Le blog de Flora

Fin d'année

26 Décembre 2022, 19:21pm

Publié par Flora bis

   Dehors, l'hiver s'est attendri, il pleut doucement mais assidûment. Grisaille. Le jour s'est-il vraiment levé?... Je sais que la date exige la solennité voire la ferveur mais le coeur n'y est pas. Je sais aussi qu' "à chacun sa croix", que l'on peut toujours trouver plus malheureux que soi mais c'est une bien maigre consolation.   

   Mon blog est de plus en plus "intime": je pourrais probablement divulguer mes pensées les plus secrètes sans trop de conséquences car je ne suis pas persuadée que que quelqu'un s'en apercevrait... L'idée m'a plus d'une fois effleurée de "déménager" de cet hébergeur difficilement abordable (même si c'est probablement une sécurité) : à quoi sert un blog sans échos? A épaissir le silence autour de vous. Sans compter qu'on n'a même pas la possibilité de lire les autres blogs du même plateforme sans payer un supplément pour éviter les pubs intempestives!  Assistons-nous à l'agonie du genre?...

   Ambiance fatiguée, stressée, à l'image de cette année, mis à part quelques points de lumière par-ci, par-là. Bombardés sans cesse de mauvaises nouvelles, pour que les quelques îlots de bonheur ne soient pas longtemps épargnés. Les lucides et clairvoyants se font taxés de mauvais coucheurs qui plombent l'ambiance et qu'il convient de fuir. Pour préserver la liesse obligatoire, il faut mettre sous cloche sa détresse, ses angoisses et essayer de se débrouiller avec, en tête-à-tête avec les restes de son courage entre les deux mains.

 

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La tête hors de l'eau

16 Décembre 2022, 11:07am

Publié par Flora bis

   Puisque ce blog devient de plus en plus un journal de bord (presque) intime... J'aime le genre, moi-même, je lis volontiers les journaux, les correspondances d'écrivains, de peintres, bref, de grands artistes créateurs dans leurs domaines. J'ai envie de comprendre leurs univers créatifs, leurs "secrets d'atelier", le petit mystère qui les place au-dessus de nous, communs des mortels.

   "Nous avons l'art, pour ne pas mourir de la vérité", dixit Nietzsche.   

   Mon journal a des buts bien plus modestes : tirer au clair ma propre vie, les événements qui m'arrivent, les plaisirs ou les souffrances, les victoires minuscules et les angoisses rampantes qui souvent m'étreignent.

   Pourquoi les rendre publiques? Pas tout, n'ayez pas peur. Peut-être parce que c'est une façon de "réfléchir à voix haute", de formuler les émotions et les mettre à distance, les communiquer de façon spontanée et instantanée, quasi impatiente. Me priver presque de la possibilité de peser longuement mes mots, leur effet éventuel sur le lecteur... et de me prendre tout à fait au sérieux. Essayer de préserver un soupçon de légèreté comme pour tenter le contrepoint à la lourdeur du propos. Le fameux "collier d'air" autour du cou, censé maintenir la tête hors de l'eau.

(image: R.T. "Le chemin initiatique" encre aquarelle 2006)

 

La tête hors de l'eau

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"Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort" (Nietzsche) Est-ce si sûr?...

11 Décembre 2022, 14:56pm

Publié par Flora bis

    Mon premier article en décembre! Si le précédent faisait allusion aux lendemains qui chantaient ou qui déchantaient, au quotidien monotone et sans reliefs, j'ai été servie en secousses! Mais pas au sens positif.

   Je m'y attendais, en quelque sorte: au fond de mes pressentiments, il existe toujours une appréhension pour l'atterrissage après le vol au-dessus des nuages. Est-ce à cause de mes bons vieux "complexes d'illégitimité" bien ancrés dans l'inconscient, et dont j'aimerais bien comprendre un jour les origines ?... Ou plutôt laisser tomber, se résigner et faire avec. Pour le restant du chemin qui, après tout, n'est plus si long par rapport à celui déjà parcouru. Avec ce même poids familier dans mon sac à dos.

   (Pourquoi ce goût pour les digressions  -  comme reculer pour mieux sauter  -  avant d'entamer l'essentiel? Gagner du temps, rassembler ses forces physiques et intellectuelles pour le grand saut? Que l'on espère, dans l'idéal, sans atterrissage?...)

   J'ai aussi ce défaut de vouloir tout tirer au clair, avec obsession.

   Venons-en aux faits. Sept heures passées aux urgences nocturnes de l'hôpital: de minuit à 7 heures du matin. A l'origine de l'appel quelque peu paniqué: un saignement du nez abondant, pour la première fois de ma vie. Non pas des gouttes, ni un mince filet mais un robinet que l'on ouvre, inarrêtable, abondant. Un gros rouleau de Sopalin y est passé, en attendant l'ambulance, arrivée 20 minutes plus tard. 

   Les urgences, la nuit: "cour des miracles" de la déchéance humaine... Essentiellement des vieux  -  dont moi  -  sur des civières longeant les couloirs, remplissant les "boxes" sommairement équipés, parmi le personnel qui court dans tous les sens, avance les civières au fur et à mesure aux places devenues disponibles comme les caddies dans la queue devant les caisses d'un supermarché... Et surtout, l'attente... Interminable, vide, dans l'ignorance de son but et de sa durée. Les vieux sont, dans leur majorité, patients, silencieux, résignés. On attend son sort.

  

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