Le blog de Flora

Adieu à l'été

28 Août 2017, 10:59am

Publié par Flora bis

Lucie, 11 ans

   Bientôt septembre... L'été sera derrière nous, caniculaire même dans le Nord. Et pendant les deux semaines en Hongrie, le thermomètre a fréquemment grimpé jusqu'au 46°...

   La chaleur s'adoucit à présent et nous commençons à apprécier vraiment ses dernières caresses. Les nuits s'allongent. Quelques feuilles sèches des platanes de l'avenue St-Roch voisine arrivent dans mon jardin comme des messagers des mois à venir... Cycles immuables, destinés à nous rassurer de l'illusion de notre éternité.

   Les petites sont parties, après un mois passé ensemble, avec ou sans leurs parents. Temps dense, temps béni que l'on savoure d'autant plus que la partie haute du sablier commence à se vider. Que restera-t-il des années d'une vie si brève? Essentiellement les moments doux et fugitifs des rencontres amicales et la chaleur intense et réparatrice de se serrer l'un contre l'autre familiale. Des échanges, avec ou sans les mots. Des sourires, des regards (mouillés parfois par l'émotion), des douleurs fugaces et des rires libérateurs...

   Tout le reste deviendra mirage, souvent trompeur, toujours évanoui à la fin...

 

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Partir... et revenir

10 Août 2017, 10:57am

Publié par Flora bis

"Partir, c'est mourir un peu..." dit le poète devenu un illustre inconnu, Edmond Haraucourt (1856-1941), dans son célèbre "Rondel de l'adieu", repris depuis à d'innombrables fois, attribué à des célébrités, tout en oubliant son auteur. C'est ainsi que le poème dépasse son géniteur...

Le facétieux Alphonse Allais l'a complété: "Partir, c'est mourir un peu... mais mourir, c'est partir beaucoup." J'aimerais rester encore...

Je n'avais pas une envie irrépressible de prendre la route puis l'avion, en cette fin de juillet qui me trouvait dans un état de grande fatigue, de surcroît, vers la Hongrie où sévissait une canicule implacable. Mais la perspective de passer une douzaine de jours avec les enfants et la famille de là-bas  -  plutôt, ce qui en reste  -  a été plus tentante. Et je ne regrette rien (pour rester dans la chanson, impérissable). Mes délicieuses petites-filles dont la compagnie est un pur bonheur, mon fils et ma belle-fille et leur délicate sollicitude, ma belle-soeur, veuve de mon frère depuis 14 ans déjà mais toujours aussi chaleureuse et disponible, mon neveu qui porte sur ses épaules les soucis de tout le monde, calme et sensible, drôle et fin, sa femme et son insouciance rieuse, leurs enfants ados, bref, les repas familiaux se succédaient, panachés de promenades et de baignades, en piscine ou au bord sablonneux de la Tisza, notre rivière blonde... Sans oublier quelques acquisitions livresques, nourriture en langue maternelle de la meilleure source, pour l'année à venir.

Mon cahier à spirale fixe cette confrontation toujours empreinte de nostalgie avec la première partie de ma vie:

"... cette maison est imprégnée des fantômes de ma mère, de mon père, de mon frère  -  et de Gilbert aussi  -  ils s'échappent des murs, des fauteuils où leurs empreintes sont encore chaudes, des assiettes en céramique au mur, du lino usagé du sol de la cuisine, des rideaux en dentelle, des poêles à gaz des chambres... Il n'y a qu'ici que ce passé lourd et léger, inconscient parfois, me saute à la figure. Où est le présent et encore plus, l'avenir?... J'ai arrosé la cour. Je m'assois à la petite table ronde en béton, confectionnée par mon père, sous la tonnelle renaissante. Elle est presque brûlante. C'était important de m'asseoir encore ici, avec mon cahier. Il fallait attendre la fin de la journée pour éviter le plein cagnard mais les murs et la table exhalent la chaleur. Je ruisselle... Cette table est inspirante."

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