Le blog de Flora

Demain sera une autre année

31 Décembre 2019, 11:10am

Publié par Flora bis

   Le rangement, l'aspirateur peuvent attendre : je ne peux résister à l'envie de parcourir rapidement cette année 2019 qui est passée à l'accéléré. Comme les autres, ces derniers temps... Plus on voudrait les ralentir, les retenir, plus elles fuient, s'éclipsent, glissent de nos mains restées vides...

   L'impression globale qu'elle me laisse, c'est celle des mois douloureux, pétris de doutes, d'angoisses liés à la maladie, et parsemés des pépites d'or des rencontres, des conversations précieuses, des soirées du plaisir à la rencontre du public pour partager mes solitaires voluptés de l'écriture... 

   La famille, les enfants et petits-enfants... Pourrais-je m'accrocher à la vie sans eux? Sans ce lien viscéral et indestructible, cet amour débordant que je ressens pour eux?... Je ne veux surtout pas peser sur ce lien précieux en me les accaparant par des appels au secours pour des tourments qui me poussent parfois au bord du désert... Lorsque je me peins un tableau désastreux de tous les ratages et gaspillages de mes années passées, je me console en me disant que leur existence justifie et sauve le bilan somme toute calamiteux de ma vie.

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Le temps devant soi...

20 Décembre 2019, 18:27pm

Publié par Flora bis

"Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et soudain, on ne sait même plus qu'il est là."

   Cette phrase de Sylvain Tesson, tirée de son roman "Dans les forêts de Sibérie" est revenue dans une conversation. Nous discutions de styles, de compositions, de livres et de leurs auteurs. Un lecteur "instinctif" n'a pas besoin d'analyser pourquoi il est attiré par tel ou tel auteur, par tel ou tel livre : il s'enflamme ou reste tiède, voire indifférent. D'autres comme moi, ne peuvent pas s'empêcher d'analyser ce "pourquoi".

   Je me souviens encore de la lecture de ce livre, des nombreuses pages cornées (pourtant pas dans mes habitudes), sur lesquelles une ou plusieurs phrases m'ont immobilisée, enchantée par la justesse, l'originalité de l'idée et de son expression, sans doute parce qu'elles rencontraient intimement ce que je vivais à ce moment-là. La "cabane", maisonnette perdue au bord du lac Baïkal, dans les -30° de l'hiver sibérien, permet la rencontre avec soi-même, la tenue d'un journal intime à la lueur d'une lampe à pétrole et accompagné du vieux poêle qui fait fondre la neige pour avoir son thé à la vodka... Par bonheur, on n'est pas obligé d'aller jusqu'en Sibérie : on peut trouver sa cabane partout, même dans une grande ville. Et moi, pour qui le contact des autres servait jusqu'alors d'oxygène, j'étais en train de faire l'apprentissage de la solitude.

   "Dans la cabane, le temps se calme." J'aspirais à ce sentiment, après des années passées sur le qui-vive... M'arrêter, poser le fardeau, faire le point, ouvrir ma porte devant une quasi inconnue, moi-même. Avant, il y avait toujours plus urgent, prioritaire, vital. 

   Le temps... Cette image saisissante et finement esquissée : "il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et soudain, on ne sait même plus qu'il est là." C'est exactement cela. Fidèle, disponible,  il se fait oublier. Cependant, sa présence vous plonge dans un moment de grâce. 

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Soirée littéraire, ambiance festive

14 Décembre 2019, 11:43am

Publié par Flora bis

   En janvier, ce sera le treizième anniversaire de nos soirées littéraires chez les uns et les autres, librement, suivant les disponibilités de chacun. Muriel, notre hôte d'hier soir, a commencé par évoquer le souvenir de ceux qui nous ont quittés, nous laissant leur présence palpable. Elle a ouvert sa porte à une vingtaine de participants, pour présenter son recueil de poésies "Un ange et quelques nuits" fraîchement publié. Elle nous a fait la lecture de quelques poèmes, des images fortes et surprenantes que j'aime beaucoup, puis elle a passé la parole à ceux qui voulaient partager leurs propres textes, ou encore des extraits des livres de Baudelaire, de Hugo, de Bonnefoy ou de Boringer. Nous avons entendu des poèmes en espagnol, en arabe, en allemand et en hongrois (devinez par qui). J'ai imprimé et lu 3,5 pages des textes parmi ceux qui murissent dans mon ordinateur ou sur mon blog pour tenter de réveiller mes fantômes...

   L'ambiance était chaleureuse comme d'habitude. Il manquait quelques "anciens piliers" mais la richesse des programmes proposée en cette période est énorme et il faut faire un choix. Beaucoup de nouveaux et jeunes visages que j'avais grand plaisir à découvrir pour échanger avec eux. Rien à faire, l'ancienne prof n'est toujours pas éteinte au fond de moi!

   

Soirée littéraire, ambiance festive
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Week end chez les enfants

9 Décembre 2019, 10:45am

Publié par Flora bis

   Samedi matin à 9h, l'équipée dynamique des trois grands-parents restants a pris la route, bravant les menaces des blocages d'autoroutes, les intempéries et les arthroses diverses, pour rejoindre les enfants et petits-enfants près de Paris. L'occasion en était l'anniversaire de mon fils qu'ils ont dû faire glisser d'une semaine à cause d'autres occupations plus urgentes. Les deux petites avaient aussi leurs programmes avec les copains mais elles tenaient à être présentes aux repas et le soir avec les adultes, puis dimanche jusqu'à notre départ.

   Nous nous estimons gâtés, par les temps qui courent. Les traditions des fêtes familiales ont tendance à vaciller de nos jours... C'est une façon de maintenir et de cultiver le lien entre les générations. Si l'on cède à l'envie de faire l'impasse, la corrosion s'installe et l'édifice s'effondre... 

   Déjà, la distance est beaucoup plus grande, naturellement. L'aspiration des jeunes à plus d'autonomie est une bonne chose. Plusieurs générations sous le même toit devient rarissime après le départ des enfants. Les vieux vivent souvent plus longtemps, ils s'assument ou les enfants se désistent de leur rôles traditionnel d'autrefois de prendre le relais. Ils délèguent la tâche aux services payants. Les relations se réduisent à des visites (ou pas) qui se raréfient, et à contrecoeur, la plupart du temps. C'est le prix du progrès, de l'individualisme galopant dont les parents ont donné le goût à leurs enfants... Il faut l'assumer maintenant.

   Ce détour a été involontaire de ma part. Je voulais parler, en réalité, du plaisir que j'ai éprouvé à passer le week end avec les enfants. La veille du départ, j'ai préparé le fond de génoise pour l'omelette norvégienne, le gâteau choisi traditionnellement par mon fils pour son anniversaire. Il faut le parfaire et le garnir au dernier moment, battre les blancs légèrement sucrés en neige ferme sur un bain-marie et l'étaler sur une couche de glace généreuse, saupoudrer avec un peu de sucre roux avant de le passer quelques secondes (!!) sous le grill du four pour le caraméliser légèrement, puis, spectacle final, l'arroser d'eau de vie que nous allumons avant de déposer le gâteau sur la table, avec ses flammèches bleues... Le tout très vite, car la glace fond rapidement!...

 

Week end chez les enfantsWeek end chez les enfantsWeek end chez les enfants

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