Panique et bain délicieux
Difficile de retrouver l'autre univers, celui de la solitude, du silence, d'une certaine liberté aussi, après 10 jours intenses en famille... J'ai l'impression de débarquer sur une autre planète. Ma souplesse légendaire face aux changements fulgurants ne serait-t-elle qu'un lointain souvenir?... Face à moi-même comme unique interlocuteur, je m'observe, je note la panique qui m'envahit lorsqu'il faut retrouver en urgence un énième mot de passe pour communiquer, pour commander, payer en ligne - je m'essouffle, la gorge serrée, en apnée, je fouille et je ne trouve rien... Paysage apocalyptique qui ne fera que s'étoffer au fur et à mesure que le temps passera, me signifiant les preuves d'un déclin inévitable...
Heureusement, il reste les mots, dévoués qui viennent à l'appel pour me plonger dans ce bain délicieux dont je ne comprends pas encore l'entière signification : d'où vient l'effet immédiat de bien-être qui m'envahit lorsque je les laisse affluer, ondoyer autour de moi pour en choisir ceux qui approchent le plus fidèlement la pensée... Une pensée qui, elle-même, la plupart du temps, se laisse modeler au contact des mots telle l'argile sous les doigts du sculpteur. C'est ainsi qu'ils m'amènent souvent vers des paysages que je n'ai pas choisis et ils m'ouvrent des horizons parfois surprenants. Comment s'ennuyer avec un jeu aussi mystérieux?...

