Le blog de Flora

Dernier jour de l'année...

31 Décembre 2017, 11:57am

Publié par Flora bis

   Personne ne nous oblige à mettre un mot sur notre blog ou sur la page FB à l'occasion du dernier jour de l'année, comme tous les ans, pour clore notre "comptabilité" et pour saluer la première page, encore immaculée, du nouveau livre des comptes... J'obéis à une nécessité intérieure, comme si j'étais obligée de passer par là pour avoir droit à une nouvelle page, une nouvelle étape.

   Peut-on vivre sans espoir? Ceci pour éviter d'être déçu car la déception peut s'avérer tellement dévastatrice qu'elle risque de nous anéantir. Ne vaut-il pas mieux de vivoter prudemment, dans la demi-teinte à l'image de nos cieux du Nord?... Sous un climat ni trop chaud, ni trop froid. Toujours prêt à passer la petite laine ou à la laisser tomber. Eviter la montagne russe. Rester en alerte. Pour que le coup de couteau ne vous atteigne pas dans le dos. Plutôt de face.

   Cela fait des années que je vis à ce régime-là. A petit feu, retenant ma respiration, attendant le coup fatal. Il est souvent tombé, ces dernières années, ne manquant jamais sa cible. A chaque fois, j'ai essayé de me relever, me persuadant d'y croire encore. L'espoir déçu est très cruel, la remobilisation demande une énergie démesurée. En fin de compte, exsangues, nous vivotons comme des petits vieux, à l'économie de mouvements, d'émotions, d'amour et de rêves... Est-ce encore une vie?...

    Je sais, ce jour-là les réseaux sociaux bruissent de souhaits débordant d'optimisme, des voeux bons et sincères. Mes pensées sont discordantes mais, de toute façon, personne ne les lira jusqu'au bout. C'était ma comptabilité, tout simplement. Pour les autres, je ne souhaite que du bonheur, de la joie et de la santé. Très important, la santé. Elle conditionne en grande partie le reste.

 

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Avant Noël

19 Décembre 2017, 10:36am

Publié par Flora bis

   Presque 2 semaines sans écrire sur mon blog... Pour les quelques irréductibles qui reviennent

quand-même jour après jour pour laisser un petit caillou devant ma porte close, je voudrais noter que tous les jours, j'y pense, que j'essaie de m'y mettre mais le geste demeure suspendu avant de retomber, impuissant.

   Certains prétendent que c'est Mercure contrarié qui nous met des bâtons dans les roues et cela, jusqu'à mi-janvier. C'est mieux ainsi, au moins, nous savons que les contrariétés seront momentanées! Cela nous permet de patienter.

    Il y a tant à faire! Devant la montagne de plans à réaliser avant Noël, les stressés de mon espèces qui ont tendance à se noyer dans un verre d'eau (en hongrois, on dit même dans une cuillerée d'eau!) arrivent sous le sapin exténués, harassés, perclus de douleurs... Il faut donc d'urgence réaliser le miracle de la métamorphose en un être souriant, radieux, détendu, à l'aide d'une coiffure fraîchement arrangée, d'un maquillage léger mais efficace, d'un chemisier dernier cri ou sorti des mémoires ou d'un accessoire qui fera son effet. Tout en gardant un oeil discret sur les fourneaux, l'apéritif, la bonne température du vin et la table mise. 

   Et on y arrive! Car l'important n'est-il pas l'ambiance, l'excitation des enfants à ne pas décevoir, celle des adultes qui remiseront leurs ressentiments passés, leur fatigue à plus tard pour redevenir enfants pour une fraction du temps... Pour que l'ambiance soit celle des Noëls d'antan quand ils y croyaient encore... Cela vaut la peine. La magie fera son effet et laissera dans les coeurs une petite traînée de poudre dorée...

Joyeuses fêtes à tous!

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La déferlante Johnny...

7 Décembre 2017, 11:33am

Publié par Flora bis

    Sortir, faire un tour sur le Net, ce Forum moderne où tout le monde se sent légitime pour donner son avis sur l'état du monde, sur le sien aussi car il n'y a pas de raison... Une rapide incursion et je rebrousse chemin. 

   Je me perds dans l'avalanche Johnny. Je comprends les milliers de pauvres gens qui voyaient en lui le baume au coeur, le défouloir, la source du catharsis.  Des intellectuels austères dont Johnny était tout de même assez éloigné  -  même si j'admets qu'il était bien moins "simplet" que les caricatures le laissaient voir  -  des politiques parfois adeptes de fraîche date ou simplement de circonstance n'osent pas la fausse note car on n'a pas intérêt à se faire remarquer dans le choeur de l'émotion unanime. Hier, la journée entière, les média ont changé leur programmation pour ne diffuser que des témoignages sur le chanteur défunt : on voit, petit à petit, s'ériger le monument au héros national, englobant aussi tous ceux qui ne l'aimaient pas. Obsèques nationales, Notre Dame, défilé du cercueil sur les Champs-Elysées: finira-t-il au Panthéon?... La vague d'émotion grossit, se nourrissant d'elle-même.

    J'ai tendance à croire plus à la sincérité des anonymes qui racontent les bribes de leurs "rencontres"  -  perdus dans la foule immense d'une messe de Johnny  -  de loin, ou parfois de près, jusqu'à une poignée de main parmi des milliers, ceux qui se ruinaient pour suivre leur idole à travers les tournées... Ils ont perdu quelque chose, ils se consoleront par la mémoire et les chansons qui ne meurent pas.

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D'Ormesson, le séducteur irrésistible

5 Décembre 2017, 12:36pm

Publié par Flora bis

   Ce matin, la nouvelle de la mort de Jean d'Ormesson a éclipsé le bébé Panda du zoo de Beauval qui occupait le devant de la scène toute la journée d'hier, remplissant le creux médiatique.

   D'Ormesson avait 92 ans et tout amoureux de la vie qu'il était, n'en finissait pas d'écrire ses livres-testaments depuis quelques années. Bon client des plateaux télé qui se l'arrachaient, il distillait son humour pétillant, ses anecdotes et citations inépuisables. Avec le style élégant qui rappelait l'art de la conversation du Grand Siècle. Narcissique, séducteur, il s'ébrouait dans l'ambiance ainsi créée, sous le regard de ses nombreux admirateurs.

   Ce grand succès publique le desservait aux yeux des critiques comme si la joie de vivre ne pouvait pas aller de paire avec le talent littéraire. Le Grand Ecrivain doit tremper sa plume dans son propre sang, sinon dans la bile de sa souffrance!... Non dépourvu du sens de la dérision, de l'autodérision même, il laissait poindre un filet d'angoisse concernant la valeur littéraire de son oeuvre. Grand connaisseur  -  et admirateur éperdu  -  des grands auteurs et de leurs textes, il demeurait critique lucide des siens et les reconnaissances ne le rassuraient qu'à moitié.

   Paraître dans la Pléiade au printemps 2015 réalise son rêve véritable: mieux que l'Académie, mieux qu'un prix Nobel, siéger de son vivant parmi les plus grands noms de la littérature mondiale! A nous le plaisir de garder l'homme délicieux dans notre mémoire.

« tant qu’il y aura des livres, des gens pour en écrire et des gens pour en lire,
tout ne sera pas perdu dans ce monde
qu’en dépit de ses tristesses et de ses horreurs nous avons tant aimé ».
 

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