Le blog de Flora

Ambiance de janvier...

27 Janvier 2013, 16:22pm

Publié par Flora bis

Unknown.jpeg    Il y a quelque chose de rassurant dans le cours immuable du temps. Dans la certitude que l'hiver sera remplacé par le printemps et que les cycles repartiront. Dans cette partie de la planète, le changement des saisons rythme nos besoins: fatigués de l'effervescence de l'été où nos énergies vitales sont au comble, l'automne nous invite au repos que l'hiver nous offre pour régénérer nos forces. Le printemps rallume nos envies et la lumière croissante nous amène en douceur vers l'apothéose de l'été...

   Nous sommes en fin de janvier. Imperceptiblement, les jours s'allongent, en signe d'espoir. C'est au moment du Solstice d'hiver où le soleil est au plus bas et la lumière à portion congrue, que le signal de sa renaissance retentit: minute par minute, nous gagnons en éveil; le processus s'inverse. Peu à peu, l'effervescence remplace l'hibernation, l'envie vainc la somnolence. Ce n'est pas encore bien visible. Les trottoirs sont recouverts de neige glacée, le gris du ciel nous incite à nous réfugier dans la chaleur du foyer... quand il existe...

   J'aime  le Solstice d'hiver, fête de Janus Bifrons, dieu romain à deux visages dont l'un tourne vers le passé et l'autre vers l'avenir. Pour moi, un signal puissant de l'espoir. Naïf, peut-être, mais vital.

   Nous en ressentons les premiers frémissements dans l'air et dans nos corps engourdis. Nous remontons la pente à l'instar du soleil. La vie doit triompher sur les appels de la Camarde... Faut-il toucher le fond pour pouvoir faire appel à nos instincts vitaux et remonter à la surface? A la lumière du soleil.  

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Souvenir d'un vrai hiver...

19 Janvier 2013, 12:45pm

Publié par Flora bis

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   Il neige en France! La belle affaire! Nous sommes en janvier. Ramollis par le confort des temps modernes, oublieux de vrais hivers d'antan mais aussi de ceux qui persistent encore au-delà de l'influence du Gulf-stream... Ils durent parfois la moitié de l'année. Et la vie s'accommode avec.

   J'ai déjà évoqué dans mes "Bribes de mémoire" l'hiver russe que j'avais eu l'occasion de "déguster" pendant le stage linguistique des quatrième-cinquième années universitaires. Il reste un épisode fugace, tellement éphémère que je n'en ai même jamais parlé... Pourtant, j'y repense à chaque fois.

    Les couches successives de neige, jamais balayées, jamais sablées, transformaient les trottoirs en patinoire. Nous sortions du théâtre Bolchoï après un ballet, et en moins de temps qu'il n'a fallu pour m'en rendre compte, je me suis retrouvée par terre, un peu sonnée... Je n'ai pas eu le temps de revenir à moi qu'un géant jovial, genre arbre gigantesque de Sibérie, m'a prise dans ses bras, me décollant du sol, brillant comme un miroir. "Что с тобой, моя радость?" ("Qu'y a-t-il, ma joie?") a dit la moustache givrée avec un large sourire, juste devant ma figure, et cette chaleureuse jovialité a fait fondre le trauma de la chute. C'était si joli, ce "ma joie" dont il me gratifiait, l'inconnue que j'étais et que je demeurais pour lui. Ma mémoire a gardé cette chaleur intacte, malgré les quarante deux ans passés depuis que, avec précaution, il m'a redéposée sur terre...    

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Lumières hivernales

17 Janvier 2013, 19:15pm

Publié par Flora bis

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   Janvier... Il est normal qu'il neige, qu'il gèle et que nous grelottions... J'essaie de découvrir de la beauté dans ce paysage hostile à mon état d'âme qui aurait plutôt envie de chaleur douillette pour panser ses plaies... Je suis au chaud, je repousse à l'infini chaque sortie non indispensable. J'ai froid à l'intérieur de moi.

   Je regarde le jardin à travers la fenêtre de la cuisine. La nuit tombe, le petit jardin baigne dans une lumière opaque, jaunâtre. D'où vient-elle? Aucune lampe à l'horizon, ma cuisine est éteinte. La neige est vierge de toute trace. Les chats des voisins cessent leurs vagabondages à la recherche des oiseaux imprudents.

   Cette lumière me fascine. Elle apparaît avec la neige fraîchement tombée, lorsque la couverture ouatée estompe toutes les souillures, tout le vacarme du quotidien, recouvre les stigmates de la déchéance. Une lumière d'outre-monde...

 

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Cahier Noir * extrait

8 Janvier 2013, 10:16am

Publié par Flora bis

cahier noir NEW Ce Cahier Noir, en succession au Cahier Rouge qui est à l'origine de mon "journal de bord" quasi quotidien depuis 2009, a démarré le 6 mars 2012. Jetées à la hâte, dans la totale spontanéité et sans correction, ces lignes ne doivent pas être limées avec soin, cela les priverait de la sensation d'attraper les mots au vol (Gilbert)... J'en suis aujourd'hui à la page 144. Il continue à témoigner de la nécessité pour soi-même de "fixer le temps", du moins s'en donner l'illusion...

 

25 novembre 2012, dimanche: Je suis de nouveau à l'expo. J'aimerais m'asseoir au fond de la salle pour écrire tranquillement. M. a téléphoné, ses éloges et ceux d'A. L. devraient me "booster" si je ne me laissais pas écraser par la prise de tête au sujet de ma mère. (...)

Étonnants, les "artistes" et les visiteurs... Si sûrs de leur jugement... Moi, NON... Si peu... Au sujet de certains, je suis plutôt sure du contraire... Ça me gène d'entendre "préserver notre qualité, niveau artistique"... Je ne me mets pas au-dessus du lot! Mais au moins, je ne me prends pas pour le nombril du monde!

Je suis de plus en plus agacée par tout ce qui me distrait de ce "recentrage sur moi-même". Il reste encore plus d'une heure et demie avant de pouvoir bouger.

Comment fait Mme X.? Elle colle au client et ne lâche sa prise que lorsque celui-ci rend les armes... J'en serais totalement incapable!... G. s'est fendu d'un "j'aime" pour mon "Nu champêtre". C'est rare. Peut-être a-t-il eu pitié de moi? Ou veut-il que je retourne voir ses tableaux? Les derniers ne m'ont pas plu. On se lasse de tout, lorsque l'aspect "nouveauté" est passé... Il faut se faire désirer, sans doute. Sans tomber dans l'oubli pour autant.

Pourvu que l'écriture garde sa magie pour moi! Elle me procure tant de moments de bonheur et elle meuble si richement ma solitude! Je me demande souvent si j'aurai un jour franchi le cap de m'exposer au risque de me voir renvoyer en pleine poire mon audacieux manuscrit... ma prétentieuse tentation de me faire "peser" avant de disparaître... Cela prouvera en même temps mon manque de soif de réussite, d'ambition de carrière... Je n'en suis pas particulièrement fière, d'ailleurs. Je vois tout ce petit monde qui s'agite dans ses démarches pour la gloire.Tout cela me semble bien vain mais il vaut sans doute mieux d'être "artiste" (ou le croire!) que de passer son temps au bistro! Encore que, l'un n'empêche pas l'autre...

Mme Y. est passée avec son chien de poche mais j'étais en discussion avec D. C.

Il faudrait tout de même que je me penche davantage sur la préparation de la prochaine expo. Mais d'ici là... Que de choses en suspens! Et combien de fois faudra-t-il que je retourne auprès de ma mère... Un temps haché... Pas assez de plages ensoleillés!... 

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Adieu Saturne, bienvenu Jupiter!

6 Janvier 2013, 20:21pm

Publié par Flora bis

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   Nouvelle année, nouveau départ! Nous aimons ce genre d'illusion: nous donner une chance de plus pour rattraper nos fiascos, mener à bout les tentatives de l'année précédente. Celles qui commençaient seulement à prendre forme timidement, tapies au fond des rêves...

   Le temps n'est probablement qu'une illusion créée par nos perceptions. Qu'est-ce qui ressemble plus à la minute précédente si ce n'est la suivante?... Le Temps, si insidieux qu'il ne se montre qu'en la somme de ses ravages...

   Dans les moments de profonde désolation (contraire à ma nature), je m'achète un petit vent d'optimisme: pour deux euros, les prévisions de mon horoscope me requinquent pour l'année qui débute. Il paraît que mes pieds de plomb étaient dus à Saturne, c'est lui qui a infligé à la pauvre Balance qui n'en avait pas besoin, ces lenteurs, ce marasme qui n'en finissaient pas... Je parie même que les printemps-été-automne sentant le moisi sous un ciel de plomb, ont été oeuvre de Saturne!

   Ouf, Jupiter piaffe déjà devant la porte! Cette planète sympathique, celle de l'élan, de l'optimisme et de la motivation me manquait tant depuis plus d'un an! Au lieu de me pencher vers la pente savonneuse devant mes pieds, j'ai envie de respirer enfin, de créer des choses à partir de mes fantasmes minuscules, sans autre prétention que le plaisir que cette occupation recèle! Et ce n'est déjà pas si mal.

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Voeux 2013

4 Janvier 2013, 16:48pm

Publié par Flora bis

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  Presque trois semaines sans toucher au clavier, cordon ombilical, reliant au monde virtuel, coupé! J'ai refusé les propositions de secours de mon neveu: ce sera une cure de désintoxication, comme pour des alcolos endurcis! Que de la radio Kossuth et de la lecture, avec un peu d'écriture dans mon cahier noir (grossi de 15 pages à l'écriture serrée en 15 jours...).

   Eh bien, beaucoup de sensations à digérer, beaucoup de stress, d'angoisses sourdes et constantes à évacuer, sans en être entièrement guérie... Je les sens dans tout le corps et j'ai envie d'une cure de sommeil qui gommerait tout. Tout en sachant que c'est impossible...

   Un temps frais, lumineux pour faire le contrepoint. 

 

Heureuse nouvelle année à toutes les personnes

qui auraient l'amitié de venir intentionnellement sur ce blog,

ou qui s'y égareraient guidées par un (pour moi, du moins) heureux hasard.

Si vous laissez, en plus, la trace de votre passage,

sous forme d'un échange de pensées,

alors, je serai entièrement comblée! 

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"Pénombre" pastel sec 2012

6 Décembre 2012, 18:16pm

Publié par Flora bis

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Attila József (1905-1937) :

4 Décembre 2012, 18:11pm

Publié par Flora bis

C'est le dernier poème de Attila józsef, écrit 9 jours avant sa mort, chez ses soeurs dans la petite pension au bord du lac Balaton.

..."le 3 décembrpim foto 37 ke, dans la soirée, il quitte silencieusement la maison pour une brève promenade. Les jours précédents, il a reçu la visite de quelques amis, a fait ses adieux par lettre à quelques autres (...). Avant de franchir le seuil, il lance aux siens cette simple phrase, qui continuera de résonner longtemps dans la mémoire de sa soeur Jolán  -  et aujourd'hui dans la nôtre: "Si je tardais, laissez la porte ouverte..."

    Dans la petite gare voisine, un train de marchandises est à l'arrêt. Attila se couche sur le ballast entre deux roues, pose son cou et sa main droite sur le métal froid  -  ce fer qui toujours eut pour lui le goût de la mort... Personne, dans la nuit tombée, n'a remarqué sa présence. Peu de temps après, le train s'ébranle...

   Horreur pure que cette dernière image d'un homme qui à ce point se punit: punit cette tête trop pleine de visions, coupable de l'avoir fait poète; punit la main à plume qui l'a si loyalement servi. Une mutilation qui devait, selon l'injonction d'un cauchemar récurrent, le réduire enfin à rien. A ceci près que l'oeuvre, en cette heure vouée au châtiment, était pour jamais écrite; et que nous continuons à y entendre, par delà la mort, un coeur battant." (Georges Kassai et Jean-Pierre Sicre, éditions Phébus, 2005) 

 

VOICI QU'ENFIN J'AI TROUVÉ MA PATRIE

Voici la terre où mon nom s'écrira

Sur mon tombeau sans qu'on me l'estropie,

Si veut m'enterrer qui m'enterrera.

 

Le sol me prend comme une tirelire

Puisqu'aussi bien le vieux sou que je suis,

Ce pauvre sou de fer, qui le désire,

Ce vieux sou de guerre au jour d'aujourd'hui?

 

Nos anneaux de fer, qui donc en a cure?

De bien beaux mots on y grava pourtant:

"Droit", "Sol", "Monde nouveau". La guerre dure.

Les anneaux d'or sont bien plus éclatants.

 

Je suis resté seul pendant des années,

Puis des gens vers moi sont venus nombreux

Dire qu'être seul c'est ma destinée.

Avec eux pourtant j'eusse été heureux.

 

Ainsi vainement a passé ma vie.

Sur moi je regarde et, je le vois bien,

J'ai fait le bouffon de façon suivie,

Ma mort non plus ne peut servir à rien.

 

Le printemps, l'été sont beaux, qui le nie?

L'automne est plus beau; quand l'hiver est fait

Pour qui n'espère un foyer, la famille

Que pour autrui, mais pour soi plus jamais.

1937

traduction: Guillevic, d'après Ladislas Gara

 

IME, HÁT MEGLELTEM HAZÁMAT...

a földet, ahol nevemet 

hibátlanul írják fölébem, 

ha eltemet, ki eltemet.

 

E föld befogad, mit a persely,

Mert nem kell (mily sajnálatos!)

a háborúból visszamaradt

húszfilléres, a vashatos.

 

Sem a vasgyűrű, melybe vésve

a szép szó áll, hogy új világ,

jog, föld.  -  Törvényünk háborús még

s szebbek az aranykarikák.

 

Egydül voltam én sokáig.

Majd eljöttek hozzám sokan.

Magad vagy, mondták: bár velük

voltam volna én boldogan.

 

Így éltem s voltam én hiába,

megállapíthatom magam.

Bolondot játszottak velem

s már halálom is hasztalan.

 

Mióta éltem, forgószélben

próbáltam állni helyemen.

Nagy nevetség, hogy nem vétettem

többet, mint vétettek ellenem.

 

Szép a tavasz és szép a nyár is,

de szebb az ősz s legszebb a tél,

annak, ki tűzhelyet, családot

már végképp másoknak remél.

 

(Bizarrement, dans la traduction, il manque l'avant dernière strophe... La voici traduite littéralement: "depuis que je vis, j'essaie de tenir en place dans le tourbillon. Ridicule, mais je n'ai pas fait plus de mal aux autres qu'eux ne m'avaient fait")

 

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Citations * Elsa Triolet (1896-1970)

30 Novembre 2012, 21:34pm

Publié par Flora bis

 

 

triolet-1.jpg On connaît mieux "Les yeux d'Elsa", chantés par Aragon et Jean Ferrat, que l'oeuvre littéraire de la Muse...

Elsa Kagan est née à Moscou, soeur de Lili Brik et belle-soeur du poète Maïakovski, tous deux se suicident... En 1919, Elsa part à Paris où elle se marie avec André Triolet, un officier français dont elle divorcera deux ans plus tard, tout en conservant son nom. En 1928, elle fait la connaissance d'Aragon: ils se marient dix ans plus tard. Ils participent à la résistance. Auteur de romans et de nouvelles, elle est la première femme à obtenir le prix Goncourt en 1945.

 

* Les hasards de notre vie nous ressemblent.

 

* Être bilingue, c'est un peu comme d'être bigame: mais quel est celui que je trompe?

 

* L'écriture, c'est comme la palpitation du coeur, cela se produit.

 

* Traduire des vers ou aller chez le dentiste, ça revient au même: on a mal, on s'embête, et le résultat c'est quand-même toujours des chaussettes reprisées.

 

* Le silence est comme le vent, il attise les grands malentendus et n'éteint que les petits.

 

* Créer est aussi difficile que d'être libre.

 

* J'arrive au temps des échéances. J'ai dépensé ma vie qui n'est jamais qu'un prêt et qu'il faut rendre à la mort usurière.

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A propos de "Royal affair"

26 Novembre 2012, 17:27pm

Publié par Flora bis

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   J'ai une certaine aversion contre le snobisme des titres non traduits. Soi-disant pour ne pas les fausser! Bizarrement, les défenseurs de ces pratiques ne sont si exigeants qu'envers les titres en anglais! (de plus, le titre original de ce film est: "En kongelig affaere", en danois...)

   Mais venons-en à notre film danois. Deux heures vingt de pluie, de pénombre, d'austère château royal qui s'apparente à une prison. Et de fait, il est une prison pour la reine Caroline Mathilde, jeune princesse ignorante des choses de la vie, instruite vaguement par sa grand-mère au sujet des devoirs qui l'attendent envers son époux, un roi étrange dont on suggère qu'il est fou... Aujourd'hui, on dirait "bipolaire", peut-être.

   Un Danemark du dix-huitième siècle où le peuple vit dans la misère, ravagé par les épidémies comme dans la plupart des pays de l'Europe de cette époque. Les idées des Lumières, venues de France, sont considérées comme dangereuses par la noblesse craignant pour ses privilèges. Elles font leur apparition par l'intermédiaire d'un médecin allemand, Johann Friedrich Struensee, nommé médecin personnel du roi.

A-Royal-Affair---Mikkel-Boe-Folsgaard-copie-1.jpgLes acteurs sont excellents, couronnés de prix dans divers festivals dont Cannes. Ma préférence va à Mikkel Boe Folsgaard, dans le rôle du roi Christian VII.  Il est époustouflant de justesse à incarner ce personnage qui oscille en permanence entre faiblesse, intelligence fulgurante et folie déconcertante.

   Sans détailler les périples du trio que forment le couple royal et le médecin, les bouleversements survenus en quelques huit mois et le dénouement tragique auquel le spectateur s'attend depuis le début, j'aimerais éclaircir pourquoi j'ai été captivée d'un bout à l'autre. Certes, j'ai un penchant pour les films que les admirateurs des "007" jugent ennuyeux à mourir (j'avoue même que, bizarrement, le bruit et la fureur m'endorment au bout d'un quart d'heure). Je me souviens d'avoir suivi à la télé, fascinée, durant des semaines, les épisodes d'un polar danois dont un producteur américain n'aurait fait qu'une bouchée de 50 minutes!

   La lenteur... J'en viens à faire son éloge... Dans un monde qui nous impose un rythme échevelé dans tous les domaines, cela fait du bien de s'attarder sur un visage, scrutant la naissance d'une émotion  -  et en la matière, les Danois excellent! Les ambiances, les images figées, les gros plans nous approchent de l'essentiel. C'est le contraire de l'esprit "zapping", des agitations et grimaces qui donnent le tournis et sont destinées à masquer une possible zone de réflexion. L'étourdissement est très commode, lorsqu'on ne souhaite pas ouvrir les yeux! Ou qu'on est incités à ne pas le faire...

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