Le blog de Flora

Hommage

30 Septembre 2017, 11:30am

Publié par Flora bis

RODIN, je l'admire depuis mon adolescence. Tout de suite, j'ai perçu la force, l'énergie hors du commun qui émanent de ses sculptures. Mais cela ne suffirait pas à mon admiration, cela m'intimiderait plutôt. Etonnamment, c'est une fragilité qui m'a saisie et conquise avant tout. Une faille délicate, une beauté tourmentée et rude à la fois, un déferlement tragique des émotions, mêlées à cette force tellurique qui cherche à s'envoler, tout cela fait que Rodin demeure LE Maître.

Ses écrits touchent à sa vérité intime, en parfaite adéquation avec son oeuvre:

"On croit que nous ne vivons que par nos sens et que le monde des apparences nous suffit. On nous prend pour des enfants qui s'enivrent de couleurs chatoyantes et qui s'amusent avec des formes comme avec des poupées... L'on nous comprend mal. Les lignes et les nuances ne sont pour nous que les signes de réalités cachées. Au-delà des surfaces, nos regards plongent jusqu'à l'esprit, et quand ensuite nous reproduisons des contours, nous les enrichissons du contenu spirituel qu'ils enveloppent."  

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Sérénité

24 Septembre 2017, 19:51pm

Publié par Flora bis

   J'ai écrit sur ce blog il y a peu, avec Aznavour: "Je hais les dimanches..." Me voici au soir de celui-ci, presque sereine. Sereine... Je prends mes précautions. Je freine mes ardeurs avant d'écrire "heureuse"...

   Le bonheur me semble un état si fragile, lointain, inatteignable... Tellement fugace qu'il est accompagné, la plupart du temps, par une sourde angoisse de le perdre... Peur qu'il ne se dérobe, juste après avoir laissé échapper quelques gouttes de son nectar, de ce breuvage des dieux... Contentons-nous de la "sérénité", précieuse et moins violente que le bonheur.

   Que faut-il pour vous saupoudrer de ce bien-être soudain, après une semaine oppressante derrière des volets presque entièrement baissés à cause de vulgaires tringles à rideaux effondrées qui vous exposent en vitrine au regard des passants? Justement, je crois que ces jours vécus en apnée contribuent au soulagement ressenti grâce à l'intervention de sauvetage des enfants qui ont raccroché  -  provisoirement  -  les voilages blanc immaculé, laissant ainsi passer un soleil radieux toute la journée! Le dernier, peut-être, avant la grisaille. J'ai comblé le manque de toute la semaine. Chacune de mes cellules s'est gorgée de particules de soleil.

 

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Montaigne à Tournai (Belgique)

18 Septembre 2017, 18:55pm

Publié par Flora bis

  

   Le festival "Les (rencontres) Inattendues" de Tournai, entre le 31 août et le 3 septembre m'a épatée avec la richesse de sa programmation, autour du thème des héros, en musique, en réflexions philosophiques, scientifiques, artistiques. La belle ville de Tournai a servi d'écrin à ces manifestations, entre la Cathédrale, L'Evêché et la Halle aux Draps... Nous étions trois à franchir la frontière invisible entre la France et la Belgique pour y goûter, pour écouter et regarder un spectacle inattendu: "Montaigne" de Koen de Sutter.

   L'artiste met en scène et "joue" les "Essais" de Montaigne pendant près de 2 heures. Une performance. Il nous convainc de l'actualité toujours aussi réjouissante des pensées de ce philosophe humaniste du XVIe siècle qui ne cesse de nous apporter la démonstration à quel point il ne se prend pas tragiquement au sérieux: il est un "honnête homme" tout simplement, comme vous et moi, portant en lui "la forme entière de l'humaine condition". 

   Humilité, doute... Les maîtres-mots de Montaigne. D'ailleurs, ne vont-ils pas bien ensemble? Pourquoi écrit-il? A l'en croire, pour chasser l'ennui... "Ai-je perdu mon temps, de m'être rendu compte de moi, si continuellement; si curieusement? (...) Combien de fois m'a cette besogne diverti de cogitations ennuyeuses?"

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Consigne

6 Septembre 2017, 17:56pm

Publié par Flora bis

   Parallèlement à l'alimentation hebdomadaire de mes deux blogs (français et hongrois), j'ai entrepris un travail d'Hercule (junior !): j'ai décidé de recopier les articles les plus intéressants  -  du moins pour moi  -  dans un fichier, dans le but de les imprimer. La version numérique m'inspire une sourde angoisse: et si un jour, un bug mystérieux effaçait 9 ans de ma vie?... Car mon blog est une sorte de journal de bord public qui enregistre l'essentiel de ces 8-9 années, des débuts naïvement enthousiastes à ces derniers temps plus posés, plus lucides  -  et plus désabusés aussi...

   Au départ, plus de 400 pages! Impossible d'envisager de les imprimer. Je n'avais pourtant gardé que mes propres textes et traductions, éliminant ceux de Gilbert qui existent, de toute façon, dans des livres, effaçant les images aussi. J'ai diminué la taille des polices jusqu'à la limite de la lisibilité (Garamond 11), tout en conservant scrupuleusement le titre de chaque article et la date de publication. Il reste 240 pages. Pour mesurer le chemin parcouru. 

   Cela explique le but de l'opération. Un document papier ne garantit pas sa préservation (ni la nôtre... ) même s'il est plus rassurant, palpable dans sa matérialité. Pourquoi vouloir le sauvegarder à tout prix? Serait-ce une si grande perte pour l'humanité si elle s'évaporait d'un coup dans le néant? Je ne le crois pas. Une perte pour moi, assurément. Il consigne 8-9 années de ma vie; sans cette preuve, j'aurais l'impression de les avoir rêvées... 

 

 

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"Je hais les dimanches..." (Aznavour)

2 Septembre 2017, 19:52pm

Publié par Flora bis

   

   Je viens de réécouter la chanson d'Aznavour: "Je hais les dimanches"...  A la fin de la séance, on part à la recherche d'une corde bien solide (cependant pas d'arbre ou poutre à l'horizon qui résisteraient), un tube de somnifère (je n'en prends pas) noyé dans un gros verre de whisky pour assurer la route vers le grand sommeil dans un halo chaud et réconfortant...

   Oui, je "hais" les week end solitaires, abîmes sans fond au milieu des bruissements de la "vraie vie"... Dans une petite ville de la province somnolente, où la matinée mobilise les croyants endimanchés vers le parvis de l'église voisine, pour le réconfort de leurs âmes dans des volutes d'encens, bercées par les notes de l'orgue, des chants et des génuflexions à l'unisson.

   D'autres se retrouvent au "Rallye" d'en face, pour l'apéro et le tiercé que l'on espère gagnant. Il y a toujours un café en face de l'église... Sans parler du boulanger du coin qui voit défiler ce jour-là des hommes endimanchés invisibles en semaine. 

   Plus loin le fleuriste fait des affaires spéciales dimanche: on va au repas chez papa-maman, belle-famille. J'imagine la table déjà dressée avec la fraîcheur du matin, la nappe repassée, le service des grandes occasions et le père ayant remonté de la cave les bouteilles précieusement gardées. La petite table à l'ombre de la terrasse recevra les coupelles pour les grignotages de l'apéritif mais les bouteilles (de champagne, d'anisette, de porto ou d'autres) attendent encore au frais. Branle-bas de combat à la cuisine mais tout sera prêt à temps: opération bien rodée par des décennies de dimanches...

   La vie s'arrête. La circulation aussi: le silence gagne les rues jusqu'au milieu de l'après-midi au moins. Il faut bien une petite sieste après un repas de dimanche bien arrosé... Il n'y a que l'écran de la télé qui vibre devant les enfants ainsi occupés pour garder le sommeil des braves...

   Et les solitaires, au milieu du désert de leur silence, attendent que la semaine recommence...

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