Le blog de Flora
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Vacances de la Toussaint à la maternelle...

30 Octobre 2011, 10:20am

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Publié par Flora bis

DSCN0630.JPG Voilà la cause de mes absences prolongées de la blogosphère! Mademoiselle Alice vient d'avoir 3 ans depuis une semaine! Et elle passe ses premières vacances de l'école maternelle avec moi. Depuis septembre, la salle des Girafes l'accueille, tandis que sa soeur est déjà passée chez les Caribous, en attendant ses 6 ans au mois de mars. Il y a même des "CP" dans ce groupe, on peut donc glaner des miettes de connaissances sur l'arbre du savoir, réservé aux plus grands. 

   Une dizaine de jours à deux, dans une "zénitude" parfaite, pas un mot plus haut qu'un autre, je ne lui dispute pas ses jouets, j'écoute patiemment  -  et même avec un émerveillement tout "grand-mérien"  -  ses raisonnements débutants, je lui raconte inlassablement l'histoire de Tsingoré, le petit danseur africain et nous terminons par des berceuses en français et en hongrois, pour la plonger dans un doux sommeil jusqu'au lendemain matin.                                                                                                             web-11.jpg Quant à Lucie, elle séjourne chez ses autres grands-parents. Du haut de ses presque 6 ans, elle est tour à tour protectrice ou impatiente avec sa petite soeur qui la suit, admirative, jusqu'à ce qu'il devienne nécessaire de se révolter, pincer ou mordre au besoin. L'autorité dûe à l'âge a des limites! Pas question de se laisser mener par le bout du nez! Ou alors, il faut y mettre sérieusement les formes. 

 

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"Polisse" de Maïwenn Le Besco

21 Octobre 2011, 23:50pm

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Publié par Flora bis

polisse-la-chronique_102102_w460.jpg Nous sortons du film sonnés... Il a été attendu: son Prix du Jury à Cannes, l'émotion échevelée de la réalisatrice à la réception de sa récompense, le sujet sensible et la brochette de bons acteurs dont JoeyStarr qui se révèle dans un rôle en or  -  pour toutes ces raisons, le film atteint son public. Maïwenn à 35 ans a déjà deux autres films à son actif dont Le bal des actrices remarqué.

   Je me suis dit que j'essaierais d'être aussi objective que possible: il y a bien le parti pris manifeste de la réalisatrice pour ce groupe de flics au grand coeur, quasi irréprochables, de véritables héros dans la jungle d'une société à la dérive dont ils côtoient sans répit la manifestation la plus abjecte, la pédophilie... Finalement, je me suis retrouvée prise dans le tourbillon des séquences courtes, filmées à un rythme rapide, l'insoutenable parfois allégé par le fou-rire plus nerveux que détendu... Certains reprochent à Maïwenn de s'offrir le rôle de la photographe, témoin de moins en moins neutre, et une une histoire d'amour en prime avec JoeyStarr, flic au coeur écorché vif. Je n'ai pas envie de faire la fine bouche. Maïwenn dit qu'elle a dû beaucoup édulcorer le scénario qu'elle devait soumettre à la DDASS pour pouvoir tourner avec des jeunes enfants, elle qui aime filmer de façon très spontanée, pas trop écrite à l'avance. Les acteurs sont tous excellents. Le constat sur l'état de notre monde dont la Brigade de Protection des Mineurs écume un aspect hypersensible est très lourd. A la violence ouverte ou sournoise, nauséabonde, exercée sur des mineurs, ils y sont confrontés journellement, dans toutes les couches de la société, dans les milieux feutrés, protégés aussi bien que chez des clandestins, en passant par des adolescents totalement anesthésiés par la pornographie ambiante. De même que sur le spectateur, cette violence finit par peser sur eux d'un terrible poids. Leur tâche semble insurmontable, un travail de Sisyphe...

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Je me souviens... II.

19 Octobre 2011, 17:52pm

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Publié par Flora bis

Tancsics-utca_NEW.jpg La nostalgie est porteuse, surtout en temps de crise où les gens ont tendance à se replier dans un passé rassurant, familier qui ne leur réserve plus de mauvaises surprises, où ils peuvent trier les bons souvenirs.

Il m'est arrivé de céder à cette douce tentation (Je me souviens... I.) et il m'a semblé que le thème était inépuisable et de surcroît, il pouvait créer un écho enchanteur dans chacun de nous...

 

Je me souviens que l'arrivée du printemps avait une fragrance particulière... Soudain, à la sortie de l'école, la douceur infinie de l'air t'enveloppe, les vêtements chauds du matin paraissent insupportables, tu as envie d'exposer ton visage pâle aux caresses du soleil qui a retrouvé une vigueur nouvelle, et tu humes dans l'air ce parfum reconnaissable parmi tous: il charrie les bourgeons, les lilas et les jacinthes, l'herbe tendre et la terre grasse qui se réchauffe...

Je me souviens de l'impatience de mon père à retrouver les sensations de l'éveil de la nature: je le vois prendre une poignée de terre noire dans sa main, l'émietter tout doucement, pour se rendre compte si elle était prête à recevoir les semailles...

Je me souviens de cette fatigue irradiant tout le corps après une journée passée dans les champs... Les bras, les jambes pèsent une tonne, le corps entier fourmille des muscles endoloris mais bizarrement, le repos agit comme un bienfait dont on renaît avec plus de vigueur. Je comprends mieux la satisfaction de mon père après une journée au grand air, éreinté mais heureux... Je l'ai éprouvé plus tard: on se remet nettement moins bien d'un épuisement des méninges...

Je me souviens des orages d'été mémorables, des éclairs déchirant un ciel noir et le tonnerre immédiat, assourdissant. J'avais très peur jusqu'au jour où ma grand-mère a eu cette phrase magique: "Il n'y a que les méchants qui en ont peur". Depuis cet instant, les orages les plus effrayants me laissent de marbre.

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Qu'est-ce qui sauvera le monde?...

14 Octobre 2011, 17:22pm

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Publié par Flora bis

illo-solitude.jpg Les religions vacillent, elles ne parviennent plus à nous libérer de nos grandes peurs de la souffrance, du Néant. Les sciences donnent parfois l'impression d'échapper aux apprentis sorciers et de susciter plus d'angoisse que de promesse de salut. Pendant longtemps, la politique, les idéaux nous berçaient de l'illusion de notre libre arbitre, du pouvoir de la volonté humaine à changer la face du monde. Une par une, nos illusions s'effondrent. Nous ne sommes plus maîtres de notre destin, impuissants témoins devant la fuite en avant de l'humain autodestructeur qui, au mieux, cache la tête sous le sable pour ne pas voir l'instant de sa perte. L'homme nu grelotte au milieu du désert de sa solitude...

  Vision apocalyptique exagérée ou lucide, découlant d'une simple réflexion sur l'état de notre monde? Que reste-t-il à l'homme pour pouvoir continuer à vivre? Certains répondent: l'Amour. Comme ça, avec un grand A. Pour signifier peut-être qu'il ne s'agit pas d'un sentiment à la petite semaine, celui qui passe et qui nous plonge dans la détresse mais d'une gigantesque et mystérieuse onde d'énergie enveloppante et salvatrice. On s'y sentira bien, à l'abri de tous les dangers comme dans le liquide originel de nos premiers instants de vie...

   J'ai du mal, j'ai du mal à croire à la survenue de cette force, soudain universelle qui balaye les guerres, l'agressivité attisée par l'appât du gain, l'indifférence glaçante, transformant les milliards d'humains en un troupeau pacifique bêlant à l'unisson l'amour de son prochain... Dans un monde tiède qui deviendrait rapidement à mourir d'ennui. Comme un genre de paradis terrestre.

   L'Amour doit demeurer un idéal, un souhait ardent et une réalisation difficile qu'il convient de mériter. Comme un diamant étincelant et rare: il ne faut pas le galvauder. 

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Etude en atelier (fusain, 2010)

10 Octobre 2011, 12:39pm

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Publié par Flora bis

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Etoiles immuables...

6 Octobre 2011, 13:18pm

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Publié par Flora bis

   Quand on envisage de raconter quelques souvenirs, la question "pour quoi faire?" apparaît immédiatement. Pour l'incursion vers une jeunesse fugace et révolue? Pour en faire profiter un auditoire qui n'en demandait pas tant? Le fantôme de Marcel P. avec sa madeleine trempée dans l'infusion de la tante Léonie nous effleure. Raconter, oui, mais c'est le "comment" qui aura toute son importance! Je pense à mon père: quand il lançait la machine à rembobiner les souvenirs, l'auditoire demeurait suspendu à ses aventures et surtout, à sa façon de les éveiller qui semblait lui faire revivre l'histoire, nous invitant au beau milieu, avec le sourire et une larmichette parfois... 

   Difficile d'être à la hauteur des modèles évoqués! Marcel, ce n'est même pas la peine de le viser, il est inégalable! Comment rendre aux choses quasi insignifiantes du quotidien une portée universelle? Je n'ai point cette prétention. Alors, peut-être, pour fixer le temps; du moins, s'en donner l'illusion...

   Je viens de relire un roman*, au bout d'une cinquantaine d'années. Rien que le chiffre me donne le vertige! J'avais envie de me confronter à l'enfant passionnément boulimique de lectures que j'avais été. Avec la nécessité des mots sous les yeux, ne serait-ce qu'une page de journal ou un vieil almanach en lambeaux, partout, même à table, jusqu'à ce que la sanction tombe...

   Ce livre a marqué mon imagination: je l'ai entamé à l'époque comme on visite un temple célèbre, avec l'attente d'un enchantement qui ne décevrait pas. J'y ai souvent pensé depuis, avec l'envie de replonger, adulte, dans les six cents pages, pour savoir si la magie opérerait toujours...

   Tous les jours, depuis un mois, il m'attendait sur ma table de nuit et j'ouvrais la porte dérobée de la fin de la soirée où ma vie française pouvait s'évanouir pour laisser la place à l'univers de la langue hongroise, partagé avec moi-même, avec mon enfance aussi... J'entrais dans les pages comme dans un nid douillet et familier où les phrases ressurgissaient, empreintes intactes dans la glaise de la mémoire...

* il s'agit du roman de Géza Gárdonyi: Egri csillgok (Etoiles d'Eger), non encore traduit en français à ma connaissance    

 

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De l'orgueil...

3 Octobre 2011, 17:44pm

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Publié par Flora bis

En français, l'ORGUEIL est un mot masculin. Est-il une vertu exclusivement masculine pour autant? (en hongrois ou en turc, la question ne se pose pas, puisque le genre des substantifs n'existe pas...) L'orgueil est-il le contraire de l'humilité, ou bien existe-t-il un lien entre ces deux notions bien plus étroit qu'il n'y paraît? Voici un petit bouquet de citations de la plume des grands esprits à ce sujet:

 

"L'orgueil précède la ruine de l'âme et l'esprit s'élève avant la chute"  (Livre de Job)

 

"Le comble de l'orgueil, c'est de se mépriser soi-même."   (Flaubert)

 

"Il y a des gens qui ne dépouillent jamais leur orgueil. Leurs fautes, s'ils les passent en revue, c'est à cheval."   (P. Masson)

 

"On est orgueilleux par nature, modeste par nécessité."   (P. Reverdy)

 

"Les scrupules sont fils de l'orgueil le plus fin."   (St-François de Sales)

 

"La modestie n'est qu'une sorte de pudeur de l'orgueil."   (M. Jouhandeau)

 

"Un homme qui tient vraiment sa tâche pour surhumaine, finit inévitablement par tenir pour surhumaine sa propre personne."  (Gy. Illyés) 

 

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Coquille

29 Septembre 2011, 11:46am

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Publié par Flora bis

DSCN0166 Je suis femme de ménage. Technicienne de surface, si vous voulez. Agent d'hygiène, encore plus ronflant, plus hypocrite. La vérité est que je débarrasse les déchets derrière mes frères humains qui, de ce fait, n'ont aucun scrupule à en semer partout.

   J'opère la nuit, lorsque les locaux, énormes cages de verre insonorisées, à air recyclé sont désertés, silencieux sous les néons de morgue. Je pousse mon chariot dont le grincement érafle le calme nocturne: la roue arrière gauche déséquilibrée, sans doute. Je ne fais rien pour y remédier. J'ai tant d'autres chats à fouetter!...

   Une façon de parler. Il n'y a même pas un chat qui m'attend dans la tanière que je regagne sous le ciel rose pâle. Rien n'a bougé pendant mon absence. Un désordre mesuré et réconfortant, vivant. Aucune trace hostile. 

   Mes livres occupent tout l'espace disponible, même au-delà. Mon refuge, mon évasion. Ils me transportent vers d'autres vies que la mienne, devenue purement et simplement le réceptacle de ces rêves. Un réceptacle et rien d'autre. Coquille vide.

   Dans la salle de bain, une seule brosse à dents. Plus de rasoir qui traîne, ni de cheveux noirs dans le lavabo. Je suis rousse.

   La corbeille à linge n'abrite plus que mes vêtements que je lave et repasse comme bon me semble, personne ne me presse. Aucune critique acerbe et malveillante qui fuse, aucune petite flèche maligne lorsque mon doigt touche la mince pellicule de poussière sur la table basse...

   Mon lit reste ouvert, je m'y laisse glisser le matin et je tente de réchauffer les draps. Un lit monacal, tout juste assez large pour une personne: heureusement, je ne suis pas trop épaisse... Dans mon cocon, il n'y a pas de place pour un intrus.

   Femme de ménage, statut peu brillant pour celle que j'ai été, il n'y a pas si longtemps, dans une autre vie. Dans une prison dorée. Sous l'oeil inquisiteur de mon tortionnaire personnel. A plein temps.

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Patrimoines

19 Septembre 2011, 14:08pm

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Publié par Flora bis

   Officiellement, nous ne sommes pas encore à l'automne! Les Journées du Patrimoine se sont souvent déroulées sous le soleil radouci distribuant ses dernières clémences. Hier, dans ma petite ville sympathique où la chaleur, la plupart du temps, réside exclusivement dans les coeurs, nous étions une poignée d'irréductibles à assurer l'animation sur la Place d'Armes, devant la superbe façade de l'Hôtel de Ville, ornée des sculptures de Carpeaux, un des célèbres natifs de la ville. Sous les bourrasques, à 15°, nous agrippant à nos blocs de dessin (avec la doyenne du groupe à 88 ans!), en compagnie des artisans bijoutiers et des fileuses de laine, emmitouflés dans nos parkas d'hiver, nous tenions bravement le front entre 9 heures et 17 heures... Quelques promeneurs égarés dans les intempéries venaient nous rendre visite, entre deux averses nourries qui menaçaient d'inondation nos frêles chapiteaux... "Plier mais pas rompre"  -  telle aurait pu être notre devise face aux assauts du vent du nord. Nos sculpteurs étaient à l'honneur, le thème local étant "la sculpture dans la ville"  -  et la nôtre est très riche en "prix de Rome". Beaucoup d'oeuvres ornent l'espace public.

   Pour ma part, mes doigts engourdis n'ont pu produire que deux croquis rapides: je vous en expose un ici. 

 

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Oeuvre de Gilbert * Le mépriseur (roman, extrait)

17 Septembre 2011, 12:32pm

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Publié par Flora bis

Le-m-priseur.jpg (...) Il doit lutter contre le poids qui presse ses paupières, ne quitter la forme des yeux sous aucun prétexte et attendre l'instant qui la dévoilera pour ce qu'elle est, simple infirmière armée d'une seringue. Un liquide gras et brûlant s'instille dans son bras meurtri, remonte la veine vers l'épaule, la poitrine, pour se diffuser aux artères et déjà tout se brouille autour de lui, ondule et se défait. Le jaillissement de la lumière n'illumine pas le couloir blanchi où traîne un banal chariot de médicaments mais une grande silhouette, femme à demi-dévêtue, voiles éparpillés par la danse, parée de bijoux et couronnée de pierreries embrasées.

   Il serre le bras, ou tente de le faire, pour raviver la douleur et rappeler le bleu, moins cruel que ce monstre froid, Hérodiade au clair regard de diamant... Le geste est inutile et le décor se change insensiblement. Les murs se teintent d'ocre et de feu, se détaillent de traits noirs, d'arabesques et de volutes, abondent en degrés, pilastres, colonnes, qui se heurtent à angles droits.

   Sur la table de nuit, auprès du verre d'eau et plus indispensable que lui, le livre a gardé sa place, encartonné de gris. L'émeraude soulignée d'or appelle d'autres masses apaisantes, rouges, vertes, bleues, violettes, havane, grises. Il ne tient qu'à lui de voir le miracle se renouveler. Mais il préfère entraîner ses yeux vers le spectacle qui se joue sur sa droite.

   Un dernier voile est tombé, le plus transparent, interrompant la chorégraphie, figeant la marionnette sur une crainte. Il serait encore possible de détacher les fils qui la retiennent pour que le tableau un jour entraperçu s'affaisse sur le dallage gorgé d'eau de javel. Une seule sortie par semaine et revenir entre les pages, insouciant à deux doigts de la fin, filer l'illusion de l'immortalité.

   Ors et joyaux flamboient et la main aux lourds bracelets se lève vers l'horizon, non pour le désigner mais pour le chasser. L'effort est tardif, dérisoire. L'ardente figure aux longs cheveux bouclés vient de surgir à la fenêtre. Les murs ont repris leur froideur qu'ils ont teintée de pourpre, couleur qui rampe sur la femme, son bras, ses seins, son ventre, ses cuisses, sur toute sa peau nue qui s'embrase, crépite et qui nargue une tête coupée suspendue dans les airs. (...)

Le mépriseur, éd. Manya, 1993

Petit clin d'oeil à Michel Christofol et à son article à propos de Gustave Moreau (un peintre que Gilbert aimait beaucoup) http://0z.fr/e52OW

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