Les travaux reprennent, plus intensément que jamais, dans notre rue, avec stationnement interdit des deux côtés et dans les rues adjacentes. Je ne sais même pas où je pourrai garer ma voiture, au moins jusqu'en avril. Les courses, les RDV médicaux, les déplacements indispensables pèseront encore plus lourd, compte tenu du mauvais temps et des distances. A coup sûr, je sentirai mon âge et mon état de santé deux fois plus pesants qu'avec ma voiture qui attendait fidèle et disponible sous ma fenêtre. Je me souhaite avant tout un peu de courage pour survivre au moins jusqu'au printemps...
Il y a des fins d'année dont on se souvient. Quand tout se passe comme prévu, l'événement a tendance à s'estomper et à rentrer dans l'ordre grisâtre de ses semblables. Le 30 décembre dernier a pris quelques couleurs qui le distingueront, sans faire exprès.
Il est vrai que je suis arrivée à cette date dans un état de fatigue avancée. Stressée, poussée à bout par des broutilles que jadis, je n'aurais même pas remarquées. Essoufflée au moindre effort, je n'arrivais pas à mettre un pied devant l'autre. Et bien désolée de cet état des choses...
Le soir du 30, j'ai remémoré les deux-trois petits réglages qui restaient à faire pour le réveillon calme et chaleureux du lendemain, et je m'apprêtais à me détendre dans mon fauteuil. Au dernier instant - sur une inspiration subite, venant sûrement du diable himself - je voulais évacuer une petite poubelle sur la terrasse, en remontant le volet électrique. Et c'est là que, déjà dehors, la suggestion fatale me pousse à allumer la lampe extérieure, en passant mon bras à l'intérieur, sans regarder, j'appuie sur un bouton!... D'un peu plus loin, j'entends le bruit du moteur du volet qui descend! Et moi, avec la fatale perspective de rester dehors, en pull léger, dans le froid... Sans pouvoir appeler à l'aide, prévenir quiconque. En un instant, je mesure l'échéance de mon dernier jour... Est-ce arrivera aussi bêtement? Impossible!
On sait que des situations d'urgence déclenchent un décharge d'adrénaline puissant. L'instinct de survie, dit-on. Mes réflexes me jettent vers le volet qui descend doucement et je l'attrape à 50cm du sol. Insuffisant pour passer en-dessous! J'essaie de le soulever, je le bloque un peu plus haut avec mon dos mais sans pouvoir compter sur mes genoux. Il ne me reste plus que de me jeter au sol et d'essayer de me faufiler sous le volet, avec les dernières forces du désespoir.
Une fois dans la cuisine mais par terre, je ne suis pas sortie de l'auberge. Je suis incapable de me mettre debout, même en essayant de m'accrocher à quelque chose, à cause de mes genoux en compote. En me glissant sur les fesses jusqu'à mon téléphone, j'appelle ma voisine qui a une clé de chez moi. Après 20 h, elle n'est plus joignable, elle débranche tout. Reste à appeler les pompiers qui commencent à connaître l'adresse. Oui mais, il faudra encore glisser jusqu'à la porte d'entrée, le long du couloir qui semble interminable...
Bref, tout est bien qui finit bien : ils arrivent, me soulèvent comme une plume et me conduisent aux urgences, constatant ma tension très élevée... J'y reste jusqu'à 2 h du matin, avec un diagnostic qui m'intime à chercher un cardiologue...
A présent, je me remets doucement, me sentant comme quelqu'un qui sort d'une centrifugeuse... Je ne suis pas habituée à une telle gymnastique et surtout, aussi longtemps!
Je vous souhaite,
mes très chers Visiteurs et invisibles Amis,
que votre Année 2025 vous épargne de semblables aventures
et qu'elle conserve votre inébranlable confiance en la vie!