Le blog de Flora

Du dédoublement

16 Octobre 2025, 20:55pm

Publié par Flora bis

   Je viens de lire quelques mots de Paul Auster qui parle du dédoublement, en quelque sorte, de sa personnalité entre celle qui accomplit des tâches banales et quotidiennes, de courses, de cuisine... et celle qui écrit. Il a le sentiment qu'il s'agit de deux personnes distinctes. Inévitablement, il m'amène à jeter un regard dans mon miroir imaginaire.

   Oui, l'envie d'écrire, le sentiment d'urgence est toujours là, devançant même le sujet... Le Moi qui en est éloignée par les servitudes de la vie quotidienne, n'est pas le Moi qui attend avidement la possibilité de se jeter dans le bain bienfaisant des mots, des idées, des images et des émotions. Alors le vrai Moi peut enfin prendre le dessus, rejoindre sa place désignée sans doute depuis toujours, par une fée égarée se penchant sur un berceau lointain pour prononcer cet augure extravagant qu'est l'écriture. Ou le dessin, à part égale : créer, raconter le monde, les émotions, en les vivant et les faisant vivre par procuration. Oui, imparfaitement, sans doute, mais avidement, pour sûr.

   La compagnie des autres, le partage, indispensables pour déclencher ce petit fourmillement, ce léger picotement dans les doigts et dans la tête, dans la poitrine aussi, incitent à respirer à pleins poumons et poussent irrésistiblement à s'y mettre!...

   Il y a quelques jours à peine, nous étions cinq autour de la table d'un goûter d'anniversaire, pour déguster un gâteau exquis au chocolat (je peux le dire car ce n'est pas moi qui l'ai fait) avec des macarons non moins succulents, fondant dans la bouche... Je note au passage : savourons les plaisirs de la vie, car ils fournissent le carburant pour avancer et franchir les obstacles, tout en donnant d'autres forces et d'autres nourritures! La chaleur de l'amitié circulait autour de la table, dans les mots, les sourires et les yeux, stimulante et consolante. 

 

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Aventure unique

8 Octobre 2025, 15:38pm

Publié par Flora bis

   Je suis coincée au rez-de chaussée, en pyjama et robe de chambre et cela m'énerve prodigieusement. Comme si j'avais du temps à perdre sans compter! J'attends la livraison d'un colis et le transporteur ne précise pas   -  même approximativement  -  l'heure à laquelle il passera. Je déteste attendre dans le vide. J'aime les personnes ponctuelles, ni en avance, ni en retard. Moi-même, j'essaie de cultiver cette vertu et je reviens de loin!

   Jusqu'à ma rencontre avec Gilbert, j'étais, pour ainsi dire, toujours en retard. Je cherchais presque, au dernier moment, le prétexte pour me retarder... Ma nonchalance de la province méridionale d'Europe centrale s'est heurtée à la ponctualité occidentale, pire encore, celle de la France du Nord, en la personne de G. qui avait hérité de son grand-père bien-aimé, conducteur de locomotive, une ponctualité à toute épreuve. Petit à petit, il m'a dressée à la discipline. Sauf accident, je suis à l'heure. Mais pas en avance.

   Le stress m'a de nouveau envahie. Je le sens dans tout mon corps, je me répète sans cesse les tâches à ne pas oublier d'ici la fin du mois. Par moment, je m'applique des séries de respirations "yoguiques" pour tenter de desserrer l'étau mais je serai bientôt obligée de m'offrir des plages de simili-repos pour tenir le coup ("simili", car pendant ce temps, je ne peux pas tromper mon cerveau qui ne cesse de cavaler).

   La période qui précède mon anniversaire est toujours sensible. Malgré la conscience du lent déclin de mon existence qui se met parfois à tanguer, je m'accroche à l'idée d'une petite victoire sur les embûches du parcours. Oui, je m'accorde cette minuscule satisfaction car je résiste encore, je suis toujours là! Et je remercie mes proches et mes amis, sans oublier mon ange gardien que je sollicite beaucoup, pour m'aider à continuer cette unique et malgré tout exaltante aventure qu'est la vie. 

... et sans le moindre maquillage pour arranger un peu le déclin... (été 2025)

 

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