Le blog de Flora

Dimanche maussade, 18 h...

29 Avril 2018, 18:18pm

Publié par Flora bis

 

  Dehors, il pleuviote. C'était prévu. Il n'empêche que c'est insupportable. Tout en sachant que la pluie manquait à mes rosiers.  Il y a la raison, si raisonnable!... Et il y a la réalité, ce ressenti des dimanche soirs tellement sinistres que cela ressemble à une condamnation.

   La grisaille accentue la désolation, les couleurs s'estompent, jusqu'à disparaître. Le ciel bas recouvre le monde  -  du moins le mien  -  qui s'étiole à l'étouffée. On se calfeutre, volets fermés, à la bougie. Il n'y a que sa flamme vacillante qui s'entête à rester verticale...

   Je me souviens de deux de mes amies d'antan. De l'une en particulier, pétillante, brillante, de grands yeux noirs qui vous fixaient tantôt étonnés, tantôt rieurs ou scrutateurs, sa voix rauque, ses rires qui  secouaient l'inertie de la salle des profs. Qu'est-elle devenue?... A-t-elle résisté aux dimanche soirs lugubres où la vie se terre?...

 

 

Dimanche maussade, 18 h...

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Impossible

23 Avril 2018, 19:33pm

Publié par Flora bis

de ne pas déposer un petit caillou sur la tombe de ma mère ce jour de 23 avril... Un caillou intime, visible uniquement par moi (et par les quelques personnes qui s'égarent sur mon blog)... Si c'est intime, pourquoi le partager?... Parce que les mots apaisent.

 

   J'ai choisi cette photo prise par mon fils.  

   C'était pendant nos vacances d'été. Ma mère se tient devant la porte de la cuisine, la coiffure toujours impeccable, amaigrie par le chagrin d'avoir perdu son fils, mon frère... Huit ans après mon père. La solitude, ce gouffre sans fond qu'elle n'a jamais supporté se referme sur elle. 

   Je lis dans son regard clair: elle esquisse un demi-sourire, histoire de ne pas gâcher l'ambiance... La famille est arrivée, son petit-fils chéri, celui de France est là pour quelques semaines, le complice des sourires et des jeux, des plaisanteries et des confidences depuis toujours, depuis l'éternité des vacances heureuses... 

   Sur la photo, elle me regarde dans les yeux. Je lis mon éternelle culpabilité.  

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Belle semaine

22 Avril 2018, 19:20pm

Publié par Flora bis

   Une semaine de bonheur pendant laquelle je pouvais remonter les volets le matin sans le mauvais pressentiment de les ouvrir sur un ciel de désolation, de grisaille menaçante... L'été a fait irruption dans le jardin, dans la maison et dans les coeurs: 28°, orgie de verdure en quelques jours, à tel point qu'il fallait tondre la pelouse d'urgence, mardi soir, à l'arrivée de la fraîcheur toute relative... Après les 15-16° de la semaine précédente, nous avions la tête et le coeur qui chaviraient... 

   La météo nous ramène déjà à plus de mesure: une dépression approche du côté des îles britanniques pour nous rafraîchir la mémoire: nous habitons dans le Nord!... Pas d'emballement prématuré!

   N'empêche... Cette semaine m'a fait un grand bien. La visite éclair de mon fils y est pour beaucoup. Il est venu mercredi pour écouter ma modeste prestation lors d'une réunion d'association et il est reparti tôt le lendemain matin, car le travail l'attendait à Paris. A cause des grèves, il n'a pas pu venir en train.

   Je voulais qu'il puisse profiter du beau temps, qu'il oublie la tension de son rythme habituel parisien, avec le transport quotidien harassant, la pression du travail et des horaires tardifs. Nous avons pris notre repas sur la terrasse, j'ai sorti la chaise longue pour qu'il se détende devant la beauté du jardin. Nous avons regretté l'absence de ma belle-fille et les deux petites mais la technique moderne a pu pallier un peu à ce manque.

   Hier, j'ai fait un tour dans la jardinerie du quartier pour quelques pots de fleurs, destinés à égayer la terrasse. 

 

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De l'audace, encore et toujours...

15 Avril 2018, 10:16am

Publié par Flora bis

   Qu'est-ce qui fait qu'une journée est perçue comme réussie?... La sensation agréable qu'elle laisse derrière elle, pour le lendemain. L'impression que nous n'avons pas perdu notre temps, notre vie. Ce sentiment dissipe le voile des angoisses familières, du moins pour un temps.

   La soirée du vendredi a été de celles-ci. Muriel, l'audacieuse et l'infatigable a réuni chez elle beaucoup de monde. Nous étions au moins une trentaine, certains étaient même assis par terre. La soirée a couronné le projet non moins audacieux d'inviter 2 peintres brésiliens pour une série d'expositions, de tables rondes et de démonstrations, de rencontres chaleureuses dont le Nord a le secret. 

   J'admire l'intrépidité de Muriel qui aime susciter des projets devant lesquels une personne ordinaire (dans mon genre) reculerait, dégonflée d'avance devant les difficultés. Elle me rappelle ceux dont Mark Twain disait: "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait."

    Les deux peintres sympathiques et talentueux ont commencé l'apprentissage du français il y a juste quelques mois, sans doute en vue du voyage. Cela n'empêchait pas la communication, la lecture des poèmes (y compris en portugais), avec l'aide de Manuel, leur accompagnateur espagnol polyglotte qui mériterait à lui seul un chapitre... 

   J'ai revu des personnes chères à mon coeur, perdues de vue depuis quelques temps. Elles ont souffert aussi, se débattent encore dans des difficultés souvent graves mais la soirée a été belle et stimulante. De nouveaux projets sont nés pour nous aider à vivre.

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Point de départ et de non-retour...

8 Avril 2018, 11:49am

Publié par Flora bis

   Je m'aperçois que mon jardin constitue un point d'encrage, non seulement dans ma vie mais aussi pour mon blog, point de départ pour une note à publier. Il arrive souvent que l'envie d'écrire, de communiquer existe mais il manque l'impulsion, la première phrase. Quelle direction choisir pour le vagabondage?...

   On n'a parfois qu'une vague idée de ce dont on aurait envie d'échanger... L'essentiel serait-il de discuter ou de formuler sa pensée pour y voir plus clair? Serait-ce, en quelque sorte, un dialogue avec soi-même?...

   La pénurie des commentaires donnerait raison à cette intuition. Dans mes statistiques de fréquentation, je vois un nombre de visiteurs parfois conséquent pour un petit blog qui ne fait pas trop d'effort pour se faire connaître mais heureusement qu'il y a Françoise M. et la fidèle Aude qui me laissent un petit caillou de temps en temps, signe de leur passage... Une autre fidèle Françoise est partie dessiner des nus légers et charnus, épanouis et mélancoliques à la fois, au-delà de ce monde matériel  -  mais en existe-t-il un autre?... Notre longue amitié virtuelle me manque... Suis-je une indécrottable sentimentale, bien que je m'en défende la plupart du temps, fuyant le déluge des émotions suscitées, calculées si souvent pour manipuler les foules?... Je suis bien consciente que c'est un réflexe de défense: je m'accroche à ma matérialité palpable pour protéger ma vulnérabilité et mes émotions à fleur de peau, en les enfouissant bien profondément, à l'abri des regards...

   Bon, après m'être livrée (comme dirait mon fiston) si intimement, je reviens à mon jardin. Quel plaisir d'assister à son réveil, un peu tardif cette année! Le camélia offre ses dernières fleurs, ayant résisté bravement aux gels de février, les jacinthes se terminent et les tulipes se bousculent au portillon. Et les draps, pour la première fois de l'année, sèchent sur le fil! 

(à cliquer sur les photos!)

Point de départ et de non-retour...
Point de départ et de non-retour... Point de départ et de non-retour...

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Pâques au tison

1 Avril 2018, 11:27am

Publié par Flora bis

   Les mètres carrés de mon jardinet qui reçoivent le soleil parcimonieux sont couverts d'un tapis de violettes. Au début, il fallait regarder attentivement la pelouse à peine dégelée sous ses pieds pour ne pas écraser les minuscules taches bleuâtres... Quelques jours plus cléments, un semblant de printemps, frisquet, sans feuilles et sans fleurs ont suffi pour que les violettes s'affirment. Je fais le tour du jardin, rapidement, sans m'attarder dans le vent mordant. A quand les matins doux et ensoleillés qui invitent à prendre son déjeuner sur la terrasse?...

   Dimanche de Pâques. Les croyants fêtent l'événement le plus important, fondement de la foi chrétienne: la résurrection du Christ. En effet, à l'image des sacrifices païens très anciens, l'Agnus Dei se sacrifie pour racheter les péchés du monde et vaincre ainsi les forces du Mal. Sa résurrection au troisième jour est censée de donner l'espoir d'une vie éternelle à tous les croyants, les rassurant en même temps qu'avec la mort, tout n'est pas fini; bien au contraire: la vraie vie, libre et immatérielle commence avec elle. 

   J'admets que cette conviction doit être une consolation profonde contre la grande peur de l'homme, sans doute le seul être doué de la conscience de sa disparition, de sa finitude, du Néant. Ceux qui ne possèdent pas ce remède, doivent faire avec cette angoisse métaphysique en se réconciliant peu à peu avec leur condition d'humain si fragile et  -  grâce à cette conscience  -  si puissant à la fois.

   

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