Le blog de Flora

La natte... (sanguine, 2011)

6 Décembre 2011, 16:50pm

Publié par Flora bis

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Impossible retour (microfiction)

2 Décembre 2011, 09:33am

Publié par Flora bis

solitude-2.jpg  Toute la famille cotisa pour offrir à Armelle le voyage de sa vie. Elle n'avait jamais franchi les frontières du pays. A quarante ans, elle avait tiré un trait sur ses rêves d'adolescente, mari, enfants, promenade au bord de la mer, cheveux au vent, peau bronzée, exposée aux caresses du soleil... A d'autres caresses non plus, d'ailleurs.

   Sa vie lui convenait. Petite vie étriquée mais rassurante. Pas de vagues sentimentales, elle s'en était fait une raison et elle finit par trouver sa tranquillité enviable. Pas d'enfant à consoler, à soigner, ni à stresser des résultats scolaires, des retards et des absences. Enveloppée dans un silence apaisant, son appartement, son cocon, garni de livres et de tapis d'orient dont elle n'avait jamais vu les pays d'origine, la mettait à l'abri de tout soubresaut émotionnel. Les montagnes russes des émois lui arrivaient en seconde main, filtrés par les bruissement des pages de sa bibliothèque.

   Ce voyage pour Marmaris, elle le prit comme une violente intrusion dans sa tranquillité. De quel droit veut-on la sortir de son cocon? Elle n'avait jamais "découché". Imaginer une nuit sur un oreiller inconnu, dans des draps qu'elle n'avait pas repassés, sur un lit que d'autres avaient moulé avant elle! D'abord, où se trouve ce Marmaris?...

   Elle atterrit au bord de la mer sous un soleil que d'autres auraient appelé radieux. Elle pensait: implacable, la suite logique de l'intrusion. La pension qui l'hébergeait était tenue par une vieille dame et son fils. Une seule chambre d'hôte, un café vieillot mais d'une grande propreté. Même le sol était passé à la chaux, la blancheur épousant harmonieusement le bleu azur des portes et des fenêtres. L'aspect presque monacal de sa chambre la rassura un peu.

   Les premiers jours, elle posait ses balises, les poussant plus loin au fur et à mesure. Le petit village de pêcheurs plongeait dans la Méditerranée. Ciel et mer s'estompaient dans l'infini de l'horizon. Petit à petit, la méfiance d'Armelle céda aux caresses du soleil. Le soir, elle prenait son repas à la pension, avant de s'installer sous le figuier du jardinet, un livre à la main, savourant la douceur de l'air, les couleurs et les parfums exhalés par les fleurs fraîchement arrosées.

   Ce jour-là, le cinquième après son arrivée, subitement et un peu distraitement aussi, elle dut détacher les yeux de l'histoire torride de L'amant de Lady Chatterley. Un bras lui tendit une tasse de café fort. Elle émergea difficilement du roman, et ce bras musclé en constitua le prolongement. La peau hâlée du jardinier anglais, lisse qu'elle imagina douce et tiède... pour la première fois de sa vie, elle eut envie de la sentir sur la sienne.

   Un trouble inconnu l'envahit. Elle prit la tasse et sa main toucha celle de l'autre. Le regard tenace la força de lever la tête. Les yeux noirs reflétaient le même trouble, la main emprisonna la sienne. Le café brûlant se renversa sur sa robe légère... 

 

Épilogue: Armelle ne regagna plus jamais sa Normandie natale. Elle vit dans la petite pension de la côte turque qui reçoit à désormais une dizaine d'hôtes. La peau dorée d'Armelle s'épanouit sous les caresses insatiables de Nedim.

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Au milieu du gué...

30 Novembre 2011, 20:46pm

Publié par Flora bis

Pause.jpg De plus en plus souvent, je me surprends dans un état d'incertitude, une sorte de perte d'orientation dans le brouillard, comme si je me retrouvais à un carrefour important en tâtonnant, sans savoir vers quelle sortie m'orienter... Avec la hantise de perdre un temps précieux sur le crédit de cette fameuse peau de chagrin déjà à portion congrue...  

   Durant de longues années, toute ma vie presque, jusqu'à la mort de Gilbert voilà 5 ans déjà, j'avais l'impression d'avancer sur des rails. L'école, les études, le travail, mes 33 ans avec un homme qui donnait rarement l'impression de l'indécision, je n'avais pas le malheur ou le luxe du tâtonnement... La vie dictait la marche à suivre. Le combat pour la survie commandait à se mobiliser à fond, sans lâcher prise un instant, un seul qui risquait d'être fatal.

   Après la mort de Gilbert, j'ai continué sur la lancée... Comme s'il m'avait légué sa formidable énergie. Dans une sorte d'effervescence non loin de l'exaltation, avec mon penchant naturel pour la sublimation des événements et des personnes, un besoin intime et indispensable, un paquetage de survie... Une exigence secrète aussi à essayer d'être digne de sa mémoire, du souvenir de son combat magnifique.

   Petit à petit, j'ai abandonné une bonne partie des activités que nous avions menées ensemble: trop lourdes pour mes épaules désormais. Le poids des années aussi... L'envie de me concentrer sur certaines choses... Cependant, je me pose la question: tous ces nobles prétextes ne seraient-ils pas de simples leurres? On ne peut pas tromper soi-même durablement.

   Je me surprends à apprécier la solitude, je dois me forcer pour sortir de ma "tanière". Au début, ce n'était que discours réconfortant, voire défi à moi-même qui ne pouvais jusque là respirer sans les autres... Justement, l'alerte s'est insinuée dans mon esprit par ce biais-là. Bien sûr, ma solitude est relative, pas du tout mortifère ni isolée de tous. Je peux l'interrompre en cas de panique... Les quelques années de mobilité qui me restent (sauf accident), rendent la possibilité de bouger assez rassurante pour remplacer les vrais mouvements  -  mais il ne suffit pas de regarder le train passer, en se disant qu'on pourrait le prendre si l'on voulait!

   Je commence à réaliser pour de bon que les choix m'appartiennent désormais. A moi seule. Cela donne une sensation de liberté, certes, mais pose aussi un poids inoui sur la pauvre Balance que je suis et qui ai tellement de mal à prendre une décision...

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De l'Art...

29 Novembre 2011, 11:50am

Publié par Flora bis

Redon-naissance-de-Venus.jpg L'art, en tant qu'activité humaine, n'a aucune utilité pragmatique, il est malgré tout indispensable pour nous aider à vivre. Il sublime notre réalité, nous permettant d'accéder à un niveau de compréhension supérieur de ladite réalité par l'intuition, par la suggestion d'une certaine connection avec la part invisible de nos perceptions. Est-ce cela, la spiritualité?...

"Le peintre n'est pas intellectuel lorsque, ayant peint une femme nue, elle nous laisse dans l'esprit l'idée qu'elle va se rhabiller de suite." 

"...la beauté (qui) jamais n'engendra l'impudeur mais défère au contraire à toute la nudité un attrait pur qui ne nous abaisse pas."

Ce sont des extraits tirés du journal d'Odilon Redon "A soi-même", comprenant les notes écrites pendant les années 1867-1915.

D'autres ont tenté de formuler leur définition de l'art:

"L'art est un cheminement studieux vers une école buissonnière."  (R. Mallet)

"L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible." (P. Klee)

"Il est une chose mille fois plus dangereuse que le bourgeois, c'est l'artiste bourgeois."  (C. Baudelaire)

"L'art est un pâtre obscur qui marche les pieds nus." (V. Hugo)

"Avec le talent, on fait ce qu'on veut.  Avec le génie, on fait ce qu'on peut."  (D. Ingres)

"Nous avons l'art, afin de ne pas mourir de la vérité."  (F. Nietzsche)

illustration: "La naissance de Vénus" d'Odilon Redon

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Hommage...

26 Novembre 2011, 16:34pm

Publié par Flora bis

 

maman de Vera Erdinç NEW

 Ce matin, un message de Vera Oliveira-Erdinç m'a soudain ramenée 23 ans en arrière... L'année où j'ai peint ce portrait à Istanbul. Elle m'apprend le décès de sa mère, survenu tout juste il y a un mois, au Brésil. Ce portrait est donc revenu avec Vera à Istanbul.

   Vera a été le professeur de piano de notre fils, elle l'a initié à cet instrument durant 4 ans. Les leçons ont eu lieu chez elle ou chez nous, dans la pièce qui servait aussi d'atelier de peinture pour moi. Vera, pianiste de grand talent, mariée au chef d'orchestre turc renommé Erol Erdinç, est devenue une amie très chère pour moi. Nous avons fait des sorties culturelles ensemble et surtout, nous avons beaucoup discuté. A l'époque, j'ai fait toute une série de portraits à l'huile et mes modèles  -  des amis, la plupart du temps  -  venaient poser pour quelques séances dans mon atelier, surnommé le "confessional de Cihangir"... Une exposition a clôturé cette série de portraits. (sur la photo, avec Vera au vernissage)

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   Sa mère, en visite du Brésil, a posé pour moi, à la demande de sa fille. Ces deux fois 2 heures restent un souvenir étrange et inoubliable. Habituellement, pendant les poses, je fais la conversation à mes modèles, pour les mettre à l'aise  -  et peut-être aussi à cause de ma nature bavarde, incapable de se taire... Là, silence total. Je ne parle ni l'anglais, ni le portugais. Elle ne connaissait aucune des langues que je pouvais lui proposer. Que peuvent raconter les yeux? De temps en temps, je devais la dévisager pour porter son visage sur la toile. Elle-même ne cessait de me fixer avec son regard intense, pénétrant, magnifique... Troublant même, comme si elle avait eu le pouvoir de regarder au fond de mon âme... Je n'ai jamais vécu une rencontre aussi étrange et qui m'a marquée pour toujours.

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Brosse à cheveux (sanguine, 2011)

22 Novembre 2011, 12:29pm

Publié par Flora bis

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Faut-il réhabiliter le baiser?...

20 Novembre 2011, 12:45pm

Publié par Flora bis

   Un article du Nouvel Observateur s'en inquiète, dans le sillage du "Philosophie Magazine", et le sujet atterrit finalement sur ce blog. Question de générations, sans doute.

   Il y a un certain temps, j'ai écrit une micro-fiction intitulée  Premier baiser. (lien) La narratrice représente la jeunesse des années 60-70, avec les premières bouffées des libertés mais aussi des tabous puissants, issus d'une éducation stricte et frustrée qui fait du baiser le premier pas vers perdition...image_diaporama_portrait.jpg 

En même temps, cela rend à cette première approche de la sensualité, de l'apprentissage du langage du corps toute son importance, et qui, semble-t-il, à notre époque hâtive, serait en voie de disparition.

   J'ai été surprise d'apprendre dans cet article que le baiser n'a pas toujours été "mondialisé", loin de là, pas même banal en notre Occident: "C'est avec Ronsard et Rousseau que le baiser s'est sacralisé en Occident pour les amoureux, après avoir été une tradition du clergé." Bigre! Je revois un instant la dernière affiche bannie de Benetton, le pape et un imam échangeant un baiser plus qu'oecuménique... Les choses ne seraient-elles pas en train de revenir en arrière?... 

   Bisou, bise, smack, bécot, patin ou pelle, le baiser, baveux ou profond, est adapté au contexte. La mémoire du couple en garde l'évolution, des premiers émois à la passion, des pulsions amoureuses à la tiédeur routinière ou à la tendresse sur la joue, accompagnée d'une caresse sur la main... image_diaporama_portrait-1.jpg Il est le vrai baromètre des couples, bien plus fidèle que la fréquence de leurs relations sexuelles, s'apparentant pour certains à des mesures d'hygiène mentale... Le caractère du baiser trahit notre relation à l'autre: prenons-nous la peine de nous attarder à l'attention envers notre partenaire ou la jouissance hâtive et immédiate éclipse la phase d'approche? La sexologue Catherine Solano émet une évidence inattendue: le baiser est un acte gratuit, pas du tout indispensable mais il implique obligatoirement l'autre. "On peut jouir seul, mais pas embrasser seul." Notre époque individualiste, pour ne pas dire égoïste, ayant tendance à "zapper" le baiser, ne joue-t-elle pas avec le feu insidieux qui rendrait le paysage de nos relations amoureuses semblables aux collines du Var, après les incendies d'été?...

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Charles Berling: Aujourd'hui, maman est morte

16 Novembre 2011, 00:01am

Publié par Flora bis

Ch.-Berling--Aujourd-hui-.-_NEW.jpg J'aime Charles Berling, l'acteur. Je l'ai vu une fois au théâtre ("Cravate-club", avec Edouard Baer), plusieurs fois au cinéma. J'ai lu son livre-dialogue avec Michel Bouquet. C'est un acteur caméléon, multiple et souvent énigmatique. Soudain, son regard bleu se retire en lui-même, il devient observateur absent, froid et lisse, impénétrable. Dans "Comment j'ai tué mon père?" (duel époustouflant avec Michel Bouquet), il est dur comme du granite, impitoyable mais avec la fragilité de sa dureté: il ne plie pas, il rompt...

   Lorsqu'on l'interviewe, c'est un torrent intarissable. Passionné, volubile. Il aime les mots, il veut trouver le plus juste. Quand j'ai entendu parler de ce livre à la radio, je me suis dit: "Il me le faut!". Pourtant, plusieurs raisons me restreignent dans ces pulsions vers les livres, je pourrais en citer au moins cinq, sans réfléchir... Mais je me le suis offert quand-même, pour mon anniversaire.

   Le titre camusien vous frappe d'entrée. Qui ne serait pas sensible à ce sujet? Qui n'aurait pas de compte à régler avec son enfance, avec sa mère? Qui n'a pas envie de comprendre d'où il vient, envie d'imaginer le parcours de ses ancêtres, imprimé dans ses gènes? Afin de mieux déchiffrer ses propres réactions, d'éclairer ses zones d'ombres.

   Après l'enterrement, suivi par les six enfants soudés autour du cercueil, le narrateur Charles Berling entame sa lente remontée jusqu'aux origines, jusqu'au Maroc où sa mère est née. Il explore l'enfance de Nadia dans une famille déchirée par la violence du père, en s'appuyant sur le livre-témoignage qu'elle a laissé. Témoignage partiel. Le fils sent qu'il doit exhumer un secret familial pour que l'image soit complète, pour que l'apaisement arrive enfin.

   Charles Berling est entouré des mots des autres, son métier d'acteur consiste à leur donner vie, du relief. Fatalement, l'envie irrépressible s'empare de lui pour trouver ses propres mots et de plonger dans la source douloureuse, rédemptrice et jouissive de l'écriture.

"(...) Le soleil n'est plus le même pour tous, il ne va pas jusqu'aux tombes. Seule la mort traverse les matières. Elle se glisse dans maman. Et c'est comme si elle me donnait un acompte, une petite avance. (...)

éditions Flammarion  2011

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Sándor Kányádi (1929-): Estampe 2. (Metszet 2.)

11 Novembre 2011, 11:47am

Publié par Flora bis

ESTAMPE  (2)

   ...et les ailes des grues battent sur mes épaules  (Tudor Arghezi*)

 

elles grapillent dans les chaumes de la fin de l'été

les grues en partance

le charbonnier souffle dans le creux de ses mains

sur sa moustache se fige la rosée

 

les eaux assourdissent leur fanfare

leurs bords cisèlent des dentelles

le froid immémorial serpente en mon coeur

comme une sonde souple

 

estampé de givre je m'arrête un vers ancien

et des ailes me croissant à l'intérieur

me font mal jusqu'aux os quand

vers le ciel s'envolent les grues

(1991

adaptation: Claire Anne Magnès

 

METSZET

...És darvak szárnya mozdul vállamon

                                        Arghezi-Dsida

nyárvégi tarlón szemelgető
útrakész darvak
markába fú a szénégető
bajszán megköt a harmat

halkabbra fogják a hars vizek
szélük csipkét ver
kígyózza szívem az őshideg
mint egy plasztik-katéter

Dérverten állok egy régi sor
s befelé növő szárnyak
sajdulnak csontomig amikor
a darvak égre szállnak

1991

* Tudor Arghezi écrivain roumain (1880-1967)
une première apparition sur ce blog:  Sándor Kányádi (1929-): Avant-propos (Előhang)

 

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Du mariage...

8 Novembre 2011, 19:11pm

Publié par Flora bis

Cortège 1 Il y a peu, je suis tombée sur une citation: " C'est cela, le mariage, la même peur partagée, le même besoin d'être consolé, la même vaine caresse dans le noir..." (Anne Hébert). Constat terriblement corrosif, propre à décourager tous les candidats encore naïvement confiants! Et qui ne pouvait être dressé qu'au bout d'une longue expérience désolante.

   Les images négatives sont plus courantes, le bonheur fait moins recette (Musset ne disait-il pas dans ce vers époustouflant de beauté: "les plus désespérés sont les chants les plus beaux...") et ne tient pas la route face aux catastrophes. Même le grand amour en gage du départ reçoit, par les scientifiques, le couperet de 3 ans de survie! 3 ans maximum! Adieu la passion, bonjour la routine tue-l'amour en guise de bouillotte, à heure fixe, comme on fait son yoga d'entretien pour prévenir l'arthrose précoce!...

   Il y a seulement cinquante ans, il était quasi impensable de se tester dans de longues cohabitations préliminaires et le choix du partenaire s'apparentait parfois à de la loterie. Mettre la charrue devant les boeufs était mal vu, ou alors, il fallait être très discrets! Avec une contraception balbutiante, les femmes en essuyaient la honte, avec les conséquences douloureuses et clandestines, et les hommes, souvent, s'éclipsaient lâchement devant leurs responsabilités. A moins qu'ils n'aient réparé "la faute" par le mariage.

   Avec l'émancipation économique de la femme, les choses changent. Elle n'a plus besoin de l'homme comme seule perspective nourricière, ainsi, elle devient plus difficile pour s'engager. Du moins en théorie. Le divorce est grandement allégé. Être "mère célibataire" n'est plus le stigmate de la honte. Il y a même des "pères célibataires", en signe d'émancipation! 

   "En couple" remplace "marié(e)". Les gens hésitent parfois plusieurs années, entourés d'une nombreuse progéniture. Les mauvaises langues prétendent qu'il n'y a plus que les curés et les homosexuels pour réclamer le droit de se marier!

  Selon Brassens, ce n'est qu'une simple formalité "au bas du parchemin" qui ne concerne en rien l'essentiel: l'engagement intime et personnel. Pour cela, nul besoin de robe de princesse ni de banquet ruinant. Alors, qu'est-ce qui pousse soudain des couples bien rodés à la vie commune, à sauter le pas? Pour alléger ses impôts? Pour solidifier sa situation administrative? Toutes les formalités ont déjà été grandement édulcorées par le législateur. Ou alors, cette vénérable institution séculaire quelque peu fissurée, continuerait-elle à représenter un archétype d'engagement, de sécurité, "la même peur partagée, le même besoin d'être consolé..." en espérant que "la caresse dans le noir" ne sera jamais vaine!

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