Le blog de Flora
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A la fin de septembre...

22 Septembre 2026, 18:33pm

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Publié par Flora bis

   Nous sommes en fin de septembre. Déjà?... suit presque aussitôt le soupir mélancolique teinté de nostalgie. Dans ma tête les vers immortels de Petőfi écrits pendant son voyage de noces, en septembre 1847, étonnamment tristes, pressentant sa mort précoce à 25 ans... (tué deux ans plus tard, sur l'ultime champ de bataille pour l'indépendance du pays, contre les Habsbourg).

   Je connais ces vers par coeur, je les récite parfois aux heures sans sommeil... "Elhull a virág, eliramlik az élet..." (dans la traduction d'Eugène Guillevic : "Car s'effeuillent les fleurs et s'enfuit notre vie...", à cela de près que dans l'originale, les fleurs ne s'effeuillent pas, de façon romantique, mais elles "se fanent", tout simplement, selon le destin... A l'approche de l'automne.

 

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Suite de l'article précedent...

11 Septembre 2026, 18:56pm

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Publié par Flora bis

Suite de "Il faut bien commencer quelque part..."

... Je suis à la fois le présent qui s'imprègne, le futur qui se projette et le passé qui remplit le sac à dos de la mémoire. Mon sac est tantôt léger de souvenirs enchanteurs, tantôt lourd de pavés accablants. Ce barda élimé ne me quitte pas. Je ressens l’importance de faire de temps en temps l’inventaire de son contenu. 

   Rien à jeter. Impossible. Tout garder, tout assumer, le bon comme le tragique. Faire face, afin que l'histoire soit complète. Parfois, on peut tenter d'enfouir des choses si profondément qu’elles ne puissent plus refaire surface. Il est même pensable de jouer à réveiller les fantômes, à nos risques et périls. Les miens, pour la plupart, sont apprivoisés depuis bien longtemps, à force de chercher à me réfugier auprès d’eux par des temps sans pitié. Je les espère bienveillants.     

   L’enfance… On dit que c’est le réservoir magique dans lequel on puisera toute sa vie les bonnes choses comme des mauvaises. Quant à la mienne, ce sont des images fugitives, des sensations fortes qui m’ont imprégnée à jamais. Qu’est-ce qui fait que ces strates se soient déposées en moi comme un émerveillement perpétuel? En dépit de toutes les difficultés du quotidien. 

   Le parfum particulier des acacias en fleur un soir de printemps ou celui de l’herbe folle au bord du chemin, après l’averse… La douceur inimitable de l’air à l’approche du coucher du soleil où le jour, épuisé par la chaleur, se prépare au repos… On cherche pour toujours ces mêmes sensations introuvables ailleurs qu’au pays de l’enfance. Parfois, elles font irruption dans la mémoire, sur des terres inconnues où l’on cherche à saisir, humant l’air vainement et désespérément, ce parfum des lilas sauvages qui annoncent l’arrivée du printemps.

 

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Il faut bien commencer quelque part...

3 Septembre 2026, 19:33pm

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Publié par Flora bis

 

   La voiture quitte la nationale et emprunte une route départementale défoncée en direction du village. Le bout du monde ! J’ai toujours eu l’impression qu’il n’y avait plus rien après. Que seuls les initiés pouvaient connaître où menait le chemin en légers escarpements parmi les pâtures et les maigres bosquets d’acacias. Pour moi, vers le paradis.

   La voiture suit les virages, essayant d’éviter les nids-de-poule creusés par les gels et par les pluies torrentielles du printemps. Les acacias se couvrent de grappes de fleurs blanches aux senteurs de miel. Le parfum des printemps de mon enfance… Tout d’un coup, je sens l’herbe soyeuse et tiède sous mes pieds nus…

   La route grimpe vers la maison de mes grands-parents, tous deux décomposés, pacifiés depuis longtemps dans la même tombe, au cimetière minuscule du village, où ils sont rejoints par quelques autres figures familières de mon enfance. La mémoire corrige le néant et repeuple les rues jadis sablonneuses de leurs silhouettes en sépia délavée.

   La maison a bien changé depuis que je n’étais pas revenue. A la place du bercail familial, œuvre de mon grand-père maçon, une coquette bâtisse inconnue occupe le coin de la rue. Ma cousine me prend dans ses bras.

  Kaléidoscope multicolore… Je joue avec mes souvenirs, en tournant le cylindre entre les doigts, émerveillée des images formées par les paillettes bigarrées. Le temps linéaire trompeur de la vie disparaît, reste la liberté de la mémoire vagabonde.

(un début...)

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