Le blog de Flora

reminiscences

Légende contre fatalisme mou

20 Juin 2026, 12:26pm

Publié par Flora bis

      La canicule est de retour... On prédit même que celle-ci sera plus longue et plus sévère que les précédentes. Nous voilà prévenus! Autrefois, c'était un phénomène rare; depuis quelques années, il revient de plus en plus souvent: chaque mois, puis bientôt, plusieurs fois par mois... On dirait que cette tendance n'effraie plus personne, que la majorité réagit avec un fatalisme mou, se limitant, au mieux, à l'aménagement de l'apocalypse, "en s'adaptant"...

   Je repense aux étés torrides de mon enfance dans le bassin des Carpates où mes ancêtres avaient trouvé leur Canaan, aux alentour de la fin du 9e siècle... Selon la légende, les deux frères Hunor et Magor (Magyar) partirent à la chasse et suivirent un magnifique cerf blanc qui les attirait de plus en plus loin, jusqu'à leur futur patrie... Ils y ont trouvé des terres fertiles, des champs verdoyants, des rivières abondantes en poissons  -  bref, le Paradis sur terre! Sans oublier deux belles princesses qu'ils ont enlevées et épousées selon les moeurs nomades de l'époque, pour engendrer les Huns pour l'un et les Magyars (Hongrois) pour l'autre. 

 

 

 

Hier soir, j'ai participé à une soirée littéraire, organisée par l'infatigable Muriel. Les textes lus et en partie écrits par les organisatrices et le public d'habitués, accompagnés par Max à la guitare, nous parlaient de la MER... A défaut de pouvoir écouter le clapotis des vagues et d'y faire trempette pour de bon, nous l'avons fait mentalement, grâce aux poèmes et à la musique!

(photo : Muriel, poète, écrivain, brodeuse d'histoires sur textiles aussi)

   

 

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Un weekend de Pentecôte revigorant malgré la canicule

26 Mai 2026, 17:38pm

Publié par Flora bis

   Avec la promesse du soleil enfin, l'envie revient aussi, peu à peu.. Encore que, sauter 15°, de 15 à 30 et au-delà,  sera éprouvant à coup sûr!...

   A peine ai-je écris ces quelques lignes, du jour au lendemain, une énorme canicule s'est abattue sur nous. Ici, dans la partie Nord du pays, nous l'avons ressentie encore plus, n'étant pas habitués à ces sautes d'humeur capricieuses qui nous feraient passer du manteau au bikini en 24 heures! Surtout les "personnes fragilisées", catégorie dans laquelle je suis rangée désormais.

   Je vis avec les volets baissées dans la journée, je dîne sur la terrasse après un léger arrosage du jardin. On conseille d'essayer de préserver les vieux; de toute façon, ils ne "profiteront" pas bien longtemps de ces bouleversements climatiques inhumains!...

   J'ai passé le long weekend de la Pentecôte chez les enfants, pour les revoir en compagnie d'un ami de longue date, Jean-Paul que j'avais vu la dernière fois il y a 5 ans. Depuis, il a franchi une nouvelle décennie que sa fraîcheur physique et intellectuelle démentent allègrement! C'est toujours un plaisir renouvelé de le revoir, le volubile raconteur  de souvenirs, l'homme chaleureux à l'accent  chantant de Toulouse, intact malgré une longue carrière d'animateur culturel, d'homme de théâtre à travers le monde, du Canada en Egypte, de Haïti en Turquie et en Tunisie, du Japon en Champagne (Portrait de Jean-Paul) - cliquer sur le lien)... 

    Nous nous sommes rencontrés à Istanbul, en 1985. Il est arrivé au Consulat de France, pour organiser, réveiller une vie culturelle francophone assoupie sinon moribonde. En peu de temps, il a monté une troupe de théâtre "Les Tréteaux du Bosphore" avec un répertoire classique (Molière, Ionesco, Obaldia, Guy Foissy, des sketches muets etc, etc... ), des festivals de théâtre pour les écoles et lycées francophones, des expositions et des séances de cinéma... G. a fait partie de la troupe pendant 5 ans et une de ses pièces a été jouée par eux. 

   J'ai passé le samedi et la moitié du lundi en compagnie des Enfants, ce qui est toujours agréable, reposant et réparateur! Les deux petites-filles traversent une intense période d'examens, bac et divers partiels, éprouvées non seulement par l'effort intellectuel mais aussi par la canicule...

 

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Cruel dilemme

6 Avril 2026, 12:52pm

Publié par Flora bis

   Il n'est pas simple de dire adieu à un blog, à une tranche de vie de 18 ans. 

  J'ai entamé cette aventure en juillet 2008, à l'époque de la relative nouveauté du genre. Cela faisait 2 ans que je me familiarisais avec la solitude, avec, soudain, le trop-plein de temps libre, après des années d'intense mobilisation contre le cancer, pour la survie la plus longue possible de Gilbert, un qui-vive qui ne laissait pas de place pour un pas de côté... Et tout d'un coup, il fallait apprendre  à se connaître, à occuper 24 h par jour avec ce nouveau sujet : moi-même...

   Les blogs venaient de naître à peu près à la même époque. Parfaits pour combler la solitude, découvrir le chemin vers soi en même temps qu'ouvrir une fenêtre vers les autres. Une frénésie de communications, de créativités possibles et autorisées, offertes au public, au lieu de rester dans l'ombre de l'anonymat. Selon ses désirs, son audace ou sa timidité, on pouvait y participer, à visage découvert ou masqué par un pseudonyme.

   Une vraie caverne d'Ali baba où l'on trouvait, ébahis, le pire comme le meilleur. Avec la joie de la surprise et de la découverte. Des relations naissaient, virtuelles mais avec de vrais sentiments d'amitié, de deuil et de l'admiration! On retrouvait des personnes disparues de notre vie depuis des décennies et qui réapparaissaient par magie, nous obligeant de prendre conscience de la fuite impitoyable du temps, dont, au jour le jour, nous ne voyions pas forcément les stigmates. 

   Je me souviens de la naissance de ce blog, pas à pas, de l'émotion intense qui me serrait le coeur  -  même sous pseudonyme choisi avec soin : Flora qui existe aussi en hongrois,  -  une des muses d'Attila Jozsef, ce géant de la poésie hongroise que je m'apprêtais à faire découvrir  -  car j'avais de l'ambition pour ce blog! Entre autres, diffuser ne serait-ce qu'à ma petite échelle, les oeuvres de Gilbert et celles de la littérature hongroise, en traduction, souvent par moi-même. Raconter ma vie aussi, mon parcours. Devoir de mémoire, dette de survivant. Pérégrinations, adaptations, attachements, amitiés, fidélités... 

   Possibilité de s'exprimer devant un public, tout en restant cachée... Peser le chemin parcouru, tracer le futur, le dégageant un peu aveuglément, à la machette dans la jungle. Avec précaution quand-même, à chacun son tempérament!... Je ne suis pas une guerrière.

   Et surtout, la toute puissance des mots! Cette addiction magique, une langue d'adoption à cultiver, en parallèle avec ma langue maternelle à ne pas laisser à l'abandon.

Difficile, sinon impossible d'y renoncer... Il est devenu un peu ce que je suis.

 

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Un beau week end dans la Baie de Somme

16 Mars 2026, 18:28pm

Publié par Flora bis

   Des souvenirs remontent à 10 ans ou plus, aux temps où nous passions des semaines des vacances d'été à Abbeville, plus exactement sur les plages de Fort Mahon ou du Touquet... D'ailleurs, de toute saison, nous nous y sommes retrouvés en famille, de Paris et du Nord, à mi-chemin, pour des anniversaires et pour des réveillons aussi...

   Le weekend dernier, le vingtième anniversaire de ma petite-fille aînée a servi de prétexte pour renouveler ces lointains souvenirs. Nous étions sept à occuper une maisonnette dans un village vacances, par un temps splendide qui s'est transformé le soir en un orage inattendu avec éclairs et averse de grêlons... Le lendemain, nous nous sommes offert une promenade à Quend plage, quasiment désert un dimanche matin. Le chien des enfants s'est dépensé en des courses folles, en liberté sur le sable mouillé et nous avons  pris notre dose d'oxygène et d'iode pour les semaines à venir!

Un beau week end dans la Baie de Somme
Un beau week end dans la Baie de Somme
Un beau week end dans la Baie de Somme

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Une longue cohabitation avec la Licorne, âgée de 5 millénaires mais toujours fringante

8 Mars 2026, 13:29pm

Publié par Flora bis

    Ce matin, j'ouvre mon ordinateur et je salue avec émotion le seul visiteur qui est venu sur mon blog hier!... Pour lui (elle) j'ai décidé de combler sans tarder le silence du blog depuis notre retour de Hongrie. La semaine a été extrêmement chargée : hier après-midi, en rentrant de la séance du kiné, suivie des courses alimentaires, je n'ai même pas eu la force de vider entièrement mon coffre : la voiture était garée trop loin de la maison pour que, épuisée, je puisse y retourner une deuxième fois...

   Avec vendredi soir, j'ai déposé le fardeau de ma procrastination, en présentant mon exposé sur "La Licorne" avec qui je vivais depuis plus d'un an, remettant sa rédaction finale pour les 3-4 derniers jours... Défaut congénitale  -  je me demande si elle est corrigible encore, en fin de parcours?... Sous adrénaline maximale, je me suis privée de toute distraction durant la semaine, en travaillant chaque jour jusqu'à minuit passé.

   Sans compter que le destin s'arrange toujours pour me taper sur les doigts au dernier moment, en guise d'avertissement pour la prochaine fois : au moment d'en imprimer 5-6 exemplaires nécessaires pour une bonne écoute à chacun, je dois constater que la cartouche d'encre achetée la veille ne marche pas... Vaines tentatives de dépannages auprès des amies, je retourne dare-dare au magasin pour y faire imprimer mes pages... Il ne me restera plus qu'à me préparer pour la soirée. 

   L'exposé s'est bien déroulé (avant d'y aller, je me suis même offert une demi-heure de chant à tue-tête devant mon ordinateur, de chants folkloriques hongrois, remontés de mon enfance, afin d'éclaircir ma voix avant la présentation de mon sujet!) Le bon échange qui a suivi m'a largement récompensée pour les efforts déployés pendant notre cohabitation de près de deux ans avec "ma" Licorne et avec sa riche histoire chargée de symboles toujours vivants.

(photo : "La Dame à la Licorne", musée de Cluny)

 

la 6e pièce "A mon seul désir"

la 6e pièce "A mon seul désir"

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Un après-midi qui fait du bien

14 Février 2026, 13:22pm

Publié par Flora bis

   Le couteau sous la gorge... Les délais négligés pendant des mois se resserrent, façon "noeud coulant, le stress monte et m'étouffe. C'est bien l'effet recherché, il indique que le niveau d'adrénaline est assez élevé pour me faire bouger du point mort.

   J'ai quand-même mis de côté les affaires urgentes, pour réserver mon après-midi à la visite de Sultan (prononcer : "Soultane"), une des anciennes élèves turques de Gilbert au lycée Galatasaray d'Istanbul, lieu de notre séjour entre 1984-90.

   La ville reste pour moi un point nostalgique toujours intact même si les larmes cessent de monter aux yeux comme pendant longtemps à la vue des lieux familiers ou aux sons lancinants des chansons de Zülfü Livaneli... Ville magique, éreintante, elle vous enchante, vous captive et ne vous lâche plus. A la fois par son immensité, la majesté de ses panoramas imposants et par les innombrables détails de la vie quotidienne qui deviennent familiers et font que vous vous sentez intégrés dans le paysage, dans le tissus même de la vie : elle vous adopte sans préjugé et sans distinction et vous vous sentez chez vous. Une fourmilière sans cesse en mouvement qui vous accueille, comme votre bakkal (épicier), votre kasap (boucher), votre baklavaci (pâtissier, marchand de baklavas) ou votre çiçekci (marchand de fleurs), qui vous offrent le thé pour vous faire patienter, voire un bouquet supplémentaire en signe d'amitié.

   La fidélité est pour moi une vertu cardinale, ai-je l'habitude de dire. Nous avons quitté Istanbul il y a plus de 35 ans. Nous y sommes revenus 6 ans plus tard, à l'occasion du mariage de Sultan, et avons revu bien d'autres élèves d'antan. Avec le regain de l'attachement intact.

   Et maintenant... 30 ans sont passés, Gilbert, leur professeur de français bien aimé n'est plus, depuis bientôt deux décennies. Je revois la jeune femme rayonnante d'antan en une professeure d'université de 55 ans, qui voulait me revoir à l'occasion de son passage à l'université de ma ville. Je suis très touchée car je ne connaissais les élèves de mon mari qu'indirectement, quand nous invitions ses classes de temps en temps à la maison pour un goûter. Des jeunes femmes brillantes, chaleureuses, avides d'apprendre. Nous regardons les photos de l'époque, et de plus récentes aussi qui racontent nos vies. Les décès, les naissances des enfants et petits-enfants, les espoirs et les préoccupations. Nous échangeons des petits cadeaux. Plus de deux heures s'envolent en un clin d'oeil.

(photo : j'ai accroché l'oeil bienveillant protecteur  -  cadeau de Sultan et de sa soeur Feyhan  -   au-dessus de mon bureau... J'en ai bien besoin!)

 

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Fidélité contre la fuite du temps

24 Janvier 2026, 14:08pm

Publié par Flora bis

      J'ai enfin terminé le dessin qui devait servir de modèle pour mes cartes de voeux et je m'apprêtais à les imprimer, après avoir préparé, nettoyé, "aligné" mon imprimante  -  et patatras, le premier essai a donné un résultat catastrophique! Dans l'urgence, mon fils m'a fait penser à un imprimeur en ligne bien connu, j'ai aussitôt préparé la maquette et commandé le nombre d'exemplaires prévus. Le petit colis est arrivé hier matin et j'ai donc mon programme copieux pour le weekend! 

   Il fait maussade comme il sied à un mois de janvier finissant. Après la courte période du début du mois, enneigée, glaciale et glissante, je me réjouis du redoux, j'essaie de trouver beau et rassurant le ciel parfois couvert.

   Quelques coups de fil retentissent d'un passé désormais lointain... Un ami du siècle dernier (1976-82) quand - après 2 ans en Hongrie, puis autant en Algérie - Gilbert a reçu sa nomination au lycée franco-allemand de Berlin-Ouest et nous avons débarqué avec une bande de professeurs fraîchement nommés, la plupart célibataires, des quatre coins de la planète (surtout d'Afrique et  d'Amérique du Sud etc.) En attendant que nos appartements soient préparés dans une des cités militaires, nous étions logés dans l'hôtel Aiglon, à l'entrée du Quartier Napoléon, le QG de l'Armée Française occupant le nord de Berlin-Ouest... L'amitié avec beaucoup d'entre eux a traversé presque 50 ans, elle perdure, et à chaque fois, nous nous étonnons de nos cheveux blancs.

   Un autre coup de fil dans la matinée me rappelle nos années d'Istanbul où Gilbert a fait du théâtre pendant 5 ans. L'animateur culturel du Consulat français qui dirigeait la troupe ne manque jamais me faire signe plusieurs fois dans l'année, en particulier vers Noël...

  Cette semaine, je reçois un message d'une ancienne élève de Gilbert, du Lycée Galatasaray d'Istanbul : début février, elle sera de passage à l'université de ma ville et elle aimerait me revoir si j'y habite toujours...

   Ces messages ressuscitent un passé de plus en plus lointain - où nous étions jeunes et voyageurs... Ces relations ont gardé, pour la plupart, leur fraîcheur. Durant les années écoulées depuis, nous nous sommes souvent revus avec bon nombre d'entre eux : Raymond, Patrice, Alain, Michel, Maddy, René, Chantal, Jean-Paul, Judith, Anne, Özge, Soultane, Haydée, Jean-Marie, Philippe, Marlène et Claire... etc, etc... Chez nous ou chez eux, parfois chez nos parents, en France ou en Hongrie... Et les liens restent solides car on se lie plus vite et plus fort quand on est jeune.

    Le monde autour de nous a changé mais pour moi, la fidélité reste une vertu cardinale. Elle a la capacité de rafraîchir, de garder intacts les sentiments du passé, de la jeunesse immuable du coeur. 

 

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Le temps qui s'émiette... à moins qu'il ne s'égoutte...

14 Janvier 2026, 18:13pm

Publié par Flora bis

   Nous profitons d'un redoux bienfaisant. La neige a disparu, les trottoirs sont larges et dégagés. En contrepartie, le ciel se cache sous une épaisse couverture grise, déversant de la pluie un jour sur deux. Ainsi, nous ne nous rendons pas vraiment compte que la lumière augmente, minute par minute, tous les jours. Mais intimement, nous le savons. Et c'est déjà réconfortant en soi.

   Le lendemain des séances de kiné (deux fois par semaine), je suis  courbaturée comme si je sortais d'une centrifugeuse... Alors, je me ménage une rémission en douceur : j'ai suffisamment à faire devant mon ordinateur ou avec mon livre à lire et à annoter le plus rapidement possible. Cependant le plus urgent : mes cartes de voeux qui doivent arriver à destination avant la fin du mois! Je fignole, puis je change de fond en comble le dessin du visage, destiné à devenir carte à imprimer. Il se modifie comme mon état d'esprit, voire mon état d'âme, encore plus chamboulé... Je mets en couleur le noir et blanc, je triture son expression, en lui donnant un air plus jeune, plus serein, histoire de tenter d'exercer ainsi un coup de force sur moi-même... Marre de cet état de vieille chose désappointée en permanence!... Comme en ce moment même, où mon petit monde balisé se fissure et tout se complique, me menaçant de s'effondrer. Essayant d'oublier les douleurs sournoises et diffuses, "je me secoue" comme on me le conseille si souvent, plus ou moins ouvertement, et avec plus ou moins de ménagement... Est-ce que je finirais vraiment par "m'affaisser" définitivement, sinon?...

   Il y a des moments où l'on voudrait posséder une pédale capable d'accélérer le temps et à d'autres, la même pédale serait serait prête à le ralentir, voire l'arrêter complètement, afin d'en savourer chacune des miettes. (A ce propos : le temps en a-t-il, des miettes, ou plutôt des gouttes, dorées comme le miel?...)

 

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Rituels de fin d'année

3 Janvier 2026, 17:01pm

Publié par Flora bis

   Nous avons la capacité de "visualiser" les jours, les semaines, nous donnons mentalement des couleurs aux unités du temps, inventées pour nous-mêmes, sans doute pour tenter de nous repérer dans son écoulement. Tiens, "écoulement'" : nous visualisons donc le temps comme un cours d'eau qui s'enfuit devant nous, obstiné, inarrêtable et pas forcément linéaire... Il contourne des obstacles, ralentit ou accélère mais ne coule jamais vers la montée : il suit une pente douce, devient parfois cascade ou déluge...

   Je m'égarais ainsi dans mes raisonnements qui se déclenchent immanquablement comme des cercles concentriques d'approche, tandis que je tourne autour du sujet qui n'a rien à voir("comme le chat autour du plat de gruau brûlant"  -  je traduis du hongrois cette expression qui me revient à chaque fois) pour me lancer, tout en visualisant le gros chat tigré méfiant... Alors que je voulais évoquer tout simplement le réveillon de Noël chez les enfants, le plaisir éprouvé à partager leur compagnie, cette ambiance gaie et un brin solennelle quand chacun revêt, de pied en cap, son habit de lumière ou son pull de Noël!... On s'affaire à la cuisine et à la cave, autour des cadeaux, sourire aux lèvres : c'est Noël, avec ou sans crèche, comme on veut.   

 

 

Une semaine plus tard, on se prépare à la rencontre de la nouvelle année, souvent avec des amis. Aussi loin que je me souvienne, j'ai attendu les 12 coups de minuit debout, un verre à la main. Ainsi, ce moment fulgurant, à peine saisissable devient un vrai seuil à franchir, si possible en amicale compagnie, car ce sera un présage pour l'année nouvelle. Embrassades, voeux de bonheur et de santé, les plus sincères! Ces rituels sont indispensables pour la cohésion familiale et sociétale, autrement dit : pour notre bien-être, notre santé mentale et émotionnelle. Pour notre bonheur si convoité et espéré...

 

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Avenir radieux

15 Décembre 2025, 12:32pm

Publié par Flora bis

   Comme c'est stimulant d'ouvrir ses fenêtres sur le soleil! Même si sa lumière n'est qu'un pâle reflet car en hiver, il n'arrive pas à grimper au-dessus de la maison du dr Zoude, en face (il n'y habite plus mais pour moi, elle reste pour toujours, "la maison du dr Zoude", figure immuable du médecin à l'ancienne de nos premières années dans cette ville devenue la nôtre). Après la rangée des jours  gris, notre niveau de sérotonine est au plus bas... A propos de sérotonine, peut-on en trouver, des fois, en pilules ou en gélules, au pire, en piqûres, pour nous donner un peu d'optimisme et de dynamisme, pour accomplir les nombreux "devoirs" heureux qui nous attendent jusqu'à Noël?...

   Les cadeaux commencent à être au complet (il manque le mien "de la part de Gilbert"), le kiné a encore quelques séances pour me remettre en état et supporter le voyage. Je dois préparer quelques gâteaux pour festoyer, faire des courses pour les ingrédients. (D'après les prévisions des planètes, l'année 2026 sera gorgée d'activités passionnantes!... Si celle-ci ne l'était pas encore, j'ai quelques inquiétudes quant à mes capacités...)

   Hier, j'ai entendu un débat intéressant entre historiens, psychologues, écrivains et journalistes. Le sujet : l'Intelligence Artificielle qui a fait irruption dans notre vie. Non seulement en outil scientifique mais comme une compagne de tous les jours pour certains, une confidente qui est toujours sous la main pour intervenir sur demande. Quelques témoignages filmés m'ont sidérée, p. ex. un jeun homme lui demandant un conseil vestimentaire ou une jeune femme pour surmonter ses problèmes de solitude... Oui, l'isolement est réel et pour le surmonter, il est plus facile de s'adresser à l'I. A. sur son téléphone, discrète et toujours disponible qui NE VOUS JUGE PAS!... D'humeur égale, elle remplace parents et amis. Pire : petit à petit, elle efface certaines connections, fonctions du cerveau qui s'étaient crées pour chercher à résoudre soi-même les problèmes surgis. Poison lent qui est en train de créer une humanité écervelée. Et elle n'est encore qu'aux balbutiements.

 

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