Le blog de Flora

Du coq à l'âne mais dans l'ordre

19 Février 2026, 20:41pm

Publié par Flora bis

   "La nostalgie est néfaste, elle empêche d'avancer", me met en garde la personne que j'aime du seul amour inconditionnel qui existe : celui d'une mère... J'essaie de lui expliquer  -  vainement  -  qu'à mon âge, il y a plus de vie derrière moi qu'il n'en reste devant, qu'avec mon présent limité, enchâssé dans des précautions, seul le passé me permet de recréer "la vraie vie"... D'autant plus que je peux trier les souvenirs et ne ressusciter que les bons!

   C'était une belle semaine riche, pleine de stress et d'événements qui vous bousculent, tout en vous caressant... Je ressens le besoin de faire une halte comme d'habitude, pour retrouver la position d'équilibre dans le calme comme toute Balance qui se respecte. Cela permet de me lancer dans la bataille : préparer ma valise pour samedi à l'aube, un repas pour vendredi soir, quelques courses d'avant le départ, régler la dernière facture de chauffage qui allègera singulièrement mon bas de laine  -  et ajouter quelques paragraphes à ma Licorne, histoire de ne pas oublier le goût de l'effort intellectuel salvateur!...

   Surtout, ne faire aucun projet pour la semaine à venir : interdit de tracer le moindre mirage délicieux sur l'horizon! Ce serait le meilleur moyen de tout faire échouer et transformer le rêve en cauchemar! Laissons venir les choses, prêts à les accueillir.

 

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Un après-midi qui fait du bien

14 Février 2026, 13:22pm

Publié par Flora bis

   Le couteau sous la gorge... Les délais négligés pendant des mois se resserrent, façon "noeud coulant, le stress monte et m'étouffe. C'est bien l'effet recherché, il indique que le niveau d'adrénaline est assez élevé pour me faire bouger du point mort.

   J'ai quand-même mis de côté les affaires urgentes, pour réserver mon après-midi à la visite de Sultan (prononcer : "Soultane"), une des anciennes élèves turques de Gilbert au lycée Galatasaray d'Istanbul, lieu de notre séjour entre 1984-90.

   La ville reste pour moi un point nostalgique toujours intact même si les larmes cessent de monter aux yeux comme pendant longtemps à la vue des lieux familiers ou aux sons lancinants des chansons de Zülfü Livaneli... Ville magique, éreintante, elle vous enchante, vous captive et ne vous lâche plus. A la fois par son immensité, la majesté de ses panoramas imposants et par les innombrables détails de la vie quotidienne qui deviennent familiers et font que vous vous sentez intégrés dans le paysage, dans le tissus même de la vie : elle vous adopte sans préjugé et sans distinction et vous vous sentez chez vous. Une fourmilière sans cesse en mouvement qui vous accueille, comme votre bakkal (épicier), votre kasap (boucher), votre baklavaci (pâtissier, marchand de baklavas) ou votre çiçekci (marchand de fleurs), qui vous offrent le thé pour vous faire patienter, voire un bouquet supplémentaire en signe d'amitié.

   La fidélité est pour moi une vertu cardinale, ai-je l'habitude de dire. Nous avons quitté Istanbul il y a plus de 35 ans. Nous y sommes revenus 6 ans plus tard, à l'occasion du mariage de Sultan, et avons revu bien d'autres élèves d'antan. Avec le regain de l'attachement intact.

   Et maintenant... 30 ans sont passés, Gilbert, leur professeur de français bien aimé n'est plus, depuis bientôt deux décennies. Je revois la jeune femme rayonnante d'antan en une professeure d'université de 55 ans, qui voulait me revoir à l'occasion de son passage à l'université de ma ville. Je suis très touchée car je ne connaissais les élèves de mon mari qu'indirectement, quand nous invitions ses classes de temps en temps à la maison pour un goûter. Des jeunes femmes brillantes, chaleureuses, avides d'apprendre. Nous regardons les photos de l'époque, et de plus récentes aussi qui racontent nos vies. Les décès, les naissances des enfants et petits-enfants, les espoirs et les préoccupations. Nous échangeons des petits cadeaux. Plus de deux heures s'envolent en un clin d'oeil.

(photo : j'ai accroché l'oeil bienveillant protecteur  -  cadeau de Sultan et de sa soeur Feyhan  -   au-dessus de mon bureau... J'en ai bien besoin!)

 

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