Tout passe... pensées de fin d'été
Le soleil à peine voilé, le drap bleu tendu du ciel me redonne le petit élan que j'aime tant et qui me manquait le long de la semaine maussade. L'envie de dessiner, d'écrire revient aussitôt. La machine à laver travaille discrètement en arrière-bruit, pour me rappeler qu'il n'y a pas que de l'art dans la vie! Que l'été est bien fini et que les jours ensoleillés deviennent rares : il faut donc se précipiter sur la lessive si on veut la sécher dehors! Ainsi les contraintes du quotidien prennent soin de vous descendre de votre "flow" si enivrant, si rare, pour vous enfoncer dans la prose la plus banale du monde : lessive, cuisine, courses... J'y pense : est-ce pareil pour un homme? Est-il ainsi rappelé à l'ordre, coupé dans son élan par une servitude incontournable, terre à terre mais impérieuse?...
Sous notre ciel du Nord, pendant les rares moments ensoleillés, je me sens persécutée par un sentiment d'urgence : il faut en profiter, ça na va pas durer! Sentiment inconnu avant le départ de mon pays natal aux étés interminables qui me donnaient une certaine insouciance, celle de vivre dans le présent. L'urgence s'estompait sans pouvoir gâcher l'immersion quasi sans limite de ce qui me captivait l'attention... Je sais maintenant à quel point c'est rare et précieux.
Dans le pastel ci-dessous (2015), c'est ce sentiment alangui, nonchalant que je voulais sans doute ressusciter... Rien ne presse mais tout passe... Même ce dessin fragile.
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