Le blog de Flora

A chacun sa vérité

12 Novembre 2019, 13:16pm

Publié par Flora bis

Je connais des gens qui s'accrochent à leur vérité comme le petit chien à son bout d'os, incapable de le lâcher, montrant ses crocs avec détermination si quelqu'un l'approche. Ces personnes sont généralement persuadées d'avoir raison et il leur faut à tout prix avoir le dernier mot. Des convictions en béton armée, sans l'ombre d'un doute, sans un instant d'hésitation qui leur conférerait un soupçon d'empathie, de capacité à se mettre à la place de l'autre, d'envisager ainsi une petite brèche dans leurs certitudes, afin qu'un embryon de communication sans agressivité puisse apparaître... Pour que le monde tourne en rond, il faut se ranger de leur côté, sinon, on est taxé de mauvaise foi, de provocation, voire d'agressivité à leur égard... Psychorigides? Mauvais coucheurs? Ours mal léchés? Chicaneurs?... Les nuances ne manquent pas mais il y a un fond commun. L'impossibilité de lâcher prise, de lâcher le contrôle. 

   D'où vient cette obstination? J'ai toujours soupçonné des blessures  lointaines dont on n'a même plus conscience, celles qui ont leur origine dans l'enfance, la plupart du temps. Il ne reste que les cicatrices, tenaces même invisibles. Toute crispation vient de ces réflexes de défense qui ont construit la forteresse imprenable dans laquelle la personne se réfugie pour se rassurer, pour se croire à l'abri... L'adversité est représentée par les autres qui ne partagent pas sa vérité et qui s'attaquent ainsi à son "bunker"... 

   La solution? Lâcher prise, ouvrir ses fenêtres vers les autres. S'accepter, avec ses faiblesses, ses imperfections; avec le fait qu'on ne détient pas forcément la vérité. Etre indulgent avec soi-même, s'aimer, pourquoi pas?...

"Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de chercher à avoir toujours raison"  (Chaplin)

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Festivités

8 Novembre 2019, 11:22am

Publié par Flora bis

   La fin de l'année s'approche... Pour moi, une année pleine de rebondissements souvent douloureux, parsemée ici et là d'îlots de bonheur grâce aux enfants et aux amis, m'aidant ainsi à passer les caps des désespoirs profonds.

   Hier soir, c'était un moment lumineux de cette nature-là. Mon texte "Nos étés indiens" a été présenté à trois reprises pendant l'année et à chaque fois, il a réuni tant d'amitiés autour de ces représentations qu'il agissait comme une respiration profonde, une bouffée d'oxygène parmi les angoisses sourdes. Pour remercier les cinq comédiennes et les deux amies qui avaient ouvert leur maison, poussé leurs meubles pour faire de la place aux spectateurs en nombre (avec qui nous avons partagé les mots et les victuailles), je les ai conviées pour un dîner à l'hôtel Royal Hainaut  inauguré en mai dernier dans l'immense bâtiment de l'ancien Hôpital Général dont la construction sur 40 000 m2 a débuté en 1752 et a duré 15 ans. Monument historique, il s'est métamorphosé en hôtel **** et en logements privés dans un cadre grandiose! Il fallait ce cadre pour être à la hauteur de ma reconnaissance envers mes amies.

   Nous nous sommes donné RDV chez moi pour une coupe de champagne en guise d'apéritif et nous sommes parties ensemble pour l'hôtel, pas très loin de chez moi. La chaleur de l'ambiance allait crescendo et nous avions du mal à nous quitter près de minuit. Pour preuve, quelques photos de la soirée (photos d'Annette, d'Anne et de moi):

   

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Semaine en crescendo

3 Novembre 2019, 11:22am

Publié par Flora bis

   Débutée comme le temps automnal : un jour le soleil pâle accompagné du vent frais entreprend à dénuder les arbres qui résistent coûte que coûte, le lendemain, la pluie fine et interminable, si familière dans notre région s'installe pour toute une semaine... C'est ainsi que mon pot de chrysanthème jaune attend toujours sur la terrasse... Vendredi-samedi-dimanche, l'accès au cimetière était interdit aux voitures. Et le trajet, si facile à pied il y a quelques mois encore m'est désormais quasi impossible... J'attendrai donc le début de la semaine prochaine. De toute façon, Gilbert était peu sensible aux fleurs, il patientera sans peine...

   Je sais maintenant comment se passe une scintigraphie. Elle ressemble au TEPScan, avec piqûre légèrement radioactive préalable qui nécessite 3-4 heures d'attente pour que le produit se fixe suffisamment sur des points problématiques. Ainsi, j'ai pu quitter l'hôpital et rentrer avec ma voiture pour le repas du midi, puis y retourner pour me laisser sangler pieds et mains sur une table rigide et froide et laisser se promener, tourner et retourner au-dessus de moi, à 3 cm du visage, la tête de l'appareil censé me "décortiquer" de pied en cape. 3/4 d'heure de patience... Heureusement, je ne suis pas une grande nerveuse.

   Hier soir : la récompense pour les désagréments subis. Une troupe  -  "La poule folle"  -  parmi eux deux de "mes" comédiennes dans une série de pièces courtes, souvent absurdes comme la vie même, m'a enchantée par ses huit talents drôles ou émouvants  -  sans exception!  -  que la remarquable direction d'acteurs a mis en valeur. Une salle pleine à craquer comblée et le pot de l'amitié pour échanger des compliments bien mérités!

   (photo: Corinne Mehaut)

 

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Panique et bain délicieux

28 Octobre 2019, 10:36am

Publié par Flora bis

   Difficile de retrouver l'autre univers, celui de la solitude, du silence, d'une certaine liberté aussi, après 10 jours intenses en famille... J'ai l'impression de débarquer sur une autre planète. Ma souplesse légendaire face aux changements fulgurants ne serait-t-elle qu'un lointain souvenir?... Face à moi-même comme unique interlocuteur, je m'observe, je note la panique qui m'envahit lorsqu'il faut retrouver en urgence un énième mot de passe pour communiquer, pour commander, payer en ligne  -  je m'essouffle, la gorge serrée, en apnée, je fouille et je ne trouve rien... Paysage apocalyptique qui ne fera que s'étoffer au fur et à mesure que le temps passera, me signifiant les preuves d'un déclin inévitable...

   Heureusement, il reste les mots, dévoués qui viennent à l'appel pour me plonger dans ce bain délicieux dont je ne comprends pas encore l'entière signification : d'où vient l'effet immédiat de bien-être qui m'envahit lorsque je les laisse affluer, ondoyer autour de moi pour en choisir ceux qui approchent le plus fidèlement la pensée... Une pensée qui, elle-même, la plupart du temps, se laisse modeler au contact des mots telle l'argile sous les doigts du sculpteur. C'est ainsi qu'ils m'amènent souvent vers des paysages que je n'ai pas choisis et ils m'ouvrent des horizons parfois surprenants. Comment s'ennuyer avec un jeu aussi mystérieux?...

 

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Anniversaire et nuage rose

13 Octobre 2019, 11:17am

Publié par Flora bis

   Je constate souvent que la semaine précédant mon anniversaire devient très mouvementée, pleine de surprises bonnes  -  et mauvaises aussi. Cette fois-ci, les mauvaises dominaient, la plus traumatisante étant une chute nocturne dans ma cuisine entre 3 et 4 heures du matin... Mon ange gardien a repris du service, m'a rattrapée au dernier moment, empêchant ainsi des dégâts plus sérieux ou définitifs... Je m'en suis sortie avec une bosse douloureuse sur le front, les genoux meurtris mais pas cassés... Le plus dur était de me relever: après une demi-heure d'essais vains, j'ai du me résoudre à appeler les pompiers...

   Le spectacle prévu pour le soir du 11 octobre ("lecture scénique" de mon texte "Nos étés indiens"), auquel je me raccrochais en pensées, tel le naufragé à une bouée de sauvetage, a été la consolation, le plaisir partagé qui a effacé le tunnel noir des deux semaines précédentes. Evelyne a généreusement accueilli la quarantaine de spectateurs (dont la plupart m'était inconnus), poussant les meubles de son beau salon. Dès le début, le public, très réceptif, a réagi au moindre mot, changement d'intonation des comédiennes, ce qui leur a donné des ailes et la lecture scénique d'une heure s'est terminée en feu d'artifice!... Je n'en revenais pas! Et j'étais très heureuse, il faut bien l'avouer.

   Nous avons longuement discuté autour de la table chargée de victuailles. Le plaisir de partage des mots et des émotions flottait dans l'air comme une onde toute puissante qui réchauffaient les coeurs dans ce monde menacé du blizzard de l'égoïsme et de l'isolement...

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Semaine noire... ça existe?

5 Octobre 2019, 13:31pm

Publié par Flora bis

   Il y a des moments où les planètes sont, de toute évidence, en opposition totale les unes avec les autres. Ou alors, ont-elles du mal à supporter leur propre image dans le miroir cosmique?... 

   Cette première semaine d'octobre a eu sa ration de mauvais coups du sort. Avec une constance rare: comme s'il en pleuvait... Résultat: le stress montait dans un corps noué qui tentait de résister en vain à la douleur croissante. Sans rentrer dans les détails, voici un épisode de l'avalanche:

Les escrocs ont besoin de pigeons. J'en suis un exemplaire désigné et je les attire comme le miel attire les mouches. J'ai beau jurer sur tous les saints que l'on ne m'y reprendra plus, ma naïveté congénitale succombe à la gentillesse, à l'assurance convaincante des prédateurs affutés. Moi-même étant incapable de rouler quelqu'un, j'ai sans doute du mal à supposer cette vilenie venant d'un autre...

   Sous l'effet d'un discours crédible et bien rôdé, je signe, comme envoûtée, trois chèques de 665 € chacun, à débiter 3 mois de suite, pour une commande de travaux dont je n'ai, de toute vraisemblance, pas besoin. Pour un tarif généreusement réduit (mais sans doute gonflé préalablement) qui s'ajoute à l'appât.

   Souvent, l'envoûtement se dissipe rapidement et je n'ai plus que mes yeux pour pleurer. Jusqu'à la prochaine occasion...

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Retour à Istanbul

24 Septembre 2019, 16:51pm

Publié par Flora bis

   Je fouille dans ma photothèque comme à chaque fois que que l'envie me prend de faire un petit voyage dans le temps... Nostalgie stérile? Je pense plutôt au besoin impérieux de m'évader d'un présent qui n'a rien d'exaltant, l'occasion mise à part de me réjouir que l'infirmière de ce matin, très professionnelle, n'a pas esquinté la seule veine qui me restait à exploiter, avant d'injecter le produit de contraste qui m'inonderait d'une chaleur intense, de la tête au pied...

   En farfouillant parmi les images, je tombe sur cette photo prise à Istanbul, en 1990, à la salle d'exposition de Institut Français où j'attends l'ouverture du vernissage de ma deuxième exposition. "23 Mayis  -  3 Haziran". Je constate que pour la xième fois, on a écorché mon prénom sur l'affiche... Je ne sais pas pourquoi, cette composition de deux consonnes "ZS" semble contre nature pour l'oeil français, pire encore que le "SZ"... Je note au passage que la mode était aux épaulettes démesurées, ce qui, forcément, affinait la ligne des hanches... Ceci dit, ma minceur de 42 ans, désormais inatteignable, était alors bien réelle. 

   J'ai exposé essentiellement des lavis d'encre, pris sur le vif dans de différents endroits d'Istanbul. Avec ma petite chaise pliante, je m'installais dans les mosquées ou dans les cimetières, au pied de la Tour de Galata ou au bord du Bosphore, en haut de la rue des brocanteurs ou dans les jardins de Karyie Camii (Saint-Sauveur-in-Chôra) et beaucoup d'autres... Je n'ai jamais été importunée: "Kolay gelsin!"  -  me disaient les passants avec un sourire d'encouragement... (ce qui veut dire à peu près: "Que la peine vous soit légère!" c'est à dire: "Bon courage!")

 

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De la photo, tout simplement

17 Septembre 2019, 19:03pm

Publié par Flora bis

   La photo naît de l'envie de fixer l'instant et de le voler au temps qui s'enfuit. Du moins, c'était ainsi aux temps désormais lointains où nous nous laissions surprendre par l'émerveillement d'une fraction de seconde et nous ne faisions pas des clichés en rafale : juste quelques images, soigneusement choisies, car le plaisir instantané était exclu à l'époque des pellicules et de l'attente des clichés sur papier. 

   Sur notre blog hongrois commun, le sujet de réflexion a été la photo dans tous ses états. Cela a donné lieu à de savants traités sur les appareils, les méthodes ou à des flots de nostalgie. Quant à moi, je cherche la nature de la pulsion profonde, commune à tant de gens, qui nous pousse à nous arrêter, à emprisonner l'humeur d'un instant, pour le métamorphoser en un fragment d'éternité. Dérober une parcelle de présent. Y revenir encore et encore, pour ressusciter l'émotion initiale.

   Le sujet? Paysage, nature morte, portrait, le corps humain  -  que cherchons-nous, en découpant dans notre vision du monde un petit rectangle dont nous choisissons les limites? La beauté? A chacun sa définition. Pour moi, c'est certainement la vérité de l'instant, dans laquelle se reflète l'émotion et l'illusion de l'éternité.

   

De la photo, tout simplementDe la photo, tout simplementDe la photo, tout simplement
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Obsolescence

9 Septembre 2019, 19:46pm

Publié par Flora bis

   La cafetière a-telle fait son temps? Même pas 2 ans d'usure, vous la jetez... Pareil pour l'aspirateur : pas la peine de le faire réparer, cela coûtera plus cher qu'un nouveau, pas encore utilisé...

   Le canapé? Le tapis sous la table basse, les doubles-rideaux?... Encore en bon état mais passés de mode... Vous ne pouvez plus les voir : les magazines, les émissions de décoration dictent les nouvelles tendances et vous avez horreur de l'étiquette de "ringard" qui pourrait être collée sur votre dos!

   Des vêtements remplissent quelques cartons que vous portez aux nécessiteux : heureusement qu'ils existent pour éponger votre mauvaise conscience de jeter autant de choses encore en bon état mais  -  passées de MODE!

   La nouveauté vous rajeunit, vous donne bonne mine et l'illusion qu'avec quelques rafraichissements ainsi effectués, votre vie prendra une autre direction, plus dynamique, plus légère... Se libérer du poids du passé, des souvenirs pesants, de la platitude de votre quotidien emprisonnés dans des objets dont il suffit de se débarrasser : tous les gourous modernes vous le susurrent à l'oreille... Après tout, on n'a qu'une vie et elle ne doit pas être sacrifiée au nom des principes d'avant le déluge! C'est maintenant qu'il faut vivre, dans l'instant présent! Ni dans le passé, ni dans l'avenir, hypothétique et incertain! 

   Votre regard glisse sur votre compagnon avachi dans son fauteuil, en pantoufles éculées, le journal sur les genoux... La tête renversée, la barbe grisonnante de 2 jours, il ronfle, dans une confiance bienheureuse et ignorante. Pour l'instant.

(peinture: R.T. 1998)

Obsolescence

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Tentatives et tentations

2 Septembre 2019, 16:10pm

Publié par Flora bis

Tentatives et tentations

   Une de mes amies a précisé (déjà, la nécessité de le formuler mériterait d'être analysé) qu'elle écrivait pour elle-même, sans un coup d'oeil sur le côté pour voir les réactions des lecteurs éventuels. Tout en redoutant sa susceptibilité, je n'ai pas pu m'empêcher de lui poser une question simple : si elle écrivait pour elle-même, pourquoi publiait-elle aussitôt sa production sur son blog, puis sur Facebook (élargissant ainsi son auditoire...) Il serait plus simple d'entamer un bon gros cahier à spirale, puis l'enfermer dans un tiroir, pour elle seule...

   Naturellement, supportant mal la contradiction, elle m'a accusée de couper les cheveux en quatre. Pourtant, si j'ai posé cette question, c'est qu'elle s'était posée à moi-même il y a 10-11 ans, lorsque j'ai commencé mes blogs et plus encore, à leur publication sur Facebook. J'ai cédé à l'envie irrépressible de mettre en mots les tourments qui m'assaillaient après la mort de mon mari : les souvenirs, ma place dans le monde, une liberté lourdement payée par la solitude, les bilans incontournables et l'obligation intime de mériter mon sursis. Peu à peu, les mots m'ont capturée et, au-delà de m'avoir secourue, ils sont devenus indispensables : les briques d'une vie plus vraie que la vie réelle...

   Au départ, j'écrivais dans un cahier mais rapidement, l'envie de partage m'a incitée à commencer mon blog français. Dans une langue d'adoption qui offre la distance nécessaire entre la réalité et sa perception. Je n'avais aucune prétention littéraire (de plus, les années d'expérience dans la jungle éditoriale pour les oeuvres de Gilbert m'ont rendue très méfiante), tout juste le plaisir de jouer avec les mots, la tentative d'attraper les plus justes, d'explorer leur puissance évocatrice. Rapidement, j'ai éprouvé l'envie de les lancer sur la Toile anonyme (pendant des années, sous pseudo) comme des bouteilles à la mer, sans prendre le risque d'un refus lapidaire et humiliant. Gloire minuscule et anonyme contre risque zéro.

   Soyons honnêtes : dès que nous exposons notre production, nous n'écrivons plus pour nous-mêmes. NOUS LA MONTRONS. Nous avons envie qu'elle existe. L'écriture reste lettre morte si personne ne l'a lue. Qu'elle plaise ou non, ce n'est plus de notre pouvoir.

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