Le blog de Flora

Avec Montaigne...

31 Mai 2021, 16:47pm

Publié par Flora bis

    Depuis mercredi dernier, le jour de notre première sortie "terrasse" pour déguster des moules-frites en grelottant sous le chapiteau traversé par le courant d'air glacial, le temps s'est grandement amélioré. Il fait jusqu'à 28° dehors, et le jardin ressemble à une jungle foisonnante, les chats des voisins se cachent dans l'herbe en guettant les oiseaux à chasser. Je pense que cela ne durera pas longtemps, la météo nous annonce déjà au moins 3 jours de pluie pour la fin de la semaine.

  Des invitations, une réunion associative au bout de sept mois de confinement... Nous nous sommes retrouvés avec grand plaisir, malgré les masques et les distances imposés. On ne peux pas se serrer la main, se prendre dans les bras, sans parler d'embrassades  -  en masque, horribile dictu!  -  mais bon, c'est encore une période de transition... Patience... Il faut se préserver et préserver les autres. Il faut aussi espérer que cette patience et cette persévérance qui nous guident n'auront pas asséché complètement notre capacité de manifester nos émotions, notre affection envers amis et famille, que nous pourrons encore vivre le partage sans peur, sans méfiance, en écoutant Michel de Montaigne: "Tu ne meurs pas de ce que tu es malade; tu meurs de ce que tu es vivant."   

   Nous avons écouté un exposé sur "la peur", inspiré par la célèbre phrase de Montaigne: "C'est de quoi j'ai le plus de peur que la peur."  De quoi déclencher des échanges riches ! Les Essais de Montaigne, si modernes, si lumineux, constituent une source inépuisable de réflexions pour l'homme d'aujourd'hui, perdu dans un monde sans repères. Montaigne l'humaniste ne nous juge pas, ne nous culpabilise pas, il nous prend tranquillement par la main, nous disant: je vis ainsi, je pense ainsi, je partage avec vous "l'humaine condition". Je n'impose rien à personne, ceux qui m'aime me suivent  -  s'ils veulent!

 

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Retour au ciné!

24 Mai 2021, 19:11pm

Publié par Flora bis

   Le printemps est bien entamé  -  on a du mal à y croire!  -  avec son lot de jours fériés religieux ou politiques. Les Français scrutent souvent le calendrier à l'avance pour repérer si ces fêtes sont généreuses ou non en possibilités de pont : prolonger le week end pour s'évader de la routine quotidienne. Avec les différentes restrictions depuis des mois, ces possibilités demeuraient du domaine du rêve. Dès qu'on a ouvert  -  du moins partiellement  -  les vannes, et malgré la froideur d'un printemps pluvieux, des kilomètres de bouchons signalent le frémissement de la vie qui renaît.

Viggo Mortensen, acteur caméléon, réalisateur et artiste touche-à-tout

Jeudi de l'Ascension, dimanche et lundi de la Pentecôte... Je ne me souvenais pas exactement ce que les fidèles fêtaient ces jours-là. Par acquit de conscience, je me suis renseignée. La première, je l'ai passée chez moi, dans l'intimité avec moi-même. La deuxième a été plus animée: après-midi de cinéma avec deux amies, suivi d'un petit apéritif chez moi, afin de discuter du film et de ses retombées sur notre moral. Nous avons inauguré avec bonheur et impatience notre saison des salles obscures avec "Falling" de Viggo Mortensen. J'avoue que c'était moi qui avais entraîné mes amies vers ce film  -  plutôt, vers son réalisateur et un de ses acteurs principaux, Viggo Mortensen, acteur américain d'origine danoise. Il me restait une image bien marquée dans la mémoire, non pas celle du bel Aragorn du "Seigneur des anneaux", mais celle du chauffeur italien d'un pianiste jamaïcain en tournée à travers le sud raciste des Etats-Unis, dans le film "Green book". Dans "Falling" écrit et réalisé par lui-même, il joue le fils d'un père solitaire, violent et grossier, atteint de la maladie d'Alzheimer... Après le film, nous avons vraiment eu besoin de nous remonter le moral...

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Dilemme - ou pas...

15 Mai 2021, 17:04pm

Publié par Flora bis

   "Ce que je te reproche, c'est que tu vis trop dans le passé"  -  me dit quelqu'un dont l'avis compte beaucoup pour moi. C'est sans doute pour cette raison que je tourne et retourne dans ma tête la phrase qui, à chaque fois, pèse comme un pavé dans ma conscience. Elle remet en question l'ambiance de mon quotidien, souvent pesante, dans laquelle, depuis cinq ou six ans, je m'enfonce peu à peu. Depuis la rafale de deuils qui ont, d'un seul coup, déchiré le voile de mes douces illusions concernant mon "éternité", suivis de LA maladie qui, avant même d'être dévoilée, m'a longtemps susurré à l'oreille que c'était mon tour... 

    J'ai vécu 33 ans avec un homme qui détestait la nostalgie, qui avait le regard fixé sur l'horizon du futur et qui aimait la science-fiction. Cela a forcément déteint sur moi, je m'efforçais donc à y croire, en cet avenir lointain (et radieux, comme disait le slogan communiste...), pour le rejoindre sur son terrain. Avec sa mort précoce, la nostalgie du passé est revenue comme un refuge où l'on peut trier les souvenirs qui font du bien. Que pourrais-je y opposer? Un présent somme toute assez aride, calme et sans relief, dans lequel ma vie s'écoule doucement  -  je m'estime même bien heureuse s'il m'épargne de ses soubresauts qui ne réservent rien qui vaille... L'avenir? Que puis-je en espérer d'enthousiasmant?... Ah oui, les plaisirs minuscules que l'on me souhaite et que je souhaite à mon tour à mes amis du même âge. Et je traduis au fond de moi: contente-toi du peu qui t'échoit encore, avant de devenir... J'arrête. Je ne veux pas plomber complètement le moral des rares personnes qui liront ces lignes. Mais la lucidité est une blessure du soleil, selon René Char, et je ne peux pas mentir.

 

Dilemme  -  ou pas...

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Le calme olympien de Glasgow

6 Mai 2021, 11:10am

Publié par Flora bis

Glasgow prend le frais au jardin

   Je ne fais pas partie des amis intimes des bêtes, même si je prends le risque de l'opprobre en l'avouant. Je ne leur ferais jamais du mal mais je préfère me tenir à une distance de respect mutuel. Il suffit de leur opposer un "non" ferme que chien et chat comprennent rapidement et cessent les manoeuvres de séduction accompagnées de léchouilles brusques et affectueux. En même temps, ils s'installent volontiers à mes pieds (voire sur mes pieds), avec discrétion, sachant qu'ils ne craignent de ma part aucune manifestation brutale d'affection, encore moins d'agression. Par contre, en tête-à-tête, il m'arrive de leur faire la conversation et j'ai parfois la sensation qu'ils comprennent mes logorrhées, leur regard attentif absorbe mes humeurs, mes tourments, mes angoisses. 

   J'aime les chats paisibles, indépendants, débrouillards qui n'ont pas succombé aux besoins de combler les frustrations d'un maître  -  mais le plus souvent d'une maîtresse  -  qui les engraissent à tel point qu'ils n'auront plus envie de courir l'aventure. Ils se contentent de partager l'assiette, le canapé et le lit de leurs protecteurs-esclaves... Ma préférence va aux indépendants, aux vadrouilleurs qui peuvent disparaître plusieurs jours, réapparaître avec quelques éraflures de bagarres nobles comme les rugbymen qui exhibent leurs estafilades. Ils vivent leur vie et vous laissent vivre la vôtre, revenant de temps en temps pour vous rassurer de leurs estime et attachement sans pesanteur. Glasgow, le chat de mes enfants est de ceux-là. Il n'avait pas un an lorsqu'ils l'ont adopté à la SPA, il y a une dizaine d'années. Il s'est épanoui dans leur jardin, il explore des chemins secrets des environs et, de temps en temps, il gratifie ses hôtes d'une souris ou d'un oiseau croqués qu'il dépose discrètement sur le paillasson.

(photo: F.M.)

   

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