Le blog de Flora

les mots des autres

Fin d'été

22 Août 2025, 11:53am

Publié par Flora bis

   Le soleil fait des efforts pour montrer ses muscles mais la fraîcheur de la nuit et du matin prouve que c'est bientôt l'avènement de "l'été des vieilles"!... Ou des indiens, pour certains. Rapide coup d'oeil sur les prévisions de la météo pour la semaine prochaine : à partir de mercredi, une pluie tenace nous attend. J'entends déjà monter les jérémiades des mêmes  -  qui se plaignaient de la chaleur suffocante de l'été  -  geindre à cause de la pluie... (et moi parmi eux, très probablement!)

 

La cloche de l'église St-Michel est en train de sonner le début de la soirée : "Au clair de la lune, mon ami Pierrot..." Un coucher de soleil de dimanche tiède, doux qui invite à dîner sur la terrasse. J'essaie de savourer ces instants rares pour faire barrage aux idées noires, toujours en embuscade pour mettre à mal le fragile équilibre recherché et si difficile à atteindre. Je m'accroche.

   Je viens de terminer le dernier roman d'Éva Bánki : "Apjalánya" ("La fille à son père", expression qui désigne en hongrois une fille qui ressemble beaucoup à son père, physiquement et/ou moralement). J'aime beaucoup l'écriture qui, en cercles concentriques, tourne autour de l'enfance, de la figure fuyante de ce père en échappée permanente, à vélo avec son imper avachi et démodé, pour percer son secret qui aiderait sa fille à comprendre ses propres tourments. Des années soixante-dix au tournant du siècle, période de transition et de bouleversements profonds dans une ville de la province hongroise, avec la déperdition progressive de son art de vivre à l'ancienne.

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Poésie pour annoncer le jardin du mois de mai

2 Mai 2023, 11:16am

Publié par Flora bis

   Ce matin, j'ai dû patienter jusqu'à 11 heures passées pour voir enfin le soleil inonder le jardin. Ce dernier commence à ressembler à une jungle négligée... La pelouse jonchée de pissenlits, de jacinthes sauvages qui peu à peu envahissent tout. Elle est bien arrosée... Je ne m'en plains pas vraiment quand je pense au sud du pays qui manque d'eau. Nous, on est dans la "goutte froide"! 

 Vendredi dernier, belle soirée de poésie chez Muriel dont je ne peux peux qu'admirer l'énergie inépuisable! Le thème : le jardin. L'invité, Pascal Hermouet nous a parlé de la poésie de Claude Esteban ainsi que de la sienne, Muriel a cité Yves Bonnefoy, puis sa propre poésie. Quant à moi, j'ai lu deux poèmes de Radnoti ("Hajnali kert" et "Szerelmes vers"  -  "Jardin à l'aube" et "Poème d'amour"), en hongrois et en traduction française, élaborée à l'époque en collaboration avec Muriel. D'autres participants ont apporté leurs contributions. La soirée s'est prolongée jusqu'à minuit, autour du verre de l'amitié et d'une table bien garnie, de la conversation vive et chaleureuse, égayée de chants et de danse, comme le Nord en a le secret...

   Avec le 1er et le 8 mai, les fins de semaine se rallongent et les semaines se raccourcissent... Le soleil joue à cache-cache, les radiateurs sont tièdes. Je n'ose pas me plaindre car je redoute beaucoup la canicule qui ne tardera pas à nous assommer... 

   Carpe diem! Je fais ce que je peux...

(photo: Muriel V.)

   

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Soirée littéraire : première de la nouvelle année

21 Janvier 2023, 17:06pm

Publié par Flora bis

     Hier soir, avec mon amie Evelyne, nous sommes arrivées chez Muriel sous une pluie diluvienne!... C'était notre troisième réunion de la semaine! Une performance, si l'on connaît ma réticence assez récente mais tenace à quitter ma tanière. 2-3° sur le thermomètre, pluie torrentielle, ajoutés à ma vision incertaine pour conduire la nuit  -  je  serais bien restée au chaud à me reposer!

   Mais c'était la première soirée littéraire de l'année que Muriel a pris la généreuse initiative d'organiser chez elle où les décors de Noël et le petit sapin clignotant étaient encore en place. Une bonne vingtaine d'irréductibles se sont rassemblés pour écouter Pierre qui faisait une lecture d'une heure et demie des textes écrits par lui-même sous le titre de "Souvenirs inventés". Annette et sa voix mélodieuse lui prêtait assistance. Visiblement, le public était sous le charme des souvenirs composés de fiction et de réalité savamment mélangées de l'auteur, heureux de partager ses heures de créations solitaires avec le public. Car en réalité, écrivons-nous pour notre tiroir? Assurément, non. Autrement, nous n'écririons pas sur nos blogs! Sans parler des autres réseaux sociaux. 

   Après la lecture, les convives ont joyeusement mis en commun les bonnes bouteilles et les victuailles salées et sucrées et les conversations vivifiantes des retrouvailles heureuses se sont poursuivies jusqu'à minuit passé.

Soirée littéraire : première de la nouvelle année
Soirée littéraire : première de la nouvelle annéeSoirée littéraire : première de la nouvelle année

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Avec Montaigne...

31 Mai 2021, 16:47pm

Publié par Flora bis

    Depuis mercredi dernier, le jour de notre première sortie "terrasse" pour déguster des moules-frites en grelottant sous le chapiteau traversé par le courant d'air glacial, le temps s'est grandement amélioré. Il fait jusqu'à 28° dehors, et le jardin ressemble à une jungle foisonnante, les chats des voisins se cachent dans l'herbe en guettant les oiseaux à chasser. Je pense que cela ne durera pas longtemps, la météo nous annonce déjà au moins 3 jours de pluie pour la fin de la semaine.

  Des invitations, une réunion associative au bout de sept mois de confinement... Nous nous sommes retrouvés avec grand plaisir, malgré les masques et les distances imposés. On ne peux pas se serrer la main, se prendre dans les bras, sans parler d'embrassades  -  en masque, horribile dictu!  -  mais bon, c'est encore une période de transition... Patience... Il faut se préserver et préserver les autres. Il faut aussi espérer que cette patience et cette persévérance qui nous guident n'auront pas asséché complètement notre capacité de manifester nos émotions, notre affection envers amis et famille, que nous pourrons encore vivre le partage sans peur, sans méfiance, en écoutant Michel de Montaigne: "Tu ne meurs pas de ce que tu es malade; tu meurs de ce que tu es vivant."   

   Nous avons écouté un exposé sur "la peur", inspiré par la célèbre phrase de Montaigne: "C'est de quoi j'ai le plus de peur que la peur."  De quoi déclencher des échanges riches ! Les Essais de Montaigne, si modernes, si lumineux, constituent une source inépuisable de réflexions pour l'homme d'aujourd'hui, perdu dans un monde sans repères. Montaigne l'humaniste ne nous juge pas, ne nous culpabilise pas, il nous prend tranquillement par la main, nous disant: je vis ainsi, je pense ainsi, je partage avec vous "l'humaine condition". Je n'impose rien à personne, ceux qui m'aime me suivent  -  s'ils veulent!

 

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Michael Lonsdale

22 Septembre 2020, 10:53am

Publié par Flora bis

   

   Michael Lonsdale vient de mourir à 89 ans. En pensant à lui, l'image du frère Luc, le moine de Tibhirine me vient immédiatement à l'esprit. Il a tourné dans beaucoup de films, des rôles caméléon,  impressionnants, véridiques, mais sous les costumes changeants, le personnage secret, observateur serein qu'il était aussi dans la vie, se laissait deviner.

   Selon un extrait du célèbre "Divan" de Chapuis, il était un boulimique de travail. J'ai noté quelques phrases de cet entretien, phrases qui trouvent un fort écho en moi:

"Le travail bien fait donne envie de continuer. La fatigue ne vient qu'à partir du moment que l'on fait des choses qui ne sont pas bonnes. Le bon travail redonne la force pour continuer. (...)

(...) Je m'adapte partout et je fais en sorte de prendre la couleur de l'endroit où je suis, pour ne pas être dépaysé. Il ne me faut pas être à un certain endroit pour être heureux. Le bonheur pour moi est de m'adapter aux personnes que je rencontre et aux situations et lieux où je suis. Et d'être observateur et heureux partout car il y a à observer et à apprendre dans tous les endroits du monde."

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Ecrivains entre eux

19 Novembre 2019, 18:49pm

Publié par Flora bis

   Voici quelques citations d'écrivains célèbres. Certains manifestent un esprit taquin, pour d'autres, l'écriture est une chose tellement grave  -  délivrance ou cri sans bruit  -  qu'elle transcende la réalité de l'existence.

Léautaud par Cocteau

* "Le style, pour l'écrivain aussi bien que pour le peintre, est une question non de technique mais de vision."  (Paul Valéry)

*  "Un écrivain ne lit pas ses confrères; il les surveille."  (Maurice Chapelan)

*  "La littérature n'a rien à voir avec la richesse du vocabulaire, sinon le plus grand des chefs-d'oeuvre serait le dictionnaire."  (Paul Léautaud)

*  "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit."  (Marguerite Duras)

*  "Un chef-d'oeuvre de la littérature n'est jamais qu'un dictionnaire en désordre."   (Jean Cocteau)

*  "L'écriture est une délivrance qui, phrase après phrase, mot après mot, devient un esclavage."  (Alain Bosquet)

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"La vallée du néant" de Jean-Claude Carrière

3 Décembre 2018, 17:11pm

Publié par Flora bis

   La semaine dernière, j'ai entendu un long entretien avec Jean-Claude Carrière, à propos de son livre paru en septembre. La conversation a si bien "vendu" le thème du livre que l'après-midi même, j'ai couru l'acheter à la FNAC. 

  J'admire Jean-Claude Carrière depuis longtemps, sans doute depuis "La

controverse de Valladolid" que j'ai vu à la télé au début des années 1990. Le Mahabharata et Le Dictionnaire amoureux de l'Inde ont atterri dans notre bibliothèque plus tard. Je savais qu'il avait collaboré à des dizaines et des dizaines de films dont j'ai vu un bon nombre sans savoir qu'il était l'auteur du scénario. De Bunuel à Godard, de Wajda à Forman, de grands metteurs en scène ont sollicité sa collaboration. Et je ne parle pas de ses adaptations pour le théâtre et pour la télévision. Depuis 1957, il ne cesse de publier des romans, des essais, en même temps.

   Une boulimie de travail de cette envergure ne peut que provoquer l'admiration. A 87 ans, il est inévitable de questionner le Néant. Et lorsqu'on possède l'énorme culture et la non moindre curiosité, la soif d'explorer de Jean-Claude Carrière, on en fait un livre de questionnements, de réflexions et de tentatives de réponse.

   Depuis ma rencontre avec la mort en 2006, je ne cesse de tourner autour du sujet. Je me suis fabriqué mon propre récit sur mesure pour me préparer à l'ultime rencontre avec le plus grand mystère, à l'acceptation de ma disparition. J'arrive à une conclusion qui laisse difficilement de place aux spéculations rassurantes d'une survie quelconque: notre existence se limite bien au parcours entre la naissance et la mort... Comment faire, pour la traverser enrichi et la quitter sans trop de regrets?...

 "Traverser l'existence chargé, nourri par des milliers d'autres expériences et recherches, par d'autres savoirs, rester constamment curieux, attentif, vigilant, et si possible y ajouter quelque chose, même une virgule, une note, un accent...

   La vie sur cette Terre est, dans ce cas, le plus beau cadeau possible. Un cadeau de l'invisible, du destin, ou, si l'on préfère, du hasard. Depuis que je suis né, si par bonheur je suis curieux, j'avance au milieu des surprises. Je suis étonné à chaque pas. On m'a donné toute une existence pour aller dans la grande forêt, où chaque arbre, chaque feuille d'arbre porte un mystère.

   Et j'ai de la chance d'être là. Peut-être avec ma petite lumière."

J-C Carrière: La vallée du néant

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"Fantastique!"

8 Juin 2018, 10:52am

Publié par Flora bis

 

Hier,  je suis rentrée en miettes de fatigue de la journée (de 9h du matin à 18h30) à la faculté des lettres de l'Université de ma ville. Et ce n'était que le premier jour! J'y ai participé à un colloque sur le thème de la littérature fantastique. Sans être fan du genre, je le connais assez bien grâce aux nombreux essais de Gilbert entre 1996-2006, en collaboration ou individuellement, dans des revues et aux éditions Belin et Ellipses. Hier, ma principale motivation a été de retrouver deux des contributeurs, Mathieu Lottiaux et Alain Delbe, éminents collaborateurs de notre revue "Hauteurs" que nous animions entre 1999 et 2009. 

   Entretemps, nous avons tous pris presque 20 ans... Le souvenir des 10 années riches et mouvementées de la revue continue à nous lier d'amitié  -  avec une pointe de nostalgie que seul un travail en commun bien fait peut générer... Dominique et Agnès, Perrine, Michel, Cathy et Daniel,  Muriel s'ajoutent aux deux noms déjà cités, plus quelques uns, de souvenirs plus douloureux que je ne nommerai pas...

   Alain, auteur de plusieurs romans et nouvelles était reçu en "guest star", de nombreux extraits de ses textes ont été lus. Mathieu qui vient de terminer son premier roman, a présenté une analyse fort savante du mythe du Golem (auquel Alain avait consacré un roman en 2004), d'autres contributions détaillaient les thèmes du vampire, de Peter Pan ou l'oeuvre de Steeman, écrivain belge de la première moitié du 20e s. Ce dernier a été une découverte pour moi: son oeuvre (dont les plus célèbres ont été portées à l'écran par Clouzot "L'assassin habite au 21", "Quai des Orfèvres") est un véritable laboratoire de l'écriture! 

    Les nombreux échanges entre les conférenciers et le public ont rendu la rencontre très intéressante et ont installé cette ambiance à la fois érudite et dépourvue de toute "prise de tête" hermétique, chaleureuse et enrichissante dont le Nord a le secret...

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Flow

11 Février 2018, 18:30pm

Publié par Flora bis

   Née le15 novembre 1933, Françoise Héritier vient de mourir le jour de son 84ème anniversaire, le 15 novembre 2017. Son dernier livre, couronné du prix Fémina : "Au gré des jours", est paru en octobre 2017, un mois avant le décès de son auteur.

   Dans sa première partie, le livre reprend le principe et le style du "Sel de la vie", l'énorme succès de Françoise Héritier en 2012. J'avoue avoir eu le sentiment que l'idée suivait le sillage de ce petit livre au charme léger et insaisissable, sans pour autant pouvoir l'égaler: le charme, suscité en grande partie par la surprise, l'originalité et l'inattendu, est rompu par le "déjà-lu"... On ne devrait jamais ré-exploiter les idées géniales nées dans le flow...

  Que veut dire exactement le "flow"? (nous y reconnaissons les mots français "flux", "flot", "fluide") Mis à part le sens de l'écoulement, du débit de l'eau, j'entends par "flow" l'état presque second d'inspiration totale, cet état de grâce dans lequel nous nous trouvons à quelques rares moments de création. Si quelqu'un a déjà éprouvé cette sensation sait de quoi je parle.

   J'ai trouvé sur le Net un article fort intéressant à ce sujet ("Osez écrire votre roman" de Laure Gerbaud).

"...Le flowc’est l’inspiration et la maîtrise d’un art ou d’une activité menées à leur excellence, leur apogée. C’est le dépassement de soi, c’est quand ta plume glisse avec vélocité et intelligence, quand tu fais corps avec ta pensée, tes émotions, tes compétences. (...) Bref, c’est l’instant de grâce quand tu maîtrises parfaitement ce que tu écris, et c’est tellement facile et fluide que tu as l’impression de recevoir de l’extérieur ce qui vient de l’intérieur. Tu es à ce moment parfaitement en accord avec toi-même, ce que tu fais et ta manière de le faire..."

   J'avoue l'avoir déjà éprouvé, en écrivant ou en dessinant. C'est mystérieux et troublant, cela vous tombe dessus sans que vous l'ayez provoqué, voulu. Vous quittez votre réalité pesante,  votre décor quotidien disparaît. Vous ne touchez plus le sol, vous flottez (encore le "flot"!...) dans une atmosphère indéfinissable, mu par cette énergie puissante qui vous libère des contingences habituelles, des attentes et des exigences, des peurs et des inerties. Vous planez mais dans un état de concentration totale.

   Et la jubilation demeure.

 

   

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Montaigne à Tournai (Belgique)

18 Septembre 2017, 18:55pm

Publié par Flora bis

  

   Le festival "Les (rencontres) Inattendues" de Tournai, entre le 31 août et le 3 septembre m'a épatée avec la richesse de sa programmation, autour du thème des héros, en musique, en réflexions philosophiques, scientifiques, artistiques. La belle ville de Tournai a servi d'écrin à ces manifestations, entre la Cathédrale, L'Evêché et la Halle aux Draps... Nous étions trois à franchir la frontière invisible entre la France et la Belgique pour y goûter, pour écouter et regarder un spectacle inattendu: "Montaigne" de Koen de Sutter.

   L'artiste met en scène et "joue" les "Essais" de Montaigne pendant près de 2 heures. Une performance. Il nous convainc de l'actualité toujours aussi réjouissante des pensées de ce philosophe humaniste du XVIe siècle qui ne cesse de nous apporter la démonstration à quel point il ne se prend pas tragiquement au sérieux: il est un "honnête homme" tout simplement, comme vous et moi, portant en lui "la forme entière de l'humaine condition". 

   Humilité, doute... Les maîtres-mots de Montaigne. D'ailleurs, ne vont-ils pas bien ensemble? Pourquoi écrit-il? A l'en croire, pour chasser l'ennui... "Ai-je perdu mon temps, de m'être rendu compte de moi, si continuellement; si curieusement? (...) Combien de fois m'a cette besogne diverti de cogitations ennuyeuses?"

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