Le blog de Flora

Fragments analeptiques

26 Juin 2025, 18:09pm

Publié par Flora bis

   "...Très souvent, la machine à remonter le temps s'élance sans faille. Il suffit, pour l'ébranler, d'une phrase, d'une ambiance, d'un air de saxophone avec ses roulements chauds et profonds d'une nuit d'été... Des visages, des sensations, des fulgurances qui vous ramènent vers les mirages, ces traces éphémères du passé. Vous les cueillez en guise de consolation pour avoir tout perdu. Une baignade nocturne dans l'eau tiède et caressante du lac, éclairé seulement par la pleine lune... Une petite robe bleue empruntée à une copine pour une soirée dansante... Des doigts fins qui courent sur les touches du piano, les mêmes qui vous enlaceront, tandis qu'un regard énigmatique, venu de l'autre bout de la planète capte le vôtre...  Des lèvres fraîches et chaudes toutes proches vous chuchotent qu'ici, ce soir, vous êtes la reine."

Fragments analeptiques

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Monde extérieur - monde intérieur

17 Juin 2025, 18:01pm

Publié par Flora bis

   Un lundi de Pentecôte paresseux, somnolent... Pas le moindre bruit filtré de la rue, ni de fumet âcre des barbecues bruyants des jardins environnants.

   Ce mois de mai et même le début du juin, des jours fériés multiples avec des ponts, bienvenus pour les "actifs" mais déroutants  -  pour ne pas dire déstabilisants, pour nous qui n'avons plus les repères du travail dans le monde extérieur. J'ajoute le "monde extérieur" car la distinction existe bel et bien désormais : un monde "intérieur", parfois solitaire et immobile, que l'on essaye d'expurger des dangers sournois... Et le monde extérieur qui en est plein.

J'ai passé un weekend court, à peine 24 heures, chez les enfants. J'ai pris le train avec les autres grands-parents pour assister au spectacle de la plus jeune de nos petites-filles, dans une troupe de théâtre amateur. On peut admirer le travail de l'animatrice avec le groupe d'ados, de l'écriture sur mesure de la pièce à la mise en scène : une formidable activité recréatrice et libératrice en dehors du travail scolaire!

   La canicule approche. Pour l'instant, elle touche à peine les 28-30° mais elle frappe de plus en plus tôt. La fraîcheur de la maison résiste encore...

    De l'extérieur, des bruits des guerres arrivent à nous, de partout. A l'intérieur, les faits divers sanglants, les craquements d'une société malade infusent en nous une sourde angoisse. On se dit : pourvu que la maison résiste encore!...

   Mon amie E. nous invite à un goûter. La maison bruit du passage de plusieurs de leurs petits-enfants en compagnie de leurs copains qui accourent des quatre coins de la planète. Ils sont jeunes, beaux, lumineux. A la fois audacieux et lucides. Nous leur laissons un travail énorme.

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Vive l'avenir radieux!...

1 Juin 2025, 14:18pm

Publié par Flora bis

   Ouf, ma déclaration d'impôts est envoyée! La préremplie, quel soulagement: je n'ai pas à déchiffrer le sens du langage administratif. D'ailleurs, le comprendrais-je davantage en ma langue maternelle?... Dans la Hongrie communiste, nos impôts étaient retenus à la source, non seulement il n'existait pas de déclaration  -  pas besoin car Big Brother en savait plus que nous, comme dans tant de domaines! Ainsi, nous pouvions nous bercer de l'illusion que les impôts n'existaient pas!  Plus tard, dans "le monde libre", G. s'en est occupé jusqu'à sa mort. Pendant longtemps, je n'ai même pas jeté un coup d'oeil vaguement intéressé sur la chose mais il a fallu que je fasse mon apprentissage dans ce domaine aussi. Comme dans tant d'autres.

   Nous voici en juin. Le ciel voilé me promet de la pluie fine. Mon jardin est envahi des "mauvaises herbes" dont il faudrait m'occuper d'urgence. Mais comment évacuer les déchets verts? Tout cela est à l'image de mon existence impuissante! Les travaux de la transformation profonde de la voirie, commencés en octobre 2023, sont loin d'être terminés. La rue est fermée à la circulation et encore plus au stationnement. Pour faire des courses, je rejoins ma voiture dans une autre rue où les travaux sont déjà terminés. Au retour, je trimballe mes sacs de provisions lourds comme un âne mort à travers le chantier jusqu'à la maison. Au fond de moi, je regrette amèrement de ne pas être la petite vieille dynamique qui, au lieu de se lamenter, court comme un lapin alerte en désavouant triomphalement son âge et son état de santé... Dans la vie, il faut produire des prouesses pour être crédible.

   Au diable les lamentations! Allez, je chausse mes lunettes roses. Le verre est à moitié plein puisque je le veux ainsi.

Vive l'avenir radieux!...

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