Du dédoublement
Je viens de lire quelques mots de Paul Auster qui parle du dédoublement, en quelque sorte, de sa personnalité entre celle qui accomplit des tâches banales et quotidiennes, de courses, de cuisine... et celle qui écrit. Il a le sentiment qu'il s'agit de deux personnes distinctes. Inévitablement, il m'amène à jeter un regard dans mon miroir imaginaire.
Oui, l'envie d'écrire, le sentiment d'urgence est toujours là, devançant même le sujet... Le Moi qui en est éloignée par les servitudes de la vie quotidienne, n'est pas le Moi qui attend avidement la possibilité de se jeter dans le bain bienfaisant des mots, des idées, des images et des émotions. Alors le vrai Moi peut enfin prendre le dessus, rejoindre sa place désignée sans doute depuis toujours, par une fée égarée se penchant sur un berceau lointain pour prononcer cet augure extravagant qu'est l'écriture. Ou le dessin, à part égale : créer, raconter le monde, les émotions, en les vivant et les faisant vivre par procuration. Oui, imparfaitement, sans doute, mais avidement, pour sûr.
La compagnie des autres, le partage, indispensables pour déclencher ce petit fourmillement, ce léger picotement dans les doigts et dans la tête, dans la poitrine aussi, incitent à respirer à pleins poumons et poussent irrésistiblement à s'y mettre!...
Il y a quelques jours à peine, nous étions cinq autour de la table d'un goûter d'anniversaire, pour déguster un gâteau exquis au chocolat (je peux le dire car ce n'est pas moi qui l'ai fait) avec des macarons non moins succulents, fondant dans la bouche... Je note au passage : savourons les plaisirs de la vie, car ils fournissent le carburant pour avancer et franchir les obstacles, tout en donnant d'autres forces et d'autres nourritures! La chaleur de l'amitié circulait autour de la table, dans les mots, les sourires et les yeux, stimulante et consolante.
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