Le blog de Flora
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Semaine tendue

4 Mai 2014, 18:11pm

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Publié par Flora bis

Semaine tendue

Ouf, décompression, après une semaine au rythme plutôt tendu... Outre les occupations habituelles de réunions, de visite chez l'amie malade, de l'intendance maison, il a fallu re-encadrer une dizaine de dessins destinés à l'exposition d'Arras, les emballer dans des poches, fabriquées sur mesure, en plastique à bulles, puis les transporter sur place pour les accrocher enfin... Hier soir, en rentrant, je me suis effondrée sur mon canapé pour la soirée. En ces moments-là, je constate avec une pincée de mélancolie qu'il y a quelques années, je pouvais plus... et je suis contente de vivre seule, afin de ne pas devoir infliger l'image de ma faiblesse à quelqu'un... Heureusement que ma voisine qui est la gentillesse personnifiée, avait déposé en mon absence, une copieuse assiettée de soupe de sa confection.

Pourtant, le plus gros de l'accrochage a été effectué par une amie sympathique et disponible - et dont la jeunesse souple permettait encore les nombreuses montées et descentes sur l'escabeau - qui m'a accompagnée à Arras. Ma foi, le résultat est plutôt plaisant. On verra l'ambiance du vernissage dans une dizaine de jours. En attendant, je peux m'atteler à la préparation de ma participation à l'exposition du groupe qui aura lieu à la fin du mois et par chance, sur place, dans ma ville.

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Éveil

29 Avril 2014, 19:41pm

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Publié par Flora bis

Éveil

Avec la fin du mois d'avril, tout semble se réveiller: les lilas embaument le jardin, en passant leurs têtes, dans tous les tons du mauve, à travers les clôtures. J'adore humer l'air à la rosée du matin, tout comme au crépuscule... Les premiers boutons des rosiers éclosent, les oiseaux chantent, enivrés par le soleil, les parfums de l'air et l'appel des instincts à prolonger la race...

Et nous, au début de la pente descendante, plus du tout préoccupés par les urgences de la procréation? Le renouveau du printemps est un cadeau, nous jouons des prolongations, jouissons de la beauté de la vie, comme ça, gratuitement, sans autre obligation que de saisir cette manne tardive...

Un jour, quelqu'un m'a demandé ce qui provoquait en moi le sentiment de gratitude. La personne étant très croyante, je suppose qu'elle attendait de moi une référence à Dieu. Ma première pensée a été le spectacle du soleil levant sur mon jardin...

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Anniversaire

24 Avril 2014, 00:47am

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Publié par Flora bis

Le 23 avril 2013, ma mère est devenue souvenir...

Une mémoire à créer, à recréer sans cesse. Avec ce qui reste et qui s'effiloche au fur et à mesure comme une mémoire pâlissante...

Les blessures deviennent moins vives, elles cicatrisent même; elles font désormais partie de notre physionomie. Une balafre de plus sur l'âme...

Il faut apprendre à vivre avec les absences, avec les fausses présences aussi qui hantent les sommeils trompeurs.

Il faut apprendre à être adulte, sans le regard maternel, protecteur et pesant à la fois, culpabilisant par l'amour démesuré dans lequel on se noie.

Difficile de satisfaire une telle attente, difficile de ne pas décevoir une telle admiration...

Être soi-même, lourde tâche.

Anniversaire

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Alphonse Karr (1808-1890)

16 Avril 2014, 10:40am

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Publié par Flora bis

Alphonse Karr  (1808-1890)

Ce matin, sur mon calendrier éternel, je tombe sur une phrase d'Alphonse Karr:

"Tout le monde veut avoir un ami. Personne ne s'occupe d'en être un."

J'avoue n'avoir aucune idée de la personne d'Alphonse Karr, à part une brève indication: écrivain français et deux dates qui enferment presque tout le dix-neuvième siècle.

La pertinence de la phrase m'incite à chercher plus loin. Je découvre un personnage original, d'un esprit fin et d'un sens aigu de la formule: dons pour lesquels j'ai toujours eu une grande attirance.

Journaliste au Figaro un temps, romancier, auteur d'un grand succès: "Sous les tilleuls" que son père allemand aurait titré "Unter den Linden" à l'instar du célèbre boulevard berlinois... A l'avènement de Napoleon III, il se retire sur la Côte d'Azur et se consacre aux fleurs...

* "Tant de gens échangent volontiers l'honneur contre les honneurs."

* "Si l’on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Si l’on veut devenir riche, il faut trouver autre chose."

* "Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque. Les plus haut placés sont ceux qui servent le moins."

* "L'âge où l'on partage tout est généralement l'âge où l'on n'a rien."

* "Un baiser, c'est une demande adressée au deuxième étage pour savoir si le premier est libre."

* "Écrivain, c'est le seul métier, avec l'art de gouverner, qu'on ose faire sans l'avoir appris."

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L'inspiration d'un dessin

13 Avril 2014, 10:36am

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Publié par Flora bis

Milena Jesenska a inspiré le dessin ci-dessous. Je n'ai pas fait un portrait proprement dit: j'ai affiné ses traits, en gardant la pose, la tête légèrement tournée vers l'oeil du photographe. Comme on sait, la légèreté est la chose la plus difficile à rendre...

Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre. Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre.

Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre.

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L'âme de voyageur

9 Avril 2014, 11:44am

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Publié par Flora bis

L'âme de voyageur

"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."

Je suis tombée par hasard sur cette phrase de Paul Nizan.

J'ai beaucoup voyagé entre mes vingt et cinquante ans. Commencé par le séjour d'un an à Moscou - première occasion de quitter la Hongrie, armée d'une énorme valise contenant des vêtements pour quatre saisons, dont l'hiver russe carabiné, sans oublier un sachet de paprika en poudre et des saucisses maison au goût du vrai...

Par la suite, je suis devenue une nomade assez expérimentée qui plante sa tente au gré des nécessités, dans des conditions parfois périlleuses. Cela demande une certaine faculté d'acclimatation qui était nourrie chez moi par la curiosité insatiable pour les gens, leur façon de vivre et de penser. M'enraciner dans un sol, même provisoirement, m'attacher aux personnes même pour un temps m'était nécessaire. J'avais besoin de sentir cette appartenance. Les quitter était un déchirement inévitable.

Et pourtant, je repartais à l'aventure, faisant confiance à ma bonne étoile.

Cela fait 23 ans que j'habite ici, dans la même maison. Une aussi longue étape ne m'est jamais arrivée... Serait-ce la dernière? Une chose est sûre: désormais - un peu malgré moi - je voyage surtout dans ma tête, parmi les souvenirs indélébiles qui peuplent ma mémoire.

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Les effets positifs de rêvasser...

26 Mars 2014, 10:42am

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Publié par Flora bis

Les effets positifs de rêvasser...

Il y a quelques jours, j'ai publié une petite réflexion sur mon blog hongrois au sujet de ces "heures perdues" à rêvasser. C'est l'émission de Frédéric Lopez, "La parenthèse inattendue" qui l'a inspirée.

Curieusement, les invités de la belle maison perdue dans les bocages - où l'on accède en ramant parmi les saules qui trempent leurs branches dans l'eau - des célébrités au sommet, nous racontent souvent, parmi les souvenirs de leur enfance, les heures de solitude, d'ennui même qu'ils ont vécues. Et comme s'ils s'en rendaient compte subitement, ils déclarent que sans ces heures "vides", ils ne seraient sans doute pas ce qu'ils sont aujourd'hui.

Beaucoup de parents de nos jours, stressés, obnubilés ou traumatisés par la "performance", veulent préparer leurs enfants au mieux à la lutte à couteaux tirés pour la meilleure place au soleil. Leur donner toutes les chances, en remplissant leur temps restant d'activités extra-scolaires, si bien que l'enfant, dans son programme serré, n'a plus une minute pour s'ennuyer. L'ennui est, d'ailleurs, la hantise du parent parfait. Alors que ce serait peut-être le moment privilégié où l'enfant peut nourrir sa propre créativité.

Il est vital, dans une journée harassante, que l'enfant puisse se déconnecter de la pression, de l'attention sans cesse sollicitée. Qu'il puisse laisser vagabonder son imagination sans être soumis au stress de l'urgence. Qu'il puisse remettre en place, digérer les émotions, influences en tout genre dont il a été bombardé durant la journée. Pour en nourrir son imaginaire.

Je dirai même plus: l'adulte tout autant...

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Jules Renard (1864-1910) * Citations

17 Mars 2014, 16:53pm

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Publié par Flora bis

Jules Renard (1864-1910)   *   Citations

Qui ne connaît pas l'auteur de "Poil de Carotte"? En 46 ans d'existence, à cheval sur deux siècles, Jules Renard a partagé une époque que l'on a surnommée la "Belle", pleine d'ébullition, d'inventivité, d'enthousiasme, avec Hugo, Maupassant, Zola, les Frères Goncourt, Rostand, Proust, Claudel etc... Couronnée par l'Exposition Universelle et ses merveilles en 1900, l'époque s'enorgueillit des prouesses techniques comme la Tour Eiffel, l'électricité, l'automobile, le cinématographe, des découvertes scientifiques de Pasteur, des Curie, des révolutions artistiques de l'impressionnisme, du cubisme, de l'Art Nouveau... Impossible d'énumérer tous les motifs qui nourrissent l'enthousiasme né après la grande dépression des années soixante-dix, pour aboutir au suicide tragique de l'Europe de la Première Guerre mondiale.

Voici quelques citations empruntées au "Journal" de Jules Renard: phrases aigres-douces, teintées de lucidité, d'humour parfois noir, d'une certaine misogynie aussi...

* Il faut dompter la vie par la douceur.

* Il est plus difficile d'être un honnête homme huit jours qu'un héros un quart d'heure.

* On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis.

* La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver.

* Le paradis n'est pas sur terre, mais il y a des morceaux. Il y a sur la terre un paradis brisé.

* On n'est pas heureux: notre bonheur, c'est le silence du malheur.

* Ce qui fait le plus plaisir aux femmes, c'est une basse flatterie sur leur intelligence.

* Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dît à la vôtre.

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Du pardon

13 Mars 2014, 11:13am

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Publié par Flora bis

Du pardon

Il m'est arrivé plusieurs fois de regarder des documentaires sur le "pardon". Qui n'a pas été confronté à cette souffrance, à cette impossibilité et à cette nécessité?

Dans les documentaires, les témoignages sont bouleversants: la mère rendant visite à l'assassin de son fils, condamné à perpétuité, l'amoureux trahi échafaudant des plans de vengeance, l'homme qui a passé 15 ans en prison, accusé à tort de viol sur mineure... Comment surmonter le traumatisme qui lie désormais les deux parties? Le traître, le menteur, l'assassin repenti et celui qui subit sont liés, même si leur souffrance est loin d'être de la même nature, de la même intensité.

Le premier pas sur le chemin de la rédemption doit venir du coupable, car peut-on pardonner à celui qui ne l'a pas demandé?... Ce premier pas est très difficile pour les deux. Acte de contrition pour l'un, acte de générosité surmontant la plaie ouverte pour l'autre. Mais c'est le prix à payer pour pouvoir entamer une résilience...

De nature, je ne suis pas rancunière, estimant que nourrir ce sentiment négatif équivaut à laisser du poison s'infiltrer dans ses veines et, petit à petit, s'abandonner à la destruction. Par bonheur, je n'ai pas souvent été confrontée à cette situation. Il reste cependant une personne que j'essaie de gommer de ma mémoire car il a fait trop de mal, surtout à quelqu'un autour de moi qui était déjà à terre... Le mépris prend le dessus sur le ressentiment.

Je fait appel à Musset: "A défaut du pardon, laisse venir l'oubli."

illustration: Odilon Redon

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"Aime la vie et la vie t'aimera!"

6 Mars 2014, 12:08pm

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Publié par Flora bis

"Aime la vie et la vie t'aimera!"

D'innombrables publications nous expliquent comment vaincre le pessimisme ambiant. Des gourous obscurs nous "coachent" dans les dédales des épreuves et du stress quotidien où les "burn out" sont foison.

Une savante universitaire en psychologie, dr Emőke Bagdy, hongroise, soixante douze ans, pimpante, nous entraîne dans une de ses conférences pétillantes dont on sort requinqués. Non pas qu'elle nie la réalité des souffrances ("Yaka...") Ce qu'elle veut c'est nous donner des armes pour y faire face, au lieu de sombrer dans la tiédeur de notre propre victimisation qui mène à l'impuissance, puis au laisser-couler...

Je n'aimerais pas paraître en donneuse de leçon omnisciente, d'autant plus que moi-même, je suis loin d'avoir découvert la pierre philosophale (je la cherche, je la cherche!...).

Ce que nous laissons voir de nous sur nos blogs intimistes, nos pages de Facebook est affaire du goût d'exhibition personnel. Je me cantonne dans mon cas: c'est ce que je connais encore le mieux (du moins, je le crois). Je sais aussi que la plupart de ceux qui se dévoilent en apparence beaucoup, le font pour mieux cacher l'essentiel... Une sorte d'écran de fumée à travers lequel on ne distingue que quelques leurres...

J'avoue que c'est aussi mon cas. Je... je... N'est-ce pas de l'égotisme? Je me réfugie dans les questions. La vie n'est-elle pas cette aventure unique et exaltante dont la beauté inimitable m'est apparue étrangement à la mort de Gilbert? Au lieu de sombrer dans la détresse, je me suis dit: les épreuves sont inévitables, elles tentent de nous abattre. Elles peuvent aussi nous renforcer. Je ne peux pas compter sur un hypothétique "au-delà" compensatoire. C'est ICI que je dois trouver mon bonheur.

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