Le blog de Flora

Je me souviens... II.

19 Octobre 2011, 17:52pm

Publié par Flora bis

Tancsics-utca_NEW.jpg La nostalgie est porteuse, surtout en temps de crise où les gens ont tendance à se replier dans un passé rassurant, familier qui ne leur réserve plus de mauvaises surprises, où ils peuvent trier les bons souvenirs.

Il m'est arrivé de céder à cette douce tentation (Je me souviens... I.) et il m'a semblé que le thème était inépuisable et de surcroît, il pouvait créer un écho enchanteur dans chacun de nous...

 

Je me souviens que l'arrivée du printemps avait une fragrance particulière... Soudain, à la sortie de l'école, la douceur infinie de l'air t'enveloppe, les vêtements chauds du matin paraissent insupportables, tu as envie d'exposer ton visage pâle aux caresses du soleil qui a retrouvé une vigueur nouvelle, et tu humes dans l'air ce parfum reconnaissable parmi tous: il charrie les bourgeons, les lilas et les jacinthes, l'herbe tendre et la terre grasse qui se réchauffe...

Je me souviens de l'impatience de mon père à retrouver les sensations de l'éveil de la nature: je le vois prendre une poignée de terre noire dans sa main, l'émietter tout doucement, pour se rendre compte si elle était prête à recevoir les semailles...

Je me souviens de cette fatigue irradiant tout le corps après une journée passée dans les champs... Les bras, les jambes pèsent une tonne, le corps entier fourmille des muscles endoloris mais bizarrement, le repos agit comme un bienfait dont on renaît avec plus de vigueur. Je comprends mieux la satisfaction de mon père après une journée au grand air, éreinté mais heureux... Je l'ai éprouvé plus tard: on se remet nettement moins bien d'un épuisement des méninges...

Je me souviens des orages d'été mémorables, des éclairs déchirant un ciel noir et le tonnerre immédiat, assourdissant. J'avais très peur jusqu'au jour où ma grand-mère a eu cette phrase magique: "Il n'y a que les méchants qui en ont peur". Depuis cet instant, les orages les plus effrayants me laissent de marbre.

Commenter cet article
F
<br /> ah oui, quelle belle petite aquarelle, je la revois avec plaisir!<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Ah oui, de mes 13-14 ans glorieux!...<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> J'aime ces fulgurances, ces réminiscences de notre passé, notre singularité au monde...<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Merci, chère Litteratus, ces "flahs" reviennent, intacts, dès que nous ouvrons la petite porte de la mémoire... <br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Un ciel d'orage noir ... Je l'ai vu un matin d'été, vers 8h à Istres. Il y avait cependant une déchirure de couleur vert clair dans la masse des nuages. La vision n'a duré que quelques instants, la<br /> pluie a tout masqué, rapidement.<br /> @+<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Mais il te reste, indélébile, dans la mémoire. Merci pour l'écho, André.<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Ah! des souvenirs comme ceux-là, des souvenirs de sensations éprouvées et restés intacts, moi aussi j'en ai regorge ! Et ils sont aussi liés aus saisons, aux êtres, à l'effort physique assurément<br /> plus sain saine que l'effort intellectuel...pratiquement les mêmes. Belle aquarelle aussi !<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Merci pour l'écho, Michel. Il nous reste surtout des sensations, des souvenirs teintés d'émotions qui se transforment en images... L'aquarelle est ancienne, je l'ai déjà publiée mais elle<br /> illustrait bien les propos. J'avais 13-14 ans...<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> et moi, je crois me souvenir de cette petite aquarelle.à moins que ce soit sa soeur jumelle que j'ai déjà aperçue sur ton blog ?<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Tu te souviens bien, chère Thérèse: c'est petite aquarelle que j'ai fait à 13-14 ans, de notre rue; cela correspond donc à l'époque évoquée!<br /> <br /> <br /> Continues-tu à peindre? Je suis passée chez toi: rien de nouveau depuis les vacances. J'y retournerai!<br /> <br /> <br /> Amitiés vives.<br /> <br /> <br /> <br />