Et le temps passe...
Peut-on s'habituer à l'enfermement ? Je pense aux otages, jetés dans des cachots, les yeux bandés, dans l'insécurité et le danger de mort permanents. Comparés à leur précarité totale, nous avons la belle vie: la maison est chauffée, le soleil brille malgré le vent effilé comme un rasoir. Nous pouvons même nous signer une attestation qui nous autorise à sortir pour quelques courses ici et là. Je n'ai pas de chien à promener et je serais totalement incapable de courir.
Troisième semaine. Qu'est-ce qui vaut mieux: un enfermement solitaire ou un autre, partagé avec le compagnon/la compagne de notre vie?... Je n'aurai pas inventé la poudre en affirmant que cela dépend de la qualité de nos relations. J'ai vu des couples exploser au vol, le travail, les amis n'étant plus là pour désamorcer les conflits, le mutisme des face-à-face, la lassitude du désamour...
Dans le meilleur des cas, la contrariété du confinement se métamorphose en un chemin de la redécouverte de l'autre, parfois avec des kilos en plus et des cheveux en moins, avec quelques rides, naissantes ou confirmées dont les sillons nous invitent à lire avec tendresse le temps qui passe...


